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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 19:36

CR de la sortie au Lac du Bourget, site de la pierre à bise, 21 novembre 2016

Participants : Gilles Froment    Stéphane Simonet

 

Toutes les images sont de Gilles Froment

Plus grand lac naturel d'origine glaciaire de France, il s'étire du nord au sud sur 18 km, offrant un plan d'eau de 4450 hectares. Avec une profondeur moyenne de 85 m, et un point bas à -  145 m, c'est un lac magnifique et mystérieux.

Plus grand lac naturel d'origine glaciaire de France, il s'étire du nord au sud sur 18 km, offrant un plan d'eau de 4450 hectares. Avec une profondeur moyenne de 85 m, et un point bas à - 145 m, c'est un lac magnifique et mystérieux.

Cette sortie fut menacée longtemps, incertaine toujours, mise en péril par les aléas d’une mécanique automobile capricieuse, d’afficheurs de recycleur en perdition ou bien encore par les impératifs professionnels imprévus… Mais elle se déroula tout de même en mettant à profit une RTT d’après-midi posée sur le fil. Partis tard, nous ressortirons à la nuit des profondeurs du lac, mais qu’importe le voyage de l’autre côté du miroir était réalisé….

Ambiance hivernale, sous un ciel gris.

Ambiance hivernale, sous un ciel gris.

C’est en milieu d’après-midi que le scénic noir, complété de sa remorque s’arrêta sur le petit parking de la Pierre à bise, qui porte bien son nom, croyez nous. Le lac sombre semble calme, il faut dire que le ciel noirci à la mine de plomb semble s’y confondre… Ambiance hivernale et mélancolique, seules les crêtes saupoudrées de talc derrière Aix les Bains apportent un peu de lumière dans cet univers gris… Déjà, presque 16h, pas le temps de tergiverser : la bouée réglementaire file à l’eau, suivie des relais : 8.5 litres pour Gilles, 10 litres et 6 litres pour moi. Tout ça plein de nitrox 21, pour une fois, on va faire simple.

le bi 2 x 10 litres attend son propriétaire, en arrière plan l'abbaye de Hautecombe

le bi 2 x 10 litres attend son propriétaire, en arrière plan l'abbaye de Hautecombe

Le petit matériel s’empile sur le muret, bientôt nos vêtements secs nous avalent, les fermetures étanches se zippent, nous mutons en « subaquaticus lacustres », animaux étranges bardés de tuyaux, câbles, mousquetons….

« Où l'amour disparu dans l'ombre du trépas laisse partout pour moi l'empreinte de ses pas,et colore à mes yeux vos flots et vos collines ou d'un deuil éternel, ou de splendeurs divines.(Alphonse de Lamartine, "Le Retour".) »

« Où l'amour disparu dans l'ombre du trépas laisse partout pour moi l'empreinte de ses pas,et colore à mes yeux vos flots et vos collines ou d'un deuil éternel, ou de splendeurs divines.(Alphonse de Lamartine, "Le Retour".) »

Presque prêt. Gilles ouvre le bal avec une fuite sur un détendeur, qu’il réglera aussitôt. Au moment où j’accroche au harnais ma bouteille de 3 litres, dédiée au vêtement sec, fuite…. Un joint d’un bouchon MP vient de s’extruder…Il faut détacher le bloc, ôter les gants étanches (que j’ai eu bien du mal à enfiler), ouvrir la remorque, prendre les clés, ouvrir la voiture, chercher dans la caisse à outil un nouveau bouchon, la clé 6 pans, réparer, tout ranger, recommencer….. J’avoue, quelques jurons fusèrent à l’occasion, et une irrépressible envie de me mettre au ping pong me tarauda….

Stéphane prêt à plonger, gonflé à bloc par un inflateur farceur.

Stéphane prêt à plonger, gonflé à bloc par un inflateur farceur.

