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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 19:13

L’Elevine le retour. Où la minute de grande solitude !

 

Toutes les photos sont de Philippe Moya.

 

Me revoici à Carry le Rouet pour un congé de fin de semaine ensoleillé.

Pour tout vous expliquer il faut vous dire que depuis une petite dizaine de jours je suis à nouveau grand-père, et que pour cela ma grande fille a dû passer 7 semaines à la maternité de l’hôpital Nord de Marseille. Grossesse à très haut risque pour des problèmes de rhésus incompatible plus deux trois petits problèmes annexes, mais bon, finalement tout s’est bien terminé et Robin, prend du poids et semble être un futur gaillard.

Ce qui explique que pour lui tenir compagnie je sois en camping car, et la nuit j’aille me garer vers Carry, parce que les quartiers Nord, je ne le sens pas vraiment. Alors de temps en temps je plonge. Normal non ? pour un plongeur.

 

Samedi 13 novembre. Soleil magnifique, mer calme, vent très léger, 20 degrés vers 10h00, les plongeurs en volume ressemblent à des lapins dont la cuisinière n’aurait enlevé que la moitié de la peau. Ils suent sur le quai en attendant le bateau : the yellow pearl, qui revient de sa première rotation.

Patrick le patron rentre du Planier, pour la première rotation, il faut se lever à 6h00, pas pour moi çà !

Nous longeons la côte, voici la villa de Jean Pierre Foucaux, me dit-on, elle se reconnaît à ses trois paraboles.

Et nous arrivons sur le site, ce matin se sera l’Elevine, (encore me dis-je), je l’ai déjà fait il y a deux semaines. Bon, tant pis.

 

 

carry 3310

                   branche de corail rouge, au plafond d'un surplomb.

 

 

Patrick annonce les palanquées, je suis avec deux inconnus. Ils sont niveau 4 : Vous trois dit-il autoritaire, vous ferez le tour de l’île. Ben tient ! pourquoi ? me demandai-je silencieusement, j’aime bien me parler silencieusement, je suis souvent d’accord avec moi-même

Vous descendez sur les premiers enrochements, vers 20/25m. vous prenez main droite, et faites tranquillement le tour. La déco se fera toute seule, car la passe finale a 6/7m. de fond, çà ira tout seul.

Pourquoi cette limite, suis-je puni ? Je pose discrètement la question : Non, pas du tout, si tu veux je te change de palanquée, mais je ne connais pas ces deux plongeurs, ils n’ont pas de carnet de plongée, je ne veux pas avoir de soucis. Après tout, je fais de la photo, et ne pas descendre devrait être un avantage dans ce cas. Ca ira bien.

Mise à l’eau, j’attends les deux autres, ils sont lents, mais ce n’est pas un problème, l’eau est chaude.

Descente, nous prenons soleil de face, tout droit jusqu’aux premières roches. Bien que faisant des photos, je me retrouve rapidement le premier, arrive la profondeur indiquée, je tourne sur la droite, ils sont derrière, je continue tranquillement, un coup de flash ici, un autre là, et je me retourne, stupeur ! personne, regard sur la gauche, niet ! sur la droite, nada, en haut, rien.

 

carry 3317

                   Cladocora caespitosa, cerné d'algues coraligène mauve et d'halimède verte (?) 

 

 

M…. me dis-je personnellement, en me parlant à moi-même. Vous vous souvenez, j’aime bien.

Que faire ? qu’est-ce que dit la formation d’il y a déjà quelques années, à oui, on cherche raisonnablement quelques instants, et en désespoir de cause, on remonte. Les secondes s’égrènent, je pense une minute, si cela se trouve, bien moins en réalité. Allez tant pis remonte. Au même moment, une lueur de phare déchire le bleu, vers la droite, bien en bas, des bulles ! ils arrivent ! ils m’ont perdu pensai-je innocemment. Et ils m’ont retrouvé.

Jonction, O.K. ? O.K. ! nous continuons.

 

carry 3322

                   ascidie rouge

 

Tout comme il y a dix jours, je ne trouve pas la plongée extraordinaire, faune et flore pauvre. C’est comme çà.

Patience, la suite va me surprendre.

Nous tournons doucement sur la droite et remontons. Voici l’arrête qui marque l’Ouest de l’îlot, et là bien cachés derrière, la passe, le canyon, une grande dalle inclinée formant un abri sombre, des centaines, que dis-je, certainement des milliers de poissons sont là, serré les uns contre les autres ! Mon appareil se met en position flash tout seul, tellement le nuage de poissons obscurcit la mer.

 

 

carry 3364

                   un banc compact d'oblades,mur vivant dans la mer.

 

Instant magique, j’arrête de photographier pour profiter du spectacle, c’est vraiment extraordinaire, tous ces poissons, qui ne s’écartent qu’au tout dernier moment pour nous laisser passer. Je repense à ma plongée en Atlantique, il y a 4/5 ans, sur l’île de Noirmoutier, c’était tout pareil. Et cette dalle, couverte de milliers d’anémones encroûtantes, et d’autres merveilles dont les noms me sont inconnus. Du jaune, du bleu, du rouge, de violet, çà éclate de partout, je mitraille, je regarde, je re mitraille. Vraiment, je suis comblé. Quelle fin de plongée magnifique ! Les terriens ne savent pas ce qu’ils manquent.

 

 

carry 3325                   Eponge encroutante orange

 

Le sol est ponctué de gros blocs certains gros comme des voitures, d’autres comme des camions autour desquels nous nous faufilons, un labyrinthe de rochers, surpeuplé de poissons.

 

 

carry 3330

                   Doris dalmatien, lointaine cousine des 101.....

 

Toute chose ayant une fin, même les plus merveilleuses, nous rejoignons le bateau, et là je tombe de haut !

Les paramètres de mes deux compagnons sont édifiants : 30m. pour l’un, 35 pour l’autre ! Alors que je présente un modeste 25,7. Le D.P. ronchonne, il aimerait comprendre. Et là l’un d’eux avoue : Oui, tu comprends, cela fait un an que je n’avais pas plongé, et je voulais voir si je tenais la profondeur ! Alors, à 25, nous avons laissé Philippe partir sur la droite et nous avons plombé. J’ai laissé mon collègue à 30, et je suis descendu à 35, tout a bien été, et nous sommes remontés le rejoindre.

Je suis sidéré, comment deux hommes apparemment sains d’esprit, d’une cinquantaine d’année. Ont-ils pu se comporter avec autant d’insouciance ? Plus tard, Patrick a qui j’avouerai mon incompréhension, me dira : Je vois çà plusieurs fois par an. Pourquoi crois-tu que je vous ai dis de ne pas descendre en dessous de 25, tu vois même en étant directif, on rencontre ce genre de comportement. Alors si je n’avais rien dit……

Heureusement que tout s’est bien terminé. Ah ! le comportement humain !

Retour tranquille au port, rinçage, douche, rangement. Et retour dans mon logis à roulettes où Mady m’a préparé un bon apéritif anisé bien frais.

 

 

Philippe.

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Published by plongeur
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