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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 15:10

CR de la plongée souterraine à la source du Groin, le 18 septembre 2017

si vos pas, au hasard d'une randonnée vous amènent au bord du site, ce panneau d'information vous présentera la source.

si vos pas, au hasard d'une randonnée vous amènent au bord du site, ce panneau d'information vous présentera la source.

Participants : Gilles Froment & Stéphane Simonet

Toutes les images sont de Gilles Froment.

Topographie de la source, énorme travail fruit de nombreuses plongées réalisées par les différentes équipes de spéléonautes.

Topographie de la source, énorme travail fruit de nombreuses plongées réalisées par les différentes équipes de spéléonautes.

Certaines résurgences possèdent un charme indéfinissable, leurs eaux cristallines invitant sans réserve à l’immersion. D’autres se révèlent plus austères, plus inquiétantes : l’eau sombre y dissimule des pièges que le spéléonaute redoute. Et puis il y a le Groin, mixe improbable des 2 autres, soufflant le chaud et le froid, fascinant et sombre à la fois. Le lieu est habité, sans nul doute, par quelque esprit facétieux. La forêt offre son écrin protecteur à un joyau sans cesse en évolution, allant d’un étiage à une crue, du calme à la fureur….

Les coffres ouverts, il faut décharger le matériel et le transporter au bord de l'eau.

Les coffres ouverts, il faut décharger le matériel et le transporter au bord de l'eau.

Dissimulée sous les arbres, le Groin attend patiemment ses visiteurs....

Dissimulée sous les arbres, le Groin attend patiemment ses visiteurs....

La commune (enfin, le bourg, heu….le hameau plutôt…) de Don traversé, la petite piste de tracteur franchie et la voiture posée sur le morceau de champ dédié à cet effet, on peut se laisser attirer par la source, avec toujours une sourde inquiétude à l’esprit : où sera le niveau d’eau ? A l’étiage maximum, verrouillé à l’aller, mais surtout au retour, par un déversoir de sable pervers à souhait ou bien alors tumultueux, baignant les énormes blocs de rochers posés au sommet comme des sentinelles immobiles. Très vite, on se rend à l’évidence, on est un peu au-dessus de l’étiage, le portage retour sera dur, les pieds trop lourds patineront dans un tapis roulant cherchant à nous retenir au fond du « gouffre ». Sauf que….Nous sommes venus préparés et équipés : une luge renforcée, qui ne verra plus la neige, flanquée d’une corde jouant au serpent entre 2 poulies sera notre alliée pour remonter blocs, recycleurs et attirail de plongeurs sous plafond.

la vasque commence au pied de ce déversoir de sable, en bas, en haut, on ne sait jamais vraiment..

la vasque commence au pied de ce déversoir de sable, en bas, en haut, on ne sait jamais vraiment..

les blocs relais ( ou BO pour Bail Out ) se déposent aux endroits stratégiques, il faut penser à s'équiper au plus proche de l'eau, le plus confortablement possible...

les blocs relais ( ou BO pour Bail Out ) se déposent aux endroits stratégiques, il faut penser à s'équiper au plus proche de l'eau, le plus confortablement possible...

la vasque monte doucement à l'assaut du déversoir, c'est marée haute au milieu des bois !

la vasque monte doucement à l'assaut du déversoir, c'est marée haute au milieu des bois !

Vite en place, notre dispositif semble prometteur. Très vite des blocs relais se retrouvent au bord de l’eau, et nous enchainons les allers retours nécessaires pour déposer notre matériel. Au second, quelque chose cloche : les blocs posés au sec sur le sable sont dans l’eau…. Et pour cause, quelque part sur le plateau du Retord, l’eau du ciel tombée à terre les jours précédents a percolé dans la roche, trouvé son chemin et rejoint la rivière souterraine qui enfle et vient s’échapper par l’exutoire du Groin. Lentement, la surface de la vasque monte à l’assaut du déversoir sableux…

masque entre les dents, en attendant d'y serrer l'embout du recycleur, il faut patauger dans le sable instable pour s'équiper....

masque entre les dents, en attendant d'y serrer l'embout du recycleur, il faut patauger dans le sable instable pour s'équiper....

Tout finit par trouver sa place, l'homme est devenu plongeur cavernicole, bardé de technologies lui permettant d'explorer une infime partie de la rivière souterraine.

Tout finit par trouver sa place, l'homme est devenu plongeur cavernicole, bardé de technologies lui permettant d'explorer une infime partie de la rivière souterraine.

dernières vérification dans l'eau couleur émeraude de la vasque, sous cette surface qui monte toujours..

dernières vérification dans l'eau couleur émeraude de la vasque, sous cette surface qui monte toujours..

Le casse-croute négocié, les étanches sur le dos, nous redescendons vers cette surface en mouvement pour constater qu’elle poursuit son ascension. Etrange impression que de se mettre à l’eau dans une vasque qui nous repousse…. Les habituels déhanchements pour clamper les relais réalisés, nous partons enfin dans ce siphon presque oublié : la dernière immersion ici remontant à février 2011….

la voute d'entrée passée, nous voilà sous terre, un autre monde...

la voute d'entrée passée, nous voilà sous terre, un autre monde...

quelques images volées à la source....

l'eau et la roche se sont alliées pour nous offrir un magnifique spectacle, celui de millions d'années d'érosion.

l'eau et la roche se sont alliées pour nous offrir un magnifique spectacle, celui de millions d'années d'érosion.

Repère des 50 m posé par la CRPS. Dans ce labyrinthe aux parois incertaines, ce fil d'Ariane vaut bien celui de Thésée pour échapper au minotaure

Repère des 50 m posé par la CRPS. Dans ce labyrinthe aux parois incertaines, ce fil d'Ariane vaut bien celui de Thésée pour échapper au minotaure

des pierres s'enchâssent dans des chatons minéraux, comme des bijoux telluriques

des pierres s'enchâssent dans des chatons minéraux, comme des bijoux telluriques

la roche sombre ciselée se couvre d'une couche d'argile claire

la roche sombre ciselée se couvre d'une couche d'argile claire

Bien que la vasque soit claire, la visibilité dans la galerie n'a rien d'exceptionnelle, 2 m tout au plus. Mais le Groin n'est pas réputé pour la clarté de sa rivière cachée. Nous atteignons rapidement le point bas à – 20 m. A partir de ce point la galerie va lentement remonter. Nous restons sur le fil posé par la CRPS, surplombant le canyon. C'est le passage le plus facile, tant la galerie n'est qu'un immense laminoir où l'on peut s'égarer en un instant. Dans nos phares, les marmites creusées par des galets rendus fous succèdent aux lames acérées découpées par une eau pugnace et sans cesse renouvelée. Des cornes, des éperons, des cavités, des failles, des surplombs ou des dévers, sculptés par l'érosion millénaire n'en finissent pas de nous escorter durant cette plongée.

Quand on y voit quelque chose, le Groin c'est beau….Et frais.

une lame rocheuse déchire l'obscurité, aggressive comme un glaive

une lame rocheuse déchire l'obscurité, aggressive comme un glaive

le canyon des premières centaines de mètres, qui finira par devenir impénétrable, nous obligeant à franchir une lucarne dans la partie supérieure de la rive gauche.

le canyon des premières centaines de mètres, qui finira par devenir impénétrable, nous obligeant à franchir une lucarne dans la partie supérieure de la rive gauche.

un éperon rocheux, se dresse comme une défense....

un éperon rocheux, se dresse comme une défense....

plus loin c'est un bec qui s'ouvre, prêt à mordre le plongeur imprudent ?

plus loin c'est un bec qui s'ouvre, prêt à mordre le plongeur imprudent ?

ces marmites sont creusées par des galets, qui piégés par le courant lors des crues n'en finissent plus de tourner dans la roche.

ces marmites sont creusées par des galets, qui piégés par le courant lors des crues n'en finissent plus de tourner dans la roche.

nous suivons le fil d'Ariane vers l'amont, sans jamais le perdre de vue. Qu'il disparaissent de nos champs de vison, et les minutes s'étireront...

nous suivons le fil d'Ariane vers l'amont, sans jamais le perdre de vue. Qu'il disparaissent de nos champs de vison, et les minutes s'étireront...

Au bout d'une quarantaine de minutes, et environ 200 m parcourus, le froid commence à se faire sentir. Je fais demi-tour le premier, bientôt suivi par Gilles. Nous repassons l'étroiture en lucarne en rive gauche, reprenons le canyon et rebroussons lentement notre chemin dans ce corridor du diable. La profondeur augmente, signe que nous rallions le point bas et donc la sortie du siphon. Bientôt une bouche baignée d'émeraude apparaît, phare éteint nous arrivons dans la vasque, ovale de jade sertie dans un écrin de forêt.

Zoom sur la partie explorée.

Zoom sur la partie explorée.

peu de temps avant de faire demi-tour, je caresse une sculture minérale...

peu de temps avant de faire demi-tour, je caresse une sculture minérale...

... que voici sur cette image, dressée dans la galerie peu après la lucarne.

... que voici sur cette image, dressée dans la galerie peu après la lucarne.

Queue de baleine figée pour l'éternité ou cornes du diable ? à vous de choisir !

Queue de baleine figée pour l'éternité ou cornes du diable ? à vous de choisir !

ici la roche semble imiter un bénitier entre ouvert....

ici la roche semble imiter un bénitier entre ouvert....

et là c'est un hyppocampe qui semble pétrifié par le regard d'une gorgone maléfique. Est-ce l'oeuvre de Méduse, d'Euryale ou de Sthéno ?

et là c'est un hyppocampe qui semble pétrifié par le regard d'une gorgone maléfique. Est-ce l'oeuvre de Méduse, d'Euryale ou de Sthéno ?

La surface percée, je constate que le niveau d'eau est monté encore d'un bon mètre….Relais posés, je grimpe avec l'aide la corde le déversoir de sable qui s'est bien réduit, du coup….merci la « crue » !

Gilles arrive bientôt à son tour encombré de blocs relais, échange d'impression : comme c'est beau….

Les bouteilles, bi compris, prennent place dans la luge et sont hissées sans trop d'effort vers le haut du déversoir, grâce au mouflage mis en place.

voici la vision qui s'offre à nous une fois la surface franchit....

voici la vision qui s'offre à nous une fois la surface franchit....

voila le dispositif permettant d'éviter un portage fastidieux dans le sable "tapis roulant" du déversoir.

voila le dispositif permettant d'éviter un portage fastidieux dans le sable "tapis roulant" du déversoir.

c'est validé !

c'est validé !

Le soleil décide alors d'entrer dans la partie, illuminant la vasque qui se remplit doucement…. Magique, le Groin…..

la vasque s'illumine d'un rayon de soleil, sans nul doute un bon présage....

la vasque s'illumine d'un rayon de soleil, sans nul doute un bon présage....

l'alliance de l'eau et de la roche, toujours magnifique

l'alliance de l'eau et de la roche, toujours magnifique

Il faut partir, mais la longue rivière noyée coule à présent dans les méandres de nos cerveaux : déjà les plans de plongée plus longues s'organisent…

Sous les eaux mouvantes.....

On vous racontera….

Sous les eaux mouvantes.....
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24 septembre 2017 7 24 /09 /septembre /2017 18:22

 Malgré quelques aléas techniques ou mécaniques, et un vent hurlant attisant des flammes de Gigaro à Taillat, les belles surprises en plongée furent au RDV. Les canadairs revenus au sol, l'incendie éteint mais les braises encore chaude, les épaves et les roches de la baie nous attendaient patiemment au fond de l'eau.

Voici donc 4 vidéos, 4 chapitres résumant 3 semaines de plongée dans l'un des plus beaux endroits de la Méditerranée, malgré les cendres...

 

sauf mention contraire les photos sont de Christophe Serre.

la barrière de nuages et les iles d'or au loin....what's else ?     photo Geneviève Sansoni-Simonet

la barrière de nuages et les iles d'or au loin....what's else ? photo Geneviève Sansoni-Simonet

Retour de plongée après 1 heure sans bruit ni bulles......

Retour de plongée après 1 heure sans bruit ni bulles......

1er chapitre, 1ère énigme. Coulée en février 1903, ses sisters ship avaient pour nom Hallebarde, Epée, Rapière ou Tromblon...

2ème chapitre, autre ferraille coulée en 1918, par le sous marin allemand UC 35. Vous la reconnaitrez....

Fini les ferrailles, direction les roches. Celle ci n'en finit plus de s'étirer du nord au sud derrière la cap Lardier...

autre roche, non loin de la précente, où repose quelques reliques, cherchez bien !

Beaucoup de vent cette année, et bien sûr  l'incendie parti de Gigaro restera dans les mémoires. Le brasier qui calcina le cap Taillat était impressionnant, mais le vent généra aussi d'autres choses....

Voici donc une dernière vidéo, un bonus en quelque sorte.

A la prochaine fois pour d'autres belles images !!

