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13 septembre 2021 1 13 /09 /septembre /2021 14:45
In Mémoriam

Jean-Claude Barjot nous a quitté en ce début du mois de septembre, à 77 ans. Amoureux  de la mer, des bateaux et bien entendu plongeur passionné, il fut un des piliers de l'ASSP Plongée en son temps, mais aussi un moniteur de plongée à la Sécurité Civile reconnu. Notre section s'associe à la peine de ses proches, voici quelques images pour nous rappeler de lui.

In Mémoriam

Jean-Claude était un plongeur de l'ancienne génération, celle des combinaisons "peau de requin", des Mistrals pas encore royaux, des Fenzy oranges autour du cou quand on en avait une, des tables GERS 65 et des jets fins. Une époque où chaque plongée était une aventure, pleine d'amphores posées sur le sable et d'épaves aux amers incertains. C'était le temps où la technique et la condition physique compensait un matériel rudimentaire, avec le gout du sel dans la bouche et la main sur la tige de réserve....

In Mémoriam

Stage de Chef de plongée à Antibes en 1975. Jean-Claude est le premier en partant de la gauche. il y a une autre tête connue sur cette image rongée par les années, cherchez bien.

In Mémoriam

La date de cette image est inconnue, probablement prise vers l'Ile Barbe lors des nombreux stages que Jean-Claude  ( 1er en partant de la droite ) encadra durant sa carrière:

il a été un des piliers de l'encadrement des stages SAL puisqu'il les a enchaînés de 1970 à 1977.

il a fait tous les stages de recyclage de 1968 à 1981, sauf en 1972 ( et 1976 où il n'y a pas eu de stage organisé en mer). en tant que stagiaire de 1968 à 1975 ( grade de sergent), puis directeur de stage en 1977 ( lieutenant), puis chaque année jusqu'en 1981 ( Capitaine).

il a cessé l'activité plongée opérationnelle en 1983.

 
In Mémoriam

Stage SAL en 1970, Jean-Claude est le second debout en partant de la droite. Les détendeurs Mistral n'ont pas d'aquastops, pour respirer il faut trier l'eau et l'air qui viennent en même temps...

In Mémoriam

Stage SAL de 1971, en survêtement. Jean-Claude est debout, 3ème en partant de la droite.

In Mémoriam

Piscine de Gerland, lors du stage SAL de 1972. Jean-Claude fait partie de l'encadrement

In Mémoriam

Stage SAL de 1977, toujours à la piscine de Gerland. Jean-Claude est debout, 3ème en partant de la droite.

In Mémoriam

C'est Jean-Claude qui en 1974, à la Croix-Valmer redécouvre et sort de l'eau le canon qui défendit longtemps la plage de Sylvabelle posé sur son rocher. Pour ceux qui ignore l'histoire, la voilà:

 

Le fameux canon de la plage de Sylvabelle…. Mais revenons plusieurs années en arrière.

En 1965, pour être précis, autant que notre mémoire le soit. A cette époque, 2 plongeurs du Bataillon s’adonnent à la chasse sous marine, durant leurs vacances : il s’agit probablement de Claude Moine et Serge Guérin. Par hasard, ils découvrent à 100 m de la plage, par 10 m de fond, un canon de marine, partiellement caché par le sable. Comment est-il arrivé là, cela reste un mystère. Peut être fut il perdu par l’Alcide ou l’Alceste durant la bataille des iles d’Hières en juillet 1795, où les navires français furent mis en déroute par ceux de la Royal Navy britannique. Cette fortune de mer restera sans doute inexpliquée…

Les 2 amis évoquent la découverte et la nouvelle se répand dans le cercle des plongeurs lyonnais de l’époque…. Le temps passe, d’autres évènements chassent la pièce d’artillerie des mémoires, le sable sous l’action des courants et des marées la recouvre, elle disparait du fond et des esprits. Notre canon retourne à l’oubli….. Il aurait pu y rester si Jean-Claude Barjot, en 1974 (ou 1975 ?), ne redécouvre la bouche à feu au détour d’une apnée : un rognon bizarre sortant du sable attire son regard, un coup de poignard frappé dessus confirme la présence de métal. Après plusieurs apnées pour gratter le sable, le rognon s’avère être le tourillon d’un canon. Aidé par Claude Henquel, il dégage tant bien que mal cette découverte et met à jour le lanceur de boulet. Face à l’obusier vieux de plusieurs siècles, les 2 plongeurs, apprentis archéologues,  prennent une décision à la « Indiana Jones » : ce canon, ils vont le sortir de l’eau….

Avec l’aide du gardien de l’époque, Pierre Martin,  ils vont récupérer tout ce qui de près ou de loin peut servir de sac de relevage, en particulier un fût métallique de 100 litres et quelques sacs en toiles pas très étanches viennent s’amarrer sur le lourd trésor de fer, préalablement secoué pendant des heures, en scaphandre ou en apnée, pour le dégager de sa gangue sableuse. Après plusieurs jours d’efforts, fût et sacs remplis d’air grâce à une bouteille de plongée, Claude Henquel et Jean-Claude Barjot déplacent, cm après cm, leur tribut arraché à la mer.

A 20 de la plage, les moyens de relevage improvisés ne portent plus assez l’engin qui repose sur le sable. S’organisent alors une chaine humaine, et pompiers en vacances, enfants ou touristes s’acharnent sur un bout frappé au canon pour aider Claude et Jean-Claude à faire émerger « leur » prise de mer. Il fallut 8 ou 10 pompiers pour finalement le hisser hors de l’eau et lui faire enfin revoir la lumière du soleil….. L’exploit valu même un article dans Var matin, avec la photo d’un bambin assis dessus, devenu adjudant au SDMIS depuis….

Le canon fût remisé sur la terrasse en dessous du local, et petit à petit failli être oublié à nouveau. Jusqu’à ce qu’un stage de recyclage de plongeurs opérationnels, en 1980, poussé par Daniel Lehmann, ne décide de le fixer au rocher où il garde aujourd’hui les Heures Claires, tourné vers le large. Voici l’équipe qui oeuvra alors pour le redescendre, brasser du béton sur la plage et le positionner : Serge Guérin Joseph Machulski  Johanny Baudrand  CHABANON Patrice Granju Mastronicola Serge Engel Jean-Pierre Simonet  Bernard Tissot  Daniel Lehmann  et Claude  Henquel.

Si vous passez un jour devant cet engin de mort devenu inoffensif, pensez aux efforts demesurés réalisés par nos anciens, pour qu’il devienne un point remarquable de la côte, une énigme pour archéologues ou tout simplement un jeu pour les enfants.

In Mémoriam

Ce canon, aujourd'hui, ne monte plus la garde sous le local de stockage des Heures Claires. La mer, dans un moment furieux a décidé de le reprendre...

De Jean-Claude, nous avons chacun nos souvenirs. Il me reste ceux d'un passionné par la mer que je croisais à la Croix-Valmer, ou enfant je grenouillais déjà un peu avec son fils Jean-Philippe.

Je me souviens aussi de son aide précieux au début des années 90: stagiaire IUT je devais rédiger un mémoire sur "l'estimation du facteur temps pour l'établissement des moyens hydrauliques"....ça ne s'invente pas...

J'avais littéralement pillé la banque de diapositives du service cinéma de la Direction Incendie et Secours de l'époque, et Jean-Claude, alors affecté au groupement logistique m'avait gentiment scanné ces dispositives pour les intégrer à mon mémoire. Il était déjà "geek" avant que le terme ne soit inventé...

Adieu Jean-Claude...

Adieu Jean-Claude...

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26 juin 2021 6 26 /06 /juin /2021 11:51

Compte rendu de la sortie à BSA, Goul de la tannerie, 15 juin 2021

Participants:   Sylvain Dupuy    Gilles Froment   Philippe Moya    Stéphane Simonet

 

Sauf mention contraire, les images sont de Gilles Froment

selfie du quatuor par Sylvain...

selfie du quatuor par Sylvain...

Dernière plongée "club" de la saison 2020-2021, il fallait conclure en beauté et nous avons donc décidé de plonger à la Tannerie, sous un soleil de plomb mais heureusement à l'ombre des arbres du parc du Vallon du Tourne. Sous terre, plongée en solo n'est pas un crime et c'est donc chacun à notre manière que nous avons exploré la source, en recycleur, en ouvert, à la palme ou en propulseur. Voici donc un récit à 4 mains, 4 visions différentes d'une même journée....

Remorque chargée à bloc, tout commence comme il se doit par le déballage interminable du matériel, au milieu d'un groupe de jeunes femmes en pleine séance de yoga dans le parc....on a essayé de se faire discret..

Un bi 20, un bi 18, 2 propulseurs, 5 ou 6 relais donc deux 20 litres, du bazar de plongeur, bref on s'est répandu au bord de la vasque.

heureusement qu'il y avait de l'ombre !

heureusement qu'il y avait de l'ombre !

la vasque de la Tannerie amorce la décrue, il est temps de plonger !

la vasque de la Tannerie amorce la décrue, il est temps de plonger !

Tout l'équipement, ou presque, à pied d'oeuvre, nous attaquons les plongées. Philippe ouvre le bal, objectif rallier le puits en bi 20 et propulseur !

 

topographie tortueuse pour le moins, et il en reste à découvrir !    source internet

topographie tortueuse pour le moins, et il en reste à découvrir ! source internet

Philippe.

4 plongeurs, 4 histoires

Il faut toujours chercher l'élément déclencheur d'un problème, et parfois cet élément se trouve très en amont du problème.

Comment un harnachement mal prévu a-t-il pu faire que je me retrouve dans le noir ? c'est ce que nous allons voir.

 

Je laisse aux trois autres plongeurs le soin de vous raconter notre journée, je vais plus particulièrement me concentrer sur un tout petit point de ma plongée.

 

Je devais plonger dans le goul de la tannerie, avec un loco plongeur Bonex.

ça commence par une montre oubliée sous le vêtement étanche.....bagarre avec le manchon latex !

ça commence par une montre oubliée sous le vêtement étanche.....bagarre avec le manchon latex !

Il suffit d'accrocher une sangle à sa ceinture de plombs, et ça tire..... oui, normalement c'est simple, mais là, le point d'accrochage se trouvait trop près de mes hanches, et lorsque je mettais en marche le Bonex, je me retrouvais tout naturellement relevé par le flux, et j'étais en position cabré. Avec les bras tendus, ma tête était trop haute, la bonne position étant d'être bien parallèle au sol, quasiment couché sur le Bonex.... mais bon, les bras fatiguent, et au bout de quelques dizaines de mètres, on se détend, la vitesse faiblit, mais on est bien.

mise à l'eau difficile mais plongée facile ! ou presque....

mise à l'eau difficile mais plongée facile ! ou presque....

Lorsque la galerie est haute, pas de problème, on perd de la vitesse, on est pas très hydrodynamique, mais on avance, et c'est ce que l'on recherche.

 

Et de temps en temps, la galerie se pince, et même en coupant les gaz, on ne freine pas d'un coup et PAN, on tape le plafond, avec le casque, avec les protections de robinet.... Plus ou moins fort, plus ou moins souvent, mais ça touche, la forme de mes protections au retour de la plongée parle d'elle même.....

Philippe dans la vasque d'eau claire, sous le soleil...bientôt dans le noir....

Philippe dans la vasque d'eau claire, sous le soleil...bientôt dans le noir....

Et donc, j'arrive au puits..... 700m. en quasiment 20/25 minutes..... Parfait, je laisse le loco en haut du puits, mousquetonné au fil, et je descends. Je ne vous parlerai pas du puits en lui même qui mérite bien les 700m. de progression.... J'arrive vers 42m. et là, clac.... Dans le noir..... Et quand on dit noir, c'est vraiment le noir..... et M.......

sous terre, si l'air est important, l'autonomie en lumière l'est tout autant..

sous terre, si l'air est important, l'autonomie en lumière l'est tout autant..

Bon, la formation revient au galop, ne PAS BOUGER..... Rester CALME, retrouver le fil d'Ariane, en bon spéléo, je ne le quitte jamais des yeux, à défaut de le prendre en main.... BON, la dernière fois que je l'ai vu, il était là, à 20cm de ma main droite..... Je me pose au sol, je fais compas, les palmes au sol et je tourne lentement sur ma droite les mains au sol, en cherchant le fil..... Et hop, le voilà.....LA VIE EST BELLE ! Murphy, tu ne m'auras pas cette fois encore.

comment ce galet noir est il venu se poser là...?

comment ce galet noir est il venu se poser là...?

Ensuite, que faire ? remonter dans le noir fil en main, c'est jouable, nous sommes entraînés pour ça... Je retrouverai le loco, sur lequel j'ai un superbe phare, qui me permettra de rentrer tranquillement.

 

O.K., j'ai le fil, et je me dis, essayons de rallumer ses p..... de lampes, pourquoi se sont-elles éteintes toutes les DEUX ? bizarre ....

La lampe gauche se rallume sans soucis, c'est parfait ! je remonte tranquillement, en effet on apprend aussi que le premier problème EGALE = DEMI TOUR......je n'ai pratiquement pas de déco, je décompresse pratiquement en remontant lentement, les paliers sautent les uns après les autres.... C'est très bien, j'ai encore 180/190 bars....

Je retrouve le loco, j'allume le phare, et je me dis, maintenant, tu vois ce qui cloche, j'enlève mon casque, et le vérifie les lampes, elles n'ont rien, elles n'allument toutes les deux comme il faut, et je comprends...... En fait choc après choc, raclement après frottement, les deux boutons marche arrêt se sont vus reculer, le droit était sur éteint, et le gauche presque, un léger mouvement l'a éteint dans le puits, tout çà à cause des multiples contacts avec le plafond..... comme quoi.....

debriefing de la plongée, on apprend, toujours et encore à chaque immersion...

debriefing de la plongée, on apprend, toujours et encore à chaque immersion...

La prochaine fois, je ferai en sorte que la sangle me tire par le haut du corps, vers la poitrine çà doit être correct pour ne pas me relever en marche.... et j'aurai une troisième lampe avec bouton pression, pas coulissant..... Sylvain s'occupe de me trouver ça...

heureux de retrouver la lumière du soleil.

heureux de retrouver la lumière du soleil.

Stéphane et Sylvain préparent le propulseur de l'ASSP, l'UV26 : 40 kg de puissance pour emmener un plongeur de pointe au bout de la galerie !

Stéphane et Sylvain préparent le propulseur de l'ASSP, l'UV26 : 40 kg de puissance pour emmener un plongeur de pointe au bout de la galerie !

Sylvain

4 plongeurs, 4 histoires

Puisqu'on en parle, il est le second à partir, même objectif, même configuration avec une 20 litres en relais en plus ! Et une mission supplémentaire, tester les batteries neuves de l'UV26, changées récemment. Cette  machine est un vrai tracteur, puissante et endurante, plaisante sous l'eau mais un vrai calvaire à manipuler au sec !

bi 18 sur le dos, Sylvain rejoint Stéphane déjà dans la vasque

bi 18 sur le dos, Sylvain rejoint Stéphane déjà dans la vasque

le saut de la délivrance

le saut de la délivrance

Sylvain part donc en seconde position, pendant que je termine l'équipement du Triton. Et le début de sa plongée est une sacré galère, les 120 premiers mètres sont plutôt bas de plafond, les protections de robinets accrochent le moindre becquet, le relais se coince partout, le propulseur ne tire jamais là où il faut...

Mais bon le plus simple est encore de lui céder le clavier:

préparation dans la vasque

préparation dans la vasque

quand la galerie prend une forme de laminoir, le passage en propulseur devient hasardeux....

quand la galerie prend une forme de laminoir, le passage en propulseur devient hasardeux....

Les conditions sont toutes réunies pour effectuer une plongée au petit Goul. Il fait beau, très chaud, et le niveau de la vasque  est parfait pour se mettre à l’eau.

Toute l’équipe est au complet. Gilles, Philippe Stéphane et moi-même

La configuration sera cette fois ci :

Bi 18 et un relais 20 litre de Nitrox 32 + le loco

Le but est de parvenir au puits et de poursuivre la plongée en descendant à moins 50 mètres.

Pour information, j’essaie la sous combinaison Halo 3 D de Gilles pour voir si le phénomène de placage du tri laminé est réduit sur la poitrine et les cuisses (Grand merci Gilles)

La plongée se passe en quatre temps. Tout d’abord le passage sur environ 200 mètres est un peu compliqué avec la configuration (Bi 18, relais 20 litres et loco).

Une fois le passage étroit effectué, la puissance du loco fait le reste, et c’est du pur bonheur. Je vois les mètres défiler grâce au marquage sur la ligne guide.

J’arrive à 650 mètres et j’ai un rappel dans ma tête comme une alarme biologique  qui me stoppe. Une sensation qui me rassure et me prépare à me dire  si  je dois continuer ou faire demi-tour. Je me pose un instant pour faire un  tour complet de mon matériel. Vérification des pressions, éclairage, détendeurs, et instruments … Les voyants passent aux verts dans ma tête et je valide de poursuivre l’exploration.

le bonheur !

le bonheur !

Arrivée en haut du puits , je pose mon relais et le loco . Le spectacle est magique, l’eau est cristalline. Je dirige mes éclairages dans le puit et je commence la descente en regardant les moindres détails. Le découpage de la roche est splendide. Dame nature est une grande artiste !!!

La descente est régulière et douce. J’arrive en bas du puits et je décide de stopper ma plongée à une profondeur de 48,8 mètres. Je regarde les différents galets et autres pierres au fond. Mon œil bloque sur une forme étrange. Je commence à me poser la question, si la narcose ne commence pas à me jouer des tours. Je pense voir une huitre fossilisée !!! Pas facile à croire, mais pourtant je ne rêve pas. Je me dis qu’il y a des milliers d’année la mer était bien ici !!! . Je décide de récupérer ce petit morceau d’histoire dans la poche de mon vêtement.

la beauté est partout, du sol au plafond

la beauté est partout, du sol au plafond

une coupe de la Tannerie, nous n'avons fait qu'effleurer la surface... les chiffres donnent le vertige, le terminus connu stoppe à 1370 m de l'entrée, à - 243 m de profondeur.... Un autre monde, loin, bien loin de nos capacités de plongeur...

une coupe de la Tannerie, nous n'avons fait qu'effleurer la surface... les chiffres donnent le vertige, le terminus connu stoppe à 1370 m de l'entrée, à - 243 m de profondeur.... Un autre monde, loin, bien loin de nos capacités de plongeur...

Je commence à remonter et sur le retour je croise Stéphane avec son recycleur Triton  puis Gilles toujours avec son appareil photo.

Sur le retour je prends mon temps pour découvrir les différentes galeries  sans m’engager.

La déco se fait naturellement en rentrant tout doucement  

La plongée aura durée 142 minutes, l’eau était à 13,5 °C  (extérieur 36 °C). L’essai de la sous combinaison Halo 3 D m’a permis de valider mon futur achat, car vraiment le confort est au rendez-vous.

Un grand merci à mes coéquipiers d’aventure souterraine durant cette journée. Pour votre information, c’est bien une huitre fossilisée N° 2 !!!

au milieu des galets, un mousqueton oublié.....serait ce un des miens ?

au milieu des galets, un mousqueton oublié.....serait ce un des miens ?

ce caillou en bas de l'image ne vous rappelle rien ?

ce caillou en bas de l'image ne vous rappelle rien ?

cette huitre fossilisée attendait Sylvain dans le puits à 700 m, à - 42 m...

cette huitre fossilisée attendait Sylvain dans le puits à 700 m, à - 42 m...

Stéphane

4 plongeurs, 4 histoires

De mon côté, j'avais envie de revoir le puits à 700 m, et de sécuriser l'éventuelle panne d'un propulseur sur le retour: ramener une machine inerte en circuit ouvert si on est un peu court sur le gaz, ce n'est pas la meilleure façon de terminer une plongée. Aussi en ralliant le puits à la palme, je serai en mesure de récupérer et ramener un loco "mis sur la béquille" par Philippe ou Sylvain, si par hasard les batteries neuves nous faisaient une farce.

Je m'équipe donc avec Sylvain, quand Philippe nous rejoint dans la vasque: le bonex a joué son rôle, et avalé les 1400 m de galerie.

y'en a des années de plongées, derrière cette photo....

y'en a des années de plongées, derrière cette photo....

Phil sort de l'eau, Sylvain attrape l'UV 26, son relais et quitte la surface. Il me reste encore quelques raccords à brancher, je passe sur la boucle du recycleur, un dernier signe OK à la surface...Et je change de monde, l'esprit passe en mode plongée, je suis ailleurs, sous la terre.

Mon phare déchire l'ombre, et je glisse en silence entre les crocs minéraux du laminoir d'entrée... Avantage au Triton, en comparaison de mes comparses au lourd scaphandre dorsal, j'affiche une taille mannequin ( au moins sous terre) et me faufile sans rien toucher dans ce corridor étroit.

recycleur ventral et blocs relais latéraux, LA configuration idéale ici...

recycleur ventral et blocs relais latéraux, LA configuration idéale ici...

