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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 20:00

Compte rendu de la sortie au Lavandou du 14 au 17 mai 2015

Derrière la bannière, de droite à gauche: Edgar, Guy,Jérôme, Daniel, Maryline,Thibaut,Stéphane,Gilles et Roland

Derrière la bannière, de droite à gauche: Edgar, Guy,Jérôme, Daniel, Maryline,Thibaut,Stéphane,Gilles et Roland

Participants: Gilles et Jérôme Froment, Edgar et Thibaut Royon, Roland Bouilhol, Guy Varvat, Stéphane Simonet, Geneviève Sansoni-Simonet, Maryline Gueydon, Daniel Lehmann

 

Accompagnants: Josette Bouilhol, Isabelle Froment, Philippe et Pierre Alexandre Gueydon, Christine Varvat, Monique Royon

 

Specials guest stars: Florence Royon,Agathe, Diane et Valentin, Sébastien Bauquis

 

 

Sauf mention contraire, toutes les photos sont de Gilles Froment

Résidence fermée par des raisons incertaines, club de plongée complet au dernier moment,tout ça sur un week end à très haute fréquentation... Certains auraient jeté le gant de néoprène à terre. Pas notre Florence préférée, qui malgré l'arrivée imminente des frère & soeur d'Agathe, s'est montrée aussi tenace qu'un bulldog affamé devant une côtelette promise à votre barbecue dominical. Elle nous trouva donc gite et couvert sur les hauteurs du Lavandou,sur un site interministériel peu connu mais dont la vue sur les Iles d'or est quasi au même niveau que notre villa des Heures Claires.Et récupéra un club de plongée que nous fréquentions autrefois,qui par un heureux hasard se retrouva dépourvu d'homo subaquaticus ces 4 jours en question....

      Et donc merci Florence pour commencer, pour toute cette organisation, jamais simple, toujours compliquée, mais gratifiante quand les sourires apparaissent sur les visages des participants. D'autant que le plaisir fut complet, puisque l'intégralité de la (petite ?) famille put nous rejoindre et nous présenter les nouveaux venus... Je raconterai donc ces jours de dissolution d'azote à grande échelle de façon chronologique, puisqu'il faut bien choisir un style, une manière, une façon de vous rappeler l'essentiel à vous qui étiez là, et à vous qui, retenu ailleurs, avez hâte de savoir ce qui s'est passé....

dés la première plongée, sur le parc national, les corbs, poissons rares aux reflets d'émeraudes étaient au RDV.

dés la première plongée, sur le parc national, les corbs, poissons rares aux reflets d'émeraudes étaient au RDV.

Jour 1. Nous serons 5, arrivés la veille au soir, à ouvrir le feu pour la première plongée. Direction la pointe du vaisseau, sur l'ile de Port-Cros. Le temps est gris, la mer s'est mise au diapason du ciel et on sent qu'elle hésite entre une houle mollassonne et le gros temps. Elle se décidera le lendemain. Pour l'heure ça bouge un peu tout en restant raisonnable. Briefing carré et très complet du CIP, et nous sautons à l'eau. Certain d'ailleurs y retourne après une interruption de 2 ans, un soupçon d'appréhension à la vue du néoprène transformé en armure médiévale ou des mousquetons bloqués par le sel... Mais ça ne s'oublie pas, et comme le stress est soluble dans l'eau de mer, les automatismes et surtout le plaisir reviennent après quelques minutes. D'autant que mérous, dorades et dentis seront de la partie, offrant pour une plongée de reprise un spectacle de choix.

Maryline et Stéphane avant le saut. Toujours un peu en retard, j'ajuste ma cagoule sous le regard de ma binôme, stoïque.

Maryline et Stéphane avant le saut. Toujours un peu en retard, j'ajuste ma cagoule sous le regard de ma binôme, stoïque.

Voici un serran écriture ou Serranus scriba, reconnaissable à sa tache bleue sur les flancs. vous noterez les lignes bleus autour de la bouche, qui lui donnèrent son nom...

Voici un serran écriture ou Serranus scriba, reconnaissable à sa tache bleue sur les flancs. vous noterez les lignes bleus autour de la bouche, qui lui donnèrent son nom...