A la prochaine fois pour d'autres belles images !!

le paradis.....

le paradis.....

Merci à l'ASSP Plongée pour le prêt du matériel vidéo: caméra Gopro, caisson IQ sub, phare Bersub, ainsi que pour le  compresseur.

Merci au CASC pour la mise à disposition du local de stockage, indispensable pour la préparation des scaphandres et des recycleurs et donc la réalisation des plongées.

Merci à Françoise et Pierre pour leur accueil, et à tous ceux qui nous permettent de passer d'aussi bons moments "face aux Iles".

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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 20:34

Personnes présentes:  Gilles et Isabelle Froment   Sylvain et Joëlle Dupuy    Edgar et Monique Royon     Florence Royon     Cédric Charleux         Didier Dravet     Stéphane Simonet      Geneviève Sansoni-Simonet     Thierry Mourice      Arielle Cuzin   

Personnes représentées: Célia Froment    Philippe Moya    Guy Varvat     Patrick Beau       Thibaut Royon Roland Bouilhol

Personnes excusées: Hervé Lichtfouse     Christophe Beau

 

 

 

Le quorum étant atteint avec 15 personnes présentes ou représentées sur 21 adhérents, la séance est ouverte par le président vers 21h 30 après quelques déboires informatiques.

Il remercie les personnes présentes et souhaite la bienvenue à Maya, fille de Cédric Charleux. L'assemblée félicite le jeune papa et souhaite un bon rétablissement à la maman.

Le secrétaire présente ensuite le bilan de la saison écoulée, en commentant le tableau ci dessous:

CR de l'assemblée générale de l'ASSP section plongée, 29 juin 2017

123 immersions réalisées ( dont 83 en milieux naturels ) ce qui est en recul par rapport aux années précédentes: l'annulation forcée de la sortie à Bormes en est la cause principale.

Les sorties en mer furent des succès, et la difficulté de la traversée de Lyon à la palme cette année est soulignée.

le trésorier présente ensuite le bilan comptable, l'association présente un solde positif de 2958 euros.

Les comptes étant validés sans réserve, quitus est donné au trésorier.

Le bureau évoque l'achat sur internet d'un propulseur de type UV 26, pour une somme très raisonnable. l'appareil, récupéré et expertisé par un collègue SP du SDIS de l'Aude, que nous remercions au passage, est en excellent état et sera récupéré très prochainement.

Le secrétaire présente ensuite le bilan du matériel collectif de la section:

CR de l'assemblée générale de l'ASSP section plongée, 29 juin 2017
le scooter UV 26 acquis par la section

le scooter UV 26 acquis par la section

le secrétaire propose ensuite un planning pour la saison 2017 - 2018 et la discussion s'engage.

il est décider:

- de déplacer la sortie de Bormes aux WE des 27 28  et 29 octobre

- d'organiser la sortie en Corse ou en Espagne ( Estartit) en période de vacances scolaires soit durant la première semaine des vacances d'avril

- de repousser la sortie au Dramont au 1er 2 et 3 juin.

le planning suivant est donc adopté:

attention les dates des entraînements en fosse doivent encore être validées.

attention les dates des entraînements en fosse doivent encore être validées.

photo de Gilles Froment

photo de Gilles Froment

Il est précisé que les inscriptions aux entraînements en fosse devront se réaliser au coup par coup, au plus tard 7 jours avant le jour J, pour permettre la répartition des places avec le CSB.

Chaque adhérent devra en outre accompagner son chèque de 20 euros du coupon d'adhésion à l'ASSP siège. Pour la section, le secrétaire établira ces coupons pour chaque adhérent.

Le bureau est ensuite ré élu à l'identique, riche d'une nouvelle commission, la commission médicale composée d'Edgar et Thibaut Royon.

il se compose donc ainsi:

Président: Sylvain Dupuy

Trésorier: Cédric Charleux

Secrétaire: Stéphane Simonet        adjointe : Florence Royon

Commission audio visuelle: Hervé Lichtfouse

Commission technique: Christophe Beau

Commission mélanges & souterraine: Gilles Froment

Commission Voyage: Patrick Beau

Commission médicale: Edgar et Thibaut Royon

la séance est levée vers 22h 30 par le président, qui invite les participants à faire main basse sur le BBQ préparé par Joëlle, remerciée par les convives.

Très bonnes vacances, belles plongées et bel été à tous !

CR de l'assemblée générale de l'ASSP section plongée, 29 juin 2017
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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 13:21
la Tannerie ne coule plus vers le lavoir de Bourg St Andéol, soleil torride et ciel bleu obligent !        photo Stéphane Simonet

la Tannerie ne coule plus vers le lavoir de Bourg St Andéol, soleil torride et ciel bleu obligent ! photo Stéphane Simonet

CR de la sortie en plongée souterraine du 20 juin à BSA, Goul du Pont

Participants : Gilles Froment Philippe Moya Stéphane Simonet

 

Sauf mention contraire, les images sont de Gilles Froment.

l'eau dans la vasque du pont n'en finit plus de descendre....

l'eau dans la vasque du pont n'en finit plus de descendre....

A 2 jours de la date anniversaire de l’appel d’un général entré dans l’Histoire, et sous un soleil brûlant asséchant les sources du Vallon du Tourne, nous avons décidé d’investir à la fois la longue et sinueuse Tannerie pour Philippe, l’insondable Goul du Pont pour Gilles et votre serviteur. L’immersion ambitieuse prévue ce jour-là fut revue sagement à la baisse, fatigue et canicule rendant périlleuse la mise en place d’une plongée trop lourde…Ce sera pour une autre fois…..

Qu’importe le plaisir fut au RDV.

il reste un peu d'eau jaillissant du pompage du Pont, pour alimenter la petite rivière où les batraciens pataugent.

il reste un peu d'eau jaillissant du pompage du Pont, pour alimenter la petite rivière où les batraciens pataugent.

toujours souriant, voici Philippe qui arrive à la Tannerie     photo Stéphane Simonet

toujours souriant, voici Philippe qui arrive à la Tannerie photo Stéphane Simonet

C’est vers 11h du matin, résultat du retard causé par les bouchons matinaux à la sortie de Lyon, que le trio se retrouve au bord des vasques, d’aspect peu reluisant il est vrai : la chaleur mène son offensive et l’eau ne coule plus, le miroir clair et luisant est devenu une boutasse verdâtre peu ragoutante à la Tannerie, et le pont, moins atteint certes ne vaut guère mieux…. L’étiage approche, il faut en profiter vite et retrouver la promesse d’une eau limpide plus loin dans la galerie.

l'eau de la Tannerie vire au vert, telle la piscine abandonnée d'un hôtel moribond.....

l'eau de la Tannerie vire au vert, telle la piscine abandonnée d'un hôtel moribond.....

Philippe ira à la Tannerie collecter du sable, Gilles et moi au pont pour graver dans les cartes mémoires films et photos. A l’ombre sous le pont nous déballons la panoplie du plongeur spéléo, bulleur ou furtif.

Joki bi et relais attendent dans la vasque, au pied de l'échelle.

Joki bi et relais attendent dans la vasque, au pied de l'échelle.

le photographe est toujours là où on ne l'attend pas, pour dénicher la belle image      photo Stéphane Simonet

le photographe est toujours là où on ne l'attend pas, pour dénicher la belle image photo Stéphane Simonet

Le bi 20 est le premier dans la mare à canard de la Tannerie et Philippe s’engage dans la galerie le premier. Je lui cède donc le clavier pour qu’il nous raconte sa plongée :

sous un soleil de plomb, Philippe garde le sourire malgré l'effet cocotte minute du vêtement étanche     photo Stéphane Simonet

sous un soleil de plomb, Philippe garde le sourire malgré l'effet cocotte minute du vêtement étanche photo Stéphane Simonet

« J'avais observé, lors de ma précédente plongée à BSA quelques dépôts de sable qui auraient bien plu à une ami arénophile.... et je n'avais pas de récipient... je m'étais promis de revenir.

 

Je suis donc parti pour effectuer la boucle, CAD, faire la galerie inférieure à l'aller, et la sup au retour. Car j'avais repéré un dépôt de sable sur une cassure du sol de la galerie vers 400m. de l'entrée.

 

L'idée étant de faire l'inverse que la dernière fois où j'avais tout d'abord emprunté la galerie sup et revenu par l'inférieure.

ça va mieux dans l'eau, même crapoteuse !      photo Stéphane Simonet

ça va mieux dans l'eau, même crapoteuse ! photo Stéphane Simonet

Incertitude : le niveau de l'eau vers la baïonnette juste avant le canyon.... prévoyant une marche sur les coudes et les genoux,, je me suis équipé d'une sur combi et de gants. Heureusement, pas eu besoin, le niveau étant juste suffisant pour flotter à quelques cm de la roche.... génial.

le spéléonaute est enfin paré, tel un cosmonaute des abysses....         photo Stéphane Simonet

le spéléonaute est enfin paré, tel un cosmonaute des abysses.... photo Stéphane Simonet

.... enfin presque, car il y a toujours un truc qui va pas........

.... enfin presque, car il y a toujours un truc qui va pas........

Steph, gentiment vient m'aider à finir de m'équiper, la chaleur m'ayant inspiré un habillage au tout dernier moment devant la vasque.

 

Il me fermera mon vêtement, et m'aidera à accrocher divers équipements qui bien évidement ont une fâcheuse tendance à se fourrer là où mes mains ne pourront pas les dénicher.

mais cette foisn c'est parti !       photo Stéphane Simonet

mais cette foisn c'est parti ! photo Stéphane Simonet

La vasque est plutôt chaude, exposée en plein soleil (vous avez dit canicule ?), mais dès que je descends vers l'étroiture d'entrée.... Brrrr, la différence est nette, on passe de plus de 20° à 14/15°......

 

Aller donc doucement, en me tractant sur les mains, grâce aux gants, mes empreintes digitales resteront intactes pendant toute la plongée.

 

Je progresse lentement, tout en jetant des coups d'oeil de droite et de gauche, la roche est toujours aussi magnifique.

 

J'arrive à l'étiquette 400.... Ayant croisé deux tubes bleus des forages qui permettent à la ville de BSA de s'alimenter en eau.

 

Je sais que le carrefour est derrière moi et que je l'ai dépassé... il n'est pas facile de le voir en venant de la galerie inférieure, car la supérieure arrive au plafond, et n'ayant pas d'yeux sur la nuque..... Donc au retour, je regarde bien la voûte et en effet, le départ est là, magnifique... et le tas de sable également se trouve juste sous mes yeux, une simple cassure du sol dans laquelle le courant se brise, et abandonne les grains de sable, je remplis mon petit bidon de prélèvement, visible sur les photos de Steph et Gilles.

juste au dessus du bras  droit de Philippe, on devine le flacon blanc pour les prélèvements.....photo Stéphane Simonet

juste au dessus du bras droit de Philippe, on devine le flacon blanc pour les prélèvements.....photo Stéphane Simonet

Je monte par une grosse lucarne en plafond dans la galerie supérieure.... de loin en loin des bulles sortent du sol ! ? C'est mon propre gaz expiré quelques minutes auparavant qui s'infiltre dans le plafond de la galerie inférieure qui se trouve là juste sous moi.... amusant, insolite, mais je n'ai pas d'appareil... tant pis, je range l'image dans mon disque dur cérébral.

 

Retour tranquille, je profite de la vue, je revisite quelques petites cheminées qui débouchent toutes à l'air libre, ne pas ôter son détendeur de la bouche, l'air est sous pression et c'est donc de l'air qui ne se renouvelle pas, que sais-je de sa composition, beaucoup de CO2 ? Je ne prends pas de risque, je garde le détendeur en bouche.

l'eau a vaincu la roche, forcé le passage nous offrant ce spectacle.

l'eau a vaincu la roche, forcé le passage nous offrant ce spectacle.

Ambiance étonnante, échos de mes bulles, de mes mouvements à la surface, je cherche la voûte.... rien que de la roche....

 

Presque sorti, sur la gauche, le puits Knab, un puits qui débouchait sous la voie ferrée, pour preuve les quelques morceaux de matériel ferroviaire qui traînent et rouillent au sol.... une magnifique marmite de géant... je me rince les yeux...

 

Il faut sortir malgré tout. La vasque m'accueille avec son eau trouble, remplie de filaments herbeux, et sans doute un véritable bouillon de culture.... cette eau ne se renouvelle plus et les canards et autres pigeons y font leurs besoins ...... beurk..... Vaccins à jour obligatoires...

il est temps pour nous de plonger, l'oxygène pour les paliers et mes relais s'impatientent.

il est temps pour nous de plonger, l'oxygène pour les paliers et mes relais s'impatientent.

Je ressors de l'eau grâce à la petite échelle, personne pour m'aider, je traverse le jardin chargé comme un âne, et vais vers le Goul du pont pour déposer mes affaires au plus près de ma voiture..... Quelques aller et retour, et c'est fait, je mange.... et attends mes deux amis, qui arrivent quelques dizaines de minutes après.... une bonne plonge... malgré la chaleur. »

Stéphane dans l'ébouli d'entrée, avant l'étroiture. la lumière de jour diffuse encore...

