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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 14:49

CR de la plongée à la Tannerie ( BSA ) du 25 avril 2017

Participants: Gilles Froment Philippe Moya Stéphane Simonet

 

 

Sauf mention contraire, toutes les images sont de Gilles Froment

Les plongées à la Tannerie se succèdent, mais ne se ressemblent pas. Impossible de se rappeler de la première explo dans cette cavité, tant la grande aiguille de la sinistre horloge tourne de plus en plus vite,mais nous fréquentons la galerie depuis au moins 2 décennies.

Impossible de s'en lasser, tant l'eau qui a forcé le passage dans la galerie principale s'est également insinuée dans des corridors parallèles, parfois plus intimes,toujours splendides.

Cette immersion fut prétexte à en découvrir un nouveau, de toute beauté. Bien sur, il y eu une farce au milieu de la plongée, rappelez-vous de l'esprit des Gouls....

La coupe de la Tannerie. Depuis le 18 février dernier, celle ci doit être enrichie de la plongée de Xavier Méniscus à - 240 m ainsi que celle à - 242 m d'Alexandre Fox. la vidéo de cette plongée est visible ici:   https://vimeo.com/206744743

La coupe de la Tannerie. Depuis le 18 février dernier, celle ci doit être enrichie de la plongée de Xavier Méniscus à - 240 m ainsi que celle à - 242 m d'Alexandre Fox. la vidéo de cette plongée est visible ici: https://vimeo.com/206744743

Nous voilà à pied d'oeuvre, l'Espace ressucitée et la remorque garées le long du chemin. Un plongeur spéléo est déjà là, nous discutons un peu pour faire connaissance. Il est du coin et attend une amie pour aller plonger la Tannerie. Amie, qui, un peu plus tard, se révèlera être Sylvie Jal, que nous connaissons bien. Echange de bises et bavardage continuant, elle en profite pour évoquer ses plongées en cénotes, dont une quelque peu funeste, dont voici une vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=EEO5D6M5_sA

le muret devant la vasque se couvre de matériel, heureusement qu'il est là....

le muret devant la vasque se couvre de matériel, heureusement qu'il est là....

Mais bon son binôme attend dans l'eau , faut y aller et nous on a encore du matériel à préparer.

Scaphandres, recycleurs, propulseur et tout le barda des spéléonautes attendent de trouver leurs places sur les plongeurs.

Scaphandres, recycleurs, propulseur et tout le barda des spéléonautes attendent de trouver leurs places sur les plongeurs.

Gilles et moi seront en recycleur: Joki, bi 10 air et relais 10 l de nitrox 32 en redondance pour lui, Triton, relais 6 et 7 litres air plus relais 10 litres de nitrox 32 pour ma part.

L'ensemble sera trainé par le propulseur Bonex, jusqu'à la distance de 400 m où nous nous séparerons: Gilles continuera motorisé jusqu'au puits à 700 m, que je rejoindrai par une galerie shunt parallèle débouchant à – 25 m dans ce même puits, lieu de notre RDV.

la vasque d'entrée: la galerie démarre immédiatement sur la gauche.

la vasque d'entrée: la galerie démarre immédiatement sur la gauche.

Philippe, lui, la joue "vintage" avec un bi 20 sur le dos et ces 2 inaltérables Cycklon 5000. S'il arrive toutefois à se mettre à l'eau, son sanglage oublié devant sangloter à la maison.... Des sangles de transports trouvées dans la voiture et la remorque se métamorphosent alors en brelage rustique certes, mais opérationnel....Un plongeur spéléo ça prépare tout, mais cela sait aussi improviser...

Philippe, plongeur spéléo bricolo improvisateur farceur, prêt à sauter à l'eau.

Philippe, plongeur spéléo bricolo improvisateur farceur, prêt à sauter à l'eau.

