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26 juin 2021 6 26 /06 /juin /2021 11:51

Compte rendu de la sortie à BSA, Goul de la tannerie, 15 juin 2021

Participants:   Sylvain Dupuy    Gilles Froment   Philippe Moya    Stéphane Simonet

 

Sauf mention contraire, les images sont de Gilles Froment

selfie du quatuor par Sylvain...

selfie du quatuor par Sylvain...

Dernière plongée "club" de la saison 2020-2021, il fallait conclure en beauté et nous avons donc décidé de plonger à la Tannerie, sous un soleil de plomb mais heureusement à l'ombre des arbres du parc du Vallon du Tourne. Sous terre, plongée en solo n'est pas un crime et c'est donc chacun à notre manière que nous avons exploré la source, en recycleur, en ouvert, à la palme ou en propulseur. Voici donc un récit à 4 mains, 4 visions différentes d'une même journée....

Remorque chargée à bloc, tout commence comme il se doit par le déballage interminable du matériel, au milieu d'un groupe de jeunes femmes en pleine séance de yoga dans le parc....on a essayé de se faire discret..

Un bi 20, un bi 18, 2 propulseurs, 5 ou 6 relais donc deux 20 litres, du bazar de plongeur, bref on s'est répandu au bord de la vasque.

heureusement qu'il y avait de l'ombre !

heureusement qu'il y avait de l'ombre !

la vasque de la Tannerie amorce la décrue, il est temps de plonger !

la vasque de la Tannerie amorce la décrue, il est temps de plonger !

Tout l'équipement, ou presque, à pied d'oeuvre, nous attaquons les plongées. Philippe ouvre le bal, objectif rallier le puits en bi 20 et propulseur !

 

topographie tortueuse pour le moins, et il en reste à découvrir !    source internet

topographie tortueuse pour le moins, et il en reste à découvrir ! source internet

Philippe.

4 plongeurs, 4 histoires

Il faut toujours chercher l'élément déclencheur d'un problème, et parfois cet élément se trouve très en amont du problème.

Comment un harnachement mal prévu a-t-il pu faire que je me retrouve dans le noir ? c'est ce que nous allons voir.

 

Je laisse aux trois autres plongeurs le soin de vous raconter notre journée, je vais plus particulièrement me concentrer sur un tout petit point de ma plongée.

 

Je devais plonger dans le goul de la tannerie, avec un loco plongeur Bonex.

ça commence par une montre oubliée sous le vêtement étanche.....bagarre avec le manchon latex !

ça commence par une montre oubliée sous le vêtement étanche.....bagarre avec le manchon latex !

Il suffit d'accrocher une sangle à sa ceinture de plombs, et ça tire..... oui, normalement c'est simple, mais là, le point d'accrochage se trouvait trop près de mes hanches, et lorsque je mettais en marche le Bonex, je me retrouvais tout naturellement relevé par le flux, et j'étais en position cabré. Avec les bras tendus, ma tête était trop haute, la bonne position étant d'être bien parallèle au sol, quasiment couché sur le Bonex.... mais bon, les bras fatiguent, et au bout de quelques dizaines de mètres, on se détend, la vitesse faiblit, mais on est bien.

mise à l'eau difficile mais plongée facile ! ou presque....

mise à l'eau difficile mais plongée facile ! ou presque....

Lorsque la galerie est haute, pas de problème, on perd de la vitesse, on est pas très hydrodynamique, mais on avance, et c'est ce que l'on recherche.

 

Et de temps en temps, la galerie se pince, et même en coupant les gaz, on ne freine pas d'un coup et PAN, on tape le plafond, avec le casque, avec les protections de robinet.... Plus ou moins fort, plus ou moins souvent, mais ça touche, la forme de mes protections au retour de la plongée parle d'elle même.....

Philippe dans la vasque d'eau claire, sous le soleil...bientôt dans le noir....

Philippe dans la vasque d'eau claire, sous le soleil...bientôt dans le noir....