Stéphane dans l'ébouli d'entrée, avant l'étroiture. la lumière de jour diffuse encore...

A nous maintenant !

en recycleur ventral, les relais sur le côté, ça passe tout seul !

en recycleur ventral, les relais sur le côté, ça passe tout seul !

en progression vers le puits, la main sur le fil

en progression vers le puits, la main sur le fil

Le bi 2x10 et le joki de Gilles à l’eau, mes 2 relais et la 10 litres d’oxy posés sur la marche d’habitude noyée mais aujourd’hui émergeante, il faut se livrer à un jeu rigolo : enfiler en transpirant le moins possible des sous vêtement polaire, rentrer dans le vêtement étanche, le fermer, s’agiter au minimum en endossant le harnais ou en s’équipant du bazar minimum mais indispensable, par 30°C. C’est amusant, essayer vous verrez……

chute en apesanteur dans le puits, dans le silence du recycleur

chute en apesanteur dans le puits, dans le silence du recycleur

Nous arrivons donc dans la vasque un peu en surchauffe. Gilles a la surprise de constater que son nouveau vêtement sec…Ne l’est pas tout à fait ! Rafraîchissant sur le moment et presque agréable, mais cela se paiera après 1 heure de plongée, où il faudra sortir poussé par le froid.

Nous pataugeons dans le cloaque verdâtre pour finir de s’équiper, un aller-retour pour poser le relais d’oxy à moins 6 m et mon filet pour ramasser des galets au retour (déco du jardin oblige !) et nous partons !

les relais servant de secours en cas de panne du recycleur sont bien visibles

les relais servant de secours en cas de panne du recycleur sont bien visibles

Dés – 6m l’eau redevient claire, la plongée sera belle. La galerie de 70 m de long sera parcourue lentement pour autoriser les prises de vue, le puits se descendra dans un train de sénateur somnolent, et la descente s’arrêtera vers – 50 m. Gilles frigorifié fera quelques images avant d’amorcer la remontée, et quand à moi j’y traînerai un peu avant de le rejoindre, sans précipitation.

en route vers le fond, qui aujourd'hui sera à - 50 m.

en route vers le fond, qui aujourd'hui sera à - 50 m.

voici la plateforme à - 50 m, où Gilles déchaine son appareil photo

voici la plateforme à - 50 m, où Gilles déchaine son appareil photo

autant l'eau est glauque dans la vasque autant elle est transparente dans la galerie

autant l'eau est glauque dans la vasque autant elle est transparente dans la galerie

L’eau claire et la puissance des éclairages éclairant la suite me pousse à descendre un peu plus, mais les 80% d’azote de mon mélange me poussent à la prudence. Les mélanges riches en gaz solaire autorisant à ouvrir la porte des profondeurs sont prêts, les «  bail out » riches en oxygène aussi, les tables moulinées par le logiciel de déco sont calées, il suffira de revenir avec l’équipement adapté pour glisser un peu plus bas sans prendre de risque.

fin de l'immersion, nous amorçons le retour

fin de l'immersion, nous amorçons le retour

RDV pris pour la prochaine fois….

Stéphane consulte ses paramètres sur l'ordinateur, 21 minutes de déco seront nécessaires pour sortir

Stéphane consulte ses paramètres sur l'ordinateur, 21 minutes de déco seront nécessaires pour sortir

Je retrouve Gilles en haut du puits, quelques images dérobées à la rivière plus tard nous franchissons l’étroiture et attaquons la décompression que je passerai à récolter mes galets.

l'érosion de la roche, toujours superbe !

l'érosion de la roche, toujours superbe !

telle une flaque de mercure à l'envers, cette bulle d'air glisse sur la roche, nous offrant un éphémère jeu de miroir

telle une flaque de mercure à l'envers, cette bulle d'air glisse sur la roche, nous offrant un éphémère jeu de miroir

Sortis sans problème après 1h 15 d’immersion, où nous retrouvons l’ami Philippe tout sourire qui nous aidera à sortir le matériel de la vasque en déroute qui a encore perdu 10 cm depuis notre départ….

ne jamais perdre le fil, garantie du retour sous le soleil

ne jamais perdre le fil, garantie du retour sous le soleil

Bonne et chaude journée en Ardèche, il faut désormais penser à l’AG et aux vacances….

encore un pei de décompression, et ce sera l'émersion

encore un pei de décompression, et ce sera l'émersion

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 16:33

Sortie St Mandrier du 12 au 14 mai 2017

Qualité n'est pas synonyme de quantité. Même avec un effectif quelque peu réduit, Thierry et Arielle organisèrent sans faiblir ce séjour à St Mandrier, avec de belles plongées et des moments conviviaux à la clé. Le clavier est cédé à Thierry, qui nous raconte ce WE.

 

Participants : Guy VARVAT, Maryline GUEYDON, Hervé LICHTFOUSE, Arielle CUZIN et Thierry MOURICE.

Accompagnantes : Christine VARVAT et Danette.

 

sauf mention contraire, toutes les photos sont d'Hervé Lichtfouse.

fiers et droits derrière la banderole pour la photo rituelle: Hervé, Thierry, Arielle, Maryline Christine et Guy.      Photo Thierry Mourice

fiers et droits derrière la banderole pour la photo rituelle: Hervé, Thierry, Arielle, Maryline Christine et Guy. Photo Thierry Mourice

Sortie chez nos amis du CPSM de St MANDRIER que vous aviez découvert grâce à Philippe MOYA en 2014 et que nous avions également organisé en 2015 avec Arielle. Pour cette version 2017, nous étions un peu moins nombreux, pont du mois de mai et élection présidentielle oblige, mais tout aussi ravis de retrouver la presqu'île de St Mandrier et la vue imprenable sur les 2 frères.

Guy, toujours fringuant après 7 décennies !

Guy, toujours fringuant après 7 décennies !

les anthias étaient au RDV pour animer les gorgones.

les anthias étaient au RDV pour animer les gorgones.

Arrivée le vendredi à partir de 11h00 pour intégrer les chambres au centre de vacances de Fabrégas.

Maryline nous rejoindra le soir n'ayant pu négocier un départ en week-end anticipé dans son nouveau job.

quelques images du séjour.....

Question Quizz: il y a un poisson sur cette image...cherchez bien.

Question Quizz: il y a un poisson sur cette image...cherchez bien.

Petit repas avant la 1ère plongée de réadaptation sur le site de la "Sèche de St Elme", pour une belle plongée "bio", à quelques brasses du Club de plongée.

Après la plongée, un petit apéro "improvisé" dans la chambre de Maryline (Squattée en attendant son arrivée) avant le soupé (pas de panne de four cette année donc le poisson ne ressemblait pas à du Sushi).

Malgré la magie du décor, le plongeur doit rester vigilant: Thierry vérifie les paramètres de la plongée.

Malgré la magie du décor, le plongeur doit rester vigilant: Thierry vérifie les paramètres de la plongée.

En petit comité à St Mandrier

Le samedi matin, nous plongeons dans "l'aquarium" des "2 frères" à l'abri de vent qui agite encore un petit peu la "mer" des jumeaux.

Rentrée tardive pour le repas pris rapidement et une petite sieste avant la plongée de l'après-midi.

l'aventure, c'est l'aventure: malgré ce crachin ( breton ?), on va plonger !

l'aventure, c'est l'aventure: malgré ce crachin ( breton ?), on va plonger !

En petit comité à St Mandrier
une girelle solitaire passe devant les gorgones, noyées de bleu....

une girelle solitaire passe devant les gorgones, noyées de bleu....

Samedi après-midi, après avoir remédier aux fuites d'air, plongée sur l'épave du Tromblon qui commence à sérieusement se dégrader sous les assauts du temps et des éléments. Pendant notre activité "subaquatique", Christine fait découvrir avec la mascotte de nos sorties, Danette, toutes les belles balades le long des rivages Mandréens.

une girelle paon, prise sur le vif....

une girelle paon, prise sur le vif....

En petit comité à St Mandrier
un poulpe, défendant son trou: il est de plus en plus rare d'en observer, peut être à cause de la recrudescence des mérous ?

un poulpe, défendant son trou: il est de plus en plus rare d'en observer, peut être à cause de la recrudescence des mérous ?

Samedi soir nouveau petit pot convivial mais cette fois en plein air sur la terrasse en ce temps printanier.

angle intérresant pour cette méduse, vu par en dessous....

angle intérresant pour cette méduse, vu par en dessous....

Dimanche matin, dernière plongée du week-end et ce sera l'Arroyo pour une descente dans le bleu "foncé" avec une eau un peu "chargée" mais une épave à redécouvrir rien que pour nous 5.

sus les tôles broyées, une mostelle cherche l'ombre

sus les tôles broyées, une mostelle cherche l'ombre

En petit comité à St Mandrier
Mauve des gorgones, bleu profond de la mer

Mauve des gorgones, bleu profond de la mer

Ce sera ensuite le retour après un dernier repas.

Cette année pas de célèbre rituel d'échanges de photos et vidéos via les clés usb car Hervé nous fait découvrir le partage de fichiers sur le site internet Wetransfer.

magnifique gorgone jaune illuminant la paroi

magnifique gorgone jaune illuminant la paroi

Nous nous séparons donc après le repas avec le soleil et une multitude d'images et souvenirs plein la tête.

4 véhicules et 4 destinations différentes, Hervé et Maryline remontant "au Nord", Guy et Christine prolonge sur Cavalaire et avec Arielle et Danette nous décidons de continuer pour une semaine à faire des bulles "Du bord" (le compte-rendu attendra donc une semaine).


 

une murène en chasse s'aventure hors de son trou.

une murène en chasse s'aventure hors de son trou.

Un bon week-end que nous renouvellerons l'année prochaine si vous le désirez.

 

Thierry & Arielle

sous la surface, les sars continuent leur ronde, jusqu'à la prochaine fois....

sous la surface, les sars continuent leur ronde, jusqu'à la prochaine fois....

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 14:49

CR de la plongée à la Tannerie ( BSA ) du 25 avril 2017

Participants: Gilles Froment Philippe Moya Stéphane Simonet

 

 

Sauf mention contraire, toutes les images sont de Gilles Froment

Les plongées à la Tannerie se succèdent, mais ne se ressemblent pas. Impossible de se rappeler de la première explo dans cette cavité, tant la grande aiguille de la sinistre horloge tourne de plus en plus vite,mais nous fréquentons la galerie depuis au moins 2 décennies.

Impossible de s'en lasser, tant l'eau qui a forcé le passage dans la galerie principale s'est également insinuée dans des corridors parallèles, parfois plus intimes,toujours splendides.

Cette immersion fut prétexte à en découvrir un nouveau, de toute beauté. Bien sur, il y eu une farce au milieu de la plongée, rappelez-vous de l'esprit des Gouls....

La coupe de la Tannerie. Depuis le 18 février dernier, celle ci doit être enrichie de la plongée de Xavier Méniscus à - 240 m ainsi que celle à - 242 m d'Alexandre Fox. la vidéo de cette plongée est visible ici:   https://vimeo.com/206744743

La coupe de la Tannerie. Depuis le 18 février dernier, celle ci doit être enrichie de la plongée de Xavier Méniscus à - 240 m ainsi que celle à - 242 m d'Alexandre Fox. la vidéo de cette plongée est visible ici: https://vimeo.com/206744743

Nous voilà à pied d'oeuvre, l'Espace ressucitée et la remorque garées le long du chemin. Un plongeur spéléo est déjà là, nous discutons un peu pour faire connaissance. Il est du coin et attend une amie pour aller plonger la Tannerie. Amie, qui, un peu plus tard, se révèlera être Sylvie Jal, que nous connaissons bien. Echange de bises et bavardage continuant, elle en profite pour évoquer ses plongées en cénotes, dont une quelque peu funeste, dont voici une vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=EEO5D6M5_sA

le muret devant la vasque se couvre de matériel, heureusement qu'il est là....

le muret devant la vasque se couvre de matériel, heureusement qu'il est là....

Mais bon son binôme attend dans l'eau , faut y aller et nous on a encore du matériel à préparer.

Scaphandres, recycleurs, propulseur et tout le barda des spéléonautes attendent de trouver leurs places sur les plongeurs.

Scaphandres, recycleurs, propulseur et tout le barda des spéléonautes attendent de trouver leurs places sur les plongeurs.

Gilles et moi seront en recycleur: Joki, bi 10 air et relais 10 l de nitrox 32 en redondance pour lui, Triton, relais 6 et 7 litres air plus relais 10 litres de nitrox 32 pour ma part.

