Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 18:31

Compte rendu de la sortie ASSP Plongée à Bormes les Mimosas du 23 au 25 octobre 2020

De gauche à droite, debout: Florence, Hervé,Edgar, Sylvain, Gilles, Alexandre,Philippe. De gauche à droite, assis: Jérôme, Stéphane, Lara, Maryline. Au loin, la Gabinière.

De gauche à droite, debout: Florence, Hervé,Edgar, Sylvain, Gilles, Alexandre,Philippe. De gauche à droite, assis: Jérôme, Stéphane, Lara, Maryline. Au loin, la Gabinière.

Organisateur : Sylvain Dupuy

Participants : Joelle Dupuy, Pascal Meygret, Lara Meygret, Stéphane Simonet, Alexandre Simonet, Edgar Royon, Florence Royon, Hervé Lichtfouse, Maryline Gueydon, Philippe Moya, Gilles Froment, Jérôme Froment


 

Accompagnants : Isabelle Froment, Pierre Alexandre Gueydon, Geneviève Sansoni-Simonet, Odile Meygret, Françoise Lichtfouse, Ambre et Jade Dupuy.

 

les photos identifiées GF sont de Gilles Froment, FR de Florence Royon

Par ces temps troublés, rien n’est certain, pas même ce RDV séculaire qu’est la sortie à Bormes : allions nous tracer notre sillage sur l’Arsinoé et gouter aux délices de l’HDLP ? Même le GO, d’habitude inébranlable laissait paraitre son inquiétude. Il fallait y croire, nous y avons cru, et même masqués sous l’eau comme en surface, le week end attendu fut encore une fois une réussite. Et au milieu des palanqués en déroute, des incidents divers et d’une mer parfois vigoureuse, l’ASSP fut à la hauteur de sa réputation. Mais revenons au début de l’histoire…

l'exploration reste le crédo de l'ASSP Plongée, dans le bleu comme ailleurs....    GF

l'exploration reste le crédo de l'ASSP Plongée, dans le bleu comme ailleurs.... GF

un bouquet d'anémones jaunes encroutantes Parazoanthus axinellae. Cette espèce est microphage, zoophage prédateur. Le courant apporte des proies microscopiques du zooplancton principalement. Si celles-ci frôlent les tentacules, les cnidocytes (cellules urticantes) des anémones déployées, piquent la proie, et lui injectent un poison. La proie est ensuite amenée jusqu'à la bouche puis digérée.  GF

un bouquet d'anémones jaunes encroutantes Parazoanthus axinellae. Cette espèce est microphage, zoophage prédateur. Le courant apporte des proies microscopiques du zooplancton principalement. Si celles-ci frôlent les tentacules, les cnidocytes (cellules urticantes) des anémones déployées, piquent la proie, et lui injectent un poison. La proie est ensuite amenée jusqu'à la bouche puis digérée. GF

C’est à 11h30 ce vendredi 23 octobre que RDV nous était fixé à l’Hôtel de la Plage pour débuter notre sortie. Et tous furent là à l’heure dite… Sauf peut être certains, qui trahit par un GPS et une conduite en mode automatique s’égarèrent un peu dans d’autres contrées plus sauvages…. Ils rallièrent néanmoins avec un peu de retard le gros de la troupe, suffisamment à temps pour prendre le taxi vers la première plongée du séjour.

Pascal, Gilles et Lara pour la première immersion du WE, sur la pointe de la Galère.      photo extraite Paralenz

Pascal, Gilles et Lara pour la première immersion du WE, sur la pointe de la Galère. photo extraite Paralenz

1ere plongée et comme à chaque fois, un désordre indescriptible règne sur le quai et le local d’Aquabormes….3 clubs se partagent la structure, les sacs se déversent dans les « cageots » ( souvenez vous de la sortie précédente), il manque des blocs, des nitrox apparaissent, des analyses débutent, on court après un détendeur de secours là, des blocs arrivent du bord d’Arsinoé qui rentre de la rotation précédente, il faut vider le bateau, récupérer pour certains un bloc plein, trouver sa place…..Pour un DP normal, c’est à devenir fou, de quoi tourner en rond les yeux hagards, du tranxène plein la bouche…. Mais le nôtre de DP, il en a vu d’autres…. Les palanqués sont formées, les emplacements sur le bateau (arrière tribord) trouvés… Et tout trouve sa place : on va partir, direction la pointe de Montrémian, pour y prendre notre forfait… (celui qui trouve le rapport a gagné…)

ce serran écriture  Serranus scriba pose au dessus d'un adéonelle Adeonella calveti et d'une éponge encroutante bleuâtre Phorbas tenacior   GF

ce serran écriture Serranus scriba pose au dessus d'un adéonelle Adeonella calveti et d'une éponge encroutante bleuâtre Phorbas tenacior GF

Impressionnant, le DP, non ?   photo extraite Paralenz

Impressionnant, le DP, non ? photo extraite Paralenz

En cours de route, notre DP président retrouve des adhérents de son tout premier club, le Sub Aqua Gone. Tout content d’échanger de vieux souvenirs, il engage la conversation….

voici un chapon Scorpaena scrofa: Les rascasses sont connues pour les douloureuses piqures de leurs épines venimeuses. Les épines sont dorsales  , céphaliques, operculaires, pectorales, pelviennes et anales. Une glande à venin est située dans l’épine elle même, creuse et recouverte de peau fine. Il n’y a pas de canal excréteur. L’appareil venimeux des rascasses est uniquement utilisé pour la défense, et la victime s’injecte elle même le venin par pression sur l’épine. .Comme tous les venins des rascasses, celui-ci est thermolabile. Une source de chaleur supérieure ou égale à 50 °C, à proximité, ou sur la zone envenimée, détruit les principes actifs du venin.   GF

voici un chapon Scorpaena scrofa: Les rascasses sont connues pour les douloureuses piqures de leurs épines venimeuses. Les épines sont dorsales , céphaliques, operculaires, pectorales, pelviennes et anales. Une glande à venin est située dans l’épine elle même, creuse et recouverte de peau fine. Il n’y a pas de canal excréteur. L’appareil venimeux des rascasses est uniquement utilisé pour la défense, et la victime s’injecte elle même le venin par pression sur l’épine. .Comme tous les venins des rascasses, celui-ci est thermolabile. Une source de chaleur supérieure ou égale à 50 °C, à proximité, ou sur la zone envenimée, détruit les principes actifs du venin. GF