Et donc, j'arrive au puits..... 700m. en quasiment 20/25 minutes..... Parfait, je laisse le loco en haut du puits, mousquetonné au fil, et je descends. Je ne vous parlerai pas du puits en lui même qui mérite bien les 700m. de progression.... J'arrive vers 42m. et là, clac.... Dans le noir..... Et quand on dit noir, c'est vraiment le noir..... et M.......

sous terre, si l'air est important, l'autonomie en lumière l'est tout autant..

sous terre, si l'air est important, l'autonomie en lumière l'est tout autant..

Bon, la formation revient au galop, ne PAS BOUGER..... Rester CALME, retrouver le fil d'Ariane, en bon spéléo, je ne le quitte jamais des yeux, à défaut de le prendre en main.... BON, la dernière fois que je l'ai vu, il était là, à 20cm de ma main droite..... Je me pose au sol, je fais compas, les palmes au sol et je tourne lentement sur ma droite les mains au sol, en cherchant le fil..... Et hop, le voilà.....LA VIE EST BELLE ! Murphy, tu ne m'auras pas cette fois encore.

comment ce galet noir est il venu se poser là...?

comment ce galet noir est il venu se poser là...?

Ensuite, que faire ? remonter dans le noir fil en main, c'est jouable, nous sommes entraînés pour ça... Je retrouverai le loco, sur lequel j'ai un superbe phare, qui me permettra de rentrer tranquillement.

 

O.K., j'ai le fil, et je me dis, essayons de rallumer ses p..... de lampes, pourquoi se sont-elles éteintes toutes les DEUX ? bizarre ....

La lampe gauche se rallume sans soucis, c'est parfait ! je remonte tranquillement, en effet on apprend aussi que le premier problème EGALE = DEMI TOUR......je n'ai pratiquement pas de déco, je décompresse pratiquement en remontant lentement, les paliers sautent les uns après les autres.... C'est très bien, j'ai encore 180/190 bars....

Je retrouve le loco, j'allume le phare, et je me dis, maintenant, tu vois ce qui cloche, j'enlève mon casque, et le vérifie les lampes, elles n'ont rien, elles n'allument toutes les deux comme il faut, et je comprends...... En fait choc après choc, raclement après frottement, les deux boutons marche arrêt se sont vus reculer, le droit était sur éteint, et le gauche presque, un léger mouvement l'a éteint dans le puits, tout çà à cause des multiples contacts avec le plafond..... comme quoi.....

debriefing de la plongée, on apprend, toujours et encore à chaque immersion...

debriefing de la plongée, on apprend, toujours et encore à chaque immersion...

La prochaine fois, je ferai en sorte que la sangle me tire par le haut du corps, vers la poitrine çà doit être correct pour ne pas me relever en marche.... et j'aurai une troisième lampe avec bouton pression, pas coulissant..... Sylvain s'occupe de me trouver ça...

heureux de retrouver la lumière du soleil.

heureux de retrouver la lumière du soleil.

Stéphane et Sylvain préparent le propulseur de l'ASSP, l'UV26 : 40 kg de puissance pour emmener un plongeur de pointe au bout de la galerie !

Stéphane et Sylvain préparent le propulseur de l'ASSP, l'UV26 : 40 kg de puissance pour emmener un plongeur de pointe au bout de la galerie !

Sylvain

4 plongeurs, 4 histoires

Puisqu'on en parle, il est le second à partir, même objectif, même configuration avec une 20 litres en relais en plus ! Et une mission supplémentaire, tester les batteries neuves de l'UV26, changées récemment. Cette  machine est un vrai tracteur, puissante et endurante, plaisante sous l'eau mais un vrai calvaire à manipuler au sec !

bi 18 sur le dos, Sylvain rejoint Stéphane déjà dans la vasque

bi 18 sur le dos, Sylvain rejoint Stéphane déjà dans la vasque

le saut de la délivrance

le saut de la délivrance

Sylvain part donc en seconde position, pendant que je termine l'équipement du Triton. Et le début de sa plongée est une sacré galère, les 120 premiers mètres sont plutôt bas de plafond, les protections de robinets accrochent le moindre becquet, le relais se coince partout, le propulseur ne tire jamais là où il faut...

