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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 14:25

CR de la sortie en plongée souterraine du 20 décembre 2016, à BSA

la vasque de la Tannerie sous le ciel d'hiver

la vasque de la Tannerie sous le ciel d'hiver

Participants       Gilles Froment & Stéphane Simonet

 

 

Toutes les photos sont de Gilles Froment

la roche, couverte d'algues particulièrement glissantes, est source de figures parfois imposées mais potentiellement risquées...Gilles, prévoyant, nettoie le passage à la brosse métallique.

la roche, couverte d'algues particulièrement glissantes, est source de figures parfois imposées mais potentiellement risquées...Gilles, prévoyant, nettoie le passage à la brosse métallique.

A 5 jours du réveillon, des cadeaux sous le sapin et de la bûche glacée, et à J-11 du passage vers 365 jours nouveaux il nous fallait trouver un site à la hauteur pour cette dernière plongée de l’an de grâce 2016. Sans beaucoup d’originalité, mais sans prendre de risque non plus, c’est sous les montagnes ardéchoises que nous sommes allés finir l’année, « subaquatiquement » parlant….

Le café avalé, accompagné de sa papillote (c’est Noël !) nous prenons la route mettant notre destin entre les bielles de l’espace parfois rebelle de Gilles. Et 200 km plus loin, ce vaillant carrosse nous dépose sur le parking du Vallon de Tourne, devant les vasques qui débitent gentiment, malgré la pluie qui hésite à s’abattre sur Bourg St Andéol.

Voici un recycleur latéral "Flex", cousin éloigné du Joki. Matériel de belle facture, il équipe un des 2 comparses rencontrés ce jour là.

Voici un recycleur latéral "Flex", cousin éloigné du Joki. Matériel de belle facture, il équipe un des 2 comparses rencontrés ce jour là.

Comparses que voilà dans l'eau, en plein équipement. Le Flex attend, visible au premier plan.

Comparses que voilà dans l'eau, en plein équipement. Le Flex attend, visible au premier plan.

Les aller-retours pour approcher blocs, palmes et le foutoir habituel du plongeur commencent, interrompus un instant par la rencontre avec un tandem bien sympathique, sortant du Goul du pont, et déposant là un Triton et ici un Flex (recycleur latéral de belle facture) à proximité de la Tannerie, avec la ferme intention de retourner plonger après une pause gastronomique, qu’ils prendront sans sortir des vêtements secs. Ça discute recycleurs et plongée, évidemment, avant que chacun retourne à son casse-croute.

A notre tour de sauter dans l'eau à 14°C, au chaud dans les vêtements étanches.

A notre tour de sauter dans l'eau à 14°C, au chaud dans les vêtements étanches.

la main courante, installée à demeure, se révèle pratique pour disposer en attente notre barda de plongeur.

la main courante, installée à demeure, se révèle pratique pour disposer en attente notre barda de plongeur.

Le nôtre sera rapide, faut pas mollir ! Nous entrons dans la vasque au moment précis où nos deux joyeux lurons en sortent….. C’est presque l’embouteillage. On grenouille, on vérifie, on teste, on raccorde, on clampe, on peste un peu, on revérifie, on déplace, on râle encore un petit peu, on mousquetonne, on s’interroge (qu’est-ce que j’ai oublié ?) on gobe un embout, on purge…..

Et on plonge !

Plonger sous terre ne s'improvise jamais: en galerie, il faut n'avoir que des certitudes, pas de doute sur le matériel, qui impose une préparation exigeante dans la vasque.

Plonger sous terre ne s'improvise jamais: en galerie, il faut n'avoir que des certitudes, pas de doute sur le matériel, qui impose une préparation exigeante dans la vasque.

La gravité nous abandonne, la lumière du jour aussi, en passant la tête sous la roche nous changeons de planète, nous voilà spéléonautes !