Quelque peu terni il est vrai par l'envahissante présence d'une algue brune et filandreuse engluant le fond et l'ensemble du relief. Dommage pour les gorgones qui disparaissent sous un amas d'apparence gluante et vaguement répugniant. Cette algue incongrue devrait disparaître au début de l'été. Pour les biologistes passionnés, il s'agit d'algues mucilagineuses ( rien à voir avec l'eau ferrugineuse...) ou barbe de Thanatos, le dieu de la Mort.... Cette invasion peut en effet étouffer les êtres vivants fixés, avec les répercussions que l'on devine..... Réchauffement climatique, augmentation des sels nutritifs, absence de coups de vent sur une durée prolongée semblent être les responsables de ce phénomène connu depuis les débuts des années 80 mais encore mal cerné. Espérons que le Dieu du trépas récupère sa barbe funeste rapidement....

Edgar, Daniel et Thibaut, ravis d'avoir réaliser une belle plongée, malgré la "barbe à papa" !

Edgar, Daniel et Thibaut, ravis d'avoir réaliser une belle plongée, malgré la "barbe à papa" !

Loin devant.... Le Levant

L'après midi, c'est à 6 que nous retournerons au Parc National, toujours à Port-Cros sur la pointe de la galère.Immersion plus intimiste, moins de prédateurs en chasse mais beaucoup de choses étonnantes à dénicher sous les rochers, dans les failles et les surplombs.

Comme cette bonellie qui s'avance avec prudence vers une étoile écarlate. le reste du corps, en forme de poire reste caché dans une anfractuosité. Il s'agit d'une femelle, les mâles étant beaucoup plus petits et s'accrochant au corps de leur hôte féminin. Jusqu'à 80 mâles peuvent ainsi coloniser Bonellia viridis...Les oeufs fécondés donnent des larves, qui partent au gré des courant: celles qui rencontreront une femelle deviendront mâles, les autres deviendront femelles en se fixant surle substrat. Belle leçon d'opportunisme... Cet animal étonnant produit en outre la bonelline, qui aurait des propriétés antibiotiques....

Comme cette bonellie qui s'avance avec prudence vers une étoile écarlate. le reste du corps, en forme de poire reste caché dans une anfractuosité. Il s'agit d'une femelle, les mâles étant beaucoup plus petits et s'accrochant au corps de leur hôte féminin. Jusqu'à 80 mâles peuvent ainsi coloniser Bonellia viridis...Les oeufs fécondés donnent des larves, qui partent au gré des courant: celles qui rencontreront une femelle deviendront mâles, les autres deviendront femelles en se fixant surle substrat. Belle leçon d'opportunisme... Cet animal étonnant produit en outre la bonelline, qui aurait des propriétés antibiotiques....

impossible de passer devant une dentelle de Neptune sans admirer un instant la finesse du point de Dame Nature

impossible de passer devant une dentelle de Neptune sans admirer un instant la finesse du point de Dame Nature

Loin devant.... Le Levant

Jour 2

 

Si la mer hésitait la veille, elle a fait son choix aujourd'hui. Avis de grand frais, ça souffle fort venant de l'ouest et de la terrasse de l'hôtel, la mer est blanche: Eole arrache des larmes de sel et d'écume à la Méditerranée qui rechigne, se cabre, proteste. Les Iles d'or semblent si proche, presque à portée de main mais pas question de rallier Port-Cros ou le Levant aujourd'hui, personne n'osera dépasser la Fourmigue. Comme dit le marin, "horizon pas net, reste à la buvette". Il vaut mieux rêver d'être en mer que désespérer de ne pas toucher terre...Bon, on est quand même décidé à plonger, et une seule destination s'impose, à l'abri du vent, le cap Bénat. Pas la plus belle plongée du secteur, mais la seule possible en sécurité vu la météo.Nous irons 2 fois faire le tour de l'ilot en bout de cap, ou langouste, congres et nacres se montreront tout de même. Largage au vol par le bateau et récupération au sac palier, ce qui permettra de renouer avec la gestion de palanquée et le lâcher de parachute... Le soir, le vent qui forcit encore sera couvert par les riffs de guitare d'un chanteur non dénué de talent, engagé par l'hôtel pour mettre l'ambiance. Certains adhérents de l'ASSP s'y laissèrent prendre, se laissant aller à quelques pas de rock....Mais la route pour certains, et les plongées le lendemain pour les autres imposèrent la raison, et la nuit fut réparatrice pour tous.