L'ensemble sera trainé par le propulseur Bonex, jusqu'à la distance de 400 m où nous nous séparerons: Gilles continuera motorisé jusqu'au puits à 700 m, que je rejoindrai par une galerie shunt parallèle débouchant à – 25 m dans ce même puits, lieu de notre RDV.

la vasque d'entrée: la galerie démarre immédiatement sur la gauche.

la vasque d'entrée: la galerie démarre immédiatement sur la gauche.

Philippe, lui, la joue "vintage" avec un bi 20 sur le dos et ces 2 inaltérables Cycklon 5000. S'il arrive toutefois à se mettre à l'eau, son sanglage oublié devant sangloter à la maison.... Des sangles de transports trouvées dans la voiture et la remorque se métamorphosent alors en brelage rustique certes, mais opérationnel....Un plongeur spéléo ça prépare tout, mais cela sait aussi improviser...

Philippe, plongeur spéléo bricolo improvisateur farceur, prêt à sauter à l'eau.

Philippe, plongeur spéléo bricolo improvisateur farceur, prêt à sauter à l'eau.

Il compte explorer une autre galerie shunt, s'ouvrant en rive gauche ( donc à main droite dans le sens de progression aller ) à 290 m de l'entrée, passant au dessus de la galerie principale et y retombant à 400 m en rive droite ( donc à main gauche dans le sens de progression, vous suivez toujours ? )

Un dessin étant plus parlant qu'une prose élastique, vous aurez les idées plus claires avec les topos ci dessous:

la topo de la Tannerie: en jaune, le trajet de Philippe par la galerie laérale sup entre 300 et 400m. Couleur marron, l'AR de Gilles au puits et en vert mon parcours via la galerie démarrant à 400 m.

la topo de la Tannerie: en jaune, le trajet de Philippe par la galerie laérale sup entre 300 et 400m. Couleur marron, l'AR de Gilles au puits et en vert mon parcours via la galerie démarrant à 400 m.

les galeries parallèles inférieure & supérieure: elles se rejoigent bien à 400 m, l'une en face de l'autre. Philippe était dans la bleue...

les galeries parallèles inférieure & supérieure: elles se rejoigent bien à 400 m, l'une en face de l'autre. Philippe était dans la bleue...

Après une bonne heure de préparation et de transport de matériel, nous voilà enfin à l'eau. Rapidement équipé, l'ami Philippe nous salue et s'enfonce dans la Tannerie.

Gilles termine sa préparation dans la vasque. le joki est visible à droite.    capture Gopro

Gilles termine sa préparation dans la vasque. le joki est visible à droite. capture Gopro

Une précision: plonger seul en souterraine n'a rien d'exceptionnel et ne nous condamne pas à l'excommunication. L'étroitesse de certains passages rend impossible toute tentative d'assistance, et nous sommes équipés, préparés, entraînés, conditionnés pour plonger seuls.... Ce qui n'exclue pas le partage avec un binôme, quand même !

Gilles passe le porche d'entrée.          Capture Go pro

Gilles passe le porche d'entrée. Capture Go pro

Bref, Philippe parti, nous nous engageons à notre tour dans la cavité: les 120 premiers mètres en forme de laminoir sont éprouvants à franchir, et l'étroiture en bas du canyon se défend toujours un peu, surtout avec un bi dorsal volumineux....

Mais ensuite.....

un plongeur masqué, surgissant au coeur de la nuit, palme vers l'aventure..... mais il ne signe pas son nom de la pointe de l'épée....

un plongeur masqué, surgissant au coeur de la nuit, palme vers l'aventure..... mais il ne signe pas son nom de la pointe de l'épée....

une vidéo dans la galerie shunt de 400 à 700m, le puits principal et le retour.

La galerie est à nous. Courant faible, eau claire, les conditions sont optimales, les voyants passent au vert.

 

Gilles empoigne le Bonex et met les gaz, je m'accroche en passager clandestin pour profiter de la poussée du propulseur. L'équipage ainsi réalisé n'est pas des plus simple à maîtriser, mais nous arrivons assez vite au carrefour des 400 m.

étiquette des 400 m. Dans cette zone débouchent les 2 galeries latérales sup. et inférieure, puis quelques mètres plus loin en rive gauche la galerie secondaire rejoignant le puits.

étiquette des 400 m. Dans cette zone débouchent les 2 galeries latérales sup. et inférieure, puis quelques mètres plus loin en rive gauche la galerie secondaire rejoignant le puits.

mes notes perso sur ce dédale.

mes notes perso sur ce dédale.

Tel un booster de la navette spatiale, je me sépare de Gilles pour lui montrer l'entrée de la galerie en rive gauche ( à ma droite, donc...). Plus étroite, et encore inconnue pour moi, un léger frisson me parcoure l'échine, c'est une "première fois".... Vérification PPO2, pression d'oxygène et des relais, j'allume la caméra et j'entre dans le corridor calcaire. Gilles abandonne le propulseur dans la galerie pour pouvoir filmer mon départ....Que je retarde de quelques instants, histoire de procéder à un rinçage de mes faux-poumons.

départ dans la galerie shunt à 400 m de l'entrée.

départ dans la galerie shunt à 400 m de l'entrée.

Et je pars. Je suis seul à présent, du moins un peu plus qu'avant. Je "déflore" ma galerie, inconnue pour moi jusqu'à présent. Je palme tranquillement dans cette artériole minérale, découvrant la roche nue, les lames acérées, des lumières qui n'existent que sous la terre, en plongée. C'est un voyage, en apesanteur, dans le silence du recycleur. L'esprit se vide, se concentre sur l'essentiel, le fil qui rejoint l'inconnu, la respiration, le palmage ample mais léger, la galerie, qui tourne, monte, redescend, inexistante avant que je ne l'éclaire. Je prends mon temps, pour tenter de graver en mémoire ces coup de gouje sur la roche, ces ripple marks, cette géographie souterraine.

Heureusement que la caméra aura meilleure mémoire que moi.... Très vite en surface, les images se diluent, s'effacent. Il ne reste qu'une impression, une illusion ? À peine une sensation, ça me rappelle une chanson....

 

vol spatial en apesanteur dans l'artère minérale.....

vol spatial en apesanteur dans l'artère minérale.....

Mais bon, pour l'instant, je suis là, et le fil vient de se séparer en 2: main gauche il s'en va dans un laminoir, une autre fois peut être.... Main droite il plonge en suivant la galerie qui décide de rejoindre le puits terminal. Je plonge dans ce précipice inédit, la pression écrase les faux poumons du recycleur, les tympans gémissent... Equilibrer les oreilles, libérer le flow stop du diluant, entendre l'air chuinter dans les sacs et me redonner une inspiration de plus.... A chaque chute au ralenti dans un conduit quasi vertical, toujours ce frisson de plaisir, cette ébauche de sourire aux lèvres ( c'est peut être pour ça qu'on retrouve de l'eau dans le recycleur.....). Le plaisir est là.

D'abord la galerie est magnifique, très découpée, avec des changements d'orientation improbables.

Ensuite je contrôle ma descente et je savoure cette première fois. Encore un coup de palme, et je débouche dans le puits à 700 m de l'entrée. Une flèche en plastique, pointée vers le haut, indique 720 m.... Personne. Tiens Gilles devrait être là.... Il est sans doute descendu.... Un coup d'oeil vers le bas, les voyants sont toujours verts, impossible de résister....

Gilles en équilibre au dessus du puits, sur le point de basculer    capture Gopro

Gilles en équilibre au dessus du puits, sur le point de basculer capture Gopro

Et la chute en apesanteur reprend, en douceur, je passe sur le petit frisson et le plaisir, jusqu'à – 43 m où je passe un peu de temps dans la galerie qui s'évase, pour admirer tous ces "rognons" sombres qui constellent la roche claire, une nuit en négatif.

Descente dans le puits    capture Gopro

Descente dans le puits capture Gopro

Puis vient l'ascension du puits, sans se presser, jusqu'à – 6 m où je m'octroie un palier de sécurité pour le principe, car l'ordinateur ne m'impose rien. C'est là que Gilles me tape sur l'épaule. Il est là. Il remonte bricoler sur la margelle, me tend une ardoise où je ne comprends rien et tente de m'expliquer "un truc" mais je ne pige pas.....Tout ce que je vois, c'est qu'il n'a plus le bonex. Peut être laissé plus loin pour le retour et pour pouvoir prendre des photos...Ou une panne. Dans ma tête je passe en mode "retour à la palme".

Gilles dans la partie verticale toutes lumières en action    cpature Go pro

Gilles dans la partie verticale toutes lumières en action cpature Go pro

Aucun problème. Le recycleur me ramènera sans problème, et même en cas de panne sur ce dernier, les presque 5 m3 de gaz dont je dispose en circuit ouvert sont plus que suffisants. Je prévois large toujours, et je reste donc zen.....

Après un rapide conciliabule muet, Gilles m'explique qu'il descend se faire une explo dans le puits. Je le laisse sonder à son tour dans la partie verticale de la Tannerie et m'installe sur le rebord de la galerie pour l'attendre. J'éteinds les lumières pour économiser un peu, surveille mon HUD, et attend. Tiens un frisson, pas de plaisir, mais de froid... il commence à faire frais, coup d'oeil aux paramètres, 87 minutes dans l'eau à 14°C, normal.

Le puits vient de s'illuminer d'une explosion nucléaire, annonçant le retour de Gilles. Après quelques réajustements de matériel, nous prenons le chemin du retour. A la palme mais toujours zen.

Je commence à me demander ce qui est arrivé au Bonex....

Bizarre.

Arrivé à 400 m, je montre à Gilles le départ de la galerie que j'ai parcourue. Et là, nouveau conciliabule subaquatique, entrecoupé de gestes et de grognements dans l'embout. Et je comprends. Le loco, Gilles l'a laissé dans la galerie principale pour me filmer quand je m'engageais dans le shunt. Après quelques minutes, moi parti, il est revenu là pour constater.... La disparition du propulseur ! Pensant à un faux contact qui l'aurait fait démarrer, il a fait la galerie dans les 2 sens pour tenter de le retrouver, sans succès. Il s'est donc décidé à venir me rejoindre, ce satané loco farceur en tête....

 

Mais que s'est-il passé ?

l'étiquette indiquant le fil équipant la galerie latérale supérieure, parcourue par Philippe.

l'étiquette indiquant le fil équipant la galerie latérale supérieure, parcourue par Philippe.

L'explication mesure un bon mètre quatre vingt cinq, possède une tignasse argentée et un discours volubile. Vous l'avez reconnu ?

 

L'ami Philippe a parcouru la galerie shunt supérieure, s'est retrouvé dans la galerie et encore détenteur d'une autonomie plus que raisonnable, est allé au puits à 700 m. Au retour, à 400 m, il tombe sur le loco posé par Gilles, mais non attaché sur le fil comme il est d'usage. Le départ du shunt est peu visible dans le sens retour, et Philippe ne nous a donc pas vu. La suite, c'est Philippe qui vous la raconte:

" Comme vous l'a écrit Stéphane, me voici donc vers 400m. en direction de la sortie, et je tombe sur le loco de Steph, posé sur le fil, non attaché.... et là c'est le gros point d'interrogation... le gros doute qui s'installe.

Que fait ce zeep là ? pourquoi ? qu'est-ce que cela veut dire ?

Première idée qui me traverse l'esprit. Steph a eu un soucis, et dans l'urgence a abandonné le zeep... il n'a même pas pris le temps de l'attacher... y avait urgence... flutte... bon, je le ramène.

Seconde idée plus cool : ils ont fait une bonne plonge, et au retour, ils se sont dit : tiens, on va faire plaisir à Philippe et lui laisser le zeep, il va pouvoir s'amuser avec, et nous rejoindre sur le retour... bon, je le ramène.

Mais une autre idée un peu improbable me vient, ils sont quelque part, et vont chercher le zeep.... mais non ! impossible ! on est nulle part, il n'y a aucune galerie ici... il y a forcément autre chose... bref : ramène le zeep...

Tu auras l'air bien bête si dans la vasque, Steph te demande : alors le zeep ? c'est cool ? et que tu lui réponds, ben... je l'ai laissé au fond...

Et pour finir, une plongée au zeep, se calcule sans , et on le prend comme sécu... si on calcule le zeep dans la planification de la plongée, c'est simple : on en prend deux... oui, çà fait du barda ! mais la sécurité est à ce point.

Bref, j'aurais pas dû le prendre, la prochaine fois il faudra bien convenir d'un code pour indiquer, matériel laissé là volontairement : ne pas toucher... ou au contraire : allez, tu peux le prendre...

Car ce zeep m'a plus embêté qu'autre chose au retour, si j'avais su.... j'laurai pas pris..."

Philippe dans la vasque, mijotant sa farce........

Philippe dans la vasque, mijotant sa farce........

Philippe a donc choisi de rentrer motorisé, se demandant à chaque minute s'il avait bien fait.... et nous pendant ce temps là, on rentrait en se demandant qui avait bien pu nous "voler" le loco.....Bon, j'avais bien une petite idée.....