Cet oursin est un oursin granuleux Sphaerechinus granularis: Oursin émoussé... il ne pique pas... ou alors il faut vraiment insister !   GF

Cet oursin est un oursin granuleux Sphaerechinus granularis: Oursin émoussé... il ne pique pas... ou alors il faut vraiment insister ! GF

le même, cotoyant une éponge encroutante bleuâtre Phorbas tenacior et une éponge pierre Petrosi ficiformis   GF

le même, cotoyant une éponge encroutante bleuâtre Phorbas tenacior et une éponge pierre Petrosi ficiformis GF

Arrivé sur zone, il s’avère que 3 bateaux se sont déjà positionnés sur la pointe, et Vincent décide de nous éloigner de ce jacuzzi en nous emmenant sur la pointe de la galère, plongée de ré adaptation traditionnelle du séjour. Avec un 12 litres de nitrox 32 sur le dos, je décide avec Alex de rejoindre la pointe en surface, avant de m’immerger au bout de l’arête rocheuse. A peine immergé nous croisons une dorade monstrueuse, première d’une longue série. Après quelques coups de palme au-dessus de l’herbier de posidonies, le tombant apparait. Je fais exécuter à Alex lâcher et reprise d’embout, vidage de masque, et nous nous laissons couler le long de la paroi, riche en gorgones, vie fixée et faune diverses.

cette fleur est un animal, de l'orde des nudibranches: une flabelline mauve Flabellina affinis. fait partie des espèces capables de recycler les cnidocytes immatures des polypes qu'elles ingèrent pour en faire des armes défensives sécrétées au niveau des cnidosacs.   GF

cette fleur est un animal, de l'orde des nudibranches: une flabelline mauve Flabellina affinis. fait partie des espèces capables de recycler les cnidocytes immatures des polypes qu'elles ingèrent pour en faire des armes défensives sécrétées au niveau des cnidosacs. GF

autre espèce, la coryphelle mauve  Edmundsella pedata. Une partie des nudibranches utilisant, comme la coryphelle, des moyens de défense très efficaces (recyclage de cnidocytes, spicules pointus, acides...), doublent ce système de protection d'un moyen de dissuasion parfait en « prévenant » d'éventuels agresseurs de leur dangerosité. Pour ceci, ils portent souvent des robes très colorées que l'on appelle tenues aposématiques.  GF

autre espèce, la coryphelle mauve Edmundsella pedata. Une partie des nudibranches utilisant, comme la coryphelle, des moyens de défense très efficaces (recyclage de cnidocytes, spicules pointus, acides...), doublent ce système de protection d'un moyen de dissuasion parfait en « prévenant » d'éventuels agresseurs de leur dangerosité. Pour ceci, ils portent souvent des robes très colorées que l'on appelle tenues aposématiques. GF

dés l'immersion nous croisons 3 dorades Spondyliosoma cantharus:On la retrouve sur l'étal des poissonniers sous le nom de dorade grise, ce qui peut induire en erreur le consommateur qui pourrait croire acheter de la daurade royale (Sparus aurata) à un prix plus abordable   GF

dés l'immersion nous croisons 3 dorades Spondyliosoma cantharus:On la retrouve sur l'étal des poissonniers sous le nom de dorade grise, ce qui peut induire en erreur le consommateur qui pourrait croire acheter de la daurade royale (Sparus aurata) à un prix plus abordable GF

un sar à tête noir Diplodus vulgaris photographié en gros  plan par Gilles

un sar à tête noir Diplodus vulgaris photographié en gros plan par Gilles

Stéphane et Alex sur la pointe de la Galère, par - 28 m.    photo extraite Paralenz

Stéphane et Alex sur la pointe de la Galère, par - 28 m. photo extraite Paralenz

une mostelle Phycis phycis se cache sous un surplomb.     GF

une mostelle Phycis phycis se cache sous un surplomb. GF

Gros plan de ce poisson recherché par les gourmets, et dont les otolithes ( organes servant à l'équilibre) sont montés en bijou.     GF

Gros plan de ce poisson recherché par les gourmets, et dont les otolithes ( organes servant à l'équilibre) sont montés en bijou. GF

image rare d'une murène Muraena helena en pleine eau. on la croise généralement à trou, embusquée. Malgré sa mauvaise réputation, elle n’est pas agressive, mais La morsure peut être dangereuse, car la salive contient des sécrétions à action digestive, hémolytique et neurotoxique. De plus, il y a surinfection due aux souillures alimentaires interdentaires en putréfaction qui ralentit la cicatrisation.  GF
image rare d'une murène Muraena helena en pleine eau. on la croise généralement à trou, embusquée. Malgré sa mauvaise réputation, elle n’est pas agressive, mais La morsure peut être dangereuse, car la salive contient des sécrétions à action digestive, hémolytique et neurotoxique. De plus, il y a surinfection due aux souillures alimentaires interdentaires en putréfaction qui ralentit la cicatrisation.  GF

image rare d'une murène Muraena helena en pleine eau. on la croise généralement à trou, embusquée. Malgré sa mauvaise réputation, elle n’est pas agressive, mais La morsure peut être dangereuse, car la salive contient des sécrétions à action digestive, hémolytique et neurotoxique. De plus, il y a surinfection due aux souillures alimentaires interdentaires en putréfaction qui ralentit la cicatrisation. GF

Ses narines tubulaires dépassant du museau sont bien visibles et munies de cils vibratiles qui assurent la circulation d’eau sur les terminaisons nerveuses olfactives. Ses opercules mous et dilatables laissent apparaître de petits orifices branchiaux. GF

Ses narines tubulaires dépassant du museau sont bien visibles et munies de cils vibratiles qui assurent la circulation d’eau sur les terminaisons nerveuses olfactives. Ses opercules mous et dilatables laissent apparaître de petits orifices branchiaux. GF

Retour à bord d'Arsinoé pour Pascal        GF

Retour à bord d'Arsinoé pour Pascal GF

Nous stoppons la descente à – 28 m, pour éviter de trop consommer et contournons l’arête pour revenir vers le bateau. Nous croisons Sylvain et Hervé, puis des œufs de roussette bien agrippés à leur gorgone. De retour dans la zone de désaturation, je m’amuse à retrouver le bateau en restant en pleine eau. Bingo ! Après quelques minutes de palier, nous émergeons. Cette jolie plongée a tenue ses promesses, tout le monde est ravi. Retour au port, dés équipement et tout le monde file à la douche. Nous sommes debout pour la plupart depuis 5 h du matin mais pas question de mollir : le couvre-feu en vigueur dès demain nous impose d’avancer l’assemblée générale, mainte fois repoussée, à ce soir.