Gilles est déjà dans le royaume souterrain, il en profite pour prendre Stéphane en photo, encore "entre 2 mondes"

Gilles est déjà dans le royaume souterrain, il en profite pour prendre Stéphane en photo, encore "entre 2 mondes"

Sitôt le plafond au dessus de nos têtes, l'esprit bascule en "mode plongée" comme un ordinateur. Nous entrons dans un labyrinthe d'ombres et de lumière...

Sitôt le plafond au dessus de nos têtes, l'esprit bascule en "mode plongée" comme un ordinateur. Nous entrons dans un labyrinthe d'ombres et de lumière...

Quelques images pour tenter, sans y parvenir, de vous faire découvir la beauté de ce lieu.

1ère évidence :

L’eau est claire. Les phares illuminent le laminoir d’entrée, la lumière se réverbère contre la roche claire et très vite nous savons que cette plongée sera belle.

La lumière joue sur la roche, se reflète dans les bulles d'air figées au toit de la galerie. à partir de maintenant, les minutes passées seront intenses...

La lumière joue sur la roche, se reflète dans les bulles d'air figées au toit de la galerie. à partir de maintenant, les minutes passées seront intenses...

2ème évidence :

Le temps s’étire, se dilate et nous allons en profiter pour prendre notre temps pour filmer, photographier, contempler, observer. Pas d’objectif précis aujourd’hui si ce n’est le plaisir, pas de run time à tenir. La pression sera faible, à peine 2 fois celle de l’atmosphère, les consommations ridicules, le froid absent, nous sommes là « en ballade ».

l'entrée se présente comme un laminoir plus large que haut: rien ne sert de courir....

l'entrée se présente comme un laminoir plus large que haut: rien ne sert de courir....

La photo est un art difficile, sous l'eau cela devient une gageure. Mettez le tout sous la terre,et préparez vous un cocktail Tranxène/Lexomil. Gilles s'en sort plutôt bien, sans pharmacie...

La photo est un art difficile, sous l'eau cela devient une gageure. Mettez le tout sous la terre,et préparez vous un cocktail Tranxène/Lexomil. Gilles s'en sort plutôt bien, sans pharmacie...

3ème évidence :

On prend vraiment notre temps. 1 heure 15 pour faire 150 m… Gilles progresse par saut de puce, règle ses éclairages, cadre, prend une photo, recommence…. Derrière je progresse de concert, caméra au point. On glisse dans le laminoir, effleurons les poches d’air au plafond, sur la gauche le toboggan minéral nous entraîne vers l’étroiture en baïonnette. Je passe devant, en recycleur ventral ça passe tout seul, 2 coups de palmes et je suis au bord du canyon.

Dans le silence de sa respiration recyclée, Stéphane progresse vers le canyon.

Dans le silence de sa respiration recyclée, Stéphane progresse vers le canyon.

Découpée par l'eau, la roche nous offre une lame effilée au détour du corridor.

Découpée par l'eau, la roche nous offre une lame effilée au détour du corridor.

4ème évidence :

C’est cool de prendre son temps. Avant d’aller franchir les lèvres calcaires qui nous attendent au fond, nous trainons dans la partie supérieure, mini cathédrale noyée, au sommet de laquelle miroite une surface improbable. Les phares s’éteignent, se rallument, cherchant la plus belle ambiance. Feulement du recycleur ou chuintement du détendeur comme seule musique d’accompagnement, nous progressons en apesanteur ….ailleurs. Loin du monde.

malgré le fil d'Ariane qui nous guide, le passage s'avère parfois improbable.

malgré le fil d'Ariane qui nous guide, le passage s'avère parfois improbable.

au milieu de la roche claire, une pierre sombre apparait parfois....

au milieu de la roche claire, une pierre sombre apparait parfois....

Le substrat pâle enchasse en son sein une roche sombre, plus dure, qui au fur et à mesure de l'érosion tombe dans la galerie.

Le substrat pâle enchasse en son sein une roche sombre, plus dure, qui au fur et à mesure de l'érosion tombe dans la galerie.

