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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 18:37
Compte rendu de la sortie au Goul du pont, BSA, le 20 mars 2013
Participants : Gilles Froment et Stéphane Simonet
Sauf mention contraire toutes les photos sont de Gilles Froment
 
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                    La Tannerie déborde ! Avec un double décimètre d'eau passant au dessus de la margelle, impossible de se mettre à l'eau (et d'en sortir) avec nos recycleurs et les relais.                 photo Stéphane Simonet                      
 
 
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                     Côté vasque, la lame d'eau formée au dessus du muret est clairement visible... 
 
  
Il doit bien rire, le petit lutin de la Tannerie : le RDV pris pour retourner au puits, sans s’égarer dans les pièges du karst ou de l’esprit a avorté…. Arrivés en fin de matinée sur site, après une rencontre impromptue avec la maréchaussée locale, force nous est de constater que les Gouls sont en crue ! Avec 20 cm au-dessus de la margelle, tenter la plongée à la Tannerie revient à jouer avec le diable… Qu’importe, c’est sous le pont, une fois de plus, que nous irons inonder la galerie de lumière…
 
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                   Côté Grand Goul, en crue lui aussi, la plongée reste possible. Le tas de galets, résultat de l'opération de désobstruction menée par la CRPS-RABA est encore bien visible.
 
Une mince lame d’eau recouvre la margelle de la vasque du Goul du pont, noyant la pierre sous une fine pellicule translucide qui s’élance en grondant dans le lit de la rivière, assommant au passage le tas de galets sortis par la CRPS-RABA lors de la récente séance de désobstruction (voir CR précédent ).
 
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                    Ce bloc de 15 litres nous attend, posé sur la margelle noyée sous les flots. Joker pour le retour en surface en cas de défaillance de nos usines à gaz, il est ceinturé de morceaux de Clégécel, mousse incompressible.  Allégé, il devient ainsi plus facile à transporter, accroché à la bretelle du scaphandre.
 
  S’agitant dans la vasque, Gilles et moi-même assemblons patiemment les éléments du puzzle qui achèveront de nous transformer en plongeurs souterrains sans bulles…. Recycleur sur le dos ou latéralisé, il faut encore coiffer le casque, clamper les éclairages, attacher les instruments, s’encombrer du gros relais assurant notre redondance en circuit ouvert, sans oublier un dévidoir par là, un afficheur par là, un flexible à raccorder, un mousqueton baladeur à rattacher ici, un raccord rapide à décoincer, un appareil photo à accrocher quelque part… Mais où ?
 
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                     Nous devons transporter beaucoup de matériel et chaque équipement doit trouver sa place. 
 
    Tout ça en vérifiant que la PPO2 est stable, le détendeur de secours accessible, l’inflateur de la wing à portée de main… ça parait compliqué, mais avec un peu d’habitude….
 
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                       L'homme s'efface peu à peu pour laisser place au "spéléonaute". Malgré tout ce bazar apparent, chaque inflateur, chaque manomètre, ordinateur ou contrôleur, du sécateur au détendeur de secours doit rester accessible à tout moment.
 
Enfin, les chek list sont déroulées, les contrôles OK, le bazar en place, on part ! Glissade à – 6 m pour tester les cellules qui tournent dans l’oxygène pur depuis un moment, ça grimpe en dépassant 1.5 bar, tout va bien ! On va voir si les forçats ont bien travaillé…. Arrivés à – 12 m, une bonne surprise : la pente a considérablement reculé, l’étroiture…. ne mérite plus son nom ! Bien éclairée par nos nouveaux phares polonais vidéos à leds, la roche s’ouvre largement et le passage est un vrai bonheur, ça passe sans même se séparer du relais, pourtant bien volumineux.
 
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                      Stéphane  se prépare à filmer. on peut remarquer le manque de clarté de l'eau qui diffuse la lumière comme des phares de voiture en plein brouillard. Pas facile dans ces conditions de ramener de belles images.
 
Mais très vite, dans la galerie qui mène au puits, nous constatons que l’eau est très chargée, laiteuse même… Rien à voir avec la visibilité habituelle. En plus, le courant, bien perceptible, nous ralentit considérablement, entravés que nous sommes par nos scaphandres. Prudence donc, nous adoptons un rythme lent, digne d’un obèse asthmatique de 80 ans….. Qui va piano….
 
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                    Gilles, concentré, se dirige vers le puits. on voit bien sur la photo l'embout latéral qui lui permet de porter son recycleur sur le flanc. En face de son oeil droit, un H.U.D ( afficheur tête haute) lui permet de surveiller sa pression partielle d'oxygène.
 
