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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 11:14

 

CR de plongée souterraine, 29 mars 2010, Goul de la Tannerie

 

 

DSC01802

Prêt à plonger.....

  

Participants : Sylvain Dupuy, Gilles Froment, Stéphane Simonet.

 

Sauf mention contraire, les images sont de Gilles Froment.

 

Et un merci tout particulier à Hervé pour son soutien logistique, en l'occurrence le prêt de la « lichtfouse-mobile », sans qui cette plongée n'aurait pas eu lieu.

Selon un récit que l'on a pu reconstruire à partir des images et de quelques témoignages écrits, le dieu Mithra naquit près d'une source sacrée, sous un arbre lui aussi sacré, d'une pierre (la petra generatrix). Au moment de sa naissance il portait le bonnet phrygien, une torche et un couteau. Il fut adoré par les pasteurs dès sa naissance, il but l'eau de la source sacrée. Avec son couteau, il coupa le fruit de l'arbre sacré, et avec les feuilles de cet arbre il se confectionna des vêtements.

Il rencontra le taureau primordial quand celui-ci paissait dans les montagnes. Il le saisit par les cornes et le monta, mais, dans son galop sauvage, la bête le fit tomber. Cependant, Mithra continua à s'accrocher aux cornes de l'animal, et le taureau le traîna pendant longtemps, jusqu'à ce que l'animal n'en puisse plus. Le dieu l'attacha alors par ses pattes arrière, et le chargea sur ses épaules. Ce voyage de Mithra avec le taureau sur ses épaules se nomme transitus.

Quand Mithra arriva dans la grotte, un corbeau envoyé par le Soleil lui annonça qu'il devait faire un sacrifice, et le dieu, soumettant le taureau, lui enfonça le couteau dans le flanc. Du blé sortit de la colonne vertébrale du taureau, et du vin de son sang. Sa semence, recueillie par la lune, produisit des animaux utiles aux hommes. Arrivèrent alors le chien qui mangea le grain, le scorpion qui serra les testicules du taureau avec ses pinces, et le serpent.

Si tout cela est arrivé, c’était il y a bien longtemps… Aujourd’hui, ne subsiste du Dieu Mythra qu’un bas relief entre le Goul du Pont et la Tannerie, où nous allons plonger, à la recherche de la « source sacrée »…. Ou plus simplement pour passer un agréable moment d’évasion sous la terre !

DSC01797                                L'eau bondit 15 cm au dessus du déversoir.

 

Par rapport à notre dernière plongée, le portage s’annonce des plus simple : un pont à traverser, quelques pas au bord de la vasque et les relais sont dans l’eau, les recycleurs nous attendant sur le petit muret (il y a toujours un muret pour poser sa machine…)

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Conciliabule, briefing, vérifications diverses, collation et nous passons aux choses sérieuses : plonger ! Sylvain se dévoue une fois de plus pour nous aider à nous équiper et sera le dernier à entrer dans la vasque. L’eau passe 15 cm au dessus du déversoir, claire comme du verre. Elle court , cette eau, vive et impatiente. Le passage dans le laminoir d’entrée et l’étroiture du canyon à 120 m s’annoncent sportifs….

DSC01787                                   Les relais dans la vasque.

L’eau est si transparente que, hormis les algues brunes qui filent devant nos masques, on se croirait presque en apesanteur. Capeler les relais est un vrai bonheur, dans cette ambiance aquatique et lumineuse.

DSC01793                                   Préparation du matériel dans la vasque.

Vidéo prise dans la vasque

DSC01807                                        Sylvain enfin à l'eau.

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Sylvain, en bi 12 et relais 18 l, part devant, suivi par le rédacteur de ces lignes et Gilles. Un chapelet de bulles expirées et il se laisse engloutir par la galerie. Changement d’ambiance, la lumière cède le pas aux ténèbres que nous déchirons de nos phares.

DSC01827                                               Sylvain dans un passage difficile

Ça commence par une reptation délicate dans le laminoir. La galerie plus large que haute semble nous refuser le passage. Il faut se déhaler sur les bras, deviner le bon passage, anticiper les changements de cap et essayer de cogner le moins possible nos machines au plafond. Nous négocions une chicane un peu récalcitrante et atteignons le canyon à 120 m : le 100 w fait des merveilles et illumine une véritable cathédrale minérale. Sylvain déblaie un peu le passage et passe l’étroiture.

DSC01830                                    Le canyon.

Nous passons à notre tour et continuons notre progression prudemment : face au courant et avec notre relais 20 litres, les recycleurs ne sont pas des plus adaptés. Sylvain, plus court que nous sur l’autonomie, prend le large.

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Nous le recroiserons vers 600 m, où il nous fait comprendre par geste qu’il a apprécié toute la beauté du puits…que nous atteindrons à notre tour au bout d’1h30 de progression. Les nombreuses photos prises en cours de route, ainsi que le débit de la rivière associé à la faible section de la galerie ne nous ont pas autorisé à palmer plus vite. Un essoufflement sous plafond, en recycleur, n’est pas facile à gérer…. Prudence donc.

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Mais après 700 m d’effort, c’est la récompense. La galerie prend sa pleine dimension, le courant disparait et nous nous laissons tomber avec volupté dans cet écrin minéral. Vers 45 m, complètement zen, nous contemplons la galerie qui « s’horizontalise », photographions, filmons, admirons… Avantage au recycleur cette fois-ci, pas de mano ou de chrono à surveiller, nous avons tout notre temps ou presque… nous pouvons savourer comme il se doit ce moment rare.

 

Vidéo = Gilles dans le puits, filmé par Stéphane

DSC01876                             Curiosité géologique

Il faut tout de même remonter tôt ou tard, après un dernier regard vers les profondeurs. Il me reste 60 bars d’oxygène, largement de quoi rentrer. Nous entamons le chemin de retour, ralentis par quelques minutes de décompression dans le puits.

Revenu dans la partie haute de la galerie, je m’octroie une gorgée de jus de fruit avant de reprendre le chemin de la sortie. Ce sera nettement plus facile, poussé par le courant cette fois, sous la bienveillance de Mythra…

Entre le canyon vers 120 m et la sortie, nous prendrons le temps de reconnaître quelques départs de galeries secondaires….Etroits…. Il faudra revenir avec les blocs portés en « sidemount », pour aller voir ces veinules karstiques….

C’est après 3 heures d’immersion que nous émergeons de la vasque, accueillis par Sylvain qui est déjà prêt à nous aider à sortir.

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En résumé, une belle journée, une plongée magnifique et de beaux souvenirs pour longtemps. Mais ça, nous commençons à en prendre l’habitude…

 

Stéphane, Sylvain & Gilles.







 

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Published by plongeur - dans CR des sorties
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