J'arrive vite au canyon, passe la gueule minérale et entame la première étape de mon voyage, vers le fond de la galerie. Le palmage est lent mais régulier, bien équilibré je vole au ralenti dans la galerie, en essayant d'en voir le plus possible, spéléonaute en apesanteur, je pense à Thomas Pesquet, beaucoup plus haut, lui...

Silence.

J'avance en harmonie dans ce milieu pourtant hostile en apparence, complètement zen et détendu, car la plongée a été préparée, réfléchie, c'est du plaisir à l'état brut...

voyage en apesanteur, dans le noir souterrain

voyage en apesanteur, dans le noir souterrain

Vers 300 m j'abandonne les galeries annexes sur ma droite pour rester dans le conduit actif, qui m'amène vers une zone d'éboulis vers 450 m de toute beauté : le plafond s'abaisse, la galerie s'encombre de blocs tombés du plafond et soudain un second puits aux dimensions modestes s'ouvre devant moi, je ne suis plus très loin de l'objectif..

J'avance dans ce conduit quasi circulaire que je connais bien, m'attendant à tout moment à croiser les lumières de Sylvain, que je finis par croiser à quelques mètres du puits. Je le laisse repartir dans le chuintement des bulles et le ronron du loco plongeur, le silence revient, il ne me reste plus qu'à me laisser glisser....

il faut prendre son temps, cette Tannerie recèle bien des beautés....

il faut prendre son temps, cette Tannerie recèle bien des beautés....

le profil de la plongée, V classique de la plongée souterraine à la Tannnerie

le profil de la plongée, V classique de la plongée souterraine à la Tannnerie

Sensation d'astronaute attiré par un trou noir.... c'est beau, c'est magique, les mètres défilent, le cerveau dit stoppe, les yeux "encore ce becquet, là, ou cette lame juste en dessous"...

- 45 m, la partie du puits qui devient horizontale, je m'y glisse, attiré par la profondeur comme un insecte sur une lampe brulante... C'est de plus en plus beau, enchanté par l'azote qui vient faire chanter mes neurones.

Comment résister ? 

L'expérience, celle d'autres narcoses moins avouables, me chuchote quand même à l'oreille que la limite est atteinte. Descendre plus bas serait se mettre sous le joug de la fameuse ivresse des profondeurs, qui emporta le premier maitre Fargues ce 17 septembre 1947, quand le GERS de Cousteau et Dumas forçait les portes de la profondeur.

Plus grave, le moindre coup de palme trop appuyé, le moindre effort non prévu, une situation sortant de  mes automatismes me mettraient en péril. Le gaz que je respire n'est pas fait pour la profondeur, il n'est bon qu'à gonfler les pneu, selon le WKPP !

envoutement minéral

envoutement minéral

Dernier regard à l'abysse, et demi tour. L'ordinateur connecté aux cellules du recycleur me gratifie de 2 minutes de décompression, tandis que mon Pétrel, réglé en circuit ouvert et ignorant des bienfaits de la PPOconstant, m'impose 20 minutes de stand by à - 6m. vive le recycleur !

Pendant cette décompression rapide, je rêve d'une plongée sous hélium dans ce puits magnifique....Ce sera pour plus tard, des heures devant mon ordinateur pour mettre au point cette plongée m'attendent...

black and white....

black and white....

retour au soleil après 2h12 sous la terre.

retour au soleil après 2h12 sous la terre.

Je rentre sans vraiment me presser dans la galerie, et j'émerge dans la vasque en même temps que Gilles, qui termine sa plongée d'un peu plus de 2 heures, comme moi.

Gilles, je te cède le clavier....

Gilles

4 plongeurs, 4 histoires

C’est l’intérêt des activités de pleine nature, elles sont d’une surprenante diversité constamment renouvelée, pour peu que l’on prenne le temps de se poser et d’observer.

Ce n’est pas la première fois que je me fixe comme objectif de ne pas faire de distance ou de performance en profondeur au petit Goul, mais de prendre le temps d’explorer en détail les très nombreux recoins et galeries annexes du petit Goul. Et de les prendre en photos, afin de s’en souvenir, mais également de les partager.

J’avais prévu de plonger dans la zone d’entrée des 120 premiers mètres de la cavité avec mon recycleur latéral (Joki,) mais la connexion d’un fil reliant l’une de mes cellules au lecteur de pression partielle d’oxygène avait rendu l’âme par progressive corrosion. Réparation d’urgence à J-1 jour, déjà pas très en avance sur la préparation du matériel.

un tout petit peu de matériel, faut bien ça....

un tout petit peu de matériel, faut bien ça....

Et patratas, impossible de rétablir le circuit électrique car c’est sans doute tout le morceau de fil qui s’est corrodé de l’intérieur jusqu’à une prise qu’il faut désormais changer. Loupé pour le circuit fermé, ce sera en circuit ouvert. Du coup, le nombre et la taille des bouteilles a augmenté pour avoir une autonomie comparable. La profondeur étant modeste (3 à 5 m de profondeur moyenne avec un maxi à 11m après l’étroiture des 120m), deux 6 L et une 20L suffiront. Et ce fut le cas car je suis sorti à mi-pression de mes blocs (environ 3 m3 de gaz consommés).

le mercure grimpe, ce 15 juin.... l'eau prend la fuite....

le mercure grimpe, ce 15 juin.... l'eau prend la fuite....

La canicule annoncée me rendit prudent sur mon adaptabilité à la chaleur et c’est la solution combinaison de chasse humide qui fut retenue. Mais avec chauffage, option qui se révéla déterminante par son efficacité. Le gilet Thermalution que nous avons chacun acheté en fin d’année dernière avec Stéphane pour nos plongées lac ou spéléo longues en combinaison étanche fonctionne aussi parfaitement en humide et la sensation de chauffage dans le dos est quasiment identique. Je n’aurais sans doute pas tenu 2 heures dans une eau à 13,5°, même peu profonde, sans cet apport qui aurait pu durer encore, car les accus n’ont pas été épuisés.

Cela ouvre de belles perspectives pour les plongées profondes d’été à la Croix-Valmer où les conditions de chaleur sur le bateau sont identiques à celles d’aujourd’hui en Ardèche, rendant très pénible l’habillage avec un vêtement étanche si on n’est pas à l’ombre et très proche de l’eau.

Affaire à suivre…

Une fois les 3 collègues partis successivement avec leurs gros équipements en direction du puits à 700m et leur ayant, pour certains, copieusement tiré le portrait pendant leur préparation, me voilà parti à lents coups de palmes pour voir le maximum de détails de cette galerie qui se révèle assez complexe et tortueuse.

Mon flash, acquis en même temps que mon appareil photo avec son caisson fin 2013, étant récemment décédé sans explication, sans doute faute d’avoir beaucoup servi, les photos seront réalisées, comme depuis longtemps, au phare, en jonglant avec les deux têtes Led de mon éclairage GralMarine (un spot étroit de 6° et un vidéo à 110°), ainsi qu’un petit phare à main à 110°.

le plongeur spéléo fonçant tête baissée en rate souvent les cloches d'air au plafond...

le plongeur spéléo fonçant tête baissée en rate souvent les cloches d'air au plafond...

piégée, cette bulle d'air disparaitra à la prochaine crue

piégée, cette bulle d'air disparaitra à la prochaine crue

Le premier objectif était d’essayer de rentrer dans une petit galerie plate située à la base d’un petit puits auquel on accède en bifurquant à droite sur une dizaine de mètres, après avoir parcouru environ une vingtaine de mètres depuis la vasque.

Raté !

c'est étroit...... en haut à droite, le reflet improbable d'une surface... en surpression probablement car l'ordinateur indique - 2 m...

c'est étroit...... en haut à droite, le reflet improbable d'une surface... en surpression probablement car l'ordinateur indique - 2 m...

Après avoir posé la 20L dans la galerie principale, mes deux 6 L portées en latéral se sont avérées trop encombrantes et insuffisamment bien attachées serrées pour passer correctement. L’eau ne circulant pas dans ce coin, sauf peut-être pendant les crues, la touille tombe très vite et il faudra revoir l’équipement pour essayer d’y progresser. D’après les archives, d’autres déjà fait, malgré qu’il n’y ait pas ou plus de fil en place. Au-dessus de ce petit puits de -7 m, une cloche et ses petits diverticules, la première cloche sur les 5 que cette plongée m’a permis de repérer alors que je n’en connaissais que trois.

la roche dans tous ces états, avec toujours, dans le champ du regard, le fil de la compagne de Thésée

la roche dans tous ces états, avec toujours, dans le champ du regard, le fil de la compagne de Thésée

De 30 à environ 60 m de l’entrée, la galerie remonte progressivement jusqu’à 1m ou 1,50 m de profondeur lorsque le niveau est plein. Parfois, cette zone haute d’environ 1m s’exonde partiellement comme aujourd’hui, voire totalement pendant les étiages forts, rendant la progression à 4 pattes en aérien très physique avec du gros matériel et en étanche, voire impossible sans risquer un gros coup de chaleur.

Cette fois-ci, c’est parfait avec suffisamment d’eau pour être porté et suffisamment d’air dans l’exondé pour sortir la tête et regarder les jeux de miroir de la surface agitée par nos mouvements et nos bulles. Cette beauté minérale est toujours source d’étonnement et de plaisir des yeux.

interface entre l'aquatique et le minéral

interface entre l'aquatique et le minéral

Un peu avant cette zone qui peut s’exonder, un fil détaché du fil principal part sur la droite dans une belle cloche spacieuse ovale avec un ressaut au niveau du plan d’eau duquel part un fil dans un second petit puits. J’ai de nouveau posé la 20L sur le fil principal et cette fois-ci, pour une fois sans gros équipement, je peux enfin passer ce ressaut avec mes deux 6 L et me retrouver dans une autre cloche qui communique en fait avec celle d’où je viens. A la base du petit puits de 2 ou 3 m de profondeur, un fil part ….rejoindre la galerie principale, et je ne l’avais encore jamais vu, toujours occupés, lorsque nous fonçons vers le fond de la cavité, à avancer concentré sans regarder sur les côtés et sans faire les abords. Ce seront donc, dans l’axe de la progression les cloches 2 et 3, selon une nomenclature personnelle non officielle élaborée en triant les photos, afin de m’y retrouver…

l'imagination de la nature est sans limite, il faut le talent du photographe pour la partager

l'imagination de la nature est sans limite, il faut le talent du photographe pour la partager

Vers environ  80m de l’entrée, après la zone exondable, cela redescend de 1 ou 2 m vers une zone en chicane dans la roche permettant d’accéder à un beau canyon. Ce canyon précède deux étroitures en parallèle, l’une en pleine roche sur le gauche en progressant vers le fond, l’autre dans des galets sur le droite. C’est dans cette dernière que s’est opérée la séance de désobstruction organisée par le comité régional le 27 février 2021 (voir CR dédié).

Avant la chicane, on accède à une 4ieme cloche avec la particularité de voir des racines de végétation en provenance de la surface terrestre sans doute assez proche.

la végétation trouve le chemin de l'eau à travers le calcaire

la végétation trouve le chemin de l'eau à travers le calcaire

Passé la chicane, c’est encore plus simple car un panneau fixé sur la roche indique la direction de la 5ieme cloche, la plus belle de toutes avec de nombreuses concrétions dont des draperies.

Le clou des surprises fut sans doute dans ce secteur de retrouver dans une haute cheminée le bidon de chaux sodée vide que nous avions perdu lors de la désobstruction du mois de février dernier. Il me servait à équilibrer la caisse de transport des galets avec l’outillage dedans et il s’était détaché au retour. Plein d’air, mais sans bouchon, il a filé dans les plafonds pour s’enquiller dans cette cheminée un peu trop étroite pour le récupérer avec mon équipement, mais ce n’est pas perdu.

cette cloche d'air est aussi un refuge en cas de problème

cette cloche d'air est aussi un refuge en cas de problème

des draperies figées par le temps

des draperies figées par le temps

les " dents de la Terre" ?

les " dents de la Terre" ?

on l'a retrouvé !

on l'a retrouvé !

Dans cette zone du canyon, terminus en distance de mon objectif pour cette plongée, l’arrivée de Sylvain avec son copieux équipement (bi 18 + relais 20L tracté par le gros loco UV 26) permit une bonne diversion dans ma séance photos.

Sylvain ressort de l'étroiture du canyon, bien chargé

Sylvain ressort de l'étroiture du canyon, bien chargé

il a déjà commencé la collecte minérale...

il a déjà commencé la collecte minérale...

Deux heures de plongée dans une cavité où je suis passé maintes fois et continuer à la découvrir en ayant l’impression de ce sera la même chose la prochaine fois tellement j’ai vu d’autres recoins où aller fouiner sont une source d’étonnement et de motivation renouvelée pour cette cavité si riche.

Outre la beauté du site extérieur des Gouls de Tourne à Bourg Saint Andéol, c’est sans doute une des raisons pour lesquelles nous allons si souvent là-bas.

Pour terminer, mais je m’en doutais un peu, je confirme que la canicule n’est pas l’amie des plongeurs vu le manque de fraicheur de certains à la sortie de leur plongée…

cette fleur veille sur la vasque

cette fleur veille sur la vasque

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20 juin 2021 7 20 /06 /juin /2021 17:39

Personnes présentes : Sylvain Dupuy     Gilles et Isabelle Froment    Edgar et Monique Royon     Florence Royon    Stéphane Simonet et Geneviève Sansoni-Simonet    Didier Dravet   Alain Giraud    Roland et Josette Bouilhol   Arielle Cuzin    Thierry Mourice  Hervé et Françoise Lichtfouse   Pascal et Odile Meygret

Personnes représentées:  Daniel Lehmann    Nadine Ribera   Thibaut Royon  Philippe Moya   Nicolas Venet   Lara Meygret    Joelle Dupuy   Alexandre Simonet

Soit 18 présents dont 13 adhérents et 8 pouvoirs soit 21 personnes sur 25: le quorum est atteint.

Cette assemblée générale fait suite à la réunion de bureau tenue le 7 juin 2021 19h 30 chez le secrétaire.

Le président ouvre la séance à 20h en remerciant l'ensemble des participants pour leur présence et les membres du bureau pour leur implication. Il souligne les difficultés d'organisation liées à la crise sanitaire et annonce l'ordre du jour.

Il cède la parole au secrétaire pour le bilan moral de la saison 2020-2021:

Compte rendu de l'assemblée générale du 18 juin 2021 à Villefranche sur Saône

Malgré la crise du Covid, 113 immersions ont pu être réalisées dont 2 sorties en mer, 2 en lac et 7 en plongée souterraine, dont la sécurisation des Gouls à Bourg St Andéol et 2 plongées profondes aux mélanges.

Compte rendu de l'assemblée générale du 18 juin 2021 à Villefranche sur Saône

Il est également souligné l'annulation de la sortie en Espagne, de Bormes les Mimosas en avril, de l'initiation souterraine au mois de mai et des entraînements en fosse, de part les différentes contraintes sanitaires et les mesures de confinement. Le président souligne la ténacité des différents organisateurs qui ont donné le maximum malgré les difficultés et les en remercie. 

la parole est ensuite donnée à la trésorière adjointe qui présente les comptes de l'association:

Compte rendu de l'assemblée générale du 18 juin 2021 à Villefranche sur Saône
Compte rendu de l'assemblée générale du 18 juin 2021 à Villefranche sur Saône

La comptabilité étant claire et sincère, quitus est donné au trésorier à l'unanimité.

 

la discussion s'engage ensuite sur la planning des sorties pour la saison 2021-2022. 

Compte rendu de l'assemblée générale du 18 juin 2021 à Villefranche sur Saône

- La sortie à Agay du 24 au 26 septembre 2021 est quasi bouclée, avec 13 plongeurs, organisateur Stéphane

- Sortie à Bormes les Mimosas du 22 au 24 octobre 2021 sera organisée par Sylvain

- La sortie en Espagne aura lieu du 7 au 10 avril 2022, organisateurs Gilles & Pascal

- La sortie sur Porquerolles est programmée du 20 au 23 mai 2022, organisée par Florence

- L'initiation à la plongée souterraine est reprogrammée au 7 juin, organisée par Sylvain, Stéphane, Gilles et Philippe

- l'AG aura lieu le 17 juin 2022

- Une sortie sur Cavalaire est programmée du 23 au 25 septembre 2022, organisée par Stéphane

- La sortie de Bormes 2022 aura lieu du 28 au 30 octobre, organisée par Sylvain

 

La discussion s'engage ensuite sur les entraînements aux Vagues à Meyzieu: il est décidé à l'unanimité des personnes présentes de maintenir les entraînements dans son format actuel, avec partage du créneau avec le CSB. le secrétaire transmettra les propositions de créneaux aux Vagues, et le planning des sorties sera mis à jour et distribué aux adhérents.

Compte rendu de l'assemblée générale du 18 juin 2021 à Villefranche sur Saône

Le bureau informe ensuite les adhérents de la démarche entamée pour s'équiper de nitrox de décompression.

les 5 plongeurs formés nitrox confirmé du club ont investit dans des pack de décompression ( bloc 7 litres et détendeurs) achetés chez le fournisseur en ligne Innodive. Ces bloc sont gonflés par le nouveau prestataire de la région lyonnaise, le magasin Dive Lyon qui dispose d'une station de gonflage aux mélanges tant nitrox que trimix. L'équipe va donc tester ce matériel et cette configuration, en vue de proposer si l'ensemble donne satisfaction aux adhérents intéressés de s'équiper et de se former afin d'améliorer la sécurité des plongées à décompression.

L'ordre du jour étant épuisé, le bureau démissionne dans son intégralité: il est aussitôt, et à l'unanimité des participants ré élu dans ses fonctions.

Compte rendu de l'assemblée générale du 18 juin 2021 à Villefranche sur Saône

Le président remercie l'assemblée pour sa confiance, qui, pour le remercier de ces 13 années de présidence, d'investissement et de responsabilité au sein du club, lui remet un cadeau, un album photo réalisé par Gilles, retraçant toutes ces années de plongée.

 

Compte rendu de l'assemblée générale du 18 juin 2021 à Villefranche sur Saône

Le président clôt la séance sous les applaudissements de l'assemblée, et invite tout le monde à partager un repas sur la terrasse du restaurant "le petit bistro".

Fin de l'assemblée vers 21 heures.

très bel été, bonnes vacances et belles plongées à tous !

très bel été, bonnes vacances et belles plongées à tous !

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17 mai 2021 1 17 /05 /mai /2021 17:26

Compte rendu de la sortie à BSA, Goul du pont, du 7 mai 2021

Participants: Sylvain Dupuy   ( plongeur de pointe)   Gilles Froment ( assistance RDV -40m, photo, préparation des mélanges)      Philippe Moya  ( assistance, dépose de relais profond - 40 m)    Stéphane Simonet  ( assistance   préparation tables déco    vidéo )

Sauf mention contraire les images sont de Gilles Froment.

Entre météo bizarre, couvre feu aléatoire, déconfinement inextricable et reconfinement  en suspend, il fallait une fois de plus bien viser pour tirer cette cartouche, et renvoyer un plongeur de l'ASSP sous 9 atmosphères. Et pas n'importe lequel, notre Président en personne ! Assisté d'une équipe de choc, il s'est donc rempli les poumons d'hélium pour aller un peu plus loin dans la source, en sécurité. mais il va vous raconter....

Vendredi 7 mai 2021 nous sommes en route pour une plongée en Ardèche au Grand Goul.

 L’objectif est de pouvoir explorer la cavité jusqu’à -80 mètres avec un mélange trimix 14/56.

J’ai déjà effectué des reconnaissances à l’air jusqu’à 50 mètres de profondeur. La découverte ne sera pas la même …

un peu de publicité ne fait pas de mal....

un peu de publicité ne fait pas de mal....

Notre point de rendez-vous se fait chez Stéphane avec Gilles à 7h30. La remorque est bien chargée et la voiture de Gilles aussi.

Direction l’Ardèche !!! Nous retrouverons Philippe sur le site.

Je tiens à préciser que ce type de plongée ne peut se faire qu’avec de bons copains avec qui tout se déroule à merveille. La confiance est le socle de la réussite de la plongée.

il y a toujours un peu de matériel quand on va plonger sous la terre....

il y a toujours un peu de matériel quand on va plonger sous la terre....

Le Briefing se fait au bord de la vasque. 

Chaque chose à sa place, c’est pour être efficace, quand tout est bien réglé c’est facile de plonger !!

 

Nous commençons à préparer tout le matériel. Environ 1h30.