Mais bon le plus simple est encore de lui céder le clavier:

préparation dans la vasque

préparation dans la vasque

quand la galerie prend une forme de laminoir, le passage en propulseur devient hasardeux....

quand la galerie prend une forme de laminoir, le passage en propulseur devient hasardeux....

Les conditions sont toutes réunies pour effectuer une plongée au petit Goul. Il fait beau, très chaud, et le niveau de la vasque  est parfait pour se mettre à l’eau.

Toute l’équipe est au complet. Gilles, Philippe Stéphane et moi-même

La configuration sera cette fois ci :

Bi 18 et un relais 20 litre de Nitrox 32 + le loco

Le but est de parvenir au puits et de poursuivre la plongée en descendant à moins 50 mètres.

Pour information, j’essaie la sous combinaison Halo 3 D de Gilles pour voir si le phénomène de placage du tri laminé est réduit sur la poitrine et les cuisses (Grand merci Gilles)

La plongée se passe en quatre temps. Tout d’abord le passage sur environ 200 mètres est un peu compliqué avec la configuration (Bi 18, relais 20 litres et loco).

Une fois le passage étroit effectué, la puissance du loco fait le reste, et c’est du pur bonheur. Je vois les mètres défiler grâce au marquage sur la ligne guide.

J’arrive à 650 mètres et j’ai un rappel dans ma tête comme une alarme biologique  qui me stoppe. Une sensation qui me rassure et me prépare à me dire  si  je dois continuer ou faire demi-tour. Je me pose un instant pour faire un  tour complet de mon matériel. Vérification des pressions, éclairage, détendeurs, et instruments … Les voyants passent aux verts dans ma tête et je valide de poursuivre l’exploration.

le bonheur !

le bonheur !

Arrivée en haut du puits , je pose mon relais et le loco . Le spectacle est magique, l’eau est cristalline. Je dirige mes éclairages dans le puit et je commence la descente en regardant les moindres détails. Le découpage de la roche est splendide. Dame nature est une grande artiste !!!

La descente est régulière et douce. J’arrive en bas du puits et je décide de stopper ma plongée à une profondeur de 48,8 mètres. Je regarde les différents galets et autres pierres au fond. Mon œil bloque sur une forme étrange. Je commence à me poser la question, si la narcose ne commence pas à me jouer des tours. Je pense voir une huitre fossilisée !!! Pas facile à croire, mais pourtant je ne rêve pas. Je me dis qu’il y a des milliers d’année la mer était bien ici !!! . Je décide de récupérer ce petit morceau d’histoire dans la poche de mon vêtement.

la beauté est partout, du sol au plafond

la beauté est partout, du sol au plafond

une coupe de la Tannerie, nous n'avons fait qu'effleurer la surface... les chiffres donnent le vertige, le terminus connu stoppe à 1370 m de l'entrée, à - 243 m de profondeur.... Un autre monde, loin, bien loin de nos capacités de plongeur...

une coupe de la Tannerie, nous n'avons fait qu'effleurer la surface... les chiffres donnent le vertige, le terminus connu stoppe à 1370 m de l'entrée, à - 243 m de profondeur.... Un autre monde, loin, bien loin de nos capacités de plongeur...

Je commence à remonter et sur le retour je croise Stéphane avec son recycleur Triton  puis Gilles toujours avec son appareil photo.

Sur le retour je prends mon temps pour découvrir les différentes galeries  sans m’engager.

La déco se fait naturellement en rentrant tout doucement  

La plongée aura durée 142 minutes, l’eau était à 13,5 °C  (extérieur 36 °C). L’essai de la sous combinaison Halo 3 D m’a permis de valider mon futur achat, car vraiment le confort est au rendez-vous.