Il compte explorer une autre galerie shunt, s'ouvrant en rive gauche ( donc à main droite dans le sens de progression aller ) à 290 m de l'entrée, passant au dessus de la galerie principale et y retombant à 400 m en rive droite ( donc à main gauche dans le sens de progression, vous suivez toujours ? )

Un dessin étant plus parlant qu'une prose élastique, vous aurez les idées plus claires avec les topos ci dessous:

la topo de la Tannerie: en jaune, le trajet de Philippe par la galerie laérale sup entre 300 et 400m. Couleur marron, l'AR de Gilles au puits et en vert mon parcours via la galerie démarrant à 400 m.

la topo de la Tannerie: en jaune, le trajet de Philippe par la galerie laérale sup entre 300 et 400m. Couleur marron, l'AR de Gilles au puits et en vert mon parcours via la galerie démarrant à 400 m.

les galeries parallèles inférieure & supérieure: elles se rejoigent bien à 400 m, l'une en face de l'autre. Philippe était dans la bleue...

les galeries parallèles inférieure & supérieure: elles se rejoigent bien à 400 m, l'une en face de l'autre. Philippe était dans la bleue...

Après une bonne heure de préparation et de transport de matériel, nous voilà enfin à l'eau. Rapidement équipé, l'ami Philippe nous salue et s'enfonce dans la Tannerie.

Gilles termine sa préparation dans la vasque. le joki est visible à droite.    capture Gopro

Gilles termine sa préparation dans la vasque. le joki est visible à droite. capture Gopro

Une précision: plonger seul en souterraine n'a rien d'exceptionnel et ne nous condamne pas à l'excommunication. L'étroitesse de certains passages rend impossible toute tentative d'assistance, et nous sommes équipés, préparés, entraînés, conditionnés pour plonger seuls.... Ce qui n'exclue pas le partage avec un binôme, quand même !

Gilles passe le porche d'entrée.          Capture Go pro

Gilles passe le porche d'entrée. Capture Go pro

Bref, Philippe parti, nous nous engageons à notre tour dans la cavité: les 120 premiers mètres en forme de laminoir sont éprouvants à franchir, et l'étroiture en bas du canyon se défend toujours un peu, surtout avec un bi dorsal volumineux....

Mais ensuite.....

un plongeur masqué, surgissant au coeur de la nuit, palme vers l'aventure..... mais il ne signe pas son nom de la pointe de l'épée....

un plongeur masqué, surgissant au coeur de la nuit, palme vers l'aventure..... mais il ne signe pas son nom de la pointe de l'épée....

une vidéo dans la galerie shunt de 400 à 700m, le puits principal et le retour.

La galerie est à nous. Courant faible, eau claire, les conditions sont optimales, les voyants passent au vert.

 

Gilles empoigne le Bonex et met les gaz, je m'accroche en passager clandestin pour profiter de la poussée du propulseur. L'équipage ainsi réalisé n'est pas des plus simple à maîtriser, mais nous arrivons assez vite au carrefour des 400 m.

étiquette des 400 m. Dans cette zone débouchent les 2 galeries latérales sup. et inférieure, puis quelques mètres plus loin en rive gauche la galerie secondaire rejoignant le puits.

étiquette des 400 m. Dans cette zone débouchent les 2 galeries latérales sup. et inférieure, puis quelques mètres plus loin en rive gauche la galerie secondaire rejoignant le puits.

mes notes perso sur ce dédale.

mes notes perso sur ce dédale.

Tel un booster de la navette spatiale, je me sépare de Gilles pour lui montrer l'entrée de la galerie en rive gauche ( à ma droite, donc...). Plus étroite, et encore inconnue pour moi, un léger frisson me parcoure l'échine, c'est une "première fois".... Vérification PPO2, pression d'oxygène et des relais, j'allume la caméra et j'entre dans le corridor calcaire. Gilles abandonne le propulseur dans la galerie pour pouvoir filmer mon départ....Que je retarde de quelques instants, histoire de procéder à un rinçage de mes faux-poumons.

départ dans la galerie shunt à 400 m de l'entrée.

départ dans la galerie shunt à 400 m de l'entrée.

Et je pars. Je suis seul à présent, du moins un peu plus qu'avant. Je "déflore" ma galerie, inconnue pour moi jusqu'à présent. Je palme tranquillement dans cette artériole minérale, découvrant la roche nue, les lames acérées, des lumières qui n'existent que sous la terre, en plongée. C'est un voyage, en apesanteur, dans le silence du recycleur. L'esprit se vide, se concentre sur l'essentiel, le fil qui rejoint l'inconnu, la respiration, le palmage ample mais léger, la galerie, qui tourne, monte, redescend, inexistante avant que je ne l'éclaire. Je prends mon temps, pour tenter de graver en mémoire ces coup de gouje sur la roche, ces ripple marks, cette géographie souterraine.