Préparation du Bi 2 x 18 litres par Sylvain et Gilles. Avec 30 % d'azote dans le mélange, soit une pression partielle d'azote de 2.7 bars à 80 m, Sylvain sera dans les mêmes conditions de narcose qu'à 24 m à l'air....autrement dit, ultra lucide !!!           photo Philippe Moya

Préparation du Bi 2 x 18 litres par Sylvain et Gilles. Avec 30 % d'azote dans le mélange, soit une pression partielle d'azote de 2.7 bars à 80 m, Sylvain sera dans les mêmes conditions de narcose qu'à 24 m à l'air....autrement dit, ultra lucide !!! photo Philippe Moya

dernières consignes données à Philippe, qui outre le trimix  (ou triox) 33/29, va aussi déposer l'oxygène à - 6 m et le nitrox 70 à -12 m:  bouteille joker pour la sécurité !

dernières consignes données à Philippe, qui outre le trimix (ou triox) 33/29, va aussi déposer l'oxygène à - 6 m et le nitrox 70 à -12 m: bouteille joker pour la sécurité !

c'est parti pour Philippe !

c'est parti pour Philippe !

 Philippe est prêt le premier à partir pour emmener l’oxygène à 6 mètres et surtout le trimix  de décompression à -39 mètres (33/29).

Pendant que Philippe effectue sa plongée, nous faisons les derniers réglages avec Gilles et Stéphane.

Le but est de s’engager 30 minutes après la sortie de l’eau de Philippe.

Départ de notre plongeur sherpa dans la vasque. Sans équipe de soutien, point de pointe !

Départ de notre plongeur sherpa dans la vasque. Sans équipe de soutien, point de pointe !

passé de l'autre côté du miroir de la surface, Philippe part le premier déposer les blocs de décompression

passé de l'autre côté du miroir de la surface, Philippe part le premier déposer les blocs de décompression

Nous décidons de manger avant la plongée au bord de la vasque. La météo est bonne, il fait chaud la vasque est quasi pleine. Des conditions idéales pour ce type de plongée !! Et en plus nous sommes les seuls sur le site. L’eau est cristalline.

Le top départ pour enfiler nos combinaisons et s’équiper de nos instruments, casques, boussoles, et sécateurs est donné !

retour de Philippe, et tout de suite Sylvain et Stéphane sont aux nouvelles, tout est paré !

retour de Philippe, et tout de suite Sylvain et Stéphane sont aux nouvelles, tout est paré !

sortie façon culturo équilibriste pour Philippe, plus habitué au BI 20 qu'aux "biberons" qu'il a sur le dos !

sortie façon culturo équilibriste pour Philippe, plus habitué au BI 20 qu'aux "biberons" qu'il a sur le dos !

Pour s’équiper du scaphandre, je décide descendre dans la vasque. Philippe m’assiste pour ce moment délicat. Stéphane est déjà dans l’eau avec la caméra. Gilles m’aide à régler mon lestage ( -4 kg) et se chargera de déposer d’autres bouteilles d’oxygène.

ça y est chacun rentre dans sa plongée, Stéphane est déjà dans l'eau pour s'emparer du recycleur, Sylvain déambule dans son vêtement sec...

ça y est chacun rentre dans sa plongée, Stéphane est déjà dans l'eau pour s'emparer du recycleur, Sylvain déambule dans son vêtement sec...

chaque plongeur doit gérer son matériel individuel, en plus d'être aux petits soins pour le plongeur de pointe

chaque plongeur doit gérer son matériel individuel, en plus d'être aux petits soins pour le plongeur de pointe

le lourd bi de mélange fond sur le dos, Sylvain doit ajuster avec soin ses détendeurs, manomètres, inflateurs et équipement divers.

le lourd bi de mélange fond sur le dos, Sylvain doit ajuster avec soin ses détendeurs, manomètres, inflateurs et équipement divers.

rien n'est simple avec un tel bazar sur le dos, et 'aide d'un tiers est toujours la bienvenue !

rien n'est simple avec un tel bazar sur le dos, et 'aide d'un tiers est toujours la bienvenue !

Après un contrôle croisé avec Stéphane, nous pouvons commencer la plongée. Stéphane se charge d’effectuer la vidéo jusqu’à -60 mètres. Nous avons défini une stratégie pour effectuer des prises de vues pour éviter de se gêner. Vraiment j’ai pu évoluer sans soucis. Stéphane s’est montré très professionnel dans ses prises de vues et très discret dans ses placements dans la cavité. Bravo !!

avantage au recycleur Triton dans cette situation, on est quand même plus léger !

avantage au recycleur Triton dans cette situation, on est quand même plus léger !

dernière concentration avant de quitter le soleil...

dernière concentration avant de quitter le soleil...

derniers réglages... Sylvain respire un mélange avec 14 % d'oxygène, hypoxique jusqu'à - 5 m. Pour éviter tout accident, il part donc en respirant le nitrox 50 qui lui servira aussi pour le retour et sa déco.

derniers réglages... Sylvain respire un mélange avec 14 % d'oxygène, hypoxique jusqu'à - 5 m. Pour éviter tout accident, il part donc en respirant le nitrox 50 qui lui servira aussi pour le retour et sa déco.

Pour partir j’utilise le N50 pour aller jusqu’à – 21 mètres. Une fois déposé le N50 je bascule l’ordinateur sur le Trimix 14/56. Le compte à rebours commence pour moi. Je commence la descente, tout se passe bien. Il est important que tout soit bien réglé car chaque geste devient un automatisme.

progression au nitrox 50 dans la galerie

progression au nitrox 50 dans la galerie

La galerie se dessine autrement à mes yeux, je profite du spectacle car sincèrement avec le Trimix tout semble différent, la narcose est fortement diminuée. C’est magique.

 Je passe devant la bouteille déposée par Philippe (profondeur conforme, grand merci Philippe).

Gilles croise Stéphane qui remonte du fond pour faire sa décompression, et il en profite pour lui tirer le portrait

Gilles croise Stéphane qui remonte du fond pour faire sa décompression, et il en profite pour lui tirer le portrait

La descente est magique car il n’y qu’à se laisser descendre en pivotant sur moi-même. Le fil d’Ariane est toujours non loin de mon regard, les prises de cap pour sécuriser mon retour aussi. Il est temps de laisser Stéphane, une petite poignée de main et je continu ma descente pour enfin arriver en partie basse. Je me pose, je regarde en haut, sur les côtés. La galerie est sculptée dans la roche et le passage est assez grand. Je regarde aussi les galerie annexes. J’avance doucement dans ce le couloir jusqu’à – 80 mètres. Je regarde se dessiner la suite avec l’envie de dire à quand la poursuite, car l’envie est grande … Je gère le débit continu d’un de mes détendeurs, la facture est chère à cette profondeur … Pourtant quelques secondes. Je peux aussi constater que je suis très lourd en bas (prévoir de retirer 3 kg). Heureusement le système dorsal absorbe cet excédent de plomb.

- 80 m, Sylvain est seul mais en sécurité, avec le bon mélange et une équipe en soutien pour l'aider à gérer toute difficulté....

- 80 m, Sylvain est seul mais en sécurité, avec le bon mélange et une équipe en soutien pour l'aider à gérer toute difficulté....

Je regarde mes instruments et je fais demi-tour à 9min 45 sec pour arriver en bas du puits à 11min 45 sec. Mes paramètres sont 12 min à 80 mètres. Le contrat est respecté !!

le profil de la plongée, reconstitué par Philippe, le Pétrel ayant buggé au palier !!

le profil de la plongée, reconstitué par Philippe, le Pétrel ayant buggé au palier !!

les tables de secours

les tables de secours

Je commence ma remontée en suivant les consignes des ordinateurs. Vitesse de remontée contrôlée et plutôt lente. Mon premier stop se fera à 46 mètres pour le premier palier. Je change de mélange en prenant la bouteille de Philippe à – 39 mètres (trimix 33/29) jusqu’à 21 mètres ou je reprends mon N50. Gilles récupère la bouteille de Trimix. Paliers après paliers, j’arrive à la sortie de la cavité. Comme d’habitude je stoppe mes éclairages pour profiter du spectacle de cette luminosité qui illumine ce passage bas de l’entrée.

le plan de plongée, sous une autre forme, avec l'organisation de la dépose

le plan de plongée, sous une autre forme, avec l'organisation de la dépose

Je passe l’étroiture et me dirige pour effectuer le palier de 9 mètres puis 6 mètres à l’oxygène pur (30 Minutes !!!). Je bascule en mode manuel car l’ordinateur devient tout noir, pas de chance. J’ai le temps de me poser et de visionner à nouveau toute la plongée dans ma tête. C’est trop beau et surtout magique de pouvoir admirer cette cavité avec autant de lucidité.  Je termine mes paliers et je commence à remonter dans la vasque.

Sylvain est passé du mélange dorsal 14/56 au trimix de déco 33/29 vers - 40 m. il passe ainsi de 30 % à 38 % d'azote en profitant d'un mélange suroxygéné, ce qui préférable pour écarter tout risque de Contre Diffusion Isobare ( CDI). Qu'est-ce que c'est encore que ce truc ? Pour faire simple, il s'agit d'un accident potentiel au niveau de l'oreille où des tissus mal perfusés pourraient contenir encore beaucoup d'hélium. l'azote y pénétrant en quantité importante pourrait générer une sursaturation sans changer de profondeur, au changement de mélange. le phénomène est encore mal cerné, et peu probable sur un profil de ce type. Mais, à l'ASSP, on fait tout pour limiter les risques !!

Sylvain est passé du mélange dorsal 14/56 au trimix de déco 33/29 vers - 40 m. il passe ainsi de 30 % à 38 % d'azote en profitant d'un mélange suroxygéné, ce qui préférable pour écarter tout risque de Contre Diffusion Isobare ( CDI). Qu'est-ce que c'est encore que ce truc ? Pour faire simple, il s'agit d'un accident potentiel au niveau de l'oreille où des tissus mal perfusés pourraient contenir encore beaucoup d'hélium. l'azote y pénétrant en quantité importante pourrait générer une sursaturation sans changer de profondeur, au changement de mélange. le phénomène est encore mal cerné, et peu probable sur un profil de ce type. Mais, à l'ASSP, on fait tout pour limiter les risques !!

encore un changement de mélange, après le 33/29 Sylvain repasse sur le nitrox 50 à - 21 m puis sur le nitrox 70 - petit bonus de décompression - à -12 m. il est maintenant derrière l'étroiture....

encore un changement de mélange, après le 33/29 Sylvain repasse sur le nitrox 50 à - 21 m puis sur le nitrox 70 - petit bonus de décompression - à -12 m. il est maintenant derrière l'étroiture....

Stéphane et Sylvain se retrouve au dernier palier, Stéphane a presque terminé, Sylvain doit encore patienter 30 minutes

Stéphane et Sylvain se retrouve au dernier palier, Stéphane a presque terminé, Sylvain doit encore patienter 30 minutes

- 6 m, Sylvain se débarrasse des blocs inutiles...

- 6 m, Sylvain se débarrasse des blocs inutiles...

Détendeur oxygène en bouche, c'est bientôt terminé !!

Détendeur oxygène en bouche, c'est bientôt terminé !!

décompression terminée !!

décompression terminée !!

Philippe et Stéphane sont là pour m’accueillir, je mesure l’importance d’avoir des amis sur qui je peux compter. Gilles sort à son tour.

Sortie du plongeur de pointe !!

Sortie du plongeur de pointe !!

il ne doit faire aucun effort, et tout le matériel sera sorti par les plongeurs d'assitance

il ne doit faire aucun effort, et tout le matériel sera sorti par les plongeurs d'assitance

la photo se passe de commentaire....

la photo se passe de commentaire....

Merci les gars pour votre accompagnement, vous êtes formidables. Grand merci !!!

 Il faut profiter des instants présents et préparer d’autres plongées entre copains.

A très bientôt pour d’autres aventures

 

Sylvain 

explorer ! le crédo de notre club.

explorer ! le crédo de notre club.

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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 18:30

CR de la sortie du 16 mars 2021 à BSA Goul du pont

 

Participants      Gilles Froment    Stéphane Simonet    Sylvain Dupuy   Philippe Moya

 

sauf mention contraire, les images sont de Gilles Froment

la vasque du Pont au soleil..... image drone Sylvain Dupuy

la vasque du Pont au soleil..... image drone Sylvain Dupuy

  Aujourd'hui, c'est Philippe le plongeur de pointe, celui qui sera au centre de toutes nos attentions: il va descendre au-delà des limites raisonnables de la plongée à l'air, aux mélanges à base d'hélium, bien entendu ! mais à l'ancienne, bi 18 sur le dos et déco en ouvert pour le retour. Tout a été préparé, comme d'habitude... Phil, à toi....

Philippe, plongeur de pointe, et ses plongeurs de soutien, Gilles et Steph.      photo drone Sylvain Dupuy

Philippe, plongeur de pointe, et ses plongeurs de soutien, Gilles et Steph. photo drone Sylvain Dupuy

Avoir de bons copains, c'est ce qu'il y a de meilleur au mon-on-on-de !!! disait la chanson.
 
Et bien là , c'est tout à fait le cas.
 

Sylvain, premier à plonger pour une dépose de trimix 33/29 se prépare sous le regard de Stéphane

Sylvain, premier à plonger pour une dépose de trimix 33/29 se prépare sous le regard de Stéphane

Lors de ma précédente plongée avec Stéphane et Gilles, nous avions évoqué une plongée dans la galerie dite de moins 80. Je l'avais visitée il y a déjà quelques années, et je voulais bien y retourner.

le profil calculé par le logiciel Pastodéco

le profil calculé par le logiciel Pastodéco

le "run time" comme on dit, ou plan de plongée dans le langage de Molière

le "run time" comme on dit, ou plan de plongée dans le langage de Molière

Stéphane a fait tourner des logiciels de décompression, et avec Gilles ils ont préparé les gaz, et tout l'impédimenta nécessaire à cette profondeur.

Philippe prépare son dorsal de trimix, 1ere phase de préparation, il "entre" dans sa plongée

Philippe prépare son dorsal de trimix, 1ere phase de préparation, il "entre" dans sa plongée

Sylvain est prêt à descendre

Sylvain est prêt à descendre

Moi, j'attends, je lis et relis les tables, me mets dans la tête les paliers, je relis mon C.R de la précédente fois.... tout est clair.

Philippe descendra un peu au delà de la galerie horizontale à 80 m.

Philippe descendra un peu au delà de la galerie horizontale à 80 m.

L'UV 26 du club, avec ses batteries toutes neuves, attend d'être testé par Sylvain.

L'UV 26 du club, avec ses batteries toutes neuves, attend d'être testé par Sylvain.

Au final, nous prévoyons que je partirai avec un N50, que je laisserai à -21.

bon, quel bloc choisir ?

bon, quel bloc choisir ?

heureusement que tout noté, préparé, vérifié etc .....

heureusement que tout noté, préparé, vérifié etc .....

Je passerai sur mon trimix fond, 14/56, et je visiterai cette galerie, Gilles me donne quelques repères, il y a un puits, puis une galerie sur la droite, où il a laissé un plomb "baba au rhum".....

Sylvain, scooter en main, prêt à récupérer le matériel

Sylvain, scooter en main, prêt à récupérer le matériel

Je dois plonger avec mon profondimètre, mes tables ET un ordinateur prêté par Stéphane.....

2 blocs d'oxygène, une 12 litres de trimix 33/29 et le loco, chargé, le plongeur de soutien....

2 blocs d'oxygène, une 12 litres de trimix 33/29 et le loco, chargé, le plongeur de soutien....

Le matériel est parfait, un bi 18 gonflé à 200 bars et quelques (hum, hum...), une petite bouteille d'argon pour gonfler mon volume.... j'aurais donc bien chaud.... parfait. Une double wing... là vraiment je suis gâté, double sécurité.... bref, ils m'ont préparé çà aux petits oignons....

Philippe équipé de son vêtement étanche, il est déjà parti, en quelque sorte...

Philippe équipé de son vêtement étanche, il est déjà parti, en quelque sorte...

Y a plus qu'à.... tiens.... mais là bas, que vois-je ? cette silhouette famillière qui avance sur le chemin..... on dirait ! mais non, je rêve... mais si ! elle approche, et je reconnais bien ma fille ainée..... Mais que fais-tu là ? : <<j'ai terminé plus tôt, alors hop, j'ai pris l'autoroute et je suis venue te voir...>>  ... quelle belle surprise..... venir spécialement de Pertuis..... merci ma grande !

Magali, venue faire la surprise à son papa, observe tout le bazar des spéléonautes...

Magali, venue faire la surprise à son papa, observe tout le bazar des spéléonautes...

et comment dire, il y en a !  mais tout cela est nécessaire, pour parer à toute panne matériel, à toute défaillance...

et comment dire, il y en a ! mais tout cela est nécessaire, pour parer à toute panne matériel, à toute défaillance...

Sylvain qui est venu aider, doit me poser un trimix 33/29  de déco à -40. Puis tester un scooter sous marin....
 
Ce qu'il fait.
 

Stéphane se prépare pour filmer Philippe pendant le début de la plongée

Stéphane se prépare pour filmer Philippe pendant le début de la plongée

Recycleur ventral bien accroché, paré pour la mise à l'eau

Recycleur ventral bien accroché, paré pour la mise à l'eau

Philippe se prépare à capeler son bi 18 de trimix

Philippe se prépare à capeler son bi 18 de trimix

Je suis prêt, lorsque je découvre que l'ordinateur donne des messages bizarres : Comme quoi la batterie ne serait pas chargée..... GRRR !!! changement de pile, et là, il ne veut plus démarrer.... RE GRRRR !!!

derniers essais pour faire fonctionner ce Pétrel rebelle, avant d'abandonner pour revenir aux tables...

derniers essais pour faire fonctionner ce Pétrel rebelle, avant d'abandonner pour revenir aux tables...

Heureusement Gilles me prête son ordi, mais le changement de gaz en cours de déco n'est pas évident à expliquer ....<< Je te mets sur Trimix, et tu interprêteras avec tes tables !!! >> aucun problème....

Retour de Sylvain, mission accomplie, blocs déposés !

Retour de Sylvain, mission accomplie, blocs déposés !

dernier conciliabule avant de langer le GO ! comme à Houston

dernier conciliabule avant de langer le GO ! comme à Houston

sortie de Sylvain, il faut prendre les commandes du drone...

sortie de Sylvain, il faut prendre les commandes du drone...

Voilà, voilà.... on y va....
 
Stéphane part devant pour me filmer passant l'étroiture du départ... étroiture toute relative aujourd'hui après de nombreuses séances de désobstruction....
 

la vidéo de la plongée

Stéphane allume la caméra Paralenz pour immortaliser cette plongée

Stéphane allume la caméra Paralenz pour immortaliser cette plongée

fin prêt !

fin prêt !

Stéphane s'engage le premier, pour ramener de belles images....

Stéphane s'engage le premier, pour ramener de belles images....

Je pars donc tranquillement au Nitrox 50. Arrivé dans le puits, je le pose sur la corde, et descente.... -40, le bloc de trimix33/29 est bien là qui attend.... je continue, arrivé au début de cette galerie de -80, çà tournicote un peu ; ne pas se prendre dans le fil posé parfois un peu au milieu... mais avec l'hélium, l'esprit est bien clair, et tout cela est très facile....

Philippe prend la pause pour le photographe, et laisse 1 petite minute d'avance au camera man

Philippe prend la pause pour le photographe, et laisse 1 petite minute d'avance au camera man

c'est parti !

c'est parti !

Je profite un maximum, je grave dans ma mémoire tous les détails, montée, descente, la galerie fait un dos d'âne, le fameux puits sur la gauche , la galerie qui a l'air bien touilleuse sur la droite, et là bien en évidence, le fameux plomb circulaire..... je suis à moins 77m. Arrive la fin de la galerie et un petit puits s'ouvre devant moi.... tout va bien, j'ai chaud, J'ai encore un max de gaz, j'y vais un peu..... j'arrive à -85.... allez, il faut être sérieux, je braque mes phares vers le bas, un autre jour peut-être ?..... il faut faire demi tour, la pression baisse vite, je suis à plus de 9 bars de pression et la conso est très importante.... tout a une fin.

les blocs d'oxygène à - 6 m

les blocs d'oxygène à - 6 m

quelques bulles d'air piégées sous le porche d'entrée....

quelques bulles d'air piégées sous le porche d'entrée....

...promesse d'un jolie jeu de faux semblant dans la galerie

...promesse d'un jolie jeu de faux semblant dans la galerie

Retour sans aucun soucis, tout est optimum.... Je vérifie les paramètres, j'ai un premier palier vers 42m.....1 mn... je remonte lentement, le palier saute ; -39... toujours une minute...
Je récupère le trimix33/29 et je commence vraiment ma déco.... remontée lente main sur main le long du câble, puis de la corde... ma table me dit que je n'aurais dû commencer que vers -36.....
 