Un spirographe, photographié  à "objectif portant"  dévoile ses splendeurs.

Un spirographe, photographié à "objectif portant" dévoile ses splendeurs.

Loin devant.... Le Levant
de droite à gauche: Edgar, Thibaut, Guy, Geneviève, Maryline, Stéphane et Roland

de droite à gauche: Edgar, Thibaut, Guy, Geneviève, Maryline, Stéphane et Roland

Loin devant.... Le Levant
duo déponge noire "Ircinia spinosula" et d'algue coralligène " Pseudolithophyllum expansum"...

duo déponge noire "Ircinia spinosula" et d'algue coralligène " Pseudolithophyllum expansum"...

Jour 3

 

Magie de la météo, le coup de vent est passé. Les chaises et les parasols renversés sur la terrasse témoignent des assaults furieux du flux d'ouest, mais le Levant s'est de nouveau drappé dans la brume. Le ciel et à la mer sont à l'unisson, bleus et appaisés. Plus que 7 à plonger aujourd'hui, et le groupe se sépare en 2: 3 autonomes ou PA 60 pour causer code du sport ( lisez Plongeur Autonome à 60 m) iront sur l'épave du Hell Cat ( souvenez vous, cet avion de chasse apparement passé par dessus bord par l'équipage d'un bateau britannique, sur lequel nous n'avions pas pu plonger lors de notre précédent séjour, à Bormes) tandis que les 4 autres feront leurs bulles sur l'épave du Spahis.

Du Glorias Maris, nous passont à bord d'un semi rigide de 7m 50, que nous partageons avec des plongeurs belges bruyants mais efficace. Notre pilote largue une balise avec précision, et nous descendons en vagues successsives sur le "chat de l'enfer".... Lequel nous attend 54 m plus bas, à l'envers sur le sable, moteur au niveau de l'enpennage arrière.

Stéphane, avant de sauter sur l'avion ( d'habitude on saute DE l'avion en parachute...)  Photo Daniel Lehmann

Stéphane, avant de sauter sur l'avion ( d'habitude on saute DE l'avion en parachute...) Photo Daniel Lehmann

Edgar, Thibaut et Stéphane en surface avant de sonder    photo Daniel Lehmann

Edgar, Thibaut et Stéphane en surface avant de sonder photo Daniel Lehmann

Avec Edgar et Thibaut, nous effectuons un stop vers 40 m, histoire de voir si l'esprit n'est pas trop englué dans les filaments de la narcose. Tout va bien, nous poursuivons vers l'avion déjà visible 15 m plus bas. Un mérou nous attend sous la queue du monoplace, impassible. Un coup d'oeil sous les ailes, dans les replis de métal tordu et déjà nous appercevons les mitrailleuses dans les ailes. Le temps défile, comme d'habitude à ces profondeurs. Rapide vérification des manos et des ordinateurs, il faut remonter. J'envoie quelques coups de palme appuyés, et ma stab prend le relais pour m'emmener en surface. Je me laisse basculer vers l'arrière, ma chute s'arrête, et l'ascension commence. Zen, contrôlant ma vitesse au poumon ballast, je savoure cette montée lente vers le soleil. Thibaut et Edgar suivent le mouvement, vers 10 m j'envoie mon sac pour nous faire repérer de la surface. Décompression, récupération, sortie, tout va bien. Direction la Fourmigue pour les suivants, qui feront une agréable plongée autour de l'ilôt.

Certains mollusques, timides, sont durs à voir, à l'image de cette porcelaine "Luria luria": le manteau recouvre partiellement la coquille.