Philippe de retour de son immersion     FR

Philippe de retour de son immersion FR

Heureusement que l'on reprend vite des forces à l'HDLP pour suivre ce rythme infernal !    photo Stéphane Simonet

Heureusement que l'on reprend vite des forces à l'HDLP pour suivre ce rythme infernal ! photo Stéphane Simonet

Le repas terminé, j’installe avec Sylvain et Françoise, ordinateur, vidéo projecteur et télévision pour présenter la réunion.

À l’heure dite, tout le monde s’installe devant le bureau réuni.

Tout le monde se retrouve donc pour cette AG, une première à l'HDLP    GF

Tout le monde se retrouve donc pour cette AG, une première à l'HDLP GF

Compte rendu de l’AG du 23 octobre à Bormes, saison 2019-2020 & 2020-2021

Nous sommes 15 présents et 5 représentés soit 20 personnes sur 23 adhérents, le quorum est donc atteint.

Une présentation en vidéo introduit la séance et le mot du président qui remercie chaleureusement les participants. Le bilan de la saison est présenté, avec 2 sorties en mer, 6 sorties spéléo, la traversée de Lyon à la palme et une sortie lac, soit 112 immersions, ce qui représente environ 50 % de moins qu’habituellement, des sorties ayant été annulées ( Estartit par exemple, ainsi que les entraînements en fosse)

le bilan de la saison 2019 2020 en image ( bande son Hot blood Kaléo)

Le trésorier étant excusé, le président présente ensuite dans le détail le bilan comptable, avec un solde au 22 octobre 2020 de 5413.17 euros, somme importante liée aux activités suspendues par le Covid.

Le bureau décide de désigner Daniel Lehmann comme membre d'honneur,eu égard aux nombreuses 
années passées à l'ASSP mais aussi à la FFESSM, au comité RABA et comme plongeur opérationnel.

Quitus est donné par l’assemblée à l’unanimité tant au bilan moral que financier.

Les sorties prévues sont annoncées ( sous réserve bien sûr de l'évolution de la crise sanitaire)

- WE du 4 & 5 avril 2021 sur Marseille ( Didier et Hervé)

- du 6 au 9 mai 2021 à Estartit ( Gilles et Pascal)

- du 24 au 26 septembre 2021 à Agay ( Stéphane)

- du 22 au 24 octobre 2021 à Bormes ( Sylvain)

Le bureau démissionne ensuite dans son ensemble, pour être ré élu dans le même format. Le président souligne néanmoins qu’après 12 ans de présidence, il souhaite passer la main à quelqu’un d’autre. Il termine donc cette saison et ne se représentera pas en 2021. Appel est lancé à l’assemblée pour commencer à réfléchir sur un prochain bureau et une nouvelle organisation.

 

le bureau ré élu, les masques sont enlevés seulement pour la photo !

le bureau ré élu, les masques sont enlevés seulement pour la photo !

Pour conclure cette assemblée générale le film de la sortie de Cavalaire est présenté, et tout le monde rejoint son lit après cette longue journée.

la carte de notre terrain de jeu du WE.

la carte de notre terrain de jeu du WE.

des plongeurs heureux !   FR

des plongeurs heureux ! FR

Samedi 24 octobre.

tous furent au RDV de ce week end, y compris ces superbes corbs Sciaena umbra. Comme la mostelle citée plus haut, la chair du corb est excellente et ses otolithes surdimensionnés (1 cm² environ) font de ce poisson une espèce très recherchée des pêcheurs et chasseurs. Otolithe signifie " pierre d'oreille ", ces pierres se trouvent dans le crâne du poisson, juste à l'arrière du cerveau, elles ne sont pas reliées au crâne du poisson, mais flottent librement derrière le cerveau, dans les conduits de l'oreille interne. Il s'agit de pièces calcifiées en contact avec le cerveau qui permettent au poisson de se situer dans son milieu. Ce poisson est protégé par un moratoire depuis 2014.     GF

tous furent au RDV de ce week end, y compris ces superbes corbs Sciaena umbra. Comme la mostelle citée plus haut, la chair du corb est excellente et ses otolithes surdimensionnés (1 cm² environ) font de ce poisson une espèce très recherchée des pêcheurs et chasseurs. Otolithe signifie " pierre d'oreille ", ces pierres se trouvent dans le crâne du poisson, juste à l'arrière du cerveau, elles ne sont pas reliées au crâne du poisson, mais flottent librement derrière le cerveau, dans les conduits de l'oreille interne. Il s'agit de pièces calcifiées en contact avec le cerveau qui permettent au poisson de se situer dans son milieu. Ce poisson est protégé par un moratoire depuis 2014. GF

Nous avons RDV à 10h au club, ce qui, après une nuit qui a joué à «retour vers le futur » ( changement d’heure, les aiguilles ont reculé vers le passé) est ma foi fort agréable, surtout avec le petit déjeuner de l’HDLP, à la hauteur des repas de midi et du soir.