5ème évidence :

Le stress est soluble dans l’eau. Derrière le canyon, apaisés, nous progressons encore quelques instants dans la galerie désormais confortable. Je passe en tête, toutes lumières allumées, sur la pointe des palmes pour autoriser Gilles à murir ses clichés. Le siphon part rectiligne ou presque vers un inconnu où seuls quelques plongeurs d’exception, bardés de la technologie la plus pointue et d’un mental rare, s’aventurent pour quelques fractions d’éternité. Pour nous, la chaux sodée en limite de saturation ou sur autonomie, le retour s’annonce, sur le même rythme de sénateur…

La dernière plongée......de 2016 !
quelque part, le réseau inférieur attend, dans l'obscurité. C'est étroit, touilleux et mystérieux..

quelque part, le réseau inférieur attend, dans l'obscurité. C'est étroit, touilleux et mystérieux..

une belle géode, prisonnière de la roche.

une belle géode, prisonnière de la roche.

à 120 m de l'entrée, voici l'étroiture en bas du canyon. Avantage au scaphandre compact...

à 120 m de l'entrée, voici l'étroiture en bas du canyon. Avantage au scaphandre compact...

6ème évidence :

C’est pas par ce que l’on rentre qu’il faut se presser, se rire de la montre est un plaisir désormais trop rare. 2 coups de palmes, une photo…. Mais plus de film, après 1h 30 la batterie de la caméra rend l’âme électrique. Qu’importe, il me reste mes phares et les jeux d’ombres entre les dentelles de roches et les lames acérées…

Un dernier regard sur un départ dans un recoin de la galerie, une dernière reco au-dessus d’une marmite creusée par l’eau furieuse à ses heures, et déjà se profile la lueur du jour, tout phare en berne nous sortons du palais souterrain en volant dans une émeraude liquide.

Un instant nous hésitons, puis le fragile miroir entre 2 mondes est franchi : revoilà la pesanteur, le bruit, le ciel gris… Mais l’esprit garde en lui ces moments d’importance, où nous étions ailleurs ….Loin.

la galerie au delà s'arrondit, offrant une évolution plus aisée.

la galerie au delà s'arrondit, offrant une évolution plus aisée.

Terminée les étroitures, la galerie principale file vers le puits, à 700 m.

Terminée les étroitures, la galerie principale file vers le puits, à 700 m.

cette étiquette indique la distance par rapport à la sortie, et la direction pour retrouver l'air libre. Taillée en biseau, elle permet au plongeur même privé de visibilité de prendre le bon chemin.

cette étiquette indique la distance par rapport à la sortie, et la direction pour retrouver l'air libre. Taillée en biseau, elle permet au plongeur même privé de visibilité de prendre le bon chemin.

ce plafond mouvant est une poche d'air. Nombreuses dans la première partie de la galerie, elles constituent un éventuel refuge, si tout allait mal...

ce plafond mouvant est une poche d'air. Nombreuses dans la première partie de la galerie, elles constituent un éventuel refuge, si tout allait mal...

7ème évidence :

Malgré tout on n’oublie pas de vous souhaiter à toutes et à tous une très bonne fin d’année et une bonne bascule vers 2017 ! On vous retrouve tous en 2017 pour de nouvelles aventures, très bonne nouvelle année.

La dernière plongée......de 2016 !
La dernière plongée......de 2016 !
Le vallon du Tourne la nuit, avec la vasque et son lavoir dans un écrin de lumière

Le vallon du Tourne la nuit, avec la vasque et son lavoir dans un écrin de lumière

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Published by plongeur
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commentaires

Thibaut 31/12/2016 09:26

Super article, ça se lit toujours avec autant de plaisir. Belle vidéo aussi avec des jeux de lumière ! tu gères ! Merci pour le partage. A bientôt et bonne année ! Continue de nous faire d'aussi beaux CR de plongées ! :-)