Heureusement que la caméra aura meilleure mémoire que moi.... Très vite en surface, les images se diluent, s'effacent. Il ne reste qu'une impression, une illusion ? À peine une sensation, ça me rappelle une chanson....

 

vol spatial en apesanteur dans l'artère minérale.....

vol spatial en apesanteur dans l'artère minérale.....

Mais bon, pour l'instant, je suis là, et le fil vient de se séparer en 2: main gauche il s'en va dans un laminoir, une autre fois peut être.... Main droite il plonge en suivant la galerie qui décide de rejoindre le puits terminal. Je plonge dans ce précipice inédit, la pression écrase les faux poumons du recycleur, les tympans gémissent... Equilibrer les oreilles, libérer le flow stop du diluant, entendre l'air chuinter dans les sacs et me redonner une inspiration de plus.... A chaque chute au ralenti dans un conduit quasi vertical, toujours ce frisson de plaisir, cette ébauche de sourire aux lèvres ( c'est peut être pour ça qu'on retrouve de l'eau dans le recycleur.....). Le plaisir est là.

D'abord la galerie est magnifique, très découpée, avec des changements d'orientation improbables.

Ensuite je contrôle ma descente et je savoure cette première fois. Encore un coup de palme, et je débouche dans le puits à 700 m de l'entrée. Une flèche en plastique, pointée vers le haut, indique 720 m.... Personne. Tiens Gilles devrait être là.... Il est sans doute descendu.... Un coup d'oeil vers le bas, les voyants sont toujours verts, impossible de résister....

Gilles en équilibre au dessus du puits, sur le point de basculer    capture Gopro

Gilles en équilibre au dessus du puits, sur le point de basculer capture Gopro

Et la chute en apesanteur reprend, en douceur, je passe sur le petit frisson et le plaisir, jusqu'à – 43 m où je passe un peu de temps dans la galerie qui s'évase, pour admirer tous ces "rognons" sombres qui constellent la roche claire, une nuit en négatif.

Descente dans le puits    capture Gopro

Descente dans le puits capture Gopro

Puis vient l'ascension du puits, sans se presser, jusqu'à – 6 m où je m'octroie un palier de sécurité pour le principe, car l'ordinateur ne m'impose rien. C'est là que Gilles me tape sur l'épaule. Il est là. Il remonte bricoler sur la margelle, me tend une ardoise où je ne comprends rien et tente de m'expliquer "un truc" mais je ne pige pas.....Tout ce que je vois, c'est qu'il n'a plus le bonex. Peut être laissé plus loin pour le retour et pour pouvoir prendre des photos...Ou une panne. Dans ma tête je passe en mode "retour à la palme".

Gilles dans la partie verticale toutes lumières en action    cpature Go pro

Gilles dans la partie verticale toutes lumières en action cpature Go pro

Aucun problème. Le recycleur me ramènera sans problème, et même en cas de panne sur ce dernier, les presque 5 m3 de gaz dont je dispose en circuit ouvert sont plus que suffisants. Je prévois large toujours, et je reste donc zen.....

Après un rapide conciliabule muet, Gilles m'explique qu'il descend se faire une explo dans le puits. Je le laisse sonder à son tour dans la partie verticale de la Tannerie et m'installe sur le rebord de la galerie pour l'attendre. J'éteinds les lumières pour économiser un peu, surveille mon HUD, et attend. Tiens un frisson, pas de plaisir, mais de froid... il commence à faire frais, coup d'oeil aux paramètres, 87 minutes dans l'eau à 14°C, normal.

Le puits vient de s'illuminer d'une explosion nucléaire, annonçant le retour de Gilles. Après quelques réajustements de matériel, nous prenons le chemin du retour. A la palme mais toujours zen.

Je commence à me demander ce qui est arrivé au Bonex....

Bizarre.

Arrivé à 400 m, je montre à Gilles le départ de la galerie que j'ai parcourue. Et là, nouveau conciliabule subaquatique, entrecoupé de gestes et de grognements dans l'embout. Et je comprends. Le loco, Gilles l'a laissé dans la galerie principale pour me filmer quand je m'engageais dans le shunt. Après quelques minutes, moi parti, il est revenu là pour constater.... La disparition du propulseur ! Pensant à un faux contact qui l'aurait fait démarrer, il a fait la galerie dans les 2 sens pour tenter de le retrouver, sans succès. Il s'est donc décidé à venir me rejoindre, ce satané loco farceur en tête....