 5 minutes plus tard nous voilà au bord du gouffre, ravis par nos éclairages dignes du plus bel épisode de la guerre des étoiles. Gilles se laisse engloutir par le puits le premier, je le suis en tentant, malgré la mauvaise visibilité, quelques plans vidéo. Un œil sur le caisson, un autre sur l’afficheur de pression partielle, et le troisième qui fait la navette entre le fil d’Ariane et l’ordinateur en alarme « batterie faible » (qui a dit « ben oui comme d’habitude, encore un truc qui ne marche pas ! » )
Vers la profondeur de 51 m, je laisse Gilles pousser un peu plus bas. Il vient de poser son relais 18 litres air et poursuit avec son dorsal de trimix, mélange qui d’ailleurs alimente son recycleur, lui permettant sans risque d’aller voir à 63 m ce qui se passe. A l’air, je préfère m’arrêter là : la narcose est maitrisée, comme ma pression partielle d’oxygène, aussi je préfère attendre Gilles pour le filmer au retour…. Qui ne tarde pas d’ailleurs !
 
Malgré les conditions de visibilité exécrable ( du moins pour ce site ) voici néanmoins un résumé de notre plongée, en vidéo... 
 
 
Il récupère son relais, attaque sa remontée et je le suis tranquillement. L’ordinateur, qui bien que présentant des accès de colère de se voir immergé avec une pile en fin de vie, manifeste sa désapprobation par des écrans rouges vifs du plus bel effet. Il me stoppe bientôt à – 30 m pour un premier palier.
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                   Gilles, au palier, fait grimper le pourcentage d'oxygène dans son mélange pour accélérer la décompression. Phase délicate, il faut évacuer l'azote et l'hélium dissous dans son organisme pendant le séjour en profondeur.
 
 
2 ou 3 minutes plus tard, entre 2 soubresauts vermillon, je rejoints Gilles vers 18 m. Le temps de filmer l’écran « sons & lumières » de l’OSTC, nous revenons tranquillement dans la galerie, sans mettre un coup de palme, poussés par le bouillon.
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                   Ce panneau, mis en place par la CRPS-RABA avertit les plongeurs "traditionnels" qui viendraient visiter la vasque de ne pas s'aventurer plus loin. Sans équipement ni formation adaptés, ils se placerait en situation de réel danger.
 
Dans ce sens là aussi, l’étroiture s’est bien émoussée…. Nous nous retrouvons dans la vasque pour un dernier quart d’heure de décompression, qui passera très vite entre photos et prise de vue. Sortie de l’eau au bout d’une heure et demie de plongée sans problème.
                                                                                                                                                       
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                    Stéphane récupère le recycleur "Joki" de Gilles. Indépendant du scaphandre, il permet de fractionner les charges lors des portages longs ou plus difficiles.
  
  Sitôt les recycleurs posés, nous repartons faire quelques photos des résurgences en crue, pour vous faire profiter du spectacle.
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                   La chute d'eau créée par la crue vient percuter avec force et fracas les galets, qui, il n'y a pas si longtemps verrouillaient en partie l'accès aux profondeurs. cela valait bien une photo !
 
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                    Entre la cascade et le muret s'est formé un espace éphémère, règne du végétal.Pour le découvrir, il faut, au sens propre du mot, passer de l'autre côté du miroir.
 
 
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                     L'union de la transparence et de la lumière fait naître des volumes improbables, que seule la vitesse d'ouverture rapide d'un appareil photo peut saisir. Il y avait, aujourd'hui, autant à voir sous la terre que sous le soleil...
 
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                     L'eau vive dans sa course folle s'arrête, piègée par le photographe.
 
 
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                     Pour ramener ces images, les photographes paient souvent de leur personne. Voici donc quelques éléments vous permettant d'apprécier les "coulisses du tournage"....
 
 
Retour sur Lyon bien fatigués mais ravis, surtout de nos nouveaux éclairages qui annoncent, nous l’espérons , des images toujours plus belles…. Histoires à suivre….
                   
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                    La lame d'eau qui dévalle le ressaut ne mesure que quelques cm, suffisant à une belle prise de vue. 
 
 
Nous ne voulions pas terminer le compte rendu de cette plongée sans une pensée pour Damien Cloteau, plongeur souterrain très actif au sein de la CRPS-RABA, décédé quelques jours auparavant lors d’une plongée à Chamagnieu…

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Published by plongeur - dans CR des sorties
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