L’épave du Grec, ou Sagona, est au programme. Mais là encore, le plongeur propose, la mer dispose. La houle a entrainé les balises de surface vers le fond, le courant, trop violent, ne permet pas de plonger en sécurité sur le site. Vincent décide de remplacer cette immersion sur ferraille par une plongée sur la Gabinière. Bien lui en a pris, la plongée du lendemain sur ce Grec, sera suffisamment rock’n’roll, j’y reviendrai…

Stéphane, toujours très inspiré, teste une nouvelle stab technique.....   GF

Stéphane, toujours très inspiré, teste une nouvelle stab technique..... GF

La Gabinière ne nous a jamais déçu, les mérous bruns Epinephelus marginatus y sont toujours accueillant !   GF

La Gabinière ne nous a jamais déçu, les mérous bruns Epinephelus marginatus y sont toujours accueillant ! GF

Donc nous traçons notre sillage dans une mer hachée vers Port Cros, pour enfin laisser Port Man à tribord et Héliopolis sur notre bâbord, signe que le rocher de la Gabinière n’est plus loin. Et en effet, sous le vent de l’ilot, une mince zone de mer calme nous met à l’abri du vent. Étroite, la zone, et les consignes sont données en insistant bien sur le fait qu’il faut y rester, à l’abri, sans sortir du tombant…

C'est une espèce patrimoniale, indicatrice de la qualité du milieu, et surtout un signe que la chaîne alimentaire qui le précède est en bonne santé, lui étant le prédateur de plus haut niveau: on voit bien les dents pointues du poisson sur cette photo !   GF

C'est une espèce patrimoniale, indicatrice de la qualité du milieu, et surtout un signe que la chaîne alimentaire qui le précède est en bonne santé, lui étant le prédateur de plus haut niveau: on voit bien les dents pointues du poisson sur cette photo ! GF

outre les mérous, les barracudas ou bécunes à bouche jaune Sphyraena viridensis sont aussi bien présents sur la Gabinière.   GF

outre les mérous, les barracudas ou bécunes à bouche jaune Sphyraena viridensis sont aussi bien présents sur la Gabinière. GF

il y a tant de choses à voir dans le bleu qu'on en oublierait de regarder sous les surplombs rocheux...c'est dommage car on raterait cette oscarella lobularis.Comme tous les spongiaires, cette espèce est un animal très simple ne présentant pas de tube digestif et peu ou pas de cellules nerveuses. Elle ne se rétracte donc pas quand on la touche. Elle présente une couche de cellules externes (l'ectoderme) et une couche de cellules interne (l'endoderme), séparées par une sorte de gélatine (la mésoglée). La cavité gastrique ou cavité interne (atrium*) est tapissée de cellules ciliées (les choanocytes*, caractéristiques des spongiaires) dont les flagelles créent un courant d'eau.   GF

il y a tant de choses à voir dans le bleu qu'on en oublierait de regarder sous les surplombs rocheux...c'est dommage car on raterait cette oscarella lobularis.Comme tous les spongiaires, cette espèce est un animal très simple ne présentant pas de tube digestif et peu ou pas de cellules nerveuses. Elle ne se rétracte donc pas quand on la touche. Elle présente une couche de cellules externes (l'ectoderme) et une couche de cellules interne (l'endoderme), séparées par une sorte de gélatine (la mésoglée). La cavité gastrique ou cavité interne (atrium*) est tapissée de cellules ciliées (les choanocytes*, caractéristiques des spongiaires) dont les flagelles créent un courant d'eau. GF

cette éponge encroutante orange Crambe crambe se nourrit par filtration de micro-organismes, bactéries et algues uni-cellulaires. elle cotoie en bas à droite de l'image des clavelines naines ( jaunes) Pycnoclavella nana    GF

cette éponge encroutante orange Crambe crambe se nourrit par filtration de micro-organismes, bactéries et algues uni-cellulaires. elle cotoie en bas à droite de l'image des clavelines naines ( jaunes) Pycnoclavella nana GF

sur cette autre photo, on distingue une algue étrange :une caulerpe cylindracée Caulerpa cylindracea. Les Caulerpes, produisent des métabolites secondaires toxiques (sesquiterpènes) de défense qui ont des activités anti-microbiennes (rôle dans la cicatrisation) et limitent l'épiphytisme ( type de relation où un organisme vit à la surface d'un végétal dont il se sert comme support ou point d'ancrage, et sans qu'il y ait parasitisme) et le broutage bien que certains prédateurs puissent la consommer    GF

sur cette autre photo, on distingue une algue étrange :une caulerpe cylindracée Caulerpa cylindracea. Les Caulerpes, produisent des métabolites secondaires toxiques (sesquiterpènes) de défense qui ont des activités anti-microbiennes (rôle dans la cicatrisation) et limitent l'épiphytisme ( type de relation où un organisme vit à la surface d'un végétal dont il se sert comme support ou point d'ancrage, et sans qu'il y ait parasitisme) et le broutage bien que certains prédateurs puissent la consommer GF

Je saute à l’eau avec Lara, qui sera chef de palanqué pour cette immersion. Elle nous mènera sans problème jusqu’à -32 m pour pister un mérou, respectant les paramètres prévus. Nous ferons ainsi un aller-retour sur la paroi, au milieu des mérous, barracudas, dorades et autres sars….Elle ne déçoit jamais, cette Gabinière. Lara non plus, qui fit une plongée impeccable. Sortie à l’endroit prévu, après 45 minutes de bonheur. Je cherche Arsinoé, que j’aperçois bien au-delà du rocher protecteur en train de se faire secouer comme un prunier…

voici une éponge pierre Petrosia ficiformis: elle tuent son nom de sa consistance dure au toucher. Elle synthétise des substances chimiques toxiques (par exemple des polyacétylènes) qui sont récupérées par son prédateur Peltodoris atromaculata (doris dalmatien) qui s'en sert comme moyen de défense.   GF

voici une éponge pierre Petrosia ficiformis: elle tuent son nom de sa consistance dure au toucher. Elle synthétise des substances chimiques toxiques (par exemple des polyacétylènes) qui sont récupérées par son prédateur Peltodoris atromaculata (doris dalmatien) qui s'en sert comme moyen de défense. GF

Sylvain et Alexandre : cette plongée sur la Gabinière permis la validation du N2 du jeune homme, et ça c'est bien passé !   GF

Sylvain et Alexandre : cette plongée sur la Gabinière permis la validation du N2 du jeune homme, et ça c'est bien passé ! GF