Bien fait pour nous, la prochaine fois on se briefera mieux, pour éviter ce genre de gag....

le profil de la plongée

le profil de la plongée

Gilles négocie l'étroiture en baionnette juste après le canyon. la sortie n'est plus loin.     capture gopro

Gilles négocie l'étroiture en baionnette juste après le canyon. la sortie n'est plus loin. capture gopro

177 minutes de plongée donc en final, avec pour ma part 500 litres de gaz consommé. À part le loco voyageur, le triton a tritonné, le joki jokérisé et les détendeurs ont bullé... bref, excellent.

 

Très belle plongée, avec cette nouvelle galerie entre 400 et 700 m qu'il nous faudra redécouvrir. Mes camarades y songent déjà, tellement j'ai du sortir les yeux pleins d'étoiles dans la vasque.Pas de soucis, comme un long serpent figé et lové dans son obscurité, elle nous attend...

En aparté, comment rentrer en cas de défaillance matériel:

 

Sous terre, impossible de remonter en surface directement comme en eau libre, il faut parcourir en sens inverse la galerie. A 700 m de l'entrée, comment être certain de rentrer à la maison en cas de panne ? Et sous terre, le matériel souffre, peine, s'use, fatigue et parfois flanche....

En circuit ouvert, l'approche européenne est d'utiliser 2 scaphandres indépedants, avec des blocs non reliés: la fuite sur l'un n'entame pas la réserve de l'autre. On respire alternativement sur l'un et l'autre, tous les 20 bars et fait demi tour lorsqu'e le quart de chaque bloc est respiré:

 

Ainsi en cas de panne sur un scaphandre, il me reste assez de gaz sur la seconde bouteille pour rentrer. On peut aggraver cette règle, en appliquant celle des 5ème.

Pour une galerie de plus.....
Pour une galerie de plus.....

reprenons l'exemple de Philippe, arrivé sur ses quarts, soit 150 bars dans chaque bloc, il a consommé 50 x 20 x 2 soit 2000 litres d'air. Il fait demi tour avec 150 x 20 x 2 soit 6000 litres d'air pour rentrer. Si à ce moment de sa plongée, un détendeur le lâche, ou qu'une fuite important survient, il perd une bouteille de 20 litres, il lui reste l'autre soit 150 x 20 = 3000 litres pour rentrer, et donc 1 m3 d'air supplémentaire.

Pour une galerie de plus.....

En recycleur, les choses se compliquent un peu. Nos machines nous offrent au bas mot 3 heures d'autonomie quelque soit la profondeur, si une panne survient, on perd 3 heures d'un coup ! Plusieurs options sont possibles, nous avons choisi une redondance en circuit ouvert, c'est à dire d'emporter suffisemment de gaz pour rentrer en faisant des bulles.

Fin de plongée pour Stéphane, les blocs de secours sont visibles.

Fin de plongée pour Stéphane, les blocs de secours sont visibles.

Comment calculez ce volume ?

 

Dans le cas de la tannerie, on considère une profondeur moyenne de 10 m pour faire simple. Un plongeur à la palme évolue à environ à 15 m/min. Pour revenir de 700 m il me faut donc 700/15 = 47 minutes. Prenons 30 litres par minute pour la consommation en surface, elle devient 60 litres par minute à 10 m. J'ai donc besoin de 60 x 47 = 2820 litres de gaz pour rentrer.

En recycleur, la plus mauvaise surprise serait une hypercapnie, un essoufflement causé par la défaillance de la chaux. On considère, pour pouvoir récupérer de cette difficulté, 10 minutes de respiration en ouvert: on rajoute donc 10 x 60 soit 600 litres de plus à ma quantité de gaz nécessaire, soit 3420 litres.

Franck Vasseur, dans son ouvrage " Manuel Technique de plongée souterraine" aux éditions Ulmer applique à tout cela un coefficient de sécurité de 1,5.

 

voici donc la formule magique : Vol de gaz = Pression ambiante x ( 10 min de "sanity breath" + temps de retour ) x 30 l/min x 1,5.

Dans mon exemple de demi-tour à 700 m, cela donne 2 x ( 10 + 47 ) x 30 x 1,5 = 5130 litres.

 

Ce volume n'intègre pas les paliers éventuels, si d'aventure, en descendant dans le puits, la déco venait à s'inviter dans l'équation. Si je prévoie des paliers, je rajoute la quantité de gaz nécessaire.

un coup de main apprécié pour sortir le matériel de l'eau. merci Daniel !

un coup de main apprécié pour sortir le matériel de l'eau. merci Daniel !

Et comme le dit Philippe, le propulseur n'entre pas en ligne de compte, nous programmons un retour à la palme. Si le loco est en état de marche, il permet de rentrer plus vite mais ne diminue pas les volumes de gaz à emporter. Ou alors on en prend 2.....

Voilà dressée dans les très grandes lignes la planification en gaz sous terre, très vite cela se complique et vire au casse-tête. Mais pour pouvoir apprécier ses plongées il faut pourvoir revenir pour en parler, donc.......cogitum !

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 17:38

Compte rendu de la sortie au Dramont du 7 au 9 avril 2017

 

Participants: Gilles Froment   Stéphane Simonet   Hervé Lichtfouse ( organisateur )   Philippe Moya     Roland Bouilhol    Edgar Royon     Florence Royon

 

Accompagnateurs: Isabelle Froment    Françoise Lichtfouse

 

 

l'île d'or, celle qui inspira Hergé pour l'album "l'île noire", photographiée par Florence Royon

l'île d'or, celle qui inspira Hergé pour l'album "l'île noire", photographiée par Florence Royon

               Retour au Dramont, pour l'épisode n°2, organisé par Hervé qui garda un flegme tout britannique malgré les aléas mécaniques du club ou la jovialité du patron... Le soleil et une tempête de ciel bleu furent au RDV, pour nous autoriser l'exploration des pyramides, non pas celles des pharaons mais bien les secs rocheux ceinturant l'île d'or....

une mosaïque d'images de l'ensemble des participants, avec un point commun, le sourire !!

une mosaïque d'images de l'ensemble des participants, avec un point commun, le sourire !!

une Doris Dalmatienne, photo Hervé Lichtfouse

une Doris Dalmatienne, photo Hervé Lichtfouse

En ce mois d’avril 2017 , nous voila reparti pour un week end de plongée avec le club de plongée de Pierre Rambow (CIP ile d’or) situé dans le camping de la pointe du Dramont .

une vidéo de la première plongée, la batterie de la caméra m'ayant fait des farces par la suite....

Pour cette sortie, Stéphane avait choisi de plonger avec son "sac à main", un recycleur Triton mini mais qui fait le maximum ! 4 immersions réalisées de 45 ' environ en consommant moins de 800 litres de gaz....photo Gilles Froment

Pour cette sortie, Stéphane avait choisi de plonger avec son "sac à main", un recycleur Triton mini mais qui fait le maximum ! 4 immersions réalisées de 45 ' environ en consommant moins de 800 litres de gaz....photo Gilles Froment

Profusion de vue sur les têtes de roches, les paliers valent l'immersion....  photo Gilles Froment

Profusion de vue sur les têtes de roches, les paliers valent l'immersion.... photo Gilles Froment

les gorgones mauves, typiques de Méditerranée, colonisent les tombants.   photo Hervé Lichtfouse

les gorgones mauves, typiques de Méditerranée, colonisent les tombants. photo Hervé Lichtfouse

Arrivé la veille en camping car, je prends contact avec Pierre afin de caler les derniers points d ‘organisation pratique.
A son air renfrogné , je m ‘apperçois que quelque chose ne va pas: la camionnette du club qui sert à transporter le matériel jusqu’au port du Poussaï vient de tomber en panne (distribution cassée). Une solution de rechange est trouvé, nous plongerons avec le club « Diving center » situé sur le port.
est ce Billy Gibbons ou Dusty Hill sortant des eaux ? mais non, c'est Hervé transformé en bucheron subaquatique.... Photo Florence Royon.  Et pour ceux qui ne connaitraient pas Billy ou Dusty ( ce dont je doute ): https://www.youtube.com/watch?v=2-dSTR1-Hiw

est ce Billy Gibbons ou Dusty Hill sortant des eaux ? mais non, c'est Hervé transformé en bucheron subaquatique.... Photo Florence Royon. Et pour ceux qui ne connaitraient pas Billy ou Dusty ( ce dont je doute ): https://www.youtube.com/watch?v=2-dSTR1-Hiw

une éponge bleue encroutante ou Phorbas Tenacier, photographiée par Gilles Froment

une éponge bleue encroutante ou Phorbas Tenacier, photographiée par Gilles Froment

La première plongée est effectuée le vendredi après midi sur le site de la vitrine, sous un grand soleil dans une mer à 15 degré en surface et 14 degré au fond.Les palanquées sont constituées en fonctions des affinités mais également des    particularités de chacun: Les plongeurs pratiquant la photo, ceux plongeant en combinaison étanche et ceux appartenant à la même famille.
L'or des pyramides
Stéphane, après une belle plongée sans bulles    photo Florence Royon

Stéphane, après une belle plongée sans bulles photo Florence Royon

Ambiance feutrée capturée par Gilles Froment, du bleu vers le soleil....

Ambiance feutrée capturée par Gilles Froment, du bleu vers le soleil....

Ceux qui nous donnera les trois palanquées suivantes: Famille Royon (florence et Edgar), les plongeurs en volume (Stéphane et Gilles) et une palanquée en combinaison humide (Philippe et moi-même).
exubérance de vie qui s'entremêle dans une contorsion impossible   photo Gilles Froment

exubérance de vie qui s'entremêle dans une contorsion impossible photo Gilles Froment

Et c'est qui la plus belle pour aller plonger ?   Florence !!      photo Edgar Royon

Et c'est qui la plus belle pour aller plonger ? Florence !! photo Edgar Royon

cette limace pleurobranche résiste encore à mes recherches d'identification... mystères de la mer.....Photo Gilles Froment

cette limace pleurobranche résiste encore à mes recherches d'identification... mystères de la mer.....Photo Gilles Froment

aucun doute possible en revanche pour ces branches de corail rouge. Sous chaque surplomb, la roche n'en finit pas de saigner.....Photo Gilles Froment

aucun doute possible en revanche pour ces branches de corail rouge. Sous chaque surplomb, la roche n'en finit pas de saigner.....Photo Gilles Froment

le photographe en quête d'images, saisit à son tour par Roland Bouilhol

le photographe en quête d'images, saisit à son tour par Roland Bouilhol

Les repas excellents et gargantuesque sont pris chez »Babboo »
l'intimité d'un tunicier (une ascidie rouge) livrée par Gilles Froment

l'intimité d'un tunicier (une ascidie rouge) livrée par Gilles Froment

à quoi reconnait on un plongeur heureux ?     Photo Florence Royon

à quoi reconnait on un plongeur heureux ? Photo Florence Royon

ces bougies allumées sous la mer sont des spongiaires, Axinella polypoides.    Photo Gilles Froment

ces bougies allumées sous la mer sont des spongiaires, Axinella polypoides. Photo Gilles Froment

La plongée du samedi matin est effectuée sur le sec des « suisses »
A notre joyeuse équipe ce rajoute Roland qui plonge en combinaison humide et pratique la photo, il sera donc logiquement intégré avec la palanquée plongeant en combinaison humide.
L'or des pyramides
cette éponge épineuse blanche possède des molécules qui attisant la curiosité des labortatoires pharmaceutiques.    photo Gilles Froment

cette éponge épineuse blanche possède des molécules qui attisant la curiosité des labortatoires pharmaceutiques. photo Gilles Froment

Roland, tout sourire malgré le froid.....  photo Florence Royon

Roland, tout sourire malgré le froid..... photo Florence Royon

belle composition de couleurs saisie par Roland Bouilhol

belle composition de couleurs saisie par Roland Bouilhol

Les conditions de plongée sont idéales: Nous sommes seuls sur le bateau, le soleil brille, la visibilité est excellente et nous serons les seuls plongeurs sur le site.
Profitant pleinement de ces conditions, la plongée se termine par des paliers obligatoires où le frais se fera sentir. Nous tentons de l'oublier en photographiant une méduse.
Vaisseau spatial porté par les courants, voici notre cible photographique durant nos minutes de désaturation.     photo Hervé Lichtfouse

Vaisseau spatial porté par les courants, voici notre cible photographique durant nos minutes de désaturation. photo Hervé Lichtfouse

on ne paie qu'en sortant. L'azote s'échappe via nos poumons et rejoint la surface. nous restons sous 6 m d'eau, en attendant de percer ce plafond de verre.    photo Hervé Lichtfouse

on ne paie qu'en sortant. L'azote s'échappe via nos poumons et rejoint la surface. nous restons sous 6 m d'eau, en attendant de percer ce plafond de verre. photo Hervé Lichtfouse

Florence et Edgar, la plongée est une affaire de famille !

Florence et Edgar, la plongée est une affaire de famille !