 

Mais que s'est-il passé ?

l'étiquette indiquant le fil équipant la galerie latérale supérieure, parcourue par Philippe.

l'étiquette indiquant le fil équipant la galerie latérale supérieure, parcourue par Philippe.

L'explication mesure un bon mètre quatre vingt cinq, possède une tignasse argentée et un discours volubile. Vous l'avez reconnu ?

 

L'ami Philippe a parcouru la galerie shunt supérieure, s'est retrouvé dans la galerie et encore détenteur d'une autonomie plus que raisonnable, est allé au puits à 700 m. Au retour, à 400 m, il tombe sur le loco posé par Gilles, mais non attaché sur le fil comme il est d'usage. Le départ du shunt est peu visible dans le sens retour, et Philippe ne nous a donc pas vu. La suite, c'est Philippe qui vous la raconte:

" Comme vous l'a écrit Stéphane, me voici donc vers 400m. en direction de la sortie, et je tombe sur le loco de Steph, posé sur le fil, non attaché.... et là c'est le gros point d'interrogation... le gros doute qui s'installe.

Que fait ce zeep là ? pourquoi ? qu'est-ce que cela veut dire ?

Première idée qui me traverse l'esprit. Steph a eu un soucis, et dans l'urgence a abandonné le zeep... il n'a même pas pris le temps de l'attacher... y avait urgence... flutte... bon, je le ramène.

Seconde idée plus cool : ils ont fait une bonne plonge, et au retour, ils se sont dit : tiens, on va faire plaisir à Philippe et lui laisser le zeep, il va pouvoir s'amuser avec, et nous rejoindre sur le retour... bon, je le ramène.

Mais une autre idée un peu improbable me vient, ils sont quelque part, et vont chercher le zeep.... mais non ! impossible ! on est nulle part, il n'y a aucune galerie ici... il y a forcément autre chose... bref : ramène le zeep...

Tu auras l'air bien bête si dans la vasque, Steph te demande : alors le zeep ? c'est cool ? et que tu lui réponds, ben... je l'ai laissé au fond...

Et pour finir, une plongée au zeep, se calcule sans , et on le prend comme sécu... si on calcule le zeep dans la planification de la plongée, c'est simple : on en prend deux... oui, çà fait du barda ! mais la sécurité est à ce point.

Bref, j'aurais pas dû le prendre, la prochaine fois il faudra bien convenir d'un code pour indiquer, matériel laissé là volontairement : ne pas toucher... ou au contraire : allez, tu peux le prendre...

Car ce zeep m'a plus embêté qu'autre chose au retour, si j'avais su.... j'laurai pas pris..."

Philippe dans la vasque, mijotant sa farce........

Philippe dans la vasque, mijotant sa farce........

Philippe a donc choisi de rentrer motorisé, se demandant à chaque minute s'il avait bien fait.... et nous pendant ce temps là, on rentrait en se demandant qui avait bien pu nous "voler" le loco.....Bon, j'avais bien une petite idée.....

Bien fait pour nous, la prochaine fois on se briefera mieux, pour éviter ce genre de gag....

le profil de la plongée

le profil de la plongée

Gilles négocie l'étroiture en baionnette juste après le canyon. la sortie n'est plus loin.     capture gopro

Gilles négocie l'étroiture en baionnette juste après le canyon. la sortie n'est plus loin. capture gopro

177 minutes de plongée donc en final, avec pour ma part 500 litres de gaz consommé. À part le loco voyageur, le triton a tritonné, le joki jokérisé et les détendeurs ont bullé... bref, excellent.

 

Très belle plongée, avec cette nouvelle galerie entre 400 et 700 m qu'il nous faudra redécouvrir. Mes camarades y songent déjà, tellement j'ai du sortir les yeux pleins d'étoiles dans la vasque.Pas de soucis, comme un long serpent figé et lové dans son obscurité, elle nous attend...