Pascal observe 2 sars: un sar commun Diplodus sargus à gauche et un sar à tête noir Diplodus vulgaris à droite.   GF

Pascal observe 2 sars: un sar commun Diplodus sargus à gauche et un sar à tête noir Diplodus vulgaris à droite. GF

prompt à se réfugier dans son tube, ce protule lisse Protula tubularia peut se trouver au delà de 100 m de profondeur.   GF

prompt à se réfugier dans son tube, ce protule lisse Protula tubularia peut se trouver au delà de 100 m de profondeur. GF

Des plongeurs, (imprudents ?) ont fait surface trop loin, et subissent les assauts de la houle. Pas facile de remonter dans cette mer formée avec tout le matériel sur le dos…Nous patientons jusqu’à ce qu’Arsinoé viennent nous chercher. Ces plongeurs rebelles seraient-ils de chez nous ? que nenni !! tous les plongeurs du club ont respecté le mot d’ordre et géré l’orientation, nous sommes tous sortis au bon endroit…

Pendant que d'autres se perdent et sortent loin de la zone de récup, Pascal joue avec un poulpe Octopus vulgaris. Les bras ou tentacules très souples, préhensiles peuvent porter jusqu'à 240 ventouses. Ces dernières constituées de parois musculaires cylindriques et d'un disque souple radié, assurent une adhérence parfaite sur tous les supports.  GF

Pendant que d'autres se perdent et sortent loin de la zone de récup, Pascal joue avec un poulpe Octopus vulgaris. Les bras ou tentacules très souples, préhensiles peuvent porter jusqu'à 240 ventouses. Ces dernières constituées de parois musculaires cylindriques et d'un disque souple radié, assurent une adhérence parfaite sur tous les supports. GF

REMARQUE n°1

Les consignes données par le patron du bateau sont toujours pertinentes, et doivent toujours être respectées. Dans le cas présent, sortir en dehors de la zone abritée soumet les plongeurs au risque de partir en dérive, oblige le bateau à les récupérer dans des conditions difficiles, avec des risques de blessures, et forcent les autres, qui ont respecté l’obligation de sortir au bon endroit à patienter en surface. Et que se passerait il si l’un d’entre eux avait besoin d’assistance à ce moment là ?

L’orientation, en plongée, n’est pas toujours qu’une question de confort, pour sortir pile poil sous le bateau, c’est aussi une question de sécurité.

Gilles, toujours attentif au briefing et aux conditions de plongée    photo extraite Paralenz

Gilles, toujours attentif au briefing et aux conditions de plongée photo extraite Paralenz

Bref, l’ASSP se distingue dans le bon sens, d’autant que nous aidons, Sylvain en tête, les derniers plongeurs à monter à bord. Certains, en vêtement étanche, un relais de nitrox au flanc, peine à gravir l’échelle pourtant parfaitement ergonomique d’Arsinoé. Nous décrochons des relais, ôtons des palmes, guidons les malhabiles vers une place libre. Sylvain évite de peu une catastrophe, en signalant au pilote un plongeur en fin de décompression s’approchant sans sac palier de l’arrière du bateau.

Sylvain et Stéphane aide un plongeur à se débarrasser de son relais de nitrox     FR

Sylvain et Stéphane aide un plongeur à se débarrasser de son relais de nitrox FR

REMARQUE n°2

Signaler sa présence avec son sac palier n’est pas une option : sans cet accessoire, vous ne serez pas visible, donc pas vu. Lors d’une manœuvre de récupération, vous êtes à la merci d’une hélice ou d’une échelle immergée. Savoir utiliser et mettre en place son parachute de palier est indispensable, et s’il n’y a qu’un sac par palanqué, les plongeurs doivent rester groupé. Et comme on ne fait bien que ce que l’on fait souvent, entrainons-nous régulièrement à envoyer notre sac !

Pascal maintient son sac palier en surface, pour se faire repérer par Arsinoé, en arrière plan.       GF

Pascal maintient son sac palier en surface, pour se faire repérer par Arsinoé, en arrière plan. GF

Stéphane aide Pascal à enlever ses appendices palmés...... FR

Stéphane aide Pascal à enlever ses appendices palmés...... FR

Fin de plongée, Sylvain sur la plage arrière avec la Gabinière en arrière plan   FR

Fin de plongée, Sylvain sur la plage arrière avec la Gabinière en arrière plan FR

Tous les plongeurs finissent par regagner le bord. À cette heure, nous ne savons pas encore que nous venons de vivre le prélude de ce qui va arriver le lendemain… Répétition avant la Générale ! Arsinoé met les gaz pour rentrer au port, et nous nous mettrons à table vers 13h45….merci l’HDLP !

retour agité sur le plan d'eau,  ça mousse !  de gauche à droite Stéphane, Alex et Sylvain     FR

retour agité sur le plan d'eau, ça mousse ! de gauche à droite Stéphane, Alex et Sylvain FR

L’après-midi, vu la météo, petite plongée tranquille au cap Bénat, autour d’un petit rocher sur 20 m de fond. Quelques nacres mortes jonchent le fond, heureusement qu’il y a du poisson. Retour à l’hôtel, repas terminé avant le couvre-feu, et petite séance de méditation menée par Geneviève en petit comité au salon, respect des gestes barrières oblige ! Le niveau monte, à l’ASSP… Pendant ce temps là, je discute technique avec le président…

Hervé, toujours content, avant sa successive de l'après midi.   photo extraite Paralenz

Hervé, toujours content, avant sa successive de l'après midi. photo extraite Paralenz

