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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 16:46

Compte rendu de sortie ASSP, Lac du Bourget, tombant de Chatillon, 28 septembre 09

 



Participants :
Gilles Froment, Stéphane Simonet


Toutes les images sont de Gilles Froment. 

 

            Cette plongée de rodage avait pour but de valider quelques changements de configuration dans notre matériel, et de tester de nouveaux systèmes d’équilibrage de nos bouteilles relais (« bail out » comme disent les plongeurs teck anglo-saxons). Avant de s’apercevoir sous terre que les options choisies sont inadéquates voire dangereuses, mieux vaut tester en eau libre tout cet encombrant équipement.



Outre nos recycleurs respectifs, nous emportons chacun :

 

-          une bouteille de 20 litres de capacité contenant une réserve de mélange fond, à savoir un trimix 11/62, soit 11% d’oxygène, 62% d’hélium et 27% d’azote.

-          Une bouteille de 10 litres de nitrox 70 (70% d’oxygène et 30% d’azote)

-          Une bouteille de 3 litres supplémentaire pour gonfler le vêtement étanche.



 

En cas de panne sur la machine, ces blocs nous permettront de rejoindre la surface en toute sécurité, avec suffisamment de gaz pour assurer notre décompression. Bien entendu, les recycleurs seront alimentés avec de l’oxygène pur et du trimix. Le scaphandre se compose au total de 5 bouteilles, dont 2 de grosses capacités. Avec tout le matériel annexe (éclairage, stab, lestage, instruments etc.),  vous comprendrez que la remorque est nécessaire pour emmener au bord de l’eau ce capharnaüm.



 

Une fois les recycleurs vérifiés pour la énième fois, nous enfilons les vêtements étanches, et courbés sous le poids des machines, nous entrons dans l’eau. Les bouteilles relais clampées, nous progressons lentement dans une eau chargée en tirant une bouée de surface pour nous signaler des embarcations, conformément au règlement en vigueur sur le lac du Bourget. Nous amarrons notre balise à tronc d’arbre immergé par – 4 m et poursuivons la progression. Après une halte en surface pour récupérer, nous nous immergeons sur le tombant.



Notre objectif : le fond, 60 m plus bas. Passés les 15 premiers mètres d’eau sale, l’obscurité nous absorbe mais l’eau devient plus claire : les phares puissants qui équipent nos casques déchirent les ténèbres et illuminent la paroi verticale. Nous contrôlons notre descente au cm près, le doigt sur l’inflateur : pas question de se laisser embarquer vers le bas !

La descente s’effectue sans problème et c’est les poumons  remplis d’hélium que nous nous stabilisons juste au dessus du fond, à – 62 m. Grâce au trimix, notre pression partielle d’azote est de 1,94 bar, ce que nous respirerions à 14 m à l’air…. Autant dire que nous sommes à l’aise ! Et comme nos blocs de secours sont équilibrés avec des tubes de PVC, nous évoluons sans effort et sans narcose sous une hauteur d’eau équivalente à un immeuble de 20 étages au-dessus de la tête !

 

Je croise une lotte posée sur la vase : il y a quelques années, le « test narcose » consistait à tenter d’attraper ce poisson amorphe à la main…



Aujourd’hui, pas besoin de traumatiser cette pauvre bestiole : je suis suffisamment lucide et précis pour lui caresser le menton….




Vive le trimix ! Après quelques minutes, nous découvrons une corde flottante posée sur le fond et maintenue par une gueuse, potentiellement dangereuse ; Gilles sort le sécateur, tranche et récupère ce bout « plongicide ». Après 10 bonnes minutes d’évolution sur le fond, nous entamons la remontée, avec 30 minutes de décompression affichées sur les écrans des Vr3. Le trimix n’a que des avantages mais il impose une vitesse de remontée lente (10 m/min) pour le laisser le temps à l’hélium, très diffusible, de quitter les tissus. C’est donc en surveillant notre vitesse et nos PPO2 respectives que nous amorçons la remontée.



 

Pour éviter que ma PPO2 ne chute trop bas, à cause de la diminution de la pression ambiante, j’augmente le débit d’injection d’oxygène. Le Vr3 nous impose un premier palier à -39 m. Nous découvrons sur le tombant une seconde corde orange, provenant du fond. Une rapide traction de la main montre qu’elle est reliée à une gueuse… Gilles sort le parachute et décide de remonter l’ensemble. En pleine eau, à proximité du tombant, nous attaquons la manœuvre. Le fil du sac palier se délove mal, la stabilisation devient compliquée et ma PPO2 monte fortement… le Vr3 nous indique le palier est terminé et que le prochain « decostop » se fera à 29 m… Nous décidons d’abandonner corde et gueuse et de sauver notre sac : l’écran de l’ordinateur vient d’afficher 50 minutes de décompression, pénalisant notre séjour trop long à 40 m.

 

Nous reprenons notre remontée : 2’ à 29 m, puis 2 minutes à 19 m, un bref stop d’une minute à 15 m, 7’ à 9 m et 50 minutes en final à 6m !

 

Mon ordinateur est programmé pour une PPO2 de 1 bar. Or je respire en fait depuis le début de l’immersion un mélange dont la pression partielle évolue entre 1,2 et 1,4 bar. Ce réglage est en fait une marge de sécurité sur la décompression. Je peux donc re programmer mon ordinateur en lui affichant une PPO2 de 1,2 bar : du coup la déco tombe à 35 minutes.

 

Nous rentrons donc tranquillement vers la plage où nous déposerons nos relais avant d’aller récupérer notre bouée de balisage.



 

Pendant que nous rangeons nos recycleurs, blocs, sacs dans la remorque, un homme nous interpelle : c’est Yves Billaud, archéologue, qui mène actuellement des fouilles dans le lac, non loin d’ici. Evidemment, nous terminerons la journée autour d’un café (ou d’une bière…) en discutant….plongée !

 

En conclusion, notre configuration est validée, les blocs de secours facilement transportables : notre prochaine plongée, sous terre, cette fois, se prépare donc avec enthousiasme et sérieux !



Stéphane Simonet

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Published by plongeur
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