Un grand merci à mes coéquipiers d’aventure souterraine durant cette journée. Pour votre information, c’est bien une huitre fossilisée N° 2 !!!

au milieu des galets, un mousqueton oublié.....serait ce un des miens ?

au milieu des galets, un mousqueton oublié.....serait ce un des miens ?

ce caillou en bas de l'image ne vous rappelle rien ?

ce caillou en bas de l'image ne vous rappelle rien ?

cette huitre fossilisée attendait Sylvain dans le puits à 700 m, à - 42 m...

cette huitre fossilisée attendait Sylvain dans le puits à 700 m, à - 42 m...

Stéphane

4 plongeurs, 4 histoires

De mon côté, j'avais envie de revoir le puits à 700 m, et de sécuriser l'éventuelle panne d'un propulseur sur le retour: ramener une machine inerte en circuit ouvert si on est un peu court sur le gaz, ce n'est pas la meilleure façon de terminer une plongée. Aussi en ralliant le puits à la palme, je serai en mesure de récupérer et ramener un loco "mis sur la béquille" par Philippe ou Sylvain, si par hasard les batteries neuves nous faisaient une farce.

Je m'équipe donc avec Sylvain, quand Philippe nous rejoint dans la vasque: le bonex a joué son rôle, et avalé les 1400 m de galerie.

y'en a des années de plongées, derrière cette photo....

y'en a des années de plongées, derrière cette photo....

Phil sort de l'eau, Sylvain attrape l'UV 26, son relais et quitte la surface. Il me reste encore quelques raccords à brancher, je passe sur la boucle du recycleur, un dernier signe OK à la surface...Et je change de monde, l'esprit passe en mode plongée, je suis ailleurs, sous la terre.

Mon phare déchire l'ombre, et je glisse en silence entre les crocs minéraux du laminoir d'entrée... Avantage au Triton, en comparaison de mes comparses au lourd scaphandre dorsal, j'affiche une taille mannequin ( au moins sous terre) et me faufile sans rien toucher dans ce corridor étroit.

recycleur ventral et blocs relais latéraux, LA configuration idéale ici...

recycleur ventral et blocs relais latéraux, LA configuration idéale ici...

J'arrive vite au canyon, passe la gueule minérale et entame la première étape de mon voyage, vers le fond de la galerie. Le palmage est lent mais régulier, bien équilibré je vole au ralenti dans la galerie, en essayant d'en voir le plus possible, spéléonaute en apesanteur, je pense à Thomas Pesquet, beaucoup plus haut, lui...

Silence.

J'avance en harmonie dans ce milieu pourtant hostile en apparence, complètement zen et détendu, car la plongée a été préparée, réfléchie, c'est du plaisir à l'état brut...

voyage en apesanteur, dans le noir souterrain

voyage en apesanteur, dans le noir souterrain

Vers 300 m j'abandonne les galeries annexes sur ma droite pour rester dans le conduit actif, qui m'amène vers une zone d'éboulis vers 450 m de toute beauté : le plafond s'abaisse, la galerie s'encombre de blocs tombés du plafond et soudain un second puits aux dimensions modestes s'ouvre devant moi, je ne suis plus très loin de l'objectif..

J'avance dans ce conduit quasi circulaire que je connais bien, m'attendant à tout moment à croiser les lumières de Sylvain, que je finis par croiser à quelques mètres du puits. Je le laisse repartir dans le chuintement des bulles et le ronron du loco plongeur, le silence revient, il ne me reste plus qu'à me laisser glisser....

il faut prendre son temps, cette Tannerie recèle bien des beautés....

il faut prendre son temps, cette Tannerie recèle bien des beautés....

le profil de la plongée, V classique de la plongée souterraine à la Tannnerie

le profil de la plongée, V classique de la plongée souterraine à la Tannnerie

Sensation d'astronaute attiré par un trou noir.... c'est beau, c'est magique, les mètres défilent, le cerveau dit stoppe, les yeux "encore ce becquet, là, ou cette lame juste en dessous"...