Edgar saute d'Arsinoé au Cap Bénat     photo extraite Paralenz

Edgar saute d'Arsinoé au Cap Bénat photo extraite Paralenz

ce béret basque Codium bursa est une algue verte. L'intérieur de la boule est riche en cyanobactéries rougeâtres.   GF

ce béret basque Codium bursa est une algue verte. L'intérieur de la boule est riche en cyanobactéries rougeâtres. GF

voici des castagnoles Chromis chromis, compagnons réguliers de nos plongées. Chromis chromis est présent entre 0 et 50 m de profondeur. En saison chaude, les castagnoles sont diurnes. Elles vivent en bancs près de la surface et près de la côte en zone rocheuse ou sur les herbiers de posidonie. En saison froide, les bancs s'éloignent du bord pour descendre à des profondeurs où la température ne descend pas au dessous de 12,5-13 °C. Les individus qui subsistent dans les hauts fonds rocheux sont rares.  GF

voici des castagnoles Chromis chromis, compagnons réguliers de nos plongées. Chromis chromis est présent entre 0 et 50 m de profondeur. En saison chaude, les castagnoles sont diurnes. Elles vivent en bancs près de la surface et près de la côte en zone rocheuse ou sur les herbiers de posidonie. En saison froide, les bancs s'éloignent du bord pour descendre à des profondeurs où la température ne descend pas au dessous de 12,5-13 °C. Les individus qui subsistent dans les hauts fonds rocheux sont rares. GF

voici probablement une couenne de mer tachetée Pseudodistoma cyrnusense. Avertissement : les différentes espèces ascidies ne peuvent pas être déterminées avec certitude sur des photos, aussi bonnes soient-elles. Les éléments d'anatomie interne sont absolument nécessaires, même au niveau du genre. tout autour, des clavelines naines au siphon jaunes Pycnoclavella nana (?)      GF

voici probablement une couenne de mer tachetée Pseudodistoma cyrnusense. Avertissement : les différentes espèces ascidies ne peuvent pas être déterminées avec certitude sur des photos, aussi bonnes soient-elles. Les éléments d'anatomie interne sont absolument nécessaires, même au niveau du genre. tout autour, des clavelines naines au siphon jaunes Pycnoclavella nana (?) GF

sur cette gorgone jaune Eunicella cavolini se trouve une comatule Antedon mediterranea, plutôt rare en Méditerranée. Seuls représentants visibles (par les plongeurs) de la classe des crinoïdes sur nos côtes européennes, les comatules font partie des rares représentants du très ancien et primitif groupe qui peuplait les fonds des mers depuis l'ère primaire jusqu’à la fin de l’époque secondaire (nombreux groupes fossiles) pour la majorité d'entre eux.  GF

sur cette gorgone jaune Eunicella cavolini se trouve une comatule Antedon mediterranea, plutôt rare en Méditerranée. Seuls représentants visibles (par les plongeurs) de la classe des crinoïdes sur nos côtes européennes, les comatules font partie des rares représentants du très ancien et primitif groupe qui peuplait les fonds des mers depuis l'ère primaire jusqu’à la fin de l’époque secondaire (nombreux groupes fossiles) pour la majorité d'entre eux. GF

une axinelle verruqueuse Axinella verrucosa: Cette éponge est étudiée en médecine pour sa composition alcaloïde. Elle entre par exemple dans la composition de remèdes contre le cholestérol.   GF

une axinelle verruqueuse Axinella verrucosa: Cette éponge est étudiée en médecine pour sa composition alcaloïde. Elle entre par exemple dans la composition de remèdes contre le cholestérol. GF

Dimanche 25 octobre

Le vent s’est calmé, la mer reste néanmoins houleuse, Vincent nous propose de tenter l’épave du Grec, ratée hier. Comme c’est une belle plongée, tout le monde est ravi. Hier soir, Sylvain a ciselé la constitution des palanqués, je plongerai avec Alex, frais niveau 2 et Lara.

dessin du Grec, appelé aussi le Sagona. il repose à moins de 300 m du Donator, appelé aussi Prosper Schiaffino. vous suivez ? le Sagona, donc, doit son surnom de "grec" aux papiers de bord, récupérés après le naufrage, rédigés en langue héllénique... bien que le pavillon du bateau au moment du naufrage fut panaméen...

dessin du Grec, appelé aussi le Sagona. il repose à moins de 300 m du Donator, appelé aussi Prosper Schiaffino. vous suivez ? le Sagona, donc, doit son surnom de "grec" aux papiers de bord, récupérés après le naufrage, rédigés en langue héllénique... bien que le pavillon du bateau au moment du naufrage fut panaméen...

Edgar et Florence se préparent à sauter sur l'épave, avec Philippe   photo extraite Paralenz

Edgar et Florence se préparent à sauter sur l'épave, avec Philippe photo extraite Paralenz

Arrivé sur zone, ça brasse encore pas mal, mais le courant est aux abonnés absents, du moins en surface : il sera plus perceptible au fond. La mise à l’eau n’est pas facile, le bateau doit rester manoeuvrant. Nous serons les premiers à partir, palanqué par palanqué, dans cet ordre :

  • Edgar, Florence et Philippe

  • Hervé et Maryline

  • Stéphane, Alex et Lara

  • Gilles, Jérôme et Pascal

  • Sylvain et Joelle.

le Grec, enfin le Sagona, du temps où il navigait encore... il s'en alla rejoindre le fond le 3 décembre 1945.

le Grec, enfin le Sagona, du temps où il navigait encore... il s'en alla rejoindre le fond le 3 décembre 1945.

plonger sur une épave est toujours riche en émotion, et celle ci ne fait pas exception, d'autant que très au large, elle est un oasis de vie marine.    GF

plonger sur une épave est toujours riche en émotion, et celle ci ne fait pas exception, d'autant que très au large, elle est un oasis de vie marine. GF

Pas de seau pour rincer les masques, Covid oblige. Prêt à sauter j’ai du mal à voir la balise qui émerge à peine dans le clapot bien formé. Après une hésitation, je saute, rince mon masque presque en même temps, attrape le bout, et je suis rejoints par Alex et Lara, bien réactifs. Après une récupération de moins d’une minute, nous descendons vers le fond. Les oreilles passent bien, pas de courant, nous arrivons sans encombre sur le pont : c’est un festival d’anthias, de sars, de dentis qui nous accueillent. Plus intime que son voisin le Donator, le Grec se parcourt rapidement et nous avons le temps, sans franchir la barre des 40 m d’en faire le tour. Sur bâbord, un mur de sars longe la coque, un denti élorme le rattrape. Je croise Sylvain et Joelle qui jouent à cache-cache dans les coursives avec un mérou, au milieu des gorgones mauves et jaunes.