En aparté, comment rentrer en cas de défaillance matériel:

 

Sous terre, impossible de remonter en surface directement comme en eau libre, il faut parcourir en sens inverse la galerie. A 700 m de l'entrée, comment être certain de rentrer à la maison en cas de panne ? Et sous terre, le matériel souffre, peine, s'use, fatigue et parfois flanche....

En circuit ouvert, l'approche européenne est d'utiliser 2 scaphandres indépedants, avec des blocs non reliés: la fuite sur l'un n'entame pas la réserve de l'autre. On respire alternativement sur l'un et l'autre, tous les 20 bars et fait demi tour lorsqu'e le quart de chaque bloc est respiré:

 

Ainsi en cas de panne sur un scaphandre, il me reste assez de gaz sur la seconde bouteille pour rentrer. On peut aggraver cette règle, en appliquant celle des 5ème.

Pour une galerie de plus.....
Pour une galerie de plus.....

reprenons l'exemple de Philippe, arrivé sur ses quarts, soit 150 bars dans chaque bloc, il a consommé 50 x 20 x 2 soit 2000 litres d'air. Il fait demi tour avec 150 x 20 x 2 soit 6000 litres d'air pour rentrer. Si à ce moment de sa plongée, un détendeur le lâche, ou qu'une fuite important survient, il perd une bouteille de 20 litres, il lui reste l'autre soit 150 x 20 = 3000 litres pour rentrer, et donc 1 m3 d'air supplémentaire.

Pour une galerie de plus.....

En recycleur, les choses se compliquent un peu. Nos machines nous offrent au bas mot 3 heures d'autonomie quelque soit la profondeur, si une panne survient, on perd 3 heures d'un coup ! Plusieurs options sont possibles, nous avons choisi une redondance en circuit ouvert, c'est à dire d'emporter suffisemment de gaz pour rentrer en faisant des bulles.

Fin de plongée pour Stéphane, les blocs de secours sont visibles.

Fin de plongée pour Stéphane, les blocs de secours sont visibles.

Comment calculez ce volume ?

 

Dans le cas de la tannerie, on considère une profondeur moyenne de 10 m pour faire simple. Un plongeur à la palme évolue à environ à 15 m/min. Pour revenir de 700 m il me faut donc 700/15 = 47 minutes. Prenons 30 litres par minute pour la consommation en surface, elle devient 60 litres par minute à 10 m. J'ai donc besoin de 60 x 47 = 2820 litres de gaz pour rentrer.

En recycleur, la plus mauvaise surprise serait une hypercapnie, un essoufflement causé par la défaillance de la chaux. On considère, pour pouvoir récupérer de cette difficulté, 10 minutes de respiration en ouvert: on rajoute donc 10 x 60 soit 600 litres de plus à ma quantité de gaz nécessaire, soit 3420 litres.

Franck Vasseur, dans son ouvrage " Manuel Technique de plongée souterraine" aux éditions Ulmer applique à tout cela un coefficient de sécurité de 1,5.

 

voici donc la formule magique : Vol de gaz = Pression ambiante x ( 10 min de "sanity breath" + temps de retour ) x 30 l/min x 1,5.

Dans mon exemple de demi-tour à 700 m, cela donne 2 x ( 10 + 47 ) x 30 x 1,5 = 5130 litres.

 

Ce volume n'intègre pas les paliers éventuels, si d'aventure, en descendant dans le puits, la déco venait à s'inviter dans l'équation. Si je prévoie des paliers, je rajoute la quantité de gaz nécessaire.

un coup de main apprécié pour sortir le matériel de l'eau. merci Daniel !

un coup de main apprécié pour sortir le matériel de l'eau. merci Daniel !

Et comme le dit Philippe, le propulseur n'entre pas en ligne de compte, nous programmons un retour à la palme. Si le loco est en état de marche, il permet de rentrer plus vite mais ne diminue pas les volumes de gaz à emporter. Ou alors on en prend 2.....

Voilà dressée dans les très grandes lignes la planification en gaz sous terre, très vite cela se complique et vire au casse-tête. Mais pour pouvoir apprécier ses plongées il faut pourvoir revenir pour en parler, donc.......cogitum !

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commentaires

Angeline 09/05/2017 21:36

j'aime me promener ici. un bel univers. vous pouvez visiter mon blog (cliquez sur pseudo)