- 45 m, la partie du puits qui devient horizontale, je m'y glisse, attiré par la profondeur comme un insecte sur une lampe brulante... C'est de plus en plus beau, enchanté par l'azote qui vient faire chanter mes neurones.

Comment résister ? 

L'expérience, celle d'autres narcoses moins avouables, me chuchote quand même à l'oreille que la limite est atteinte. Descendre plus bas serait se mettre sous le joug de la fameuse ivresse des profondeurs, qui emporta le premier maitre Fargues ce 17 septembre 1947, quand le GERS de Cousteau et Dumas forçait les portes de la profondeur.

Plus grave, le moindre coup de palme trop appuyé, le moindre effort non prévu, une situation sortant de  mes automatismes me mettraient en péril. Le gaz que je respire n'est pas fait pour la profondeur, il n'est bon qu'à gonfler les pneu, selon le WKPP !

envoutement minéral

envoutement minéral

Dernier regard à l'abysse, et demi tour. L'ordinateur connecté aux cellules du recycleur me gratifie de 2 minutes de décompression, tandis que mon Pétrel, réglé en circuit ouvert et ignorant des bienfaits de la PPOconstant, m'impose 20 minutes de stand by à - 6m. vive le recycleur !

Pendant cette décompression rapide, je rêve d'une plongée sous hélium dans ce puits magnifique....Ce sera pour plus tard, des heures devant mon ordinateur pour mettre au point cette plongée m'attendent...

black and white....

black and white....

retour au soleil après 2h12 sous la terre.

retour au soleil après 2h12 sous la terre.

Je rentre sans vraiment me presser dans la galerie, et j'émerge dans la vasque en même temps que Gilles, qui termine sa plongée d'un peu plus de 2 heures, comme moi.

Gilles, je te cède le clavier....

Gilles

4 plongeurs, 4 histoires

C’est l’intérêt des activités de pleine nature, elles sont d’une surprenante diversité constamment renouvelée, pour peu que l’on prenne le temps de se poser et d’observer.

Ce n’est pas la première fois que je me fixe comme objectif de ne pas faire de distance ou de performance en profondeur au petit Goul, mais de prendre le temps d’explorer en détail les très nombreux recoins et galeries annexes du petit Goul. Et de les prendre en photos, afin de s’en souvenir, mais également de les partager.

J’avais prévu de plonger dans la zone d’entrée des 120 premiers mètres de la cavité avec mon recycleur latéral (Joki,) mais la connexion d’un fil reliant l’une de mes cellules au lecteur de pression partielle d’oxygène avait rendu l’âme par progressive corrosion. Réparation d’urgence à J-1 jour, déjà pas très en avance sur la préparation du matériel.

un tout petit peu de matériel, faut bien ça....

un tout petit peu de matériel, faut bien ça....

Et patratas, impossible de rétablir le circuit électrique car c’est sans doute tout le morceau de fil qui s’est corrodé de l’intérieur jusqu’à une prise qu’il faut désormais changer. Loupé pour le circuit fermé, ce sera en circuit ouvert. Du coup, le nombre et la taille des bouteilles a augmenté pour avoir une autonomie comparable. La profondeur étant modeste (3 à 5 m de profondeur moyenne avec un maxi à 11m après l’étroiture des 120m), deux 6 L et une 20L suffiront. Et ce fut le cas car je suis sorti à mi-pression de mes blocs (environ 3 m3 de gaz consommés).

le mercure grimpe, ce 15 juin.... l'eau prend la fuite....

le mercure grimpe, ce 15 juin.... l'eau prend la fuite....