Certains mollusques, timides, sont durs à voir, à l'image de cette porcelaine "Luria luria": le manteau recouvre partiellement la coquille.

Loin devant.... Le Levant

Au retour du semi rigide, au port, un drame va se jouer.

Tonton, encore sous le coup de l'émotion.....

Tonton, encore sous le coup de l'émotion.....

Avec douleur, je me dois de narrer cette tragédie qui restera longtemps dans la mémoire des rares témoins de la catastrophe.Dans la débacle du débarquement des belges sur le quai, le tuba de "Tonton" file vers le fond, dans l'eau trouble du port. Jusque là, Tonton se maitrise et décide de récupérer son précieux accessoire au retour à 14h. D'autant que les wallons s'en vont, nous serons seuls à bord cette après midi. À 14h moins quelque chose, donc, le Tonton arrive au club, l'oeil aux aguets, prêt à récupérer son tuba chéri.... Mais le club est fermé, son maillot de bain et sa combinaison prisonniers à l'intérieur... Seuls masque et palmes sont accessibles sur le semi rigide. Mais un grand guerrier subaquatique ne se laisse pas aller à de vagues lamentations. 360°, rien à l'horizon, discret comme Will le coyotte poursuivant son "road runner" mais nu comme une amas japonaise, le Tonton, cependant masqué et palmé, se jette à l'eau sous le semi rigide à la recherdhe du tuba disparu....qui restera introuvable ! En tenue d'Adam sur le quai, une palme cachant ses attributs virils, Tonton vocifère en suspectant les mangeurs de frites de lui avoir dérobé l'ustensile respiratoire. Mort de rire mais néanmoins compatissant, je jette ma serviette au plongeur libre tremblant de froid mais drappé dans sa dignité.....

Cette rascasse un peu boudeuse resta de marbre devant le flash de l'appareil photo.

Cette rascasse un peu boudeuse resta de marbre devant le flash de l'appareil photo.

Et c'est donc sans tuba pour Tonton que nous irons plonger à la pointe de Montrémian, sur Bagaud pour une jolie plongée, tranquille et sereine. Un peu de gros, dorades dans le soleil, un peu de petits, nudibranches sur les éponges, et une belle ambiance pour cette plongée d'après midi. Le soir à l'hôtel, les derniers protagonistes préparent sacs et voitures, la fin du séjour approche....

Superbe triptérygion mâle à bec jaune, posé en apesanteur sur une éponge encroutante rouge

Superbe triptérygion mâle à bec jaune, posé en apesanteur sur une éponge encroutante rouge

au milieu d'une éponge cotoyant des anémaunes jaunes "Parazoanthus axinellae", voici sa femelle

au milieu d'une éponge cotoyant des anémaunes jaunes "Parazoanthus axinellae", voici sa femelle

Loin devant.... Le Levant

Jour 4

Survivants, comptez vous ! Il ne reste que 3 irréductibles pour sonder sur le Grec. Petit cargo sans histoire, il rencontre une mine dérivante entre Port Cros et Porquerolles le 3 décembre 1945 et coupé en 2, sombre immédiatement vers le fond, faisant 2 morts et un disparu. De l'enfer peut parfois jaillir le paradis. Car, des tôles tordues ou déchiquettées, on ne voit aujourd'hui qu'un éden de gorgones jaunes et mauves, cerné par les sars qui tournent en masse compacte autour du bâtiment. Superbe plongée pour conclure se séjour, d'autant que le courant souvent diabolique sur ce site sera aujourd'hui discret bien que palpable..... Loin devant les Sarraniers, nous ferons surface avec des couleurs plein la tête. C'est en repensant à ces minutes magiques que nous rentrons au port.

magie des couleurs au fond de la mer

magie des couleurs au fond de la mer

Loin devant.... Le Levant

Merci à tous pour ce sympatique séjour face aux Iles d'or. Il n'est pas impossible d'ailleurs que nous y retournions, mais de l'autre côté de l'horizon cette fois ci, séjournant sur une de ces terres alignées, tournant le dos au rivage pour scruter le grand large.....

 

Stéphane

 

 

 

Loin devant.... Le Levant

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Published by plongeur
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