Philippe vérifie ses paramètres, jonglant entre son run time et l'ordinateur de Gilles

Philippe vérifie ses paramètres, jonglant entre son run time et l'ordinateur de Gilles

Je fais donc du rab.... mais bon, remonter plus vite ? j'ai peur de planter vraiment l'ordinateur qui me croit toujours au trimix fond.... allez, j'ai du gaz, j'ai chaud.... cela va dans le sens de la sécurité... alors, je fais comme le dit l'ordi.... mais au trimix33.
Une lumière éclaire la galerie... mais c'est Versailles ! Stéphane est là qui m'accompagne... coucou.... mais bon, je me concentre sur la déco....
 

Philippe au palier, la bouteille d'argon servant à remplir le vêtement sec est bien visible

Philippe au palier, la bouteille d'argon servant à remplir le vêtement sec est bien visible

Arrivé en tête de puits, je récupère le N50, et donne le trimix33/29 à Steph..... l'ordinateur lui continue à me donner des paliers surdimensionnés, mais pas de soucis, je fais ce qu'il dit.... avec 50% d'oxy ! on est vraiment dans la sécurité maximum.....

- 6m, c'est bientôt fini, Philippe relie une dernière fois ses tables

- 6m, c'est bientôt fini, Philippe relie une dernière fois ses tables

Je compare avec mes tables..... boudiou.... on commence vraiment à avoir d'énormes différences, je devrais être à -6 à l'oxy pur..... et je suis toujours dans la galerie.... cela ne me gêne pas.....

sortie en pleine forme après une plongée à - 86 m et 1h 30 de plongée

sortie en pleine forme après une plongée à - 86 m et 1h 30 de plongée

C'est amusant ; en mer, 15 minutes de paliers me gâvent, et là je vais en faire 40 de plus et cela ne me fait rien.... comment expliquer ? je pense que la spéléo est une activité très exigeante, on est hyper concentré. Et du coup, les valeurs de surface n'ont plus court.
Stéphane me quitte, il a fini ses paliers, depuis longtemps j'imagine.
 

 

le profil réel de cette immersion

le profil réel de cette immersion

les gaz consommés

les gaz consommés

Je rejoins les deux bouteilles d'oxy à -6.... Gilles est là.... il me passe deux gros plombs de 3 kg chacuns, qui me permettent de bien me gonfler....douce chaleur de l'argon.... je sors un livre de poche de ma poche, je voulais lire pendant les longues minutes à venir..... làs !

J'avais tout bien prévu, avec des Poséïdon.... je peux lire par dessus le tube horizontal de ces détendeurs Suédois.... mais les bouteilles d'oxy sont gréés avec des détendeurs classiques.... qui me bouchent complêtement les lentilles placées légèrement au dessous de ma ligne de mire..... crotte ! je n'y avais pas pensé....tant pis, je peux lire sur le côté, mais c'est vraiment pas facile.... allez, je remets le livre dans la poche !

la vasque ou Philippe termine encore ses paliers

la vasque ou Philippe termine encore ses paliers

Finalement, je sors... j'ai bien décompressé !!! çà c'est sûr.....

Magali attend le retour de son plongeur de papa........photo drone Sylvain Dupuy

Magali attend le retour de son plongeur de papa........photo drone Sylvain Dupuy

Les copains ne veulent pas que je fasse d'efforts, alors je leur laisse tout faire, remonter le matériel aux voitures, emballer.... je me rhabille... quelques commentaires, et l'heure nous bouscule, les lyonnais doivent remonter avant le couvre-feu, ainsi que ma fille, moi je dois être à la maison pour 17h00.... bref, on est un peu bousculé, mais satisfaits de cette belle plongée, matériellement parfaite... mis à part un ordi capricieux.... mais on avait les tables.... redondance, redondance.....

une belle plongée et un plongeur heureux !

une belle plongée et un plongeur heureux !

La prochaine fois on change de rôles, c'est Sylvain qui ira visiter la galerie, et je lui servirai de sherpa.....

Petite remarque amusante que m'a fait ma fille en me regardant m'habiller......
 
Une couche, du talc, et la sussu dans la bouche, c'est plutôt régressif comme activité !!!   ;-)))) ah ah ah ! elle a raison ! et je peux rajouter que pour les psychiatres, la spéléo est un retour dans le ventre de la mère..... alors dans un siphon, c'est carrément avec le liquide amniotique en plus ......
 

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3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 18:47

Compte rendu de la sortie à BSA, Goul de la Tannerie du 27 février 2021

Participants : Gilles Froment   Stéphane Simonet

 

sauf menton contraire, les photos sont de Gilles Froment

Comme chaque année, le Club De Plongée du Vallon Du Tourne, avec le Comité Régional de Plongée Souterraine AURA organisait un week- end d’entretien et de sécurisation des sources de Bourg St Andéol, le Goul du Pont et la Tannerie. Terrain de jeux favoris des souteux du club, difficile pour nous de ne pas répondre présent….

la vasque du Pont, déjà équipée de sa potence & treuil pour sortir les galets

la vasque du Pont, déjà équipée de sa potence & treuil pour sortir les galets

Aussi, ce samedi 27, avant dernier jour du mois de février, nous voilà avec Gilles à 9h 30 sur le parking du parc du Vallon. Déjà les opérations s’organisent, il y a des blocs au bord de la Tannerie et la potence et son treuil électrique sont installés au Pont.

la vasque claire de la Tannerie, théâtre de nos opérations...

la vasque claire de la Tannerie, théâtre de nos opérations...

Rappelons brièvement de quoi il en retourne :

  • Le petit Goul ou Tannerie, est exploré pour le moment jusqu’à la profondeur de – 243 m, sur une distance de 1375 m depuis l’entrée
  • Le grand Goul, ou Goul du Pont, est exploré quant à lui sur 1265 m, où après une étroiture sévère le fil des spéléonautes s’arrête sur rien à – 191 m de profondeur.
topo des Gouls

topo des Gouls

Dernière vérification pour Stéphane, avant la mise à l'eau.

Dernière vérification pour Stéphane, avant la mise à l'eau.

Autant dire que ces plongées extrêmes sont à la spéléo ce que l’Everest ou le K2 sont à l’alpinisme…. Si des plongeurs d’exception cherchent encore à repousser les limites de la connaissance des Gouls, avec pourquoi pas l’espoir de trouver le passage mythique entre les 2 résurgences, d’autres s’y promènent simplement pour le plaisir, nous en faisons partie…

le Club De Plongée Du Vallon De Tourne, organisateur du barnum

le Club De Plongée Du Vallon De Tourne, organisateur du barnum

Et ces résurgences sont également le lieu d’initiation ou de stages, pour enseigner les règles de la plongée sous terre ou son perfectionnement. Des plongeurs, venus de toute l’Europe, il y en a à BSA !

ça bosse dur au Pont !

ça bosse dur au Pont !

 C’est pourquoi, régulièrement, il faut entretenir 2 étroitures qui se colmatent un peu au fil du temps, la gravité rappelant régulièrement les milliers de galets accumulés par les crues en haut des pentes naturelles :

  • Au Pont, c’est à – 12 m que l’accès se fait intime quand les galets roulent
  • A la Tannerie, un canyon à 100 m de l’entrée voit son passage se réduire par les galets attirés par le fond
la "team" Tannerie, photographiée par Michel Conte

la "team" Tannerie, photographiée par Michel Conte

mise à l'eau, en circuit ouvert, pour changer.

mise à l'eau, en circuit ouvert, pour changer.

2 chantiers, un par source, sont donc en route, avec Gilles et une autre équipe, nous allons travailler à la Tannerie. Pendant que l’autre palanquée travaillera en amont de l’étroiture, nous déblaierons avec une caisse de 100 litres, un sac de relevage et des seaux la partie avale.

c'est le départ, avec, outre le bi dorsal, un relais de 18l, la caisse de matériel et le loco.

c'est le départ, avec, outre le bi dorsal, un relais de 18l, la caisse de matériel et le loco.

Gilles, dans l'étroiture d'entrée, guette le passage de Stéph, "poids lourd"

Gilles, dans l'étroiture d'entrée, guette le passage de Stéph, "poids lourd"

Avant de pratiquer notre art du terrassement, il faut amener au canyon la caisse, les 2 blocs relais de 18 et 20 litres qui permettront de remplir le sac et nous assureront une bonne autonomie en gaz. Retour au circuit ouvert, la plongée « travail » n’étant pas le point fort des recycleurs.

heureusement que le propulseur était là !

heureusement que le propulseur était là !

passage de l'étroiture d'entrée

passage de l'étroiture d'entrée

Pas facile dans le laminoir étroit de l’entrée, avec le courant en pleine face de tirer la caisse… Merci au propulseur qui nous donné un sacré coup de main, nous permettant d’arriver à pied d’œuvre en à peine plus de 10 minutes.

dans le laminoir

dans le laminoir

même si on a l'impression de jouer au Tetris, ça passe

même si on a l'impression de jouer au Tetris, ça passe

Ensuite, il a fallu mettre la caisse en place, la remplir de seaux de galets, gonfler le sac et pousser l’ensemble au fond du canyon, purger le tout et verser la caisse pour y combler une dépression où les cailloux y resteront prisonniers. Cela 4 fois de suite, dans une eau de plus chargée.

l'autre équipe travaille déjà de l'autre côté du canyon

l'autre équipe travaille déjà de l'autre côté du canyon

mise en place de la caisse

mise en place de la caisse

un coup d'œil vers l'amont

un coup d'œil vers l'amont

pelle et sceaux pour dégager le passage

pelle et sceaux pour dégager le passage

14 m3 de gaz consommés plus tard, en 2 heures de plongée, c’est près de 600 kg de galets qui avaient bougé de quelques mètres, qui n’encombraient plus le passage. Je ne compte pas bien sûr les quelques mini galets qui ont rejoint la poche de mon étanche ….

des galets, toujours des galets, encore des galets

des galets, toujours des galets, encore des galets

A la sortie, un peu en retard sur l’horaire, une collation organisée par le CDPVDT nous attendait, merci Michel ! Mais déjà, après un bricolage sur le harnais side mount de Sylvie, il faut penser à rentrer pour respecter les règles sanitaires.

bricolage de dernière minute sur le harnais Side mount de Sylvie

bricolage de dernière minute sur le harnais Side mount de Sylvie

elle est parée !

elle est parée !

Non sans un arrêt rapide à l’aire d’autoroute de Montélimar pour y récupérer du matériel stocké par l’ami Philippe (the Famous).

la vidéo de MIchel Conte

Revue de presse

Revue de presse

Chantiers subaquatiques

Bref une bonne journée, et après le travail de tous durant le WE, l’accès aux sources n’en sera que plus aisé, c’est certain !

le résultat d'un week end de travail côté Pont

le résultat d'un week end de travail côté Pont

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12 février 2021 5 12 /02 /février /2021 10:22

Compte rendu de la sortie au lac du Bourget du 2 février 2021

Participants : Gilles Froment Sylvain Dupuy Stéphane Simonet

Sauf mention contraire, les photos sont de Gilles Froment

Parfois, ce n'est pas le jour....

Parfois, ce n'est pas le jour....

Encore une fois il fallait viser juste : les applications météo compulsées sans cesse sur les smartphones laissaient envisager une accalmie étroite sur le lac du Bourget, qui aurait pu nous laisser plonger. Comptant sur la chance, nous optons pour un équipement minimaliste nous permettant de gagner du temps, afin de respecter le couvre-feu, dead line obligatoire pour regagner nos pénates. Equipement simple pour une plongée la plus longue possible, avec pour objectif de faire tourner les propulseurs.

Parti de Meyzieu sous la pluie, nous arrivons en Chautagne toujours accompagnés par les larmes du ciel. Ça tombe, et sur le site de la pierre à bise, qui n’a jamais aussi bien portée son nom, le vent du sud souffle, faisant danser dans le clapot l’embarcation du SDIS 73 : les SAL savoyards, en orange fluo du plus bel effet s’apprêtent à réaliser des plongées d’entrainement.

le site de la  Pierre à Bise est "full", les collègues SAL sont à pied d'oeuvre

le site de la Pierre à Bise est "full", les collègues SAL sont à pied d'oeuvre

Plan B, le port de Chatillon....

Plan B, le port de Chatillon....

Sylvain salue un collègue sortant du VPL stationné sur le petit parking et prend les infos. Entre le temps d’attente et le clapot qui monte, nous décidons de nous rabattre sur le tombant de Chindrieux, sans trop y croire. Effectivement, 10 minutes plus tard, sur place, nous constatons l’étendue du désastre : le lac est couvert de moutons, la plage au bout du port n’existe plus, balayée par les rouleaux, et l’eau est couleur café, comme chantait Gainsbourg.

le moins que l'on puisse dire, c'est que ça ne fait pas envie...

le moins que l'on puisse dire, c'est que ça ne fait pas envie...

Dépité, le Stéphane....

Dépité, le Stéphane....

Et en plus, il pleut toujours…

Gilles et moi renonçons au même moment, imaginant la galère pour s’immerger avec les recycleurs et les propulseurs, pour une plongée en braille……

galère assurée pour se mettre à l'eau en recycleur la dedans...

galère assurée pour se mettre à l'eau en recycleur la dedans...

Sylvain a décidé de tester sa trilam, alors il teste !!!

Sylvain a décidé de tester sa trilam, alors il teste !!!

Mais notre président, lui, a les crocs : il veut tester son lestage avec sa combinaison trilaminée nouvellement acquise, et il décide de s’immerger dans le port ! à l’abri des gouttes sur la terrasse du restaurant condamné par le Covid, nous l’aidons à s’équiper, et il hérite en plus d’un chauffage électrique à tester.

le plus dur est fait, rentrer dans la combinaison

le plus dur est fait, rentrer dans la combinaison

petit coup de main pour ajuster le plastron de la cagoule..

petit coup de main pour ajuster le plastron de la cagoule..

concentration pré immersion...

concentration pré immersion...

y' a encore un truc qui coince...

y' a encore un truc qui coince...

entrée dans l'eau près de l'embarcation du SDIS 73, la quai est sous l'eau...

entrée dans l'eau près de l'embarcation du SDIS 73, la quai est sous l'eau...

Vite dans l’eau, il effectue sa pesée, rajoute 2 kg pour faire bonne mesure et décide puisqu’il est dans l’eau de faire une petite balade le long de la plage. Du coup, on lui file l’UV 26 pour en tester les batteries….. Et le voilà parti à faire des aller retours devant la plage, où malgré tout la visibilité médiocre l’autorise néanmoins à piloter l’UV, à vitesse modérée….

l'UV 26 est dans l'eau, y'a plus qu'à sauter !

l'UV 26 est dans l'eau, y'a plus qu'à sauter !

il manque 2 kilos, 2 !

il manque 2 kilos, 2 !

tout corps plongé dans un liquide....

tout corps plongé dans un liquide....

... y reste un moment avec un détendeur à assurer autour du coup !

... y reste un moment avec un détendeur à assurer autour du coup !

Stephane tend le loco à Sylvain

Stephane tend le loco à Sylvain

ultime vérification

ultime vérification

et c'est le départ, en surface dans le port désert....

et c'est le départ, en surface dans le port désert....

Rapidement le tracteur subaquatique renâcle, confirmant nos craintes : les batteries, de 2008, rendent l’âme électrolytique, un nouveau chantier s’annonce, le remplacement de ces accus moribonds… Mais d’autres, eux, fonctionnent à merveille : le gilet chauffant atteint son objectif, transformant le trilaminé de Sylvain en serre tropicale…. Il apprécie, vu l’eau à 7°C…..

cette barque n'a pas résisté à l'orage

cette barque n'a pas résisté à l'orage

la plage devant laquelle Sylvain enchaine les aller retours

la plage devant laquelle Sylvain enchaine les aller retours

ça ne s'arrange pas...

ça ne s'arrange pas...

Retour du pilote d'essai...

Retour du pilote d'essai...

opérationnel !

opérationnel !

et manifestement ravi !

et manifestement ravi !

Plongée vite expédiée, casse-croute frugal et de la discussion germe une idée : on n'est pas loin du Perthuis, pourquoi ne pas y faire une reconnaissance ? il doit déborder, vu le déluge des derniers jours…

nous quittons le lac de Lamartine     photo Sylvain Dupuy

nous quittons le lac de Lamartine photo Sylvain Dupuy

Sous le déluge
que d'eau !

que d'eau !

le Bugey est noyé....

le Bugey est noyé....

GPS programmé, nous gagnons rapidement les hauteurs du Bugey, complètement noyé ; de routes barrées en champs inondés, l’eau est partout. Elle tombe du ciel, coule des ravins, ressort de la terre et ruisselle de la moindre pente.

depuis la route en face...

depuis la route en face...

Sur la route, une cascade s’annonce du flanc de la falaise…. Serait-ce …. ?

la source du Perthuis !

la source du Perthuis !

ça dégueule avec force du porche d'entrée !!

ça dégueule avec force du porche d'entrée !!

Débit énorme éjecté par la source, j'imagine le Groin....

Débit énorme éjecté par la source, j'imagine le Groin....

Oui, c’est bien la résurgence du Perthuis qui s’échappe à gros bouillons du porche d’entrée, à grand renfort de décibels et de m3. J’imagine l’étroiture d’entrée du S1, le fil d’Ariane tendu comme une corde violon vibrant dans le courant…. Méconnaissable !

Sous le déluge
point de plongée, mais on est limite de la via ferrata...

point de plongée, mais on est limite de la via ferrata...

et c'est plutôt drôle...

et c'est plutôt drôle...

n'est-ce pas ?

n'est-ce pas ?

attention à ne pas glisser...   photo Sylvain Dupuy

attention à ne pas glisser... photo Sylvain Dupuy

Profitant d’une accalmie, nous contemplons le torrent qui s’échappe du gouffre si discret d’habitude.

4 siphons, 2 intersiphons avec des puits à escalader, et un S5 qui ne s’arrête sur rien à – 52 m, promesse d’une aventure et d’une « première » chère aux plongeurs spéléo…..

Gilles devant les flots.......photo Slvain Dupuy

Gilles devant les flots.......photo Slvain Dupuy

le porche d'entrée...

le porche d'entrée...

Nous reviendrons au Perthuis c’est certain, pas pour aller si loin certes, mais pour tenter de sortir la tête au bout du 3ème siphon.

ça valait bien un selfie, par Sylvain

ça valait bien un selfie, par Sylvain

Excellente journée que celle-là malgré notre plongée avortée. Il faut dire qu’un peu de temps passé en bonne compagnie vaut bien un renoncement ; des plongées, nous en vivrons d’autres…..

buccolique, le Bugey, avec ses chateaux....

buccolique, le Bugey, avec ses chateaux....

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17 janvier 2021 7 17 /01 /janvier /2021 15:40

Compte rendu de la sortie à Bourg St Andéol, Goul du pont et Tannerie du 12 janvier 2021

Participants: Gilles Froment    Philippe Moya   Stéphane Simonet

Sauf mention contraire, les images sont de Gilles Froment

Commencer 2021 comme on avait fini 2020, pourquoi pas ? Nous sommes donc retournés à BSA, profitant encore une fois d'une fenêtre météo étroite, mais quand ça veut, ça veut ! Bien sur, quelques gags liés au matériel ont été au RDV, mais rien de bien grave: l'objectif était une séance photo à la Tannerie tandis que Philippe testait son cadeau de Noël au pont. Objectif atteint ! ce sera donc un CR tout en images et presque sans paroles, pour vous faire profiter de ce portfolio cavernicole....

voici la Tannerie, longue rivière sans étoile de plus de 1800 m reconnue jusqu'à la profondeur de - 243 m.

voici la Tannerie, longue rivière sans étoile de plus de 1800 m reconnue jusqu'à la profondeur de - 243 m.

La première de 2021, retour à BSA
toute plongée souterraine commence par un portage, plus ou moins long ou complexe. ici la nature est généreuse, le cheminement est court, et en ce début janvier ensoleillé..

toute plongée souterraine commence par un portage, plus ou moins long ou complexe. ici la nature est généreuse, le cheminement est court, et en ce début janvier ensoleillé..

voisine de la Tannerie, la source du Goul du Pont sera le terrain de jeux de Philippe

voisine de la Tannerie, la source du Goul du Pont sera le terrain de jeux de Philippe

bi 20 litres sur le dos, et relais de 6 litres d'oygène pour le palier, Philippe est vite prêt, pour tester son nouvel ordinateur bi gaz.

bi 20 litres sur le dos, et relais de 6 litres d'oygène pour le palier, Philippe est vite prêt, pour tester son nouvel ordinateur bi gaz.

Après 45 minutes de bonheur, le voici qui revient, Stéphane, patient, attend son retour.