Lara au milieu des anthias      photo extraite Paralenz

Lara au milieu des anthias photo extraite Paralenz

un mur vivant de sars à tête noire longe le flanc tribord de l'épave. Le sar à tête noire est le sar le plus grégaire, on ne le rencontre que très rarement seul. Les gros individus forment généralement des bancs avec d'autres gros individus, pas forcément de la même espèce, parfois avec des sars communs   GF

un mur vivant de sars à tête noire longe le flanc tribord de l'épave. Le sar à tête noire est le sar le plus grégaire, on ne le rencontre que très rarement seul. Les gros individus forment généralement des bancs avec d'autres gros individus, pas forcément de la même espèce, parfois avec des sars communs GF

comment résister ?      GF

comment résister ? GF

En cédant à la tentation, tout simplement....... Pascal entre dans la timonerie     GF

En cédant à la tentation, tout simplement....... Pascal entre dans la timonerie GF

Malgré la faible luminosité, cette plongée est magnifique. Mais elle doit s’arrêter, les 15 minutes fatidiques prévues sont écoulées. Je vérifie les paramètres de mes équipiers, profondeur max respectée, entre 3 et 7 minutes de décompression affichées suivant les réglages des ordinateurs, plus de 100 bars dans les blocs. Je pourrais prolonger de 1 ou 2 minutes le séjour au fond, mais une petite voix me chuchote à l’oreille de regagner la surface… Je décide le retour en surface, vu les conditions. Bien m’en a pris.

Jérôme dans les cales du navire, sans jamais perdre de vue la sortie, derrière lui. Sous l'eau, un toit, c'est un piège....   GF

Jérôme dans les cales du navire, sans jamais perdre de vue la sortie, derrière lui. Sous l'eau, un toit, c'est un piège.... GF

Gilles et Jérôme, avant de quitter l'épave......Ambiance.  photo Pascal Meygret.

Gilles et Jérôme, avant de quitter l'épave......Ambiance. photo Pascal Meygret.

Nous décollons ensemble, gestion au poumon ballast. Lara prend un peu de retard mais nous rejoint, remontée impeccable à 12 m/min jusqu’au palier de 6 m. là, j’envoie mon sac, et nous commençons à danser dans la houle… Pas très agréable, j’ai bien fait de ne pas rajouter quelques minutes de paliers en plus…. Nous retrouvons Hervé et Maryline sous parachute également, et désaturons ensemble.

Jérôme et Gilles, fils et père au palier      photo   Pascal Meygret

Jérôme et Gilles, fils et père au palier photo Pascal Meygret

L’azote ayant quitté nos organismes en quantité suffisante, nous faisons surface. Le clapot est bien installé, stab gonflée, masque en place et détendeur en bouche, nous attendons qu’Arsinoé, 200 m plus loin viennent nous récupérer...

bien que nous limitant au pont, à 40 m, la plongée n'en impose pas moins une décompression.

bien que nous limitant au pont, à 40 m, la plongée n'en impose pas moins une décompression.

Et Arsinoé ne bouge pas…. Il y a du monde à l’arrière, je pense que la récupération des plongeurs est difficile…. J’en profite pour rappeler à Lara et Alex que c’est pour ce genre de situation qu’on doit toujours avoir du gaz en réserve dans son bloc en arrivant en surface.

REMARQUE n°3

Remonter avec 50 bars dans la bouteille sur le bateau permet de conserver une réserve de gaz pour vous (attendre le bateau balloté dans la houle) mais aussi et surtout pour votre équipier en cas de soucis (essoufflement, panne d’air, fuite importante sur un flexible). En palanqué, la sécurité et la redondance en gaz de votre équipier c’est vous ! Avec un 15 litres, soit 750 litres de gaz, cela permet par exemple 15 minutes de palier à 6 m ( consommation 30 litres / min ). Je vous recommande la lecture de la méthode de gestion de gaz de Laurent Bardassier, là : http://subacom.com/evenment/phocadownload/userupload/lbardass/N3%20-%20Planification%20v6.pdf

en palanqué, vous êtes la sécurité de votre binôme ! ici Lara et Pascal       GF

en palanqué, vous êtes la sécurité de votre binôme ! ici Lara et Pascal GF

Alex râle un peu, la houle le brasse…. Lara prend son mal en patience, et je sens la nausée arriver, balloté dans la houle. Je surveille mes équipiers, garde le parachute en place et fixe le bateau…c’est long, il doit se passer un truc….

TOUJOURS être attentif à son environnement.....ici Sylvain surveille ces co équipiers.     photo extraite Paralenz

TOUJOURS être attentif à son environnement.....ici Sylvain surveille ces co équipiers. photo extraite Paralenz

Oui, il se passe des choses, que je vais essayer de remettre dans l’ordre.

2 palanquées de l’ASSP au moins sont revenues à bord sans encombre : Edgar, Florence et Philippe, Sylvain et Joelle. Et c’est là qu’un plongeur, en vêtement étanche, perce la surface, sans pourvoir réaliser sa décompression : trop léger, il n’a pas pu gérer sa flottabilité trop positive. On lui passe la ceinture de Florence, (trop petite, il la gardera autour du bras) et il redescend seul, sans sac parachute, faire les paliers ratés que Vincent lui demande de majorer.

REMARQUE n°4

On ne devrait pas s’engager avec un vêtement (ou tout autre type d’équipement) qu’on ne maitrise pas sur une plongée à décompression. Le lestage DOIT être connu, testé, validé AVANT. Le plongeur a indiqué se sentir trop positif jusqu’à 20 m, il aurait dû interrompre la descente. Avec le poids du gaz en moins lié à la consommation, il était évident qu’il ne tiendrait pas ses paliers. Comment a-t-il fait sur les plongées précédentes ? a-t-il changé de sous-vêtements ? Non. la veille, il utilisait un bi bouteille, il a changé pour un mono 15 litres pour cette plongée, sans modifier son lestage..... 1 litre d'air pèse 1.2 gramme. Dans un 15 litres à 230 bars, le gaz pèse donc environ 4 kg. A 50 bars dans le bloc, on a perdu l'équivalent de 3 kg de lest.....