Apres un repas copieux, nous voilà reparti pour la deuxième plongée de la journée. Le site choisi est « les pyramides » . Il s’agit de 5 roches les une derrière les autres, situées dans le prolongement de l’ile d’or dont le sommet ce situe à 3 mètres sous la surface et la profondeur maximum atteint 34m environs au bas de la cinquième. le site de plongée est choisi en raison de l’absence de plongeur à notre arrivée . Lors du retours, nous prenons la traditionnel photo du club devant l’ile. Le retours au port durera  moins de 5 minutes . 
L'or des pyramides
derrière la banderole, avec la tour en arrière plan: Gilles, Edgar, Philippe, Roland, Hervé, Stéphane et Florence.   photo CIP Dramont

derrière la banderole, avec la tour en arrière plan: Gilles, Edgar, Philippe, Roland, Hervé, Stéphane et Florence. photo CIP Dramont

Voici un Triton de Naples, Monoplex parthémopeus ( du nom d'une sirène amoureuse d'Ulysse, Parthénope dont le temple s'élevait sur l'emplacement actuel de la ville de Naples). il est ici retourné, l'animal se réfugie dans la coquille et l'opercule est visible. c'est une arme chimique ambulante, puisque sa salive contient des toxines hémolytiques, de l'acide sulfurique, des agents chelatant (anti poison pour faire simple) et une toxine parlysante... la prochaine fois, on appelle le VDIP !!   photo Gilles Froment

Voici un Triton de Naples, Monoplex parthémopeus ( du nom d'une sirène amoureuse d'Ulysse, Parthénope dont le temple s'élevait sur l'emplacement actuel de la ville de Naples). il est ici retourné, l'animal se réfugie dans la coquille et l'opercule est visible. c'est une arme chimique ambulante, puisque sa salive contient des toxines hémolytiques, de l'acide sulfurique, des agents chelatant (anti poison pour faire simple) et une toxine parlysante... la prochaine fois, on appelle le VDIP !! photo Gilles Froment

un bouquet de gorgones blanches, par Roland Bouilhol

un bouquet de gorgones blanches, par Roland Bouilhol

cette blennie en apesanteur est l'oeuvre de Gilles Froment

cette blennie en apesanteur est l'oeuvre de Gilles Froment

Hervé, Stéphane et Gilles, la plongée terminée.....photo Florence Royon

Hervé, Stéphane et Gilles, la plongée terminée.....photo Florence Royon

l'île d'or sur babord, en rentrant au port.   photo Gilles Froment

l'île d'or sur babord, en rentrant au port. photo Gilles Froment

Le dimanche matin , le rendez vous est fixé à 10h00 au club . ce départ tardif s’explique pour deux raisons: d ‘abord nous sommes les seuls plongeurs sur le bateau et ensuite , les sites de plongée sont dans leurs grande majorité situés à moins de 5 minutes.
une serpule, farouche et craintive, immortalisée par Gilles Froment

une serpule, farouche et craintive, immortalisée par Gilles Froment

Philippe, en exploration sur les roches,   photo Roland Bouilhol

Philippe, en exploration sur les roches, photo Roland Bouilhol

un cérianthe débusqué sur le sable, par Gilles Froment

un cérianthe débusqué sur le sable, par Gilles Froment

En sortant du port et au vue des différents bateaux de plongée présents , il est décidé de façon unanime de ce rendre sur un site où il n’y a personne. Ce sera donc la roche numéro cinq du site de « la pyramide » . Le mouillage est largué sur le haut de la roche à 10 mètre environs.
superbe éponge bleu vif, photo Gilles Froment

superbe éponge bleu vif, photo Gilles Froment

un nudibranche en maraude, par Gilles Froment

un nudibranche en maraude, par Gilles Froment

l'absence de bruit et de bulles, en recycleur, permet de s'approcher au plus près de la faune. Photo Gilles Froment

l'absence de bruit et de bulles, en recycleur, permet de s'approcher au plus près de la faune. Photo Gilles Froment

ces anémones jaunes encroutantes, souvent en fleur, sont ici "fermées" et présentent un aspect inhabituel.    photo Gilles Froment

ces anémones jaunes encroutantes, souvent en fleur, sont ici "fermées" et présentent un aspect inhabituel. photo Gilles Froment

dernière plongée su séjour, Gilles ( à l'échelle ) et Stéphane remontent à bord.   photo Florence Royon

dernière plongée su séjour, Gilles ( à l'échelle ) et Stéphane remontent à bord. photo Florence Royon

De retours au port nous rinçons nos affaires. Après un excellent repas nous nous séparons.
ce que nous retiendrons de ce week end :
- le plaisir de ce retrouver et de partager des moments ensemble.
- la bonne humeur générale.

 

Hervé

banc de saupes évoluant au sommet du sec, par Gilles Froment

banc de saupes évoluant au sommet du sec, par Gilles Froment

Et l'exploration continue...... photo Gilles Froment

Et l'exploration continue...... photo Gilles Froment

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 15:48
Jeu de reflets sur la surface des eaux paisibles du Bourget

Jeu de reflets sur la surface des eaux paisibles du Bourget

CR de la sortie au Lac du Bourget, 17 mars 2017

Participants : Gilles Froment & Stéphane Simonet

 

 

Sauf mention contraire, toutes les images sont de Gilles Froment

Garde nocturne rendant obligatoire un retour décent sur Lyon, il nous fallait choisir, pour une immersion rapide, un terrain de jeu proche et facile d’accès. Le tombant de Châtillon fut donc choisi, d’abord parce cela faisait longtemps qu’on y avait pas trempé les palmes (8 mars 2016) et ensuite parce qu’on avait envie d’évoluer en équilibre sur cette falaise noyée d’émeraude.

Hélas……

Beaucoup de matériel pour un simple binôme....

Beaucoup de matériel pour un simple binôme....

La remorque, gavée de matériel à tel point que le coffre renonce à se refermer, arrive au contact du muret cachant la petite plage, point de départ habituel des plongeurs lacustres du secteur. Le bi bouteilles de Gilles, accusant un embonpoint sérieux de plus de 50 kg ( le bi, pas Gilles…) la rejoint presque aussitôt, sanglé sur un chariot à roulettes qui grimace sous la charge ( et ça fait peur, un chariot qui grimace…..)

61 kg pour être exact, ce bi est un scaphandre spécial ex haltérophile....

61 kg pour être exact, ce bi est un scaphandre spécial ex haltérophile....

Soleil, ciel bleu et eau claire annonce une belle plongée et très vite le foutoir, pardon le matériel se répand sur la plage :

Bouteilles et propulseur au soleil sur la plage.

Bouteilles et propulseur au soleil sur la plage.

  • Pour Gilles, bi 9 de trimix avec les 3 litres sanglées dessus pour alimenter recycleur Joki et vêtement étanche, et une 10 litres de Nitrox 32 pour la sécurité.

  • Pour Stéphane, bi 7.5 avec les 3 litres aussi (pas de jaloux) , Triton et une 6 litres de 24/40 pour la déco en ouvert

  • A cela s’ajoutent une 10 litres de Nitrox 99 ( ben de l’oxygène pur, allo quoi….) une bouée de balisage surface avec corde et gueuse et le propulseur Bonex avec la Gopro dessus, on va faire des images ! ( ça on y croyait )

Une courte vidéo pour vous mettre dans l'ambiance, soyez indulgent ......

Il fait chaud....et ce flexible, il est où ?...... mais bon, il fait chaud.....

Il fait chaud....et ce flexible, il est où ?...... mais bon, il fait chaud.....

Pour une fois qu’on part léger (rigolez pas dans le fond, je vous vois !) nous sommes vite prêts et donc vite à l’eau. Gilles empoigne le Bonex et nous tracte jusqu’au tombant. Arrêt à la pointe pour déposer l’oxy à – 6 m sous la bouée de signalisation. Je vais magnifiquement soulever un immense nuage de touille durant cette opération, on a failli se perdre avec Gilles. Tiens ça commence……

Le sourire retrouvé dans l'eau fraiche ( 7°C )

Le sourire retrouvé dans l'eau fraiche ( 7°C )

Stéphane gère l'équipement, respirant déjà sur la boucle. La bouée permet d'accrocher du matériel.

Stéphane gère l'équipement, respirant déjà sur la boucle. La bouée permet d'accrocher du matériel.

Sortis du brouillard vaseux, c’est reparti à 2 sur le brave Bonex et nous voilà derrière le tombant, y’a plus qu’à… je récupère le loco équipé de la caméra, et on attaque la descente, objectif – 65 m avec plein de belles images à la clé….

Descente dans la touille et l'obscurité qui s'empare du tombant.

Descente dans la touille et l'obscurité qui s'empare du tombant.

Début de la chute dans une eau chargée, probablement causée par la touille soulevée en partant, pourtant on a fait gaffe. Plus on descend plus la lumière du jour s’enfuie, plus la visibilité se réduit. L’eau est chargée de particules, les phares vidéo ne provoquent qu’un halo aveuglant, les photons cognant dans tous les sens sur les suspensions. – 40 m, on sent que c’est raté pour les images, on passe les phares en mode explo et des lasers dignes de Stars War peinent à déchirer l’obscurité.

Stéphane au fond, à la jonction vase / tombant.

Stéphane au fond, à la jonction vase / tombant.

-54 m, on atterrit sur le sommet de la pente de vase, on se laisse glisser de quelques mètres pour voir mais c’est sans appel : on y voit….pas grand-chose… Entre nos phares, les suspensions et la touille qui monte (ou qui descend ? je ne sais plus….) pas facile de se repérer…. Béni soit le trimix 11/65 qui se répand dans la boucle du recycleur, à l’air, ce serait rock’n’roll (hommage au grand Chuck Berry, en passant) et limite dangereux….ça me rappelle d’ailleurs une plongée sur ce même tombant dans des conditions similaires, il y a des années, qui faillit mal tourner…. On vous racontera un jour……

Gilles sur Joki, nageant dans une émeraude liquide  ( extarit Gopro)

Gilles sur Joki, nageant dans une émeraude liquide ( extarit Gopro)

On passera quand même plus de 10 minutes sous 50 m pour pister l’eau claire, en vain. A 15’ de déco affichées sur les ordinateurs on amorce une remontée tranquille, 1er palier à – 21 m.

Déco cool dans la zone des 6 m, le Joki est bien visible      ( extrait Gopro)

Déco cool dans la zone des 6 m, le Joki est bien visible ( extrait Gopro)

A part un bélier coincé dans la roche, et ce que je pense être un brochet qui fila tel un missile lorsque je récupérais la bouteille d’oxy, pas grand-chose à voir aujourd’hui. Mais qu’importe, les recycleurs n’ont pas fait de blague et le plaisir d’être sous l’eau était présent.

Narcose ? pas possible sous hélium... un plongeur farceur a laissé son bélier sur la roche

Narcose ? pas possible sous hélium... un plongeur farceur a laissé son bélier sur la roche

L’essentiel était donc là !

Prochain épisode sous la tour de l’ile d’Or, au bord de la Grande Bleue où l’eau sera plus claire……

fin de plongée, il faut sortir, à nouveau lourd sous le poids du matériel.

fin de plongée, il faut sortir, à nouveau lourd sous le poids du matériel.

le profil de plongée

le profil de plongée

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 12:15

CR de la plongée souterraine du 14 février 2017 au Goul du Pont, BSA

Topo du Goul du Pont, origine plongeesout.

Topo du Goul du Pont, origine plongeesout.

Participants: Gilles Froment Philippe Moya Stéphane Simonet

 

 

 

Sauf mention contraire, toutes les images sont de Gilles Froment

"En ce jour célébrant les amoureux,rien n'arrête les recycleux".

Bien entendu ce dicton n'existe pas et vient d'être inventé pour la bonne cause...Mais pourquoi pas en faire un standard ? Quoi qu'il en soit,ce 14ème jour de février nous offrit une belle plongée, avec ou sans bulles, et l'opportunité de croiser d'anciennes connaissances.

BSA représente un site de choix pour les SP de la zone, qui souhaitent s'entrainer à la plongée sous surface non libre. Pas étonnant donc d'y croiser des collègues.

BSA représente un site de choix pour les SP de la zone, qui souhaitent s'entrainer à la plongée sous surface non libre. Pas étonnant donc d'y croiser des collègues.

En effet, sitôt arrivé, le Vallon du Tourne est rouge.... De VPL, CTU et autres VTP des différents SDIS de la zone, venus ici réaliser leurs plongées d'entrainement à la surface non libre. Savoyards et isérois se partagent donc le long serpent de la Tannerie, de la vasque au canyon au moins. Déjà un SMS mystérieux de Philippe, arrivé plus tôt, nous avait mis dans l'ambiance. Très vite des visages connus apparaissent: Thierry Rommier, Yannick Genève, et un ancien de Lyon, toujours moustachu, Michel Saad dit le Marquis, mon binôme du stage d'initiation SAL en ... 1996. Bien entendu, les bavardages s'engagent tout en déchargeant le matériel, et nous apprenons ainsi qu'un collègue CT régnant sur le lac d'Annecy en son temps, aujourd'hui retraité, est parti vivre sur une île, plaquant tous les soucis et la grisaille métropolitaine....