Après 45 minutes de bonheur, le voici qui revient, Stéphane, patient, attend son retour.

le bonheur, c'est parfois simple comme une plongée, les photos se passent de comentaires....

le bonheur, c'est parfois simple comme une plongée, les photos se passent de comentaires....

de notre côté le matériel s'accumule sur le muret, faut dire qu'aujourd'hui c'est une plongée "light"

de notre côté le matériel s'accumule sur le muret, faut dire qu'aujourd'hui c'est une plongée "light"

enfin pas pour tout le monde, Gilles endosse une plaque dorsale qui frole les 40 kg, quand même !!        Photo Stéphane Simonet

enfin pas pour tout le monde, Gilles endosse une plaque dorsale qui frole les 40 kg, quand même !! Photo Stéphane Simonet

au moment de nous mettre à l'eau, une surprise, un plongeur émerge de la vasque...

au moment de nous mettre à l'eau, une surprise, un plongeur émerge de la vasque...

et pas n'importe lequel, c'est Xavier Méniscus, celui qui posa son dévidoir à - 243 m au fond de la galerie, terminus actuel.

et pas n'importe lequel, c'est Xavier Méniscus, celui qui posa son dévidoir à - 243 m au fond de la galerie, terminus actuel.

le voilà donc qui sort de la vasque, après une plongée d'entrainement à - 217 m...

le voilà donc qui sort de la vasque, après une plongée d'entrainement à - 217 m...

bien évidemment, on papote un peu, une plongée au-delà de 200 m tout seul, c'est pas ordinaire !          photo Philippe Moya

bien évidemment, on papote un peu, une plongée au-delà de 200 m tout seul, c'est pas ordinaire ! photo Philippe Moya

sous le regard de Philippe, ça cause technique....

sous le regard de Philippe, ça cause technique....

bi dorsal de mélange, double recycleur Joki, propulseur et chauffage longue durée, équipements indispensables pour plonger jusqu'au royaume d' Hadès     photo Philippe Moya

bi dorsal de mélange, double recycleur Joki, propulseur et chauffage longue durée, équipements indispensables pour plonger jusqu'au royaume d' Hadès photo Philippe Moya

bon, à notre tour, plus modestement, d'aller explorer la Tannerie      photo Stéphane Simonet

bon, à notre tour, plus modestement, d'aller explorer la Tannerie photo Stéphane Simonet

délivré des tortures de l'équipement, l'entrée dans le siphon est une délivrance...

délivré des tortures de l'équipement, l'entrée dans le siphon est une délivrance...

petit clin d'oeil au CASC, avec ce calendrier à l'entrée du siphon.       photo retouchée par Philippe Moya

petit clin d'oeil au CASC, avec ce calendrier à l'entrée du siphon. photo retouchée par Philippe Moya

Gilles en plein action photographique, pas facile d'apprivoiser la lumière sous terre....   photo Stéphane Simonet

Gilles en plein action photographique, pas facile d'apprivoiser la lumière sous terre.... photo Stéphane Simonet

l'entrée de la Tannerie est un laminoir, plus large que haut....

l'entrée de la Tannerie est un laminoir, plus large que haut....

mais le plongeur y évolue facilement. s'il n'y prète attention, il se laissera guider par le Fil principal, sans se douter qu'autour de lui de multiples galeries annexes démarrent....

mais le plongeur y évolue facilement. s'il n'y prète attention, il se laissera guider par le Fil principal, sans se douter qu'autour de lui de multiples galeries annexes démarrent....

aujourd'hui, nous prenons donc le temps, le chrono s'oublie.....

aujourd'hui, nous prenons donc le temps, le chrono s'oublie.....

ce qui permet aussi de prendre la pause pour photographe...

ce qui permet aussi de prendre la pause pour photographe...

cette bulle d'air, témoin du passage des plongeurs précédents, comble une dépression au plafond....

cette bulle d'air, témoin du passage des plongeurs précédents, comble une dépression au plafond....

pour profiter des jeux de miroir de cette surface éphémère, il faut parfois lever la tête.

pour profiter des jeux de miroir de cette surface éphémère, il faut parfois lever la tête.

ici l'obscurité règne en maitre, et rien n'existe avant d'être dévoilé par nos éclairages

ici l'obscurité règne en maitre, et rien n'existe avant d'être dévoilé par nos éclairages

nos phares déchirent la nuit totale, l'aventure est devant...

nos phares déchirent la nuit totale, l'aventure est devant...

si le gaz nécessaire pour respirer est vital, sous terre la lumière l'est tout autant. Comme le reste de l'équipement, les sources de lumière sont doublées, triplées...

si le gaz nécessaire pour respirer est vital, sous terre la lumière l'est tout autant. Comme le reste de l'équipement, les sources de lumière sont doublées, triplées...

imaginez le retour sans lumière, dans le noir complet, la main sur le fil d'Ariane, le casque cognant régulièrement sur la roche....

imaginez le retour sans lumière, dans le noir complet, la main sur le fil d'Ariane, le casque cognant régulièrement sur la roche....

ça n'arrivera pas, l'autonomie lumière est calculée aussi finement que les ressources en gaz respirables....

ça n'arrivera pas, l'autonomie lumière est calculée aussi finement que les ressources en gaz respirables....

en ce qui me concerne, les presques 2 heures passées sous terre m'auront couté 100 litres d'oxygène et 100 litres d'air, entre le recycleur et le vêtement étanche. le CCR est la machine à explorer !

en ce qui me concerne, les presques 2 heures passées sous terre m'auront couté 100 litres d'oxygène et 100 litres d'air, entre le recycleur et le vêtement étanche. le CCR est la machine à explorer !

mais si cette fabuleuse usine à gaz venait à disfonctionner, il faut rentrer en respirant autre chose que de l'eau.... d'ou les 2 blocs de 4 litres m'assurant 1600 litres d'air pour retrouver le soleil.

mais si cette fabuleuse usine à gaz venait à disfonctionner, il faut rentrer en respirant autre chose que de l'eau.... d'ou les 2 blocs de 4 litres m'assurant 1600 litres d'air pour retrouver le soleil.

le soleil qui ne se lève pas sous terre, mais parfois les phares du binôme miment une aurore presque boréale.

le soleil qui ne se lève pas sous terre, mais parfois les phares du binôme miment une aurore presque boréale.

il faut au photographe une attention constante pour capter l'image au bon moment, sans négliger pour autant la gestion de son recycleur et l'oreintation dans la galerie.

il faut au photographe une attention constante pour capter l'image au bon moment, sans négliger pour autant la gestion de son recycleur et l'oreintation dans la galerie.

suivre un fil peut sembler simple, presque évident, et pourtant certains se sont fait très peur en le suivant distraitement...

suivre un fil peut sembler simple, presque évident, et pourtant certains se sont fait très peur en le suivant distraitement...

ici, dans le réseau inférieur, les directions se multiplient...un seul fil mène à la sortie, ne vous trompez pas....

ici, dans le réseau inférieur, les directions se multiplient...un seul fil mène à la sortie, ne vous trompez pas....

le plongeur souterrain prudent outre le fil, surveillera aussi avec attention sa boussole, qui elle, ne perd jamais le nord....

le plongeur souterrain prudent outre le fil, surveillera aussi avec attention sa boussole, qui elle, ne perd jamais le nord....

une pelote de fil d'Ariane ?

une pelote de fil d'Ariane ?

non, plutôt des racines qui ont trouvé le chemin de l'eau à travers la roche.

non, plutôt des racines qui ont trouvé le chemin de l'eau à travers la roche.

au hasard des cheminées qui se dressent vers le ciel, le plongeur aperçoit parfois des surfaces vacillantes, signe d'une poche d'air, peut être respirable...

au hasard des cheminées qui se dressent vers le ciel, le plongeur aperçoit parfois des surfaces vacillantes, signe d'une poche d'air, peut être respirable...

plus loin, cette lumière ténue annonce le retour du binôme, qui vagabondait plus loin...

plus loin, cette lumière ténue annonce le retour du binôme, qui vagabondait plus loin...

la lumière insiste, générant des ombres mouvantes à travers la roche

la lumière insiste, générant des ombres mouvantes à travers la roche

enchâssé dans le roche, le plongeur spéléo progresse parfois en rampant, poussant, tirant, se contorsionnant pour ouvrir le passage. Au goul du pont, à plus de 200 m de profondeur, une méchante étroiture attend les audacieux...

enchâssé dans le roche, le plongeur spéléo progresse parfois en rampant, poussant, tirant, se contorsionnant pour ouvrir le passage. Au goul du pont, à plus de 200 m de profondeur, une méchante étroiture attend les audacieux...

le canyon franchit à 120 m de l'entrée, la galerie devient plus spacieuse. mais l'autonomie de nos blocs de secours ne nous permet pas d'aller plus loin

le canyon franchit à 120 m de l'entrée, la galerie devient plus spacieuse. mais l'autonomie de nos blocs de secours ne nous permet pas d'aller plus loin

nous sommes bien sous l'eau....le sable s'accumule poussé par le courant

nous sommes bien sous l'eau....le sable s'accumule poussé par le courant

le temps file, il est temps de faire demi tour

le temps file, il est temps de faire demi tour

non sans prendre le temps d'admirer cette géode, figée dans le karst

non sans prendre le temps d'admirer cette géode, figée dans le karst

cette lame d'érosion semble découper la galerie.....

cette lame d'érosion semble découper la galerie.....

c'est le retour vers la surface, il faut penser (un peu) au couvre feu....

c'est le retour vers la surface, il faut penser (un peu) au couvre feu....

pilier minéral juste avant l'étroiture en baïonnette....

pilier minéral juste avant l'étroiture en baïonnette....

encore un dernier reflet sur le chemin du retour

encore un dernier reflet sur le chemin du retour

le moment hors du temps va finir, la surface nous attend

le moment hors du temps va finir, la surface nous attend

le profil de la plongée

le profil de la plongée

en sortant, encore un cadeau, le ciel s'était enflammé au dessus de BSA

en sortant, encore un cadeau, le ciel s'était enflammé au dessus de BSA

la Tannerie retrouve son calme......

la Tannerie retrouve son calme......

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31 décembre 2020 4 31 /12 /décembre /2020 16:43

Compte rendu de la plongée au Goul du Pont BSA du 17 décembre 2020

la vasque du Grand Goul, transparente, certitude d'une belle immersion.     photo Philippe Moya

la vasque du Grand Goul, transparente, certitude d'une belle immersion. photo Philippe Moya

Participants : Philippe Moya Gilles Froment Stéphane Simonet

 

sauf mention contraire les images sont de Gilles Froment

Fin du confinement, épisode 2, et début du couvre-feu, le retour. Avec en plus une météo incertaine, il fallait y croire pour préparer cette plongée profonde aux mélanges. Nous y avons cru, et malgré la pluie incessante de ce J – 7 avant Noël, la nature nous a fait un beau cadeau : une eau transparente, une vasque pleine, bref une plongée de rêve où tout, ou presque, a fonctionné…

Les 192 km au départ de Meyzieu avalés, nous retrouvons Philippe sur le site des Gouls, impatient à l’idée de rechausser les palmes. Il faut dire que depuis la sortie de Bormes, le matériel comme les plongeurs étaient restés au sec… La Tannerie coule, et sous le pont du Grand Goul, l’eau est transparente, promesse d’une belle plongée.

franchement, comment résister ?

franchement, comment résister ?

les reflets dissimulent au regard l'entrée du Goul, il faut changer d'élément pour contempler l'univers souterrain.

les reflets dissimulent au regard l'entrée du Goul, il faut changer d'élément pour contempler l'univers souterrain.

La coffre du Lodgy s’ouvre, le capot de la remorque aussi, et le va et vient des sherpas commence. D’abord sortir et monter le bi 20 pour Philippe, aligner l’ensemble des blocs de mélanges sur le bord de la vasque avant de les immerger.

Philippe et Stéphane préparent les scaphandres

Philippe et Stéphane préparent les scaphandres

cet engin flottant, destiné au sauvetage en plaisance, se révèle bien pratique pour suspendre les blocs.

cet engin flottant, destiné au sauvetage en plaisance, se révèle bien pratique pour suspendre les blocs.

Vite prêt, Philippe commence par un aller retour à -6 m pour y déposer sa déco et une 11 litres d’oxygène, joker pour Gilles et moi si d’aventure nos usines à gaz respectives venaient à nous jouer une vilaine farce. Pour faire bonne mesure, il dépose aussi une 2 litres d’argon, non pour faire une soudure mais bien pour renforcer notre confort thermique au palier, et une gueuse de 2.5 kg pour tenir le stop indispensable avant le retour en surface.

la pluie entre en jeu, il est temps de se protéger

la pluie entre en jeu, il est temps de se protéger

encore un instrument à fixer....

encore un instrument à fixer....

ça vaut bien un coup de main....

ça vaut bien un coup de main....

Philippe capelle le lourd bi 20, jamais une partie de plaisir

Philippe capelle le lourd bi 20, jamais une partie de plaisir

le triton, à l'abri, attend son heure...

le triton, à l'abri, attend son heure...

Il repartira ensuite faire sa plongée, non sans s’encombrer d’un nitrox 50 à poser à – 21 m pour Gilles et d’une 11 litres de N32 à déposer vers – 40 m pour moi. Sous terre on plonge souvent seul, mais ça reste un travail d’équipe, sans soutien point de profonde !

Merci Philippe pour la mission sherpa !

encore une sangle à retrouver ou un mano à décoincer

encore une sangle à retrouver ou un mano à décoincer

Autonome sous l'eau , oui, mais avant.... faut parfois se faire aider !

Autonome sous l'eau , oui, mais avant.... faut parfois se faire aider !

l'homme est devenu spéléonaute

l'homme est devenu spéléonaute

Heureux !

Heureux !

Philippe, THE plongeur de soutien. sans assistance, la porte des profondeurs reste fermée. Merci Philippe !

Philippe, THE plongeur de soutien. sans assistance, la porte des profondeurs reste fermée. Merci Philippe !

Pendant ce temps là, dernière vérification des recycleurs et collation légère. Sous la pluie qui ne cessera plus, nous contrôlons une ultime fois les machines, superposons les couches de vêtements techniques, et revêtons nos vêtements étanches, dans nos têtes la plongée a déjà commencé….

le matériel, judicieusement disposé, est prêt.

le matériel, judicieusement disposé, est prêt.

bon, cette fois, c'est sûr, il pleut ....

bon, cette fois, c'est sûr, il pleut ....

Je suis prêt à partir, Gilles se débat avec une fuite d’oxygène qui va le retarder un peu, Philippe étant sorti pourra l’aider, je m’immerge donc avec mon triton sur le ventre, une 7 litres de trimix 11/62 sur le flanc gauche et une 4 litres air à droite pour gonfler mon vêtement. La caméra s’allume pour m’indiquer une batterie à l’agonie, malgré une recharge complète la veille…Pas de film aujourd’hui !

Gilles a réparé sa fuite, le Joki est posé sur la margelle

Gilles a réparé sa fuite, le Joki est posé sur la margelle

J’attrape aussi une 6 litres de Nitrox 70 que je déposerai derrière l’étroiture d’entrée à – 12 m. Je dépasse les blocs de secours à – 6 m et réalise que j’ai oublié de raccorder mon recycleur au diluant. Je m’arrête et me pose que la pente instable et connecte non sans mal mon flexible à l’ADV ( Automatic Diluant Valve )de la machine.

Et c’est reparti !

J’atteins rapidement mais sans me presser le haut du puits à – 18m, et débute ma chute au ralenti vers les profondeurs. Mon but ? explorer la zone entre -60 et – 80 m, que je passe d’habitude à toute vitesse pour atteindre la galerie horizontale à – 80 m et le second puits qui emmène vers l’hectomètre.

en haut mon profil réel, enregistré par mon ordinateur Shearwater NERD. au dessous, la plongée reconstituée sur un logiciel PC, Pastodéco. la légère différence en terme de décompression provient de la PPO2 un plus élevée dans la vraie vie que "sur le papier"

en haut mon profil réel, enregistré par mon ordinateur Shearwater NERD. au dessous, la plongée reconstituée sur un logiciel PC, Pastodéco. la légère différence en terme de décompression provient de la PPO2 un plus élevée dans la vraie vie que "sur le papier"

Là j’ai décidé de prendre mon temps.

Je traine un peu vers 65 /70 m, m’accorde un « touch and go » à – 78 m pour apercevoir le départ de la galerie que Gilles ira explorer de son côté, et remonte dans la zone des 65 m pour folâtrer dans un élargissement de la galerie. Je m’en mets plein les yeux, et juste devant mon œil droit le NERD empile les paliers de décompression…. Après 20 minutes passées sous la profondeur de 50 m et plus d’une heure de décompression au compteur, j’abandonne les ténèbres pour retourner dans le puits. Je passe l’étroiture à – 60, croise Gilles qui descend 10 m plus haut, et entame ma remontée, ponctuée par les paliers de décompression. 1er arrêt à – 27 m, puis – 24 et ainsi de suite jusqu’à – 6 m. je maintiens ma PPO2 sans trop de difficulté, et en profite pour tester mon nouveau chauffage Thermalution, à commande sans fil s’il vous plait et utilisant la technologie F.I.R ( Far Infra Red ou infrarouge lointain).

L’infrarouge lointain (IRL) est une partie de la lumière émise par le soleil et aussi par notre corps. Les ondes IRL pénètrent la peau sans dommage pour la santé contrairement aux ultraviolets et réchauffent les tissus du corps. Ils ont la capacité de pénétrer le corps humain en profondeur. Ils stimulent par vibrations les molécules qui composent notre corps et créent une réaction thermique qui élève la température des tissus. Le corps réagit en dilatant les vaisseaux sanguins ce qui favorise la circulation sanguine, revitalise les tissus et contribue à leur réparation et à leur régénération.

Bref, je n’ai pas encore tout compris mais ce que j’ai bien saisi, c’est que ça chauffe !! Quel confort au palier, au fond j’ai du l’arrêter, il faisait trop chaud dans mon volume….

Gilles sous les reflets commence sa plongée.    photo Philippe Moya

Gilles sous les reflets commence sa plongée. photo Philippe Moya

Vers la fin de mon palier de 6 m, je suis rejoint par Gilles, qui vous raconte maintenant sa plongée :

Plongée de Gilles, mode "on":

Souvent, avec nos plongées avec des dates planifiées plusieurs mois à l’avance, contraintes de service de ceux en activité professionnelle oblige, le risque d’un aléa météo est important.

Cette dernière plongée de l’année 2020, année que beaucoup estampillent à juste raison très particulière, n’a pas dérogé à la règle. Mais, encore une fois, même si c’est passé fin, la chance nous a souri.

Le premier imprévu était le confinement lié à la pandémie. Prévu en définitive de s’alléger au 15 décembre, il fallut attendre quasiment jusqu’à la fin pour savoir que la plongée tiendrait pour la date du 17 sans limitation de distance, A deux jours près, c’est passé fin !

 

Mais avec un retour imposé à 20h, ce qui a changé un peu la donne !

Nous avions initialement prévu une plongée profonde au Petit Goul, plongée longue car la profondeur n’est trouvée qu’à plus de 700m de l’entrée. Plongée de 3 heures minimum et impossible d’être sûr de rentrer avant 20h.

 

D’autant plus qu’un second aléa, météo celui-là, rendait ce projet incertain.

photo drone de Xavier Méniscus (?) montrant les 2 sources, Tannerie et Pont, à BSA

photo drone de Xavier Méniscus (?) montrant les 2 sources, Tannerie et Pont, à BSA

La plupart du temps, ce sont les pluies denses qui rendent les sources non plongeables. Eh bien, dans le cas d’espèce, ce fut l’inverse. Le secteur Ardèche étant en déficit pluviométrique depuis l’été, nous suivions sur les forums dédiés le niveau des deux sources de Bourg Saint Andéol et, pas plus d’une semaine avant, les collègues du coin envoyaient des photos calamiteuses avec des niveaux très bas. Concernant le Petit Goul, cela peut être rédhibitoire à cause d’un passage haut situé à 60 ou 70 m de l’entrée et devenant parfois exondé si le niveau tombe trop bas. Impossible de ramper avec tout notre matos dans cette galerie basse où on tiendrait à peine à 4 pattes en configuration aérienne. Cependant, avec 80 cm à 1m par endroit, on passe facilement en suspension dans l’eau.

la Tannerie à sec ( juillet 2015)

la Tannerie à sec ( juillet 2015)

Prudemment, donc, malgré les aléas, nous nous replions sur le Grand Goul (ou Goul du pont) car toujours plongeable en étiage, même si l’accès est gêné par une grosse marche dans la vasque d’habituellement noyée. Plongée profonde, toujours, en reconfigurant les bouteilles et les quantités de gaz.

 

Finalement, la pluie est revenue, plus éparse au début, plus dense sur la fin de la semaine précédant notre plongée. Et la bonne nouvelle est tombée la veille, le 16 décembre : Les niveaux sont remontés à la normale et les vasques sont claires.