La canicule annoncée me rendit prudent sur mon adaptabilité à la chaleur et c’est la solution combinaison de chasse humide qui fut retenue. Mais avec chauffage, option qui se révéla déterminante par son efficacité. Le gilet Thermalution que nous avons chacun acheté en fin d’année dernière avec Stéphane pour nos plongées lac ou spéléo longues en combinaison étanche fonctionne aussi parfaitement en humide et la sensation de chauffage dans le dos est quasiment identique. Je n’aurais sans doute pas tenu 2 heures dans une eau à 13,5°, même peu profonde, sans cet apport qui aurait pu durer encore, car les accus n’ont pas été épuisés.

Cela ouvre de belles perspectives pour les plongées profondes d’été à la Croix-Valmer où les conditions de chaleur sur le bateau sont identiques à celles d’aujourd’hui en Ardèche, rendant très pénible l’habillage avec un vêtement étanche si on n’est pas à l’ombre et très proche de l’eau.

Affaire à suivre…

Une fois les 3 collègues partis successivement avec leurs gros équipements en direction du puits à 700m et leur ayant, pour certains, copieusement tiré le portrait pendant leur préparation, me voilà parti à lents coups de palmes pour voir le maximum de détails de cette galerie qui se révèle assez complexe et tortueuse.

Mon flash, acquis en même temps que mon appareil photo avec son caisson fin 2013, étant récemment décédé sans explication, sans doute faute d’avoir beaucoup servi, les photos seront réalisées, comme depuis longtemps, au phare, en jonglant avec les deux têtes Led de mon éclairage GralMarine (un spot étroit de 6° et un vidéo à 110°), ainsi qu’un petit phare à main à 110°.

le plongeur spéléo fonçant tête baissée en rate souvent les cloches d'air au plafond...

le plongeur spéléo fonçant tête baissée en rate souvent les cloches d'air au plafond...

piégée, cette bulle d'air disparaitra à la prochaine crue

piégée, cette bulle d'air disparaitra à la prochaine crue

Le premier objectif était d’essayer de rentrer dans une petit galerie plate située à la base d’un petit puits auquel on accède en bifurquant à droite sur une dizaine de mètres, après avoir parcouru environ une vingtaine de mètres depuis la vasque.

Raté !

c'est étroit...... en haut à droite, le reflet improbable d'une surface... en surpression probablement car l'ordinateur indique - 2 m...

c'est étroit...... en haut à droite, le reflet improbable d'une surface... en surpression probablement car l'ordinateur indique - 2 m...

Après avoir posé la 20L dans la galerie principale, mes deux 6 L portées en latéral se sont avérées trop encombrantes et insuffisamment bien attachées serrées pour passer correctement. L’eau ne circulant pas dans ce coin, sauf peut-être pendant les crues, la touille tombe très vite et il faudra revoir l’équipement pour essayer d’y progresser. D’après les archives, d’autres déjà fait, malgré qu’il n’y ait pas ou plus de fil en place. Au-dessus de ce petit puits de -7 m, une cloche et ses petits diverticules, la première cloche sur les 5 que cette plongée m’a permis de repérer alors que je n’en connaissais que trois.

la roche dans tous ces états, avec toujours, dans le champ du regard, le fil de la compagne de Thésée

la roche dans tous ces états, avec toujours, dans le champ du regard, le fil de la compagne de Thésée

De 30 à environ 60 m de l’entrée, la galerie remonte progressivement jusqu’à 1m ou 1,50 m de profondeur lorsque le niveau est plein. Parfois, cette zone haute d’environ 1m s’exonde partiellement comme aujourd’hui, voire totalement pendant les étiages forts, rendant la progression à 4 pattes en aérien très physique avec du gros matériel et en étanche, voire impossible sans risquer un gros coup de chaleur.