Philippe et Stéphane s'attaquent au déchargement du matériel, et il y en a....

Philippe et Stéphane s'attaquent au déchargement du matériel, et il y en a....

Mais les plongeurs opérationnels ont un planning chargé, il leur faut partir se restaurer et la caravane de véhicules cramoisis s'éloigne, nous laissant parés à plonger. La vasque du Grand Goul est limpide, elle n'attend que nous.

la vasque avec les relais en attente, en arrière plan un VPL prêt au départ.

la vasque avec les relais en attente, en arrière plan un VPL prêt au départ.

Voici les flacons de secours, à usage du plongeur fond et des plongeurs de soutien, attendant la mise à l'eau.

Voici les flacons de secours, à usage du plongeur fond et des plongeurs de soutien, attendant la mise à l'eau.

Philippe, bi 2 x 20 litres sur le dos, est déjà opérationnel et dépose en quelques aller-retour les 3 bouteilles d'oxygène à - 6 m: sa propre déco et 2 blocs de secours pour Gilles et moi, au cas où. Il se charge ensuite d'une 6 litres de 24/40 ( 24 % d'oxygène et 40 d'hélium) et d'une 12 litres de 33/29 qu'il déposera respectivement à - 60 et - 40m: ces blocs seront mes jokers en cas de défaillance du recycleur. En jargon technique, on parle de "bail out" ce qui, dans le langage des inventeurs du brexit, signifie "écoper", signe que la situation n'est plus idéale... Mais pas encore désespérée ! Au fond, si d'aventure je devais écoper, j'aurai sur le dos un bi 2 x 7 litres de 11/65.

Stéphane bi sur le dos et triton sur le ventre, se dandinant pour chausser les palmes

Stéphane bi sur le dos et triton sur le ventre, se dandinant pour chausser les palmes

Gilles est dans l'eau à son tour, bi 2 x 9 litres de trimix sur le dos et Joki en relais: le recycleur latéral fait son retour, enfin étanche et équipé d'un nouveau révodream, l'ancien s'étant transformé en aquarium l'été dernier.

le même enfin à l'eau, concentré sur le rituel de vérification de la machine.

le même enfin à l'eau, concentré sur le rituel de vérification de la machine.

Je m'équipe à mon tour, pris en sandwich entre mon bi et le recycleur ventral. Malgré le ciel gris, la température monte... Je décide l'aller à l'eau rapidement, saut droit comme un scubaba lambda !

S'en suit l'habituelle séance de bricolage pour placer les instruments, le casque avec les éclairages, etc.

Vers 13h 30, c'est le départ. Suivi par Gilles je glisse en douceur le long des galets jusqu'à l'étroiture à -12 m, que je passe sur le ventre les pieds en avant, ça frotte mais ça passe. J'attends mon binôme un instant puis palme tranquillement vers le puits: je suis en avance sur mon RT ( Run time, ça fait plus classe que "plan de plongée" ). Gilles par contre galère pour s'équilibrer, gérer le recycleur tout en prenant des photos....Il trouve que je vais trop vite...

Quelques instants de notre immersion, avec des images de la galerie à - 80 m. Merci à l'ASSP pour la mise à disposition de la caméra et du caisson IQ Sub.

Juste avant le puits, je croise Philippe qui remonte de - 60 m, où il a déposé mes colis. Echanges de signes et de regards, tout est OK, je peux sonder dans le puits. Egoïstement, je l'avoue, je savoure ma chute contrôlée dans la partie verticale du Goul, entièrement concentré sur mon immersion.

une image de la descente dans le puits, vers - 40 m ( capture Gopro)

une image de la descente dans le puits, vers - 40 m ( capture Gopro)

- 30, - 40 m, la PPO2 est stable, le recycleur facile à respirer grâce aux 65% d'hélium du mélange. Je croise la 12 litres de triox 33/29, rendue verticale par les pains de Klégécel© qui l'allègent, et dépasse la plateforme à - 50m. Je descends dans une faille qui s'ouvre sur le fond à - 60 m pour me laisser passer. Coup d'oeil à gauche, le fil d'Ariane qui m'avait hameçonné la dernière fois est de nouveau tendu et bien amarré. Je descends toujours, à - 70 m la galerie tourne sur elle même et s'élance vers le haut, un volume énorme se dévoile devant mes phares. Mais mon objectif est plus bas.

la roche scultée par l'eau, au fil du temps.... ( capture Gopro)

la roche scultée par l'eau, au fil du temps.... ( capture Gopro)

Déjà l'ordinateur indique un Temps Total de Sortie ( ou TTS ) de 13 minutes, avec un premier palier à - 12 m, et je n'ai pas fini la descente.... J'ai quitté la surface depuis 15 minutes, je suis dans les temps, tout va bien.

coupe du siphon, avec le passage vers - 70 m.         origine plongeesout

coupe du siphon, avec le passage vers - 70 m. origine plongeesout

Je tourne dans ce puits qui se prend pour une molécule d'ADN en hélice α, passant du nord au sud sans vertige: la galerie hésite puis se décide à sonder vers - 77 m, pour s'horizontaliser et partir vers le sud.

TTS 22 minutes, 1er palier à – 18 m, 17 minutes depuis la surface : je m'engage dans la galerie après vérification de la PPO2 toujours stable aux environs d'1,2 bar. Je palme zen, en savourant ce conduit rectiligne, qu'il me faudra moins de 3 minutes à franchir. J'arrive au dessus du puits qui chute à – 110 m.... 100 c'est un joli chiffre....Une autre fois....

l'ordinateur au début de la galerie ( capture Gopro)

l'ordinateur au début de la galerie ( capture Gopro)

Vue en plan du siphon, où l'on voit bien l'aspect torturé de la galerie.   origine plongeesout

Vue en plan du siphon, où l'on voit bien l'aspect torturé de la galerie. origine plongeesout

TTS 36 minutes, premier palier – 27 m, 20 minutes d'immersion.

Je filme le plomb "baba au rhum" posé par Gilles en 2003 au début de la galerie "Méniscus", me laisse descendre un peu dans le puits et rebrousse chemin, toujours zen, dans le silence du recycleur qui garde mon souffle captif.... Sensation d'apnée à – 80 m, délivré du chuintement des bulles et des bruits d'orgue de cathédrale des détendeurs...

Je parviens au début de la galerie où une faille s'amorce, je m'y laisse descendre un instant, la profondeur s'affiche, - 81 m.

Stéphane dans la galerie à - 80 m. ( capture Gopro)

Stéphane dans la galerie à - 80 m. ( capture Gopro)

TTS 54 minutes, premier palier – 33 m, presque 23 minutes de temps de plongée. L'ordinateur affiche également une autre information " @ + 5 = 90 minutes": si je reste encore 5 minutes de plus à 80 m, ma durée totale de palier passera à 1h 30. Jouable avec le recycleur, mais pas sûr que mes relais ( les fameux bail out, ne confondez pas avec "biloute" ) me donnent assez de gaz en cas de sortie de la boucle... Bref, c'est le moment de remonter....

la galerie, dernier palier avant la dégringolade vers 120 m.  ( capture Gopro)

la galerie, dernier palier avant la dégringolade vers 120 m. ( capture Gopro)

Je reprends un tour de manège dans l'hélice α, et tombe à – 61 m sur la 6 litres de 24/40 posée par Philippe, qui a du faire ses paliers et sortir maintenant. Je sais que Gilles m'attend plus haut dans le puits. J'attrape le bloc, le clampe à la dragonne de ma bretelle: trop léger il s'envole derrière mon dos et joue les cerfs-volants. Je le récupèrerai plus tard, dans la galerie terminale.

la remontée est toujours délicate: il faut purger le vêtement et la wing, garder la bonne vitesse, injecter de l'oxygène dans le recycleur pour parer la chute de la PPO2...

la remontée est toujours délicate: il faut purger le vêtement et la wing, garder la bonne vitesse, injecter de l'oxygène dans le recycleur pour parer la chute de la PPO2...

... récupérer les blocs de déco qui s'accumulent sur le fil d'Ariane, s'arrêter au bon moment.

... récupérer les blocs de déco qui s'accumulent sur le fil d'Ariane, s'arrêter au bon moment.

29 minutes de plongée, profondeur – 50 m, TTS 70 minutes, premier palier à – 36 m. Je remonte doucement, bien en dessous des 10 m / min requis et l'ordinateur s'impatiente, mon TTS augmente. ça ne m'inquiète pas plus que ça, et à 32 minutes d'immersion je récupère ma 12 litres de 33/29. J'apperçois Gilles du coin de l'oeil mais entre le recycleur à gérer, la wing et le volume à purger et les blocs relais qui jouent les filles de l'air, je suis occuppé !

le spectacle est pour le plongeur de soutien resté en profondeur, qui visualise le puits illuminé par les phares.

le spectacle est pour le plongeur de soutien resté en profondeur, qui visualise le puits illuminé par les phares.

A partir de – 39 m les paliers s'égrènent, il me faudra 13 minutes pour atteindre la lèvre du puits à – 18 m, laissant le temps à Gilles de prendre des photos.

coup de pouce de la nature, la remontée le long de la galerie de - 18 à - 12 m correspond presque au profil de déco.

coup de pouce de la nature, la remontée le long de la galerie de - 18 à - 12 m correspond presque au profil de déco.

51 minutes de plongée, TTS 61 minutes, profondeur – 16 m. Je me bagarre un peu avec mes relais trop légers, et fini après quelques contortions à tout récupérer...

je regarde mes relais trop légers qui cherchent la surface....

je regarde mes relais trop légers qui cherchent la surface....

on a le temps de gérer le recycleur, et d'admirer les flaques de mercure qui se figent au plafond...

on a le temps de gérer le recycleur, et d'admirer les flaques de mercure qui se figent au plafond...

le profil de la plongée.

le profil de la plongée.

Un autre monde....

Un autre monde....

bagarre traditionnelle pour sortir à - 12 m

bagarre traditionnelle pour sortir à - 12 m

Je croise bientôt les pompiers en entraînement qui font l'aller retour au puits: je les vois passer alors que je suis au palier, et les revois sortir alors que j'y suis toujours.... J'arrive à l'étroiture à – 12 m au bout d'une heure de plongée, et je m'y coince une fois de plus: mon ange gardien m'aide à passer la restriction, et je m'installe à – 6 m, dans le ballet incessant des pompiers PSNL. Il me reste 43 minutes de décompression que je transforme en 29 minutes en augmentant la PPO2 dans le recycleur à 1,4 bar, voir un peu plus....Dé-saturant en silence, j'attends...

- 6m, avec un bouquet de bouteilles de décompression.

- 6m, avec un bouquet de bouteilles de décompression.

30 minutes de décompression finale à 1.5 b de PPO2.

30 minutes de décompression finale à 1.5 b de PPO2.

Emersion sans problème après 106 minutes de plongée, dont 75 de décompression. J'aurais consommé 150 litres d'oxygène, dilués par 140 litres de diluant trimix 11/65, et 180 litres d'air injectés dans le vêtement et 120 dans la wing, soit moins de 600 litres de gaz pour plus d'une heure et demi de plongée.

Sortie de l'eau sous le regard des SAL...

Sortie de l'eau sous le regard des SAL...

Plongée qui ne fut possible que grâce à la dream team, sans elle point de salut !

 

- Merci à Philippe pour le portage millimétré des relais

- Merci à Gilles pour la fabrication des mélanges et le passage de l'étroiture

- Merci à Alex et Bertrand ( M3S) pour avoir fabriqué le Triton, mini par la taille mais maxi pour l'exploration ;)

Compact man, où comment gérer l'ingérable....  ( photo Philippe Moya)

Compact man, où comment gérer l'ingérable.... ( photo Philippe Moya)

Le Vallon du Tourne a retrouvé son calme. A la tannerie, il y a quelques jours, Alex Fox et Clément Chaput ont poursuivi l'exploration du siphon de quelques dizaines de mètres à – 240 m de fond.

L'Aventure continue.

BSA: un Triton sous le pont
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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 16:39

CR de la participation de l’ASSP Plongée à la 37ème édition de la traversée de Lyon en nage avec palmes.

Vous prendrez bien un rafraichissement ?

Nageurs : Sylvain Dupuy Stéphane Simonet

Nageurs sur support : Gilles Froment Nicolas Jal

Soutien logistique (et moral) des troupes : Pascal et Odile Meygret Florence et Agathe Royon Thierry Mourice Joëlle, Ambre et Jade Dupuy Alexandre Simonet Patrick Robert Isabelle Froment Gérard et Monique Sansoni

Comme d’habitude (chantait Claude François) RDV était pris pour cette traversée désormais incontournable de la capitale des Gaules par voie fluviale. Nous étions 360 nageurs cette année, et pourtant une fois dans l’eau, chacun se retrouve seul, dans sa bulle pour porter son effort….Et de l’effort cette année….. Voici donc, en guise de compte rendu, ma traversée 2017….