De la pluie étant cependant annoncée pour le 17, on a conservé le plan au Goul du pont pour pouvoir se protéger dessous et ne pas gambader dans la gadoue du parking du Petit Goul lorsqu’il pleut. Le choix s’est avéré perspicace…

La vasque était en effet parfaite avec une eau limpide, mais la pluie dense une bonne partie de la journée, continua de gonfler le réseau déjà rempli par les journées précédentes jusqu’à faire déborder la source dès le lendemain.

le Goul déborde le lendemain de notre sortie !

le Goul déborde le lendemain de notre sortie !

A un jour près, c’est encore passé fin.

 

Avec le débit observé le lendemain 18 décembre, la plonge aurait sans doute été loupée car on n’aurait peut-être pas pu passer l’étroiture de -12m, ni avoir l’aisance de progression nécessaire dans la galerie pour une plongée profonde nécessitant un matériel important et pas trop de courant.

l'étroiture de -12 m, telle qu'elle se présente au plongeur sur le chemin du retour...

l'étroiture de -12 m, telle qu'elle se présente au plongeur sur le chemin du retour...

Mais c’est passé et même très bien passé car les conditions, certes éphémères, furent excellentes.

 

Avec l’aide précieuse de Philippe qui nous met en place comme toujours la plupart des bouteilles de décompression, j’avais prévu de revoir la galerie -80m précédant le grand puits à -110m et de ramener des images, ce que l’on n’a pas le temps de faire lorsque l’on trace pour descendre plus bas sans s’attarder dans cette portion de 25 à 30m de long.

Notamment des images de ce petit plomb rond que l’on appelle « baba au rhum », car il ressemble au moule du gâteau des babas d’antan. Il est devenu un souvenir car posé lors de mes premières plongées profondes au Goul du pont, à l’entrée d’une galerie annexe et étroite qui démarre perpendiculairement à la galerie principale, juste en face du grand puits. Je n’avais pas eu le temps de le faire lors de notre plongée similaire il y a 2 ans (voir CR sortie 11 décembre 2018 à http://asspplongee.over-blog.com/page/3).

La dernière de 2020, sur le fil.....

Comme la dernière fois, nous avions convenu de plonger en décalé avec Stéphane afin de ne pas se gêner dans le trou et s’assurer que le premier était en cours de décompression normale.

L’heure d’immersion de nos ordinateurs indique un écart de 27mn et c’est sous une bonne radée que je m’immerge avec le loco que Stéphane m’a laissé, étant plus lourdement chargé que lui. Passé facilement l’étroiture d’entrée de -12 m grâce à ma configuration plate (seulement 2 petites bouteilles de 3 L dans le dos), le loco s’est révélé très appréciable pour progresser rapidement jusqu’à la tête du puits à – 18m avec mes 3 relais et le recycleur.

N’en ayant pas besoin pour faire des prises de vue dans la galerie profonde, je l’ai laissé là à -18m pour que Stéphane le ramène car, plongeant en dernier, j’aurai pas mal de bouteilles à sortir du trou. Le temps de boire un coup pour me réhydrater un peu et je file sans m’attarder vers -40m pour poser mon premier relais 6 L de Tx 33/29 pour la décompression à partir de -39m.

cette lueur montant des profondeurs, c'est Stéphane, vers - 50 m.

cette lueur montant des profondeurs, c'est Stéphane, vers - 50 m.

C’est là que j’ai vu de loin les phares de Stéphane sur le retour. Le temps d’immortaliser la scène en me calant fermement dans une anfractuosité pour éviter de bouger en pleine eau (avec mes préréglages et la faible luminosité ambiante, l’appareil photo imposa des vitesses de prises de vue très lentes – 1/5 et 1/13éme de seconde – avec risque de flous) et je passe devant Stéphane qui me fait le signe OK en baissant ses éclairages pour que le je vois.

Il y a deux ans, je ne l’avais même pas aperçu à -27m, calé dans un coin de la galerie avec ses éclairages éteints !

Arrivé sur la dalle de -52 m surplombant l’étroiture de -60m, je choisis de passer par la diaclase située en face à -55m. Cela racle un peu sur les côtés avec mon recycleur Joki à droite et mes 2 relais de trimix à gauche. J’en profite pour faire deux clichés de la zone qui s’avèreront, comme tous les autres, un peu sous-exposés avec des vitesses trop faibles. En fait mon éclairage Graal marine de 9600 lumens n’est pas assez puissant pour éclairer correctement au-delà de1,5 à 2m avec l’appareil photo en automatique et j’aurais dû passer en manuel en imposant une vitesse minimale de 1/60ème de seconde au moins. Comme je ne fais pas très souvent de photos d’ambiance, mais plutôt de près, je n’y ai pas pensé sur le coup…

sortie de la diaclase vers - 55 m

sortie de la diaclase vers - 55 m

vers - 72 m

vers - 72 m

En prenant le temps de faire quelques clichés, je descends ensuite le puits hélicoïdal de -65m à -74m en observant le fil réparé avec une chambre à air comme avait fait Stéphane en 2018 et pose mon relais 8,5 L de trimix 15/50 vers -75 près de l’entrée de la galerie profonde.

Je suis désormais en configuration « légère » avec mon recycleur latéral à droite et un relais 10l de Tx 14/54 à gauche.

dans le puits à - 74 m

dans le puits à - 74 m

réparation du Fil par Stéphane, le 11/12/18, toujours en place..

réparation du Fil par Stéphane, le 11/12/18, toujours en place..

à l'air, à cette profondeur, la plongée devient "roulette russe".... sous trimix, le plongeur garde sa lucidité....

à l'air, à cette profondeur, la plongée devient "roulette russe".... sous trimix, le plongeur garde sa lucidité....

début de la galerie horizontale vers - 75 m

début de la galerie horizontale vers - 75 m

La progression dans la galerie, pourtant entrecoupée de pauses photos, me paraît peu fluide et je l’attribue à peut-être un peu de courant, sans certitude car la vasque ne débordait pas. Ou bien l’absence du loco, ce qui change considérablement la donne en progression…

 

J’arrive enfin à mon demi-tour prévu, au-dessus du puits qui redescend en pente forte directement à -110m, clic-clac dans la boîte, et me retourne pour me diriger vers le but final de cette plongée : Revoir posément l’entrée en ½ lune de cette petite galerie secondaire piquée directement sur la galerie principale et explorée il y a quelques années sur 120 ou 130m par un spéléo de haut niveau de la région (Jean-Pierre Baudu qui avait poursuivi le premier fil posé par Xavier Meniscus, sauf erreur dans mes tablettes). Et vérifier si le baba au Rhum était toujours en place.

Diaclase vers - 84 m

Diaclase vers - 84 m

la galerie horizontale à - 79 m

la galerie horizontale à - 79 m

début du puits, vue à - 110 m

début du puits, vue à - 110 m

Eh oui, toujours là depuis le 11 novembre 2003 !

 

Cette fois, j’ai bien pris le temps pendant une bonne minute à regarder en détail cette galerie, sa configuration et lui tirer le portrait. Je me la rappelais plus étroite et moins engageante que cette fois, avec cette eau claire.

 

la petite galerie adjacente vers - 79 m

la petite galerie adjacente vers - 79 m

C’est donc avec des images plus sereines pour de futures plongées que je repars vers la sortie en jetant un œil à mon ordinateur.

Damned : 113 mn de déco ! Alors qu’au cours de parcours dans la galerie profonde, les chiffres me paraissaient cohérents avec une sortie prévisible à 60 ou 75 mn de déco. De plus, le second ordinateur prêté par Stéphane en redondance du mien, programmé de manière un peu plus conservatrice, m’indiquait une décompression moindre. Que passa ?

gros plan sur le plomb "baba" !

gros plan sur le plomb "baba" !

La lumière se réalluma dans ma tête quelques minutes plus tard en voyant que ma PpO2 (pression partielle d’oxygène respiré) était toujours programmée sur 0.9, valeur prévue pour le début de la plongée de l’entrée jusqu’à -18m. En descendant, je devais passer manuellement sur la PpO2 réelle respirée qui augmente avec la profondeur (1,2 à 1,3 bars).

 

J’ai oublié !

Mon ordi, qui commence à être d’ancienne génération, ne permet pas cette bascule automatique permettant d’optimiser le profil de plongée sans prendre le risque que l’ordinateur calcule une décompression très pénalisante, comme si j’avais respiré un gaz moins riche en oxygène, c’est-à-dire plus riche en gaz neutre et donc plus saturant.

Bien que j’aie respiré réellement un gaz à 14% d’oxygène, l’ordinateur a cru que c’était du 10%. D’où la majoration de la décompression.

Dès l’erreur (qui allait dans le sens de la sécurité) dépistée et corrigée, le profil est redevenu plus normal et très proche de celui de l’ordinateur de Stéphane, programmé plus conservatoire en cas d’incident. Comme quoi, mon erreur a été équivalente au facteur de sécurité supplémentaire que l’on avait mis dans le second ordi.

le profil de Gilles, enregistré par le Shearwater Pétrel

le profil de Gilles, enregistré par le Shearwater Pétrel

Ce Noël 2020 a été très généreux par un nouveau gilet chauffant de dernière génération pour les prochaines longues plongées, mais je commence à avoir des idées pour les futures occasions de cadeau et régler cette histoire d’ordinateur bientôt dépassé…Vous me suivez ?

 

Cette anecdote permet de faire le lien avec les difficultés que chaque plongeur a pour estimer le niveau de conservation à mettre dans ses plongées à paliers et nous avons récemment fait des progrès en la matière.

dans le puits en remontant vers - 65 m

dans le puits en remontant vers - 65 m

Depuis juin 2019, nous avons acquis avec Hervé et Stéphane un appareil Doppler miniaturisé permettant, via une société d’ingénierie en plongée qui l’a développé pendant 10 ans et qui interprète les résultats, d’analyser la qualité de nos décompressions sur des plongées en mesurant le taux de bulles circulantes dans le système veineux, avant que le cœur ne renvoie le sang veineux se faire épurer par les poumons.

S’agissant de plongées engagées pour lesquelles nous programmons nous-même nos coefficients de sécurité dans les logiciels de décompression de nos ordinateurs respectifs, nous ne savions jamais trop avec quelle marge de sécurité nous sortions de nos plongées, hormis la sensation habituelle et subjective de « « bonne forme ».

Cet appareil, une fois maîtrisé son emploi assez fin pour le positionnement des prises de mesures, se révèle petit à petit un allié précieux pour encore augmenter la sécurité de nos plongées, quitte à rallonger parfois significativement la durée de nos paliers que nous croyions confortables.

le bilan gazeux de Gilles : 78/100 avec une composante de bulles à 22, soit un résultat excellent

le bilan gazeux de Gilles : 78/100 avec une composante de bulles à 22, soit un résultat excellent

Pour une des premières fois où j’arrive à prendre les mesures correctement et dans les temps (1ère mesure 30mn après la sortie de l’eau pour les plongées à l’air et dès que possible après la sortie pour les plongées sous hélium, puis 30 mn plus tard pour une seconde mesure), le résultat a été satisfaisant pour cette plongée, l’appareil m’indiquant que ma décompression était considérée comme de bonne qualité (heureusement car, pour seulement 7mn dans la galerie profonde, j’ai passé 1h20 pour remonter du fond, temps de remontée au 1er palier de -33m et durée des paliers jusqu’à -6m). Pour les initiés, mes gradient factor étaient de 40/70.

bouteille de nitrox 70 déposée par Philippe vers - 15 m

bouteille de nitrox 70 déposée par Philippe vers - 15 m

Stéphane au palier, - 6 m

Stéphane au palier, - 6 m

La décompression s’est ensuite passée de manière classique sans soucis avec des paliers de 3 m en 3 m à partir de -33 et avec des durées qui augmentent petit à petit. Passé l’étroiture de -12, j’ai eu la surprise de voir encore Stéphane entouré d’un stock de bouteilles au palier de 6m. Il lui restait 15 à 20 mn de déco que l’on a passées ensemble, avant qu’il ne me quitte pour se déséquiper et être pile poil à l’heure pour ma sortie 1/2h heure plus tard, afin de mettre sur la margelle tous ses blocs restés accrochés sous le flotteur dans la vasque, en plus des miens qui arrivaient avec moi.

 

Rentrée sur Lyon plutôt en forme après une telle plongée, mais un tout petit peu après le couvre-feu pour moi. Comme quoi, on a bien fait de ne pas tenter la même plongée au Petit Goul, la logistique étant plus pénalisante. Et la maréchaussée aurait été fondée à nous faire des reproches si elle nous avait contrôlé.

une longue demi heure au palier, merci le chauffage !

une longue demi heure au palier, merci le chauffage !

Plongée de Gilles, mode "off".

Je reprends le clavier pour finir.

je me retourne pour découvrir Gilles qui me rejoint au palier

je me retourne pour découvrir Gilles qui me rejoint au palier

Je sors avec les bouteilles désormais inutiles, après presque 2h passées sous l’eau. Il pleut….. Mais Philippe est là, après un aller retour chez lui, pour s’assurer que tout va bien. Gilles émerge à son tour, nous plions le matériel sans oublier les mesures de bulles avec le capteur O’dive.

mon bilan, grace à Azoth System: 44/100, avec une composante de bulles à 40, et une composante de sévérité à 16....pas top; à améliorer...le profil a été importé directement depuis l'ordinateur NERD, ce qui explique peut être cette composante de sévérité.... quoi qu'il en soit, mauvais résultat malgré un bon ressenti en sortant.....les arcanes de la décompression sont insondables !

mon bilan, grace à Azoth System: 44/100, avec une composante de bulles à 40, et une composante de sévérité à 16....pas top; à améliorer...le profil a été importé directement depuis l'ordinateur NERD, ce qui explique peut être cette composante de sévérité.... quoi qu'il en soit, mauvais résultat malgré un bon ressenti en sortant.....les arcanes de la décompression sont insondables !

cette image, prise par Philippe, mérite un commentaire: pour éviter de souiller le vêtement étanche en l'ôtant, et de se retrouver maculé de boue, le jeu consiste à se déshabiller en équilibre sur la margelle. grosse concentration pour éviter le bain dans l'eau à 12°C, l'étanche aux chevilles...

cette image, prise par Philippe, mérite un commentaire: pour éviter de souiller le vêtement étanche en l'ôtant, et de se retrouver maculé de boue, le jeu consiste à se déshabiller en équilibre sur la margelle. grosse concentration pour éviter le bain dans l'eau à 12°C, l'étanche aux chevilles...

La pluie n’en finit pas, le jour tombe, les bouteilles sont lourdes mais il faut se dépêcher pour rentrer avant le couvre feu. Une excellente journée que ce 17 décembre, pour la dernière plongée de 2020. En espérant que 2021 soit meilleure, c’est tout ce qu’on vous souhaite !!

vu sur le ciel couvert, à travers le verrou subaquatique de la décompression

vu sur le ciel couvert, à travers le verrou subaquatique de la décompression

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8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 18:31

Compte rendu de la sortie ASSP Plongée à Bormes les Mimosas du 23 au 25 octobre 2020

De gauche à droite, debout: Florence, Hervé,Edgar, Sylvain, Gilles, Alexandre,Philippe. De gauche à droite, assis: Jérôme, Stéphane, Lara, Maryline. Au loin, la Gabinière.

De gauche à droite, debout: Florence, Hervé,Edgar, Sylvain, Gilles, Alexandre,Philippe. De gauche à droite, assis: Jérôme, Stéphane, Lara, Maryline. Au loin, la Gabinière.

Organisateur : Sylvain Dupuy

Participants : Joelle Dupuy, Pascal Meygret, Lara Meygret, Stéphane Simonet, Alexandre Simonet, Edgar Royon, Florence Royon, Hervé Lichtfouse, Maryline Gueydon, Philippe Moya, Gilles Froment, Jérôme Froment


 

Accompagnants : Isabelle Froment, Pierre Alexandre Gueydon, Geneviève Sansoni-Simonet, Odile Meygret, Françoise Lichtfouse, Ambre et Jade Dupuy.

 

les photos identifiées GF sont de Gilles Froment, FR de Florence Royon

Par ces temps troublés, rien n’est certain, pas même ce RDV séculaire qu’est la sortie à Bormes : allions nous tracer notre sillage sur l’Arsinoé et gouter aux délices de l’HDLP ? Même le GO, d’habitude inébranlable laissait paraitre son inquiétude. Il fallait y croire, nous y avons cru, et même masqués sous l’eau comme en surface, le week end attendu fut encore une fois une réussite. Et au milieu des palanqués en déroute, des incidents divers et d’une mer parfois vigoureuse, l’ASSP fut à la hauteur de sa réputation. Mais revenons au début de l’histoire…

l'exploration reste le crédo de l'ASSP Plongée, dans le bleu comme ailleurs....    GF

l'exploration reste le crédo de l'ASSP Plongée, dans le bleu comme ailleurs.... GF

un bouquet d'anémones jaunes encroutantes Parazoanthus axinellae. Cette espèce est microphage, zoophage prédateur. Le courant apporte des proies microscopiques du zooplancton principalement. Si celles-ci frôlent les tentacules, les cnidocytes (cellules urticantes) des anémones déployées, piquent la proie, et lui injectent un poison. La proie est ensuite amenée jusqu'à la bouche puis digérée.  GF

un bouquet d'anémones jaunes encroutantes Parazoanthus axinellae. Cette espèce est microphage, zoophage prédateur. Le courant apporte des proies microscopiques du zooplancton principalement. Si celles-ci frôlent les tentacules, les cnidocytes (cellules urticantes) des anémones déployées, piquent la proie, et lui injectent un poison. La proie est ensuite amenée jusqu'à la bouche puis digérée. GF

C’est à 11h30 ce vendredi 23 octobre que RDV nous était fixé à l’Hôtel de la Plage pour débuter notre sortie. Et tous furent là à l’heure dite… Sauf peut être certains, qui trahit par un GPS et une conduite en mode automatique s’égarèrent un peu dans d’autres contrées plus sauvages…. Ils rallièrent néanmoins avec un peu de retard le gros de la troupe, suffisamment à temps pour prendre le taxi vers la première plongée du séjour.