Cette fois-ci, c’est parfait avec suffisamment d’eau pour être porté et suffisamment d’air dans l’exondé pour sortir la tête et regarder les jeux de miroir de la surface agitée par nos mouvements et nos bulles. Cette beauté minérale est toujours source d’étonnement et de plaisir des yeux.

interface entre l'aquatique et le minéral

interface entre l'aquatique et le minéral

Un peu avant cette zone qui peut s’exonder, un fil détaché du fil principal part sur la droite dans une belle cloche spacieuse ovale avec un ressaut au niveau du plan d’eau duquel part un fil dans un second petit puits. J’ai de nouveau posé la 20L sur le fil principal et cette fois-ci, pour une fois sans gros équipement, je peux enfin passer ce ressaut avec mes deux 6 L et me retrouver dans une autre cloche qui communique en fait avec celle d’où je viens. A la base du petit puits de 2 ou 3 m de profondeur, un fil part ….rejoindre la galerie principale, et je ne l’avais encore jamais vu, toujours occupés, lorsque nous fonçons vers le fond de la cavité, à avancer concentré sans regarder sur les côtés et sans faire les abords. Ce seront donc, dans l’axe de la progression les cloches 2 et 3, selon une nomenclature personnelle non officielle élaborée en triant les photos, afin de m’y retrouver…

l'imagination de la nature est sans limite, il faut le talent du photographe pour la partager

l'imagination de la nature est sans limite, il faut le talent du photographe pour la partager

Vers environ  80m de l’entrée, après la zone exondable, cela redescend de 1 ou 2 m vers une zone en chicane dans la roche permettant d’accéder à un beau canyon. Ce canyon précède deux étroitures en parallèle, l’une en pleine roche sur le gauche en progressant vers le fond, l’autre dans des galets sur le droite. C’est dans cette dernière que s’est opérée la séance de désobstruction organisée par le comité régional le 27 février 2021 (voir CR dédié).

Avant la chicane, on accède à une 4ieme cloche avec la particularité de voir des racines de végétation en provenance de la surface terrestre sans doute assez proche.

la végétation trouve le chemin de l'eau à travers le calcaire

la végétation trouve le chemin de l'eau à travers le calcaire

Passé la chicane, c’est encore plus simple car un panneau fixé sur la roche indique la direction de la 5ieme cloche, la plus belle de toutes avec de nombreuses concrétions dont des draperies.

Le clou des surprises fut sans doute dans ce secteur de retrouver dans une haute cheminée le bidon de chaux sodée vide que nous avions perdu lors de la désobstruction du mois de février dernier. Il me servait à équilibrer la caisse de transport des galets avec l’outillage dedans et il s’était détaché au retour. Plein d’air, mais sans bouchon, il a filé dans les plafonds pour s’enquiller dans cette cheminée un peu trop étroite pour le récupérer avec mon équipement, mais ce n’est pas perdu.

cette cloche d'air est aussi un refuge en cas de problème

cette cloche d'air est aussi un refuge en cas de problème

des draperies figées par le temps

des draperies figées par le temps

les " dents de la Terre" ?

les " dents de la Terre" ?

on l'a retrouvé !

on l'a retrouvé !

Dans cette zone du canyon, terminus en distance de mon objectif pour cette plongée, l’arrivée de Sylvain avec son copieux équipement (bi 18 + relais 20L tracté par le gros loco UV 26) permit une bonne diversion dans ma séance photos.

Sylvain ressort de l'étroiture du canyon, bien chargé

Sylvain ressort de l'étroiture du canyon, bien chargé

il a déjà commencé la collecte minérale...

il a déjà commencé la collecte minérale...

Deux heures de plongée dans une cavité où je suis passé maintes fois et continuer à la découvrir en ayant l’impression de ce sera la même chose la prochaine fois tellement j’ai vu d’autres recoins où aller fouiner sont une source d’étonnement et de motivation renouvelée pour cette cavité si riche.

Outre la beauté du site extérieur des Gouls de Tourne à Bourg Saint Andéol, c’est sans doute une des raisons pour lesquelles nous allons si souvent là-bas.

Pour terminer, mais je m’en doutais un peu, je confirme que la canicule n’est pas l’amie des plongeurs vu le manque de fraicheur de certains à la sortie de leur plongée…

cette fleur veille sur la vasque

cette fleur veille sur la vasque

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