Elle s’arrêta quand je fus à l’eau, malgré un inflateur rebelle qui gonflait mon volume sans prévenir. Là encore, il fallut rebidouiller l’affaire (merci Gilles) avant de descendre. Curieusement, toute cette panoplie compliquée trouva sa place, et la plongée se passa bien…..pour moi. Gilles, plus malheureux, supporta stoïque l’entrée d’eau sournoise dans son volume, sans doute causé par quelque inflateur desserré et sournois…

voilà ce qu'on pouvait voir sous l'eau. Pour un photographe, ramener des images dans des conditions pareilles est quasi impossible...

voilà ce qu'on pouvait voir sous l'eau. Pour un photographe, ramener des images dans des conditions pareilles est quasi impossible...

Pourtant sous l’eau, c’est un carnage : 1 m de visibilité à peine, l’eau est chargée d’alluvions sans doute charriées par les pluies récentes. Allumer nos puissants phares ne servira pas à grand-chose, c’est comme conduire plein phare dans un brouillard dense…. Heureusement, passé les premiers mètres, ça s’améliore un peu, et nous jouissons d’un bon mètre cinquante de visibilité….C’est peu mais suffisant pour apercevoir les perches et les lottes présentes en grand nombre sur la roche inclinée à 45°.

Sur la roche qui file vers les profondeurs, les coquilles vident s'accumulent, inspectées par une écrevisse en maraude

Sur la roche qui file vers les profondeurs, les coquilles vident s'accumulent, inspectées par une écrevisse en maraude

Quelques minutes de vidéo pour rendre l'ambiance sub lacustre, toujours particulière...

Nous plongeons dans une bassine d’encre, déchirée parfois par un éclair de flash d’appareil photo, où entrouverte par nos éclairages de tête. Trop de lumière, et c’est Star Wars, des millions de particules nous renvoient nos lumens au visage…. Pas assez, et nous glissons dans des ténèbres glacées, à 10° au-dessus de zéro… Le tombant se découvre par instant, avant d’être masqué par l’avalanche de vase qui dévale au ralenti vers le fond… Je suis la silhouette de Gilles qui progresse au ras du relief minéral, pour ne pas perdre de vue notre point d’équilibre…. S’écarter trop de la roche revient à jouer les cosmonautes en perdition dans le néant, les yeux rivés sur la boussole pour retrouver un nord fuyant et retord…. « Gravity » me revient en mémoire…..

une lotte immobile, posée sur le fond, comme figée par l'eau froide...

une lotte immobile, posée sur le fond, comme figée par l'eau froide...

-30 m. Toujours pas de fond, toujours un horizon penché à 45°, les ténèbres s’intensifient, en surface la nuit est tombée en silence. Il n’est ici troublé que par le chuintement des bulles expirées du bout des lèvres, rythmé par le changement des détendeurs que nous nous imposons pour leur épargner un givrage.

Dans cet  univers noir, froid et minéral, quel plaisir pouvons-nous trouver ici ?  Ne comptez pas sur moi pour vous répondre, la plongée en lac, c’est une ambiance particulière, un parfum d’aventure…

les perches étaient nombreuses, dissimulées dans les herbiers. celle ci, docile, accepta les flashs de l'appareil photo.

les perches étaient nombreuses, dissimulées dans les herbiers. celle ci, docile, accepta les flashs de l'appareil photo.

Un peu moins d’une heure après notre départ, nous émergeons en pleine nuit, retrouvant le bruit de la route et de voie SNCF toute proche.

cette plaque souvenir, solidaire du rocher, nous rappelle que la plongée en lac n'est jamais anodine... Prudence, prudence toujours.

cette plaque souvenir, solidaire du rocher, nous rappelle que la plongée en lac n'est jamais anodine... Prudence, prudence toujours.

Derrière nous les lottes reprennent leur affût immobile, le tombant se fige à nouveau dans le froid et le silence…

le profil de la plongée

le profil de la plongée

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Published by plongeur
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