Pascal, Gilles et Lara pour la première immersion du WE, sur la pointe de la Galère.      photo extraite Paralenz

Pascal, Gilles et Lara pour la première immersion du WE, sur la pointe de la Galère. photo extraite Paralenz

1ere plongée et comme à chaque fois, un désordre indescriptible règne sur le quai et le local d’Aquabormes….3 clubs se partagent la structure, les sacs se déversent dans les « cageots » ( souvenez vous de la sortie précédente), il manque des blocs, des nitrox apparaissent, des analyses débutent, on court après un détendeur de secours là, des blocs arrivent du bord d’Arsinoé qui rentre de la rotation précédente, il faut vider le bateau, récupérer pour certains un bloc plein, trouver sa place…..Pour un DP normal, c’est à devenir fou, de quoi tourner en rond les yeux hagards, du tranxène plein la bouche…. Mais le nôtre de DP, il en a vu d’autres…. Les palanqués sont formées, les emplacements sur le bateau (arrière tribord) trouvés… Et tout trouve sa place : on va partir, direction la pointe de Montrémian, pour y prendre notre forfait… (celui qui trouve le rapport a gagné…)

ce serran écriture  Serranus scriba pose au dessus d'un adéonelle Adeonella calveti et d'une éponge encroutante bleuâtre Phorbas tenacior   GF

ce serran écriture Serranus scriba pose au dessus d'un adéonelle Adeonella calveti et d'une éponge encroutante bleuâtre Phorbas tenacior GF

Impressionnant, le DP, non ?   photo extraite Paralenz

Impressionnant, le DP, non ? photo extraite Paralenz

En cours de route, notre DP président retrouve des adhérents de son tout premier club, le Sub Aqua Gone. Tout content d’échanger de vieux souvenirs, il engage la conversation….

voici un chapon Scorpaena scrofa: Les rascasses sont connues pour les douloureuses piqures de leurs épines venimeuses. Les épines sont dorsales  , céphaliques, operculaires, pectorales, pelviennes et anales. Une glande à venin est située dans l’épine elle même, creuse et recouverte de peau fine. Il n’y a pas de canal excréteur. L’appareil venimeux des rascasses est uniquement utilisé pour la défense, et la victime s’injecte elle même le venin par pression sur l’épine. .Comme tous les venins des rascasses, celui-ci est thermolabile. Une source de chaleur supérieure ou égale à 50 °C, à proximité, ou sur la zone envenimée, détruit les principes actifs du venin.   GF

voici un chapon Scorpaena scrofa: Les rascasses sont connues pour les douloureuses piqures de leurs épines venimeuses. Les épines sont dorsales , céphaliques, operculaires, pectorales, pelviennes et anales. Une glande à venin est située dans l’épine elle même, creuse et recouverte de peau fine. Il n’y a pas de canal excréteur. L’appareil venimeux des rascasses est uniquement utilisé pour la défense, et la victime s’injecte elle même le venin par pression sur l’épine. .Comme tous les venins des rascasses, celui-ci est thermolabile. Une source de chaleur supérieure ou égale à 50 °C, à proximité, ou sur la zone envenimée, détruit les principes actifs du venin. GF

Cet oursin est un oursin granuleux Sphaerechinus granularis: Oursin émoussé... il ne pique pas... ou alors il faut vraiment insister !   GF

Cet oursin est un oursin granuleux Sphaerechinus granularis: Oursin émoussé... il ne pique pas... ou alors il faut vraiment insister ! GF

le même, cotoyant une éponge encroutante bleuâtre Phorbas tenacior et une éponge pierre Petrosi ficiformis   GF

le même, cotoyant une éponge encroutante bleuâtre Phorbas tenacior et une éponge pierre Petrosi ficiformis GF

Arrivé sur zone, il s’avère que 3 bateaux se sont déjà positionnés sur la pointe, et Vincent décide de nous éloigner de ce jacuzzi en nous emmenant sur la pointe de la galère, plongée de ré adaptation traditionnelle du séjour. Avec un 12 litres de nitrox 32 sur le dos, je décide avec Alex de rejoindre la pointe en surface, avant de m’immerger au bout de l’arête rocheuse. A peine immergé nous croisons une dorade monstrueuse, première d’une longue série. Après quelques coups de palme au-dessus de l’herbier de posidonies, le tombant apparait. Je fais exécuter à Alex lâcher et reprise d’embout, vidage de masque, et nous nous laissons couler le long de la paroi, riche en gorgones, vie fixée et faune diverses.

cette fleur est un animal, de l'orde des nudibranches: une flabelline mauve Flabellina affinis. fait partie des espèces capables de recycler les cnidocytes immatures des polypes qu'elles ingèrent pour en faire des armes défensives sécrétées au niveau des cnidosacs.   GF

cette fleur est un animal, de l'orde des nudibranches: une flabelline mauve Flabellina affinis. fait partie des espèces capables de recycler les cnidocytes immatures des polypes qu'elles ingèrent pour en faire des armes défensives sécrétées au niveau des cnidosacs. GF

autre espèce, la coryphelle mauve  Edmundsella pedata. Une partie des nudibranches utilisant, comme la coryphelle, des moyens de défense très efficaces (recyclage de cnidocytes, spicules pointus, acides...), doublent ce système de protection d'un moyen de dissuasion parfait en « prévenant » d'éventuels agresseurs de leur dangerosité. Pour ceci, ils portent souvent des robes très colorées que l'on appelle tenues aposématiques.  GF

autre espèce, la coryphelle mauve Edmundsella pedata. Une partie des nudibranches utilisant, comme la coryphelle, des moyens de défense très efficaces (recyclage de cnidocytes, spicules pointus, acides...), doublent ce système de protection d'un moyen de dissuasion parfait en « prévenant » d'éventuels agresseurs de leur dangerosité. Pour ceci, ils portent souvent des robes très colorées que l'on appelle tenues aposématiques. GF

dés l'immersion nous croisons 3 dorades Spondyliosoma cantharus:On la retrouve sur l'étal des poissonniers sous le nom de dorade grise, ce qui peut induire en erreur le consommateur qui pourrait croire acheter de la daurade royale (Sparus aurata) à un prix plus abordable   GF

dés l'immersion nous croisons 3 dorades Spondyliosoma cantharus:On la retrouve sur l'étal des poissonniers sous le nom de dorade grise, ce qui peut induire en erreur le consommateur qui pourrait croire acheter de la daurade royale (Sparus aurata) à un prix plus abordable GF

un sar à tête noir Diplodus vulgaris photographié en gros  plan par Gilles

un sar à tête noir Diplodus vulgaris photographié en gros plan par Gilles

Stéphane et Alex sur la pointe de la Galère, par - 28 m.    photo extraite Paralenz

Stéphane et Alex sur la pointe de la Galère, par - 28 m. photo extraite Paralenz

une mostelle Phycis phycis se cache sous un surplomb.     GF

une mostelle Phycis phycis se cache sous un surplomb. GF

Gros plan de ce poisson recherché par les gourmets, et dont les otolithes ( organes servant à l'équilibre) sont montés en bijou.     GF

Gros plan de ce poisson recherché par les gourmets, et dont les otolithes ( organes servant à l'équilibre) sont montés en bijou. GF

image rare d'une murène Muraena helena en pleine eau. on la croise généralement à trou, embusquée. Malgré sa mauvaise réputation, elle n’est pas agressive, mais La morsure peut être dangereuse, car la salive contient des sécrétions à action digestive, hémolytique et neurotoxique. De plus, il y a surinfection due aux souillures alimentaires interdentaires en putréfaction qui ralentit la cicatrisation.  GF
image rare d'une murène Muraena helena en pleine eau. on la croise généralement à trou, embusquée. Malgré sa mauvaise réputation, elle n’est pas agressive, mais La morsure peut être dangereuse, car la salive contient des sécrétions à action digestive, hémolytique et neurotoxique. De plus, il y a surinfection due aux souillures alimentaires interdentaires en putréfaction qui ralentit la cicatrisation.  GF

image rare d'une murène Muraena helena en pleine eau. on la croise généralement à trou, embusquée. Malgré sa mauvaise réputation, elle n’est pas agressive, mais La morsure peut être dangereuse, car la salive contient des sécrétions à action digestive, hémolytique et neurotoxique. De plus, il y a surinfection due aux souillures alimentaires interdentaires en putréfaction qui ralentit la cicatrisation. GF

Ses narines tubulaires dépassant du museau sont bien visibles et munies de cils vibratiles qui assurent la circulation d’eau sur les terminaisons nerveuses olfactives. Ses opercules mous et dilatables laissent apparaître de petits orifices branchiaux. GF

Ses narines tubulaires dépassant du museau sont bien visibles et munies de cils vibratiles qui assurent la circulation d’eau sur les terminaisons nerveuses olfactives. Ses opercules mous et dilatables laissent apparaître de petits orifices branchiaux. GF

Retour à bord d'Arsinoé pour Pascal        GF

Retour à bord d'Arsinoé pour Pascal GF

Nous stoppons la descente à – 28 m, pour éviter de trop consommer et contournons l’arête pour revenir vers le bateau. Nous croisons Sylvain et Hervé, puis des œufs de roussette bien agrippés à leur gorgone. De retour dans la zone de désaturation, je m’amuse à retrouver le bateau en restant en pleine eau. Bingo ! Après quelques minutes de palier, nous émergeons. Cette jolie plongée a tenue ses promesses, tout le monde est ravi. Retour au port, dés équipement et tout le monde file à la douche. Nous sommes debout pour la plupart depuis 5 h du matin mais pas question de mollir : le couvre-feu en vigueur dès demain nous impose d’avancer l’assemblée générale, mainte fois repoussée, à ce soir.

Philippe de retour de son immersion     FR

Philippe de retour de son immersion FR

Heureusement que l'on reprend vite des forces à l'HDLP pour suivre ce rythme infernal !    photo Stéphane Simonet

Heureusement que l'on reprend vite des forces à l'HDLP pour suivre ce rythme infernal ! photo Stéphane Simonet

Le repas terminé, j’installe avec Sylvain et Françoise, ordinateur, vidéo projecteur et télévision pour présenter la réunion.

À l’heure dite, tout le monde s’installe devant le bureau réuni.

Tout le monde se retrouve donc pour cette AG, une première à l'HDLP    GF

Tout le monde se retrouve donc pour cette AG, une première à l'HDLP GF

Compte rendu de l’AG du 23 octobre à Bormes, saison 2019-2020 & 2020-2021

Nous sommes 15 présents et 5 représentés soit 20 personnes sur 23 adhérents, le quorum est donc atteint.

Une présentation en vidéo introduit la séance et le mot du président qui remercie chaleureusement les participants. Le bilan de la saison est présenté, avec 2 sorties en mer, 6 sorties spéléo, la traversée de Lyon à la palme et une sortie lac, soit 112 immersions, ce qui représente environ 50 % de moins qu’habituellement, des sorties ayant été annulées ( Estartit par exemple, ainsi que les entraînements en fosse)

le bilan de la saison 2019 2020 en image ( bande son Hot blood Kaléo)

Le trésorier étant excusé, le président présente ensuite dans le détail le bilan comptable, avec un solde au 22 octobre 2020 de 5413.17 euros, somme importante liée aux activités suspendues par le Covid.

Le bureau décide de désigner Daniel Lehmann comme membre d'honneur,eu égard aux nombreuses 
années passées à l'ASSP mais aussi à la FFESSM, au comité RABA et comme plongeur opérationnel.

Quitus est donné par l’assemblée à l’unanimité tant au bilan moral que financier.

Les sorties prévues sont annoncées ( sous réserve bien sûr de l'évolution de la crise sanitaire)

- WE du 4 & 5 avril 2021 sur Marseille ( Didier et Hervé)

- du 6 au 9 mai 2021 à Estartit ( Gilles et Pascal)

- du 24 au 26 septembre 2021 à Agay ( Stéphane)

- du 22 au 24 octobre 2021 à Bormes ( Sylvain)

Le bureau démissionne ensuite dans son ensemble, pour être ré élu dans le même format. Le président souligne néanmoins qu’après 12 ans de présidence, il souhaite passer la main à quelqu’un d’autre. Il termine donc cette saison et ne se représentera pas en 2021. Appel est lancé à l’assemblée pour commencer à réfléchir sur un prochain bureau et une nouvelle organisation.

 

le bureau ré élu, les masques sont enlevés seulement pour la photo !

le bureau ré élu, les masques sont enlevés seulement pour la photo !

Pour conclure cette assemblée générale le film de la sortie de Cavalaire est présenté, et tout le monde rejoint son lit après cette longue journée.

la carte de notre terrain de jeu du WE.

la carte de notre terrain de jeu du WE.

des plongeurs heureux !   FR

des plongeurs heureux ! FR

Samedi 24 octobre.

tous furent au RDV de ce week end, y compris ces superbes corbs Sciaena umbra. Comme la mostelle citée plus haut, la chair du corb est excellente et ses otolithes surdimensionnés (1 cm² environ) font de ce poisson une espèce très recherchée des pêcheurs et chasseurs. Otolithe signifie " pierre d'oreille ", ces pierres se trouvent dans le crâne du poisson, juste à l'arrière du cerveau, elles ne sont pas reliées au crâne du poisson, mais flottent librement derrière le cerveau, dans les conduits de l'oreille interne. Il s'agit de pièces calcifiées en contact avec le cerveau qui permettent au poisson de se situer dans son milieu. Ce poisson est protégé par un moratoire depuis 2014.     GF

tous furent au RDV de ce week end, y compris ces superbes corbs Sciaena umbra. Comme la mostelle citée plus haut, la chair du corb est excellente et ses otolithes surdimensionnés (1 cm² environ) font de ce poisson une espèce très recherchée des pêcheurs et chasseurs. Otolithe signifie " pierre d'oreille ", ces pierres se trouvent dans le crâne du poisson, juste à l'arrière du cerveau, elles ne sont pas reliées au crâne du poisson, mais flottent librement derrière le cerveau, dans les conduits de l'oreille interne. Il s'agit de pièces calcifiées en contact avec le cerveau qui permettent au poisson de se situer dans son milieu. Ce poisson est protégé par un moratoire depuis 2014. GF

Nous avons RDV à 10h au club, ce qui, après une nuit qui a joué à «retour vers le futur » ( changement d’heure, les aiguilles ont reculé vers le passé) est ma foi fort agréable, surtout avec le petit déjeuner de l’HDLP, à la hauteur des repas de midi et du soir.

L’épave du Grec, ou Sagona, est au programme. Mais là encore, le plongeur propose, la mer dispose. La houle a entrainé les balises de surface vers le fond, le courant, trop violent, ne permet pas de plonger en sécurité sur le site. Vincent décide de remplacer cette immersion sur ferraille par une plongée sur la Gabinière. Bien lui en a pris, la plongée du lendemain sur ce Grec, sera suffisamment rock’n’roll, j’y reviendrai…

Stéphane, toujours très inspiré, teste une nouvelle stab technique.....   GF

Stéphane, toujours très inspiré, teste une nouvelle stab technique..... GF

La Gabinière ne nous a jamais déçu, les mérous bruns Epinephelus marginatus y sont toujours accueillant !   GF

La Gabinière ne nous a jamais déçu, les mérous bruns Epinephelus marginatus y sont toujours accueillant ! GF

Donc nous traçons notre sillage dans une mer hachée vers Port Cros, pour enfin laisser Port Man à tribord et Héliopolis sur notre bâbord, signe que le rocher de la Gabinière n’est plus loin. Et en effet, sous le vent de l’ilot, une mince zone de mer calme nous met à l’abri du vent. Étroite, la zone, et les consignes sont données en insistant bien sur le fait qu’il faut y rester, à l’abri, sans sortir du tombant…

C'est une espèce patrimoniale, indicatrice de la qualité du milieu, et surtout un signe que la chaîne alimentaire qui le précède est en bonne santé, lui étant le prédateur de plus haut niveau: on voit bien les dents pointues du poisson sur cette photo !   GF

C'est une espèce patrimoniale, indicatrice de la qualité du milieu, et surtout un signe que la chaîne alimentaire qui le précède est en bonne santé, lui étant le prédateur de plus haut niveau: on voit bien les dents pointues du poisson sur cette photo ! GF

outre les mérous, les barracudas ou bécunes à bouche jaune Sphyraena viridensis sont aussi bien présents sur la Gabinière.   GF

outre les mérous, les barracudas ou bécunes à bouche jaune Sphyraena viridensis sont aussi bien présents sur la Gabinière. GF

il y a tant de choses à voir dans le bleu qu'on en oublierait de regarder sous les surplombs rocheux...c'est dommage car on raterait cette oscarella lobularis.Comme tous les spongiaires, cette espèce est un animal très simple ne présentant pas de tube digestif et peu ou pas de cellules nerveuses. Elle ne se rétracte donc pas quand on la touche. Elle présente une couche de cellules externes (l'ectoderme) et une couche de cellules interne (l'endoderme), séparées par une sorte de gélatine (la mésoglée). La cavité gastrique ou cavité interne (atrium*) est tapissée de cellules ciliées (les choanocytes*, caractéristiques des spongiaires) dont les flagelles créent un courant d'eau.   GF

il y a tant de choses à voir dans le bleu qu'on en oublierait de regarder sous les surplombs rocheux...c'est dommage car on raterait cette oscarella lobularis.Comme tous les spongiaires, cette espèce est un animal très simple ne présentant pas de tube digestif et peu ou pas de cellules nerveuses. Elle ne se rétracte donc pas quand on la touche. Elle présente une couche de cellules externes (l'ectoderme) et une couche de cellules interne (l'endoderme), séparées par une sorte de gélatine (la mésoglée). La cavité gastrique ou cavité interne (atrium*) est tapissée de cellules ciliées (les choanocytes*, caractéristiques des spongiaires) dont les flagelles créent un courant d'eau. GF

cette éponge encroutante orange Crambe crambe se nourrit par filtration de micro-organismes, bactéries et algues uni-cellulaires. elle cotoie en bas à droite de l'image des clavelines naines ( jaunes) Pycnoclavella nana    GF

cette éponge encroutante orange Crambe crambe se nourrit par filtration de micro-organismes, bactéries et algues uni-cellulaires. elle cotoie en bas à droite de l'image des clavelines naines ( jaunes) Pycnoclavella nana GF

sur cette autre photo, on distingue une algue étrange :une caulerpe cylindracée Caulerpa cylindracea. Les Caulerpes, produisent des métabolites secondaires toxiques (sesquiterpènes) de défense qui ont des activités anti-microbiennes (rôle dans la cicatrisation) et limitent l'épiphytisme ( type de relation où un organisme vit à la surface d'un végétal dont il se sert comme support ou point d'ancrage, et sans qu'il y ait parasitisme) et le broutage bien que certains prédateurs puissent la consommer    GF

sur cette autre photo, on distingue une algue étrange :une caulerpe cylindracée Caulerpa cylindracea. Les Caulerpes, produisent des métabolites secondaires toxiques (sesquiterpènes) de défense qui ont des activités anti-microbiennes (rôle dans la cicatrisation) et limitent l'épiphytisme ( type de relation où un organisme vit à la surface d'un végétal dont il se sert comme support ou point d'ancrage, et sans qu'il y ait parasitisme) et le broutage bien que certains prédateurs puissent la consommer GF

Je saute à l’eau avec Lara, qui sera chef de palanqué pour cette immersion. Elle nous mènera sans problème jusqu’à -32 m pour pister un mérou, respectant les paramètres prévus. Nous ferons ainsi un aller-retour sur la paroi, au milieu des mérous, barracudas, dorades et autres sars….Elle ne déçoit jamais, cette Gabinière. Lara non plus, qui fit une plongée impeccable. Sortie à l’endroit prévu, après 45 minutes de bonheur. Je cherche Arsinoé, que j’aperçois bien au-delà du rocher protecteur en train de se faire secouer comme un prunier…

voici une éponge pierre Petrosia ficiformis: elle tuent son nom de sa consistance dure au toucher. Elle synthétise des substances chimiques toxiques (par exemple des polyacétylènes) qui sont récupérées par son prédateur Peltodoris atromaculata (doris dalmatien) qui s'en sert comme moyen de défense.   GF

voici une éponge pierre Petrosia ficiformis: elle tuent son nom de sa consistance dure au toucher. Elle synthétise des substances chimiques toxiques (par exemple des polyacétylènes) qui sont récupérées par son prédateur Peltodoris atromaculata (doris dalmatien) qui s'en sert comme moyen de défense. GF

Sylvain et Alexandre : cette plongée sur la Gabinière permis la validation du N2 du jeune homme, et ça c'est bien passé !   GF

Sylvain et Alexandre : cette plongée sur la Gabinière permis la validation du N2 du jeune homme, et ça c'est bien passé ! GF

Pascal observe 2 sars: un sar commun Diplodus sargus à gauche et un sar à tête noir Diplodus vulgaris à droite.   GF

Pascal observe 2 sars: un sar commun Diplodus sargus à gauche et un sar à tête noir Diplodus vulgaris à droite. GF

prompt à se réfugier dans son tube, ce protule lisse Protula tubularia peut se trouver au delà de 100 m de profondeur.   GF

prompt à se réfugier dans son tube, ce protule lisse Protula tubularia peut se trouver au delà de 100 m de profondeur. GF

Des plongeurs, (imprudents ?) ont fait surface trop loin, et subissent les assauts de la houle. Pas facile de remonter dans cette mer formée avec tout le matériel sur le dos…Nous patientons jusqu’à ce qu’Arsinoé viennent nous chercher. Ces plongeurs rebelles seraient-ils de chez nous ? que nenni !! tous les plongeurs du club ont respecté le mot d’ordre et géré l’orientation, nous sommes tous sortis au bon endroit…

Pendant que d'autres se perdent et sortent loin de la zone de récup, Pascal joue avec un poulpe Octopus vulgaris. Les bras ou tentacules très souples, préhensiles peuvent porter jusqu'à 240 ventouses. Ces dernières constituées de parois musculaires cylindriques et d'un disque souple radié, assurent une adhérence parfaite sur tous les supports.  GF

Pendant que d'autres se perdent et sortent loin de la zone de récup, Pascal joue avec un poulpe Octopus vulgaris. Les bras ou tentacules très souples, préhensiles peuvent porter jusqu'à 240 ventouses. Ces dernières constituées de parois musculaires cylindriques et d'un disque souple radié, assurent une adhérence parfaite sur tous les supports. GF

REMARQUE n°1

Les consignes données par le patron du bateau sont toujours pertinentes, et doivent toujours être respectées. Dans le cas présent, sortir en dehors de la zone abritée soumet les plongeurs au risque de partir en dérive, oblige le bateau à les récupérer dans des conditions difficiles, avec des risques de blessures, et forcent les autres, qui ont respecté l’obligation de sortir au bon endroit à patienter en surface. Et que se passerait il si l’un d’entre eux avait besoin d’assistance à ce moment là ?

L’orientation, en plongée, n’est pas toujours qu’une question de confort, pour sortir pile poil sous le bateau, c’est aussi une question de sécurité.

Gilles, toujours attentif au briefing et aux conditions de plongée    photo extraite Paralenz

Gilles, toujours attentif au briefing et aux conditions de plongée photo extraite Paralenz

Bref, l’ASSP se distingue dans le bon sens, d’autant que nous aidons, Sylvain en tête, les derniers plongeurs à monter à bord. Certains, en vêtement étanche, un relais de nitrox au flanc, peine à gravir l’échelle pourtant parfaitement ergonomique d’Arsinoé. Nous décrochons des relais, ôtons des palmes, guidons les malhabiles vers une place libre. Sylvain évite de peu une catastrophe, en signalant au pilote un plongeur en fin de décompression s’approchant sans sac palier de l’arrière du bateau.

