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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 16:12

Compte rendu de plongée souterraine, source de la Marnade, 19 octobre 2009
























Participants :
Philippe Moya, Gilles Froment, Stéphane Simonet.


Sauf mention contraire, les photos sont de Gilles Froment. 

 

-          « Vous n’atteindrez pas le S2 aujourd’hui : l’eau est trop basse, et la visi pas terrible, vous allez galérer avec le loco… »


la vasque ce 19 octobre...

Le message de Philippe, parti  le premier en reconnaissance a le mérite d’être clair : ce n’est pas aujourd’hui que nous dépasserons le terminus de la Marnade…. Qu’importe. Je coule comme une fontaine sous mon étanche, pas loin du malaise. Le recycleur, mal calé sur un rocher me ruine le dos et m’arrache une grimace. Clair ou pas clair, l’urgence, c’est de se mettre à l’eau !






















 
Nous sommes dans le Gard, sur la commune de Monclus ( attention à la prononciation…), en bordure de la Cèze : la source de la Marnade est un point de résurgence des eaux drainées sur le plateau de Méjeanne le Clap par de nombreuses cavités comme l’Aven des Caméliés.




 


















Explorée depuis 1955, la découverte du réseau fût menée tour à tour par Frédéric Poggia et Bertrand Léger. En 1996, Frédéric Badier, aidé d’une équipe conséquente (dont faisait partie un des larrons de l’équipe d’aujourd’hui, le « Famous Moya ») atteint la profondeur de – 121 m dans le 3ème siphon.

Voici la topographie de la source :



 

 

 

 

 

En 2004, Xavier Méniscus atteint – 136 m, et John Volanthen dépassera ce terminus en 2006 en atteignant – 139 m. C’est finalement Xavier Méniscus qui portera le développement du réseau à 1472 m, dépassant les 141 m de profondeur équipé de 2 recycleurs. une photo prise lors de sa pointe par Patrick serret:





















Mais pour nous, qui avions atteint le S2 en…1999 ( le temps va vite, le temps court, comme dit la chanson !) nous nous contenterons du 1er siphon aujourd’hui.






















Philippe est encore dans la  vasque à chercher son appareil photo voyageur que je m’immerge avec soulagement dans l’eau sombre.


























 


















Le niveau est bas et l’entrée du siphon ressemble plus à une griffure dans la roche qu’à une vasque de lavoir. Ici la roche est déchiquetée et sauvage, la promesse d’une galerie improbable, et pourtant…



 




















Passée la faille verticale et torturée qui descend sans hésiter vers le début de la galerie, on entre dans…une station de métro. C’est large, spacieux et magnifique. Au passage je récupère mes relais, un 18 litres et un 9 litres remplis d’air qui pourront palier à une panne toujours possible du recycleur.



 Calé à -12 m, je clampe tout ce bardas et attend Gilles qui ne tarde pas à venir me rejoindre. C’est vrai l’eau n’est pas très claire…par endroit. Au hasard des passages, l’eau touillée laisse la place à un liquide cristallin…. Le flash de Gilles ne s’arrête plus alors….























Par endroit c’est une cathédrale immergée que nous visitons : une salle immense nous offre un dôme nimbé de bleu du plus bel effet.























Dommage que quelques mètres plus loin l’argile en suspension annule toute visibilité : instinctivement, une main se pose sur le fil d’Ariane en câble inox.



 








































Plutôt rassurant quand pendant quelques instants nous sommes incapables de lire nos instruments.



 


















Presque 300 m parcourus, par moins 30 m de profondeur. Les ordinateurs commencent à manifester leur contrariété par des paliers plutôt
conséquents : 30 minutes de décompression déjà, et la sortie du S1 s’annonce.



 


















Nous décidons de faire demi-tour. Gilles en tête, tous les éclairages en marche, il inonde la galerie de lumière. Je coupe mes éclairages perso, et le suis à quelques mètres : en contre jour, il m’offre un spectacle exceptionnel !



 




















Impossible de se poser dans la Marnade, le fil est au plafond et le sol est couvert de glaise : effleurer le sol provoque une catastrophe ! Bien stabilisé nous progressons lentement, profitant au maximum de l’endroit.


 






















Allez, voici quelques images, comme si vous y étiez :

 

 

 

L’aladin vient de se bloquer sur 99 minutes de décompression… Il faut dire qu’il ne peut afficher que 2 chiffres… Le VR3, qui intègre la décompression à PPO2 constante ne m’impose quand à lui que 33’ de palier. Nitrox, vous avez dit nitrox….




Nous arrivons dans la faille ou nous nous sommes glissés tout à l’heure, et nous installons pour les paliers… Le corps s’immobilise, l’esprit s’égare….



 

Après un peu plus de palier que nécessaire ( parce qu’il est difficile de s’arracher au sortilège et que le portage pour ranger le matériel ne nous emballe pas ) nous émergeons à 18h 28…. Il faisait nuit sous terre, et il va faire nuit bientôt. Les aller retour s’enchaînent de la voiture à la vasque….



 























C’est finalement vers minuit que nous poserons la tête sur l’oreiller, fatigué mais ravi d’avoir une fois de plus effleuré la beauté minérale et subaquatique des rivières souterraines.


Stéphane Simonet.

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Published by plongeur - dans CR des sorties
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