Ambiance hivernale à la feyssine, point de départ de la course.      Photo Gilles Froment

Ambiance hivernale à la feyssine, point de départ de la course. Photo Gilles Froment

Moins de 250 m3/sec. Autrement dit, pour le Rhône soi-disant tumultueux, rien !

1er check point, où chacun dépose son bulletin d'engagement dans l'urne, ça bouchonne comme un vendredi soir au Grand Stade un jour de match.... Photo Gilles Froment

1er check point, où chacun dépose son bulletin d'engagement dans l'urne, ça bouchonne comme un vendredi soir au Grand Stade un jour de match.... Photo Gilles Froment

la file des nageurs qui s'étire sur la neige.      photo Gilles Froment

la file des nageurs qui s'étire sur la neige. photo Gilles Froment

Pas de de courant donc pour cette 37ème édition, pas d’aide naturelle pour nous pousser jusqu’à l’arrivée, voire même en prime des contre courants vicieux pour nous scier les pattes. En sortant des bus vers 10h en aval des chutes de la Feyssine, tous les nageurs s’attendent à une épreuve longue, difficile, éprouvante.

derniers pas sur la neige.....photo Gilles Froment

derniers pas sur la neige.....photo Gilles Froment

extrait du 1245 de M6 du 15 janvier 2017

Gilles, Sylvain et Stéphane au départ, on a encore le sourire..... Photo Florence Royon

Gilles, Sylvain et Stéphane au départ, on a encore le sourire..... Photo Florence Royon

Promesses tenues.

Pascal assure le ravitaillement en thé chaud.     photo Gilles Froment

Pascal assure le ravitaillement en thé chaud. photo Gilles Froment

En néoprène, palmes ou hydro speed sous les bras, nous marchons sur la neige en direction des chutes, notre nouveau point de départ pour cette année : devenue compétition nationale officielle, la traversée se rallonge désormais de 1500 m, pour nous faire palmer sur 9 km….. ça tombe bien…

l'équipe:   Agathe, Florence, Odile, Sylvain, Gilles, Pascal et Stéphane qui bronze sur la pelouse..

l'équipe: Agathe, Florence, Odile, Sylvain, Gilles, Pascal et Stéphane qui bronze sur la pelouse..

Il ne fait pas chaud, déjà le froid attaque les pieds guère protégés par 3 mm de néoprène. Vite un thé chaud préparé par Pascal, un gâteau offert par Agathe et le sourire de Florence pour nous réchauffer un peu ! Avant le départ, traditionnelle séance photo, pendant qu’on sourit encore…

le président a affuté les palmes !!     photo Florence Royon

le président a affuté les palmes !! photo Florence Royon

Agathe, future compétitrice, sous la bannière fédérale.        Photo Florence Royon

Agathe, future compétitrice, sous la bannière fédérale. Photo Florence Royon

Et puis, faut y aller, on est là pour ça ! Sylvain et moi, en catégorie « nageur » sommes à l’eau les premiers, Gilles en « support » prendra son départ 6’ après nous. Bien isolé par les combinaisons de chasse enfilées au talc, nous entrons dans l’eau, enfilons les palmes et jaugeons la situation : il faut échapper au contre-courant, foncer en rive droite pour prendre la veine d’eau (alors là je rigole) et mettre le cerveau en position « off »….

Sylvain et Stéphane à la mise à l'eau   photo Gilles Froment

Sylvain et Stéphane à la mise à l'eau photo Gilles Froment

Palmes chaussées, tuba en bouche, trop tard pour reculer....   Photo Gilles Froment

Palmes chaussées, tuba en bouche, trop tard pour reculer.... Photo Gilles Froment

quand faut y aller.......... Photo Gilles Froment

quand faut y aller.......... Photo Gilles Froment

Ça grenouille un peu, et c’est le départ, plus rapide que l’année dernière. Presque immédiatement je perds Sylvain de vue, et de toute façon pas moyen de lutter contre les vérins qui lui servent de cuisses : il mettra 1h 48 pour boucler sa course, bien loin devant…

Stéphane gagne la ligne de départ    photo Gilles Froment

Stéphane gagne la ligne de départ photo Gilles Froment

C'est parti pour 9 km !     photo Gilles Froment

C'est parti pour 9 km ! photo Gilles Froment

De toute façon, une fois parti, on ne voit plus grand-chose, et il faut se concentrer pour gérer son effort : je le répète, en NAP on est seul… Avantage aux supports, qui eux, la tête hors de l’eau peuvent s’encourager et profiter du paysage.

le parcours.

le parcours.

Nicolas serait il inquiet...? ça va être long.....   Photo Gilles Froment

Nicolas serait il inquiet...? ça va être long..... Photo Gilles Froment

Pont Pointcarré, 1370 m depuis le départ, 20 minutes de nage : j’arrive à l’endroit où l’épreuve commençait d’habitude. L’eau est claire, les pieds et les mains ont réchauffé, le rythme est trouvé et le moral est bon.

quelques minutes après les nageurs, les hydrospeeds entrent en action    photo Florence Royon

quelques minutes après les nageurs, les hydrospeeds entrent en action photo Florence Royon

Pont Churchill, 3170 m depuis le départ, environ 50 minutes de nage : il est loin ce pont, depuis le dernier… j’aperçois le fond, vise le chenal, mon mollet gauche commence à me titiller, mais je garde le rythme.

on croise parfois des animaux étranges, comme ce flamant rose......Photo Gérard Sansoni

on croise parfois des animaux étranges, comme ce flamant rose......Photo Gérard Sansoni

Pont Morand, 4330 m parcourus, quasiment 1 heure de course. On en a fait à peine la moitié…. Heureusement à partir de maintenant, je sais qu’on va enchainer les ponts rapidement, la passerelle du collège, Lafayette, Wilson…. Ça va briser un peu la monotonie, d’autant que quelques passants se massent sur les structures, pour voir passer ces échappés de l’asile qui trempent dans l’eau à 3°C un dimanche matin.

360 participants, ça fait du monde dans l'eau...... photo Odile Meygret

360 participants, ça fait du monde dans l'eau...... photo Odile Meygret

Pont Lafayette, 4896 m, 1h 10. Un semi rigide récupère un nageur qui jette l’éponge, épuisé. En tournant la tête sur le côté pour suivre la rive et prendre mes repères, je le vois un instant à genou sur le boudin. Impossible de se fier au courant pour estimer son cap, y’en a pas !! Heureusement le soleil arrive, mon moral remonte (un peu).

la Tour Incity et le Crayon, mais nous passons sans les voir.... Photo Odile Meygret

la Tour Incity et le Crayon, mais nous passons sans les voir.... Photo Odile Meygret

Certains, épuisés ou frigorifiés, sont rentrés en bateau. Qu'importe, ils étaient au départ....Photo Odile Meygret

Certains, épuisés ou frigorifiés, sont rentrés en bateau. Qu'importe, ils étaient au départ....Photo Odile Meygret

Pont de la Guillotière, 5636 m, presque 1h 30 de course, d’habitude, même les pires années, j’ai fini à ce moment là… je vois les pylônes en forme de champignon de la piscine du Rhône ( souvenirs, souvenirs) je vais bientôt passer le pont de l’Université, l’arrivée n’est plus très loin, on s’accroche ! Malgré mon mollet qui continu à titiller, mes pieds gelés, et la lassitude qui monte…

les pylones caractéristiques de la Piscine du Rhône.      Photo Odile Meygret

les pylones caractéristiques de la Piscine du Rhône. Photo Odile Meygret

ce nageur dans l'axe du pilier, c'est Gilles !    Photo Odile Meygret

ce nageur dans l'axe du pilier, c'est Gilles ! Photo Odile Meygret

L'université nous regarde passer, impassible.....Photo Odile Meygret

L'université nous regarde passer, impassible.....Photo Odile Meygret

Pont SNCF, 6946 m, 1h 45 et des poussières…. J’en ai marre. Les mains sont gelées à leurs tours malgré mes moulinets, et pour la première fois j’ai froid en nageant. Et J’attaque l’avenue Leclerc, qui doit me mener au pont Pasteur… Interminable… Je le sais et mon moral dégringole…. D’autant que je sais désormais que je ne terminerai pas en moins de 2 heures… Durée limite au bout de laquelle les organisateurs ont prévu d’arrêter la course…. L’idée de rentrer en bateau m’est insupportable, c’est la honte !! Je trouve un semblant de « niaque » je ne sais où et je palme……

certains commencent à nager sur le dos....pas bon signe....Photo Odile Meygret

certains commencent à nager sur le dos....pas bon signe....Photo Odile Meygret

A mi chemin entre le pont SNCF et Pasteur, je rattrape des nageurs, et j’en double un, puis 2…. Hé hé, ça, ça fait du bien au moral, y’en a des plus à la rue que moi ! d’autant qu’un coup d’œil derrière me fait réaliser qu’il y a encore du monde, derrière….. Fier comme un coq, j’allonge les bras, appuie sur les palmes, oubliant mon mollet qui a cessé de me titiller….Pour me faire sérieusement mal !

Personne n'échappa aux crampes, ici Gilles: dans l'eau il faut gérer la douleur...Photo Odile Meygret

Personne n'échappa aux crampes, ici Gilles: dans l'eau il faut gérer la douleur...Photo Odile Meygret

Qu’il est loin ce pont Pasteur…. La Station Shell est en vue à gauche, le musée à droite, mais j’en ai marre, marre…. Mais hors de question de finir en bateau. 1h 55 à la montre, c’est cuit pour être sous la barre des 2 heures. Vite, passer le pont pour être en vue de l’arrivée et ne pas être pêché au filet par les bateaux balais….

Gilles au bout du quai Leclerc, l'arrivée n'est pas loin.....Photo Odile Meygret

Gilles au bout du quai Leclerc, l'arrivée n'est pas loin.....Photo Odile Meygret

Pont Pasteur, 8596 m, 2 heures et un peu plus au chrono. J’ai presque fini….. Presque. J’ai froid, mais je veux finir. Je me redresse à la verticale un instant pour tenter de voir l’arrivée, j’appuie fort sur les cuisses pour sortir le torse de l’eau, la crampe, à droite part instantanément, sans aucun avertissement. Position du crapaud fatigué, un support souffrant à côté de moi me demande si ça va, je grogne un « oui » dans le tuba et je repars. On va palmer jambes tendues, petits ciseaux, et surtout on va tirer sur les bras. Merci les épaules qui tiennent le coup.

Le musée de la Confluence, en rive droite, est presque en face de l'arrivée.   Photo Odile Meygret

Le musée de la Confluence, en rive droite, est presque en face de l'arrivée. Photo Odile Meygret

derniers coup de palmes .......  photo Gérard Sansoni

derniers coup de palmes ....... photo Gérard Sansoni

Gagné ! Gilles passe la ligne !    photo Odile Meygret

Gagné ! Gilles passe la ligne ! photo Odile Meygret

Et puis l’arrivée est là, 300 m, 200, et comme d’habitude on retrouve du jus pour finir « avé la classe », sans donner aux autres l’impression qu’on est cuit…. C’est pourtant le premier mot qui jaillira, le tuba ôté….

Stéphane sort de l'eau quelques minutes après Gilles, un peu comme un citron,givré !    photo Odile Meygret

Stéphane sort de l'eau quelques minutes après Gilles, un peu comme un citron,givré ! photo Odile Meygret

2h 10 ou 2h 15, je sais plus, pour finir ces 9 km….. Pour rien, parce que figurez-vous que le bracelet électronique qui enregistre nos arrivées a « merdouillé », je ne suis pas inscrit au classement officiel…. Non pas pour rien. Pour moi. Tout simplement, heureux d’être arrivé au bout, par principe !

à l'arrivée: Sylvian, Pascal et Gilles     Photo Odile Meygret

à l'arrivée: Sylvian, Pascal et Gilles Photo Odile Meygret

Bravo au président qui termine à moins de 30 minutes du premier (1h 20), à Nicolas qui termine en 1h 55 et à Gilles qui malgré les crampes termine en 2h 06.

Après l'effort; Gilles, Stéphane et Alexandre.           photo Odile Meygret

Après l'effort; Gilles, Stéphane et Alexandre. photo Odile Meygret

Fatigués mais heureux, parce que cette année, elle le valait bien, cette traversée !!!

Eprouvante cette descente, éprouvante......Photo Gérard Sansoni

Eprouvante cette descente, éprouvante......Photo Gérard Sansoni

Nageurs et logisticiens/supporters se retrouvèrent tous au restaurant pour reprendre des forces et fêter cette 37ème descente de Lyon, qui restera dans les mémoires, c’est sûr !

"Gueules de nageurs "

"Gueules de nageurs "

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Published by plongeur
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