REMARQUE n°5

Le plongeur s’est réimmergé SEUL, alors qu’il est en situation potentielle d’accident. Un autre plongeur aurait dû sauter avec lui pour assurer une surveillance. Le binôme aurait dû partir avec un sac palier pour se signaler, car le plongeur isolé se trouvait sans aucun moyen de repérage. Un pendeur avec une bouée visible et un bloc de secours aurait été une bonne solution, s’était on assuré qu’il avait assez d’air pour faire sa décompression ?

Pascal avec son sac palier, élément de sécurité INDISPENSABLE !!!     GF

Pascal avec son sac palier, élément de sécurité INDISPENSABLE !!! GF

La palanqué de Gilles arrive à ce moment là à bord. À peine assis sur un banc, on signale un fil de sac palier pris dans l’hélice ! Un plongeur n’a pu éviter la dérive d’Arsinoé vers lui, et sa corde de sac palier non lovée est partie dans l’hélice, l’aspirant lui et son sac. Évidemment il a tout lâché !

REMARQUE n°6

On ne doit JAMAIS approcher d’un bateau avec le bout du sac libre dans l’eau. Le bout doit être lové, enrouler sur un spool, rangé dans le sac lui-même, c’est impératif. Vincent pour récupérer les plongeurs doit rester parfois manoeuvrant, hélice tournante à proximité des plongeurs. Un bout libre est DANGEREUX. La même situation proche des rochers et c’est le bateau qui est drossé à la côte. Vu les profils de plongée que nous réalisons en club, 6 m de corde sont largement suffisants, nous n’aurons jamais de palier plus bas. Si on souhaite envoyer son sac de plus profond pour être visible plus rapidement (présence de courant) c’est possible avec un spool ou un dévidoir adapté. Mais là encore, il faut MAITRISER son utilisation et s’entrainer régulièrement.

Murphy est à l’œuvre, la situation devient préoccupante. Pendant que nous dansons sur les vagues à 200 m d’Arsinoé, ce dernier n’est plus manœuvrant, des palanqués dérivent en pleine mer, un plongeur mal lesté refait seul des paliers ratés quelque part sans être repérable par son sac palier… Si un autre plongeur fait surface avec un problème, comment le récupérer ?

Dans ASSP, il y a Sapeur Pompier. Et des plongeurs opérationnels. Sylvain pige tout immédiatement, saute à l’eau pour tenter de dégager l’hélice en apnée. Il perd son masque dans l’action, le récupère, et tente de couper le fil du sac palier dans une mer hachée ou cogne Arsinoé incontrôlable.

Impossible.

Il remonte, prend le bloc de Florence encore bien pourvu en gaz et redescend sous la coque se bagarrer avec le bout, bien serré autour de l’arbre. Avec un stab inadapté pour sa taille, il galère mais réussit à libérer l’hélice et récupérer le sac sournois. Au passage, il prend un sérieux coup de coque sur la tête, et à moitié assommé, regagne le pont.

REMARQUE n°7

Toujours garder un plongeur équipé en néoprène, de préférence avec le bloc le moins vide, au cas où ( accompagner un plongeur qui doit se ré immerger, couper un bout dans une hélice, etc) on ne range les détendeurs et on se déséquipe que quand tout le monde est à bord et que le bateau fait route. Surtout quand la situation météo n’est pas bonne. C’est ce que fait toujours Sylvain.

Sylvain, toujours en néoprène jusqu'à l'arrivée au port. ici il assiste Gilles à la sortie de l'eau.     FR

Sylvain, toujours en néoprène jusqu'à l'arrivée au port. ici il assiste Gilles à la sortie de l'eau. FR

REMARQUE n°8

Avec un plongeur qui travaille sous la coque dans une mer formée, il est souhaitable d’en envoyer un second, même sans bloc, qui le surveille depuis la surface. Que se serait passé si, assommé pour de bon, Sylvain avait coulé vers le fond ? Et pendant ce temps là, quelqu’un doit garder le contact visuel avec les plongeurs en attente dans l’eau pour ne pas les perdre de vue…On aurait également pu rentrer sur un seul moteur et dégager le bout au port, au calme. Ou encore aller se mettre à l'abri des iles, plus proches,pour effectuer l'opération plus facilement.

Heureusement que notre DP a la tête dure, il l’a déjà prouvé par le passé. Le plongeur en rattrapage de paliers remonte à bord et est placé immédiatement sous oxygène par précaution. Arsinoé, de nouveau opérationnel, vient récupérer Hervé et Maryline, puis Lara, Alex et moi. La remontée est compliquée dans le vent et le clapot, mais Sylvain est toujours à la manœuvre sur la plage arrière et aide tout le monde à grimper. Aussitôt à bord, la bagarre avec nos estomacs commence…Nous serons plusieurs à la perdre, moi compris…. On se compte, tout le monde est là, plus ou moins vaillant… Certains, visage alternant du blanc neige au gris asphalte, essaient malgré tout de garder en vue la ligne d’horizon, en forme de tôle ondulée. Nous rentrons au port, et chacun se refait le film des évènements. Le retour d’expérience que nous vous présentons ici se veut sans polémique et je l’espère pédagogique, pour enrichir nos expériences respectives.

Retour difficile jusqu'à Bormes, avec un estomac aussi démonté que la mer   GF

Retour difficile jusqu'à Bormes, avec un estomac aussi démonté que la mer GF

Arsinoé restera au port cette après-midi, nous avons tous eu notre compte d’émotions pour la journée. Repas vers 13h45 à l’HDLP, toujours excellent, pendant que nos équipements rincés s’égouttent tranquillement sur le quai d’Aquabormes.

Merci à notre président pour cette sortie et sa gestion sans faille, et merci à tous pour le respect des consignes données et l’excellent niveau technique de chacun, confirmé ou non, dans ces conditions de mer difficiles. Nous pouvons l’affirmer sans rougir, notre club s’est distingué ce week end, dans le bon sens du terme !

photo traditionnelle avec notre banderole !

photo traditionnelle avec notre banderole !

Partager cet article
Repost0

commentaires