Sylvain et Stéphane aide un plongeur à se débarrasser de son relais de nitrox     FR

Sylvain et Stéphane aide un plongeur à se débarrasser de son relais de nitrox FR

REMARQUE n°2

Signaler sa présence avec son sac palier n’est pas une option : sans cet accessoire, vous ne serez pas visible, donc pas vu. Lors d’une manœuvre de récupération, vous êtes à la merci d’une hélice ou d’une échelle immergée. Savoir utiliser et mettre en place son parachute de palier est indispensable, et s’il n’y a qu’un sac par palanqué, les plongeurs doivent rester groupé. Et comme on ne fait bien que ce que l’on fait souvent, entrainons-nous régulièrement à envoyer notre sac !

Pascal maintient son sac palier en surface, pour se faire repérer par Arsinoé, en arrière plan.       GF

Pascal maintient son sac palier en surface, pour se faire repérer par Arsinoé, en arrière plan. GF

Stéphane aide Pascal à enlever ses appendices palmés...... FR

Stéphane aide Pascal à enlever ses appendices palmés...... FR

Fin de plongée, Sylvain sur la plage arrière avec la Gabinière en arrière plan   FR

Fin de plongée, Sylvain sur la plage arrière avec la Gabinière en arrière plan FR

Tous les plongeurs finissent par regagner le bord. À cette heure, nous ne savons pas encore que nous venons de vivre le prélude de ce qui va arriver le lendemain… Répétition avant la Générale ! Arsinoé met les gaz pour rentrer au port, et nous nous mettrons à table vers 13h45….merci l’HDLP !

retour agité sur le plan d'eau,  ça mousse !  de gauche à droite Stéphane, Alex et Sylvain     FR

retour agité sur le plan d'eau, ça mousse ! de gauche à droite Stéphane, Alex et Sylvain FR

L’après-midi, vu la météo, petite plongée tranquille au cap Bénat, autour d’un petit rocher sur 20 m de fond. Quelques nacres mortes jonchent le fond, heureusement qu’il y a du poisson. Retour à l’hôtel, repas terminé avant le couvre-feu, et petite séance de méditation menée par Geneviève en petit comité au salon, respect des gestes barrières oblige ! Le niveau monte, à l’ASSP… Pendant ce temps là, je discute technique avec le président…

Hervé, toujours content, avant sa successive de l'après midi.   photo extraite Paralenz

Hervé, toujours content, avant sa successive de l'après midi. photo extraite Paralenz

Edgar saute d'Arsinoé au Cap Bénat     photo extraite Paralenz

Edgar saute d'Arsinoé au Cap Bénat photo extraite Paralenz

ce béret basque Codium bursa est une algue verte. L'intérieur de la boule est riche en cyanobactéries rougeâtres.   GF

ce béret basque Codium bursa est une algue verte. L'intérieur de la boule est riche en cyanobactéries rougeâtres. GF

voici des castagnoles Chromis chromis, compagnons réguliers de nos plongées. Chromis chromis est présent entre 0 et 50 m de profondeur. En saison chaude, les castagnoles sont diurnes. Elles vivent en bancs près de la surface et près de la côte en zone rocheuse ou sur les herbiers de posidonie. En saison froide, les bancs s'éloignent du bord pour descendre à des profondeurs où la température ne descend pas au dessous de 12,5-13 °C. Les individus qui subsistent dans les hauts fonds rocheux sont rares.  GF

voici des castagnoles Chromis chromis, compagnons réguliers de nos plongées. Chromis chromis est présent entre 0 et 50 m de profondeur. En saison chaude, les castagnoles sont diurnes. Elles vivent en bancs près de la surface et près de la côte en zone rocheuse ou sur les herbiers de posidonie. En saison froide, les bancs s'éloignent du bord pour descendre à des profondeurs où la température ne descend pas au dessous de 12,5-13 °C. Les individus qui subsistent dans les hauts fonds rocheux sont rares. GF

voici probablement une couenne de mer tachetée Pseudodistoma cyrnusense. Avertissement : les différentes espèces ascidies ne peuvent pas être déterminées avec certitude sur des photos, aussi bonnes soient-elles. Les éléments d'anatomie interne sont absolument nécessaires, même au niveau du genre. tout autour, des clavelines naines au siphon jaunes Pycnoclavella nana (?)      GF

voici probablement une couenne de mer tachetée Pseudodistoma cyrnusense. Avertissement : les différentes espèces ascidies ne peuvent pas être déterminées avec certitude sur des photos, aussi bonnes soient-elles. Les éléments d'anatomie interne sont absolument nécessaires, même au niveau du genre. tout autour, des clavelines naines au siphon jaunes Pycnoclavella nana (?) GF

sur cette gorgone jaune Eunicella cavolini se trouve une comatule Antedon mediterranea, plutôt rare en Méditerranée. Seuls représentants visibles (par les plongeurs) de la classe des crinoïdes sur nos côtes européennes, les comatules font partie des rares représentants du très ancien et primitif groupe qui peuplait les fonds des mers depuis l'ère primaire jusqu’à la fin de l’époque secondaire (nombreux groupes fossiles) pour la majorité d'entre eux.  GF

sur cette gorgone jaune Eunicella cavolini se trouve une comatule Antedon mediterranea, plutôt rare en Méditerranée. Seuls représentants visibles (par les plongeurs) de la classe des crinoïdes sur nos côtes européennes, les comatules font partie des rares représentants du très ancien et primitif groupe qui peuplait les fonds des mers depuis l'ère primaire jusqu’à la fin de l’époque secondaire (nombreux groupes fossiles) pour la majorité d'entre eux. GF

une axinelle verruqueuse Axinella verrucosa: Cette éponge est étudiée en médecine pour sa composition alcaloïde. Elle entre par exemple dans la composition de remèdes contre le cholestérol.   GF

une axinelle verruqueuse Axinella verrucosa: Cette éponge est étudiée en médecine pour sa composition alcaloïde. Elle entre par exemple dans la composition de remèdes contre le cholestérol. GF

Dimanche 25 octobre

Le vent s’est calmé, la mer reste néanmoins houleuse, Vincent nous propose de tenter l’épave du Grec, ratée hier. Comme c’est une belle plongée, tout le monde est ravi. Hier soir, Sylvain a ciselé la constitution des palanqués, je plongerai avec Alex, frais niveau 2 et Lara.

dessin du Grec, appelé aussi le Sagona. il repose à moins de 300 m du Donator, appelé aussi Prosper Schiaffino. vous suivez ? le Sagona, donc, doit son surnom de "grec" aux papiers de bord, récupérés après le naufrage, rédigés en langue héllénique... bien que le pavillon du bateau au moment du naufrage fut panaméen...

dessin du Grec, appelé aussi le Sagona. il repose à moins de 300 m du Donator, appelé aussi Prosper Schiaffino. vous suivez ? le Sagona, donc, doit son surnom de "grec" aux papiers de bord, récupérés après le naufrage, rédigés en langue héllénique... bien que le pavillon du bateau au moment du naufrage fut panaméen...

Edgar et Florence se préparent à sauter sur l'épave, avec Philippe   photo extraite Paralenz

Edgar et Florence se préparent à sauter sur l'épave, avec Philippe photo extraite Paralenz

Arrivé sur zone, ça brasse encore pas mal, mais le courant est aux abonnés absents, du moins en surface : il sera plus perceptible au fond. La mise à l’eau n’est pas facile, le bateau doit rester manoeuvrant. Nous serons les premiers à partir, palanqué par palanqué, dans cet ordre :

  • Edgar, Florence et Philippe

  • Hervé et Maryline

  • Stéphane, Alex et Lara

  • Gilles, Jérôme et Pascal

  • Sylvain et Joelle.

le Grec, enfin le Sagona, du temps où il navigait encore... il s'en alla rejoindre le fond le 3 décembre 1945.

le Grec, enfin le Sagona, du temps où il navigait encore... il s'en alla rejoindre le fond le 3 décembre 1945.

plonger sur une épave est toujours riche en émotion, et celle ci ne fait pas exception, d'autant que très au large, elle est un oasis de vie marine.    GF

plonger sur une épave est toujours riche en émotion, et celle ci ne fait pas exception, d'autant que très au large, elle est un oasis de vie marine. GF

Pas de seau pour rincer les masques, Covid oblige. Prêt à sauter j’ai du mal à voir la balise qui émerge à peine dans le clapot bien formé. Après une hésitation, je saute, rince mon masque presque en même temps, attrape le bout, et je suis rejoints par Alex et Lara, bien réactifs. Après une récupération de moins d’une minute, nous descendons vers le fond. Les oreilles passent bien, pas de courant, nous arrivons sans encombre sur le pont : c’est un festival d’anthias, de sars, de dentis qui nous accueillent. Plus intime que son voisin le Donator, le Grec se parcourt rapidement et nous avons le temps, sans franchir la barre des 40 m d’en faire le tour. Sur bâbord, un mur de sars longe la coque, un denti élorme le rattrape. Je croise Sylvain et Joelle qui jouent à cache-cache dans les coursives avec un mérou, au milieu des gorgones mauves et jaunes.

Lara au milieu des anthias      photo extraite Paralenz

Lara au milieu des anthias photo extraite Paralenz

un mur vivant de sars à tête noire longe le flanc tribord de l'épave. Le sar à tête noire est le sar le plus grégaire, on ne le rencontre que très rarement seul. Les gros individus forment généralement des bancs avec d'autres gros individus, pas forcément de la même espèce, parfois avec des sars communs   GF

un mur vivant de sars à tête noire longe le flanc tribord de l'épave. Le sar à tête noire est le sar le plus grégaire, on ne le rencontre que très rarement seul. Les gros individus forment généralement des bancs avec d'autres gros individus, pas forcément de la même espèce, parfois avec des sars communs GF

comment résister ?      GF

comment résister ? GF

En cédant à la tentation, tout simplement....... Pascal entre dans la timonerie     GF

En cédant à la tentation, tout simplement....... Pascal entre dans la timonerie GF

Malgré la faible luminosité, cette plongée est magnifique. Mais elle doit s’arrêter, les 15 minutes fatidiques prévues sont écoulées. Je vérifie les paramètres de mes équipiers, profondeur max respectée, entre 3 et 7 minutes de décompression affichées suivant les réglages des ordinateurs, plus de 100 bars dans les blocs. Je pourrais prolonger de 1 ou 2 minutes le séjour au fond, mais une petite voix me chuchote à l’oreille de regagner la surface… Je décide le retour en surface, vu les conditions. Bien m’en a pris.

Jérôme dans les cales du navire, sans jamais perdre de vue la sortie, derrière lui. Sous l'eau, un toit, c'est un piège....   GF

Jérôme dans les cales du navire, sans jamais perdre de vue la sortie, derrière lui. Sous l'eau, un toit, c'est un piège.... GF

Gilles et Jérôme, avant de quitter l'épave......Ambiance.  photo Pascal Meygret.

Gilles et Jérôme, avant de quitter l'épave......Ambiance. photo Pascal Meygret.

Nous décollons ensemble, gestion au poumon ballast. Lara prend un peu de retard mais nous rejoint, remontée impeccable à 12 m/min jusqu’au palier de 6 m. là, j’envoie mon sac, et nous commençons à danser dans la houle… Pas très agréable, j’ai bien fait de ne pas rajouter quelques minutes de paliers en plus…. Nous retrouvons Hervé et Maryline sous parachute également, et désaturons ensemble.

Jérôme et Gilles, fils et père au palier      photo   Pascal Meygret

Jérôme et Gilles, fils et père au palier photo Pascal Meygret

L’azote ayant quitté nos organismes en quantité suffisante, nous faisons surface. Le clapot est bien installé, stab gonflée, masque en place et détendeur en bouche, nous attendons qu’Arsinoé, 200 m plus loin viennent nous récupérer...

bien que nous limitant au pont, à 40 m, la plongée n'en impose pas moins une décompression.

bien que nous limitant au pont, à 40 m, la plongée n'en impose pas moins une décompression.

Et Arsinoé ne bouge pas…. Il y a du monde à l’arrière, je pense que la récupération des plongeurs est difficile…. J’en profite pour rappeler à Lara et Alex que c’est pour ce genre de situation qu’on doit toujours avoir du gaz en réserve dans son bloc en arrivant en surface.

REMARQUE n°3

Remonter avec 50 bars dans la bouteille sur le bateau permet de conserver une réserve de gaz pour vous (attendre le bateau balloté dans la houle) mais aussi et surtout pour votre équipier en cas de soucis (essoufflement, panne d’air, fuite importante sur un flexible). En palanqué, la sécurité et la redondance en gaz de votre équipier c’est vous ! Avec un 15 litres, soit 750 litres de gaz, cela permet par exemple 15 minutes de palier à 6 m ( consommation 30 litres / min ). Je vous recommande la lecture de la méthode de gestion de gaz de Laurent Bardassier, là : http://subacom.com/evenment/phocadownload/userupload/lbardass/N3%20-%20Planification%20v6.pdf

en palanqué, vous êtes la sécurité de votre binôme ! ici Lara et Pascal       GF

en palanqué, vous êtes la sécurité de votre binôme ! ici Lara et Pascal GF

Alex râle un peu, la houle le brasse…. Lara prend son mal en patience, et je sens la nausée arriver, balloté dans la houle. Je surveille mes équipiers, garde le parachute en place et fixe le bateau…c’est long, il doit se passer un truc….

TOUJOURS être attentif à son environnement.....ici Sylvain surveille ces co équipiers.     photo extraite Paralenz

TOUJOURS être attentif à son environnement.....ici Sylvain surveille ces co équipiers. photo extraite Paralenz

Oui, il se passe des choses, que je vais essayer de remettre dans l’ordre.

2 palanquées de l’ASSP au moins sont revenues à bord sans encombre : Edgar, Florence et Philippe, Sylvain et Joelle. Et c’est là qu’un plongeur, en vêtement étanche, perce la surface, sans pourvoir réaliser sa décompression : trop léger, il n’a pas pu gérer sa flottabilité trop positive. On lui passe la ceinture de Florence, (trop petite, il la gardera autour du bras) et il redescend seul, sans sac parachute, faire les paliers ratés que Vincent lui demande de majorer.

REMARQUE n°4

On ne devrait pas s’engager avec un vêtement (ou tout autre type d’équipement) qu’on ne maitrise pas sur une plongée à décompression. Le lestage DOIT être connu, testé, validé AVANT. Le plongeur a indiqué se sentir trop positif jusqu’à 20 m, il aurait dû interrompre la descente. Avec le poids du gaz en moins lié à la consommation, il était évident qu’il ne tiendrait pas ses paliers. Comment a-t-il fait sur les plongées précédentes ? a-t-il changé de sous-vêtements ? Non. la veille, il utilisait un bi bouteille, il a changé pour un mono 15 litres pour cette plongée, sans modifier son lestage..... 1 litre d'air pèse 1.2 gramme. Dans un 15 litres à 230 bars, le gaz pèse donc environ 4 kg. A 50 bars dans le bloc, on a perdu l'équivalent de 3 kg de lest.....

REMARQUE n°5

Le plongeur s’est réimmergé SEUL, alors qu’il est en situation potentielle d’accident. Un autre plongeur aurait dû sauter avec lui pour assurer une surveillance. Le binôme aurait dû partir avec un sac palier pour se signaler, car le plongeur isolé se trouvait sans aucun moyen de repérage. Un pendeur avec une bouée visible et un bloc de secours aurait été une bonne solution, s’était on assuré qu’il avait assez d’air pour faire sa décompression ?

Pascal avec son sac palier, élément de sécurité INDISPENSABLE !!!     GF

Pascal avec son sac palier, élément de sécurité INDISPENSABLE !!! GF

La palanqué de Gilles arrive à ce moment là à bord. À peine assis sur un banc, on signale un fil de sac palier pris dans l’hélice ! Un plongeur n’a pu éviter la dérive d’Arsinoé vers lui, et sa corde de sac palier non lovée est partie dans l’hélice, l’aspirant lui et son sac. Évidemment il a tout lâché !

REMARQUE n°6

On ne doit JAMAIS approcher d’un bateau avec le bout du sac libre dans l’eau. Le bout doit être lové, enrouler sur un spool, rangé dans le sac lui-même, c’est impératif. Vincent pour récupérer les plongeurs doit rester parfois manoeuvrant, hélice tournante à proximité des plongeurs. Un bout libre est DANGEREUX. La même situation proche des rochers et c’est le bateau qui est drossé à la côte. Vu les profils de plongée que nous réalisons en club, 6 m de corde sont largement suffisants, nous n’aurons jamais de palier plus bas. Si on souhaite envoyer son sac de plus profond pour être visible plus rapidement (présence de courant) c’est possible avec un spool ou un dévidoir adapté. Mais là encore, il faut MAITRISER son utilisation et s’entrainer régulièrement.

Murphy est à l’œuvre, la situation devient préoccupante. Pendant que nous dansons sur les vagues à 200 m d’Arsinoé, ce dernier n’est plus manœuvrant, des palanqués dérivent en pleine mer, un plongeur mal lesté refait seul des paliers ratés quelque part sans être repérable par son sac palier… Si un autre plongeur fait surface avec un problème, comment le récupérer ?

Dans ASSP, il y a Sapeur Pompier. Et des plongeurs opérationnels. Sylvain pige tout immédiatement, saute à l’eau pour tenter de dégager l’hélice en apnée. Il perd son masque dans l’action, le récupère, et tente de couper le fil du sac palier dans une mer hachée ou cogne Arsinoé incontrôlable.

Impossible.

Il remonte, prend le bloc de Florence encore bien pourvu en gaz et redescend sous la coque se bagarrer avec le bout, bien serré autour de l’arbre. Avec un stab inadapté pour sa taille, il galère mais réussit à libérer l’hélice et récupérer le sac sournois. Au passage, il prend un sérieux coup de coque sur la tête, et à moitié assommé, regagne le pont.

REMARQUE n°7

Toujours garder un plongeur équipé en néoprène, de préférence avec le bloc le moins vide, au cas où ( accompagner un plongeur qui doit se ré immerger, couper un bout dans une hélice, etc) on ne range les détendeurs et on se déséquipe que quand tout le monde est à bord et que le bateau fait route. Surtout quand la situation météo n’est pas bonne. C’est ce que fait toujours Sylvain.

Sylvain, toujours en néoprène jusqu'à l'arrivée au port. ici il assiste Gilles à la sortie de l'eau.     FR

Sylvain, toujours en néoprène jusqu'à l'arrivée au port. ici il assiste Gilles à la sortie de l'eau. FR

REMARQUE n°8

Avec un plongeur qui travaille sous la coque dans une mer formée, il est souhaitable d’en envoyer un second, même sans bloc, qui le surveille depuis la surface. Que se serait passé si, assommé pour de bon, Sylvain avait coulé vers le fond ? Et pendant ce temps là, quelqu’un doit garder le contact visuel avec les plongeurs en attente dans l’eau pour ne pas les perdre de vue…On aurait également pu rentrer sur un seul moteur et dégager le bout au port, au calme. Ou encore aller se mettre à l'abri des iles, plus proches,pour effectuer l'opération plus facilement.

Heureusement que notre DP a la tête dure, il l’a déjà prouvé par le passé. Le plongeur en rattrapage de paliers remonte à bord et est placé immédiatement sous oxygène par précaution. Arsinoé, de nouveau opérationnel, vient récupérer Hervé et Maryline, puis Lara, Alex et moi. La remontée est compliquée dans le vent et le clapot, mais Sylvain est toujours à la manœuvre sur la plage arrière et aide tout le monde à grimper. Aussitôt à bord, la bagarre avec nos estomacs commence…Nous serons plusieurs à la perdre, moi compris…. On se compte, tout le monde est là, plus ou moins vaillant… Certains, visage alternant du blanc neige au gris asphalte, essaient malgré tout de garder en vue la ligne d’horizon, en forme de tôle ondulée. Nous rentrons au port, et chacun se refait le film des évènements. Le retour d’expérience que nous vous présentons ici se veut sans polémique et je l’espère pédagogique, pour enrichir nos expériences respectives.

Retour difficile jusqu'à Bormes, avec un estomac aussi démonté que la mer   GF

Retour difficile jusqu'à Bormes, avec un estomac aussi démonté que la mer GF

Arsinoé restera au port cette après-midi, nous avons tous eu notre compte d’émotions pour la journée. Repas vers 13h45 à l’HDLP, toujours excellent, pendant que nos équipements rincés s’égouttent tranquillement sur le quai d’Aquabormes.

Merci à notre président pour cette sortie et sa gestion sans faille, et merci à tous pour le respect des consignes données et l’excellent niveau technique de chacun, confirmé ou non, dans ces conditions de mer difficiles. Nous pouvons l’affirmer sans rougir, notre club s’est distingué ce week end, dans le bon sens du terme !

photo traditionnelle avec notre banderole !

photo traditionnelle avec notre banderole !

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