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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 12:15
Compte rendu de la participation de l’ASSP Plongée au camp de plongée souterraine organisé par la CRPS – RABA du 1er au 4 novembre 2012
 
 
Participants : Sylvain Dupuy, Gilles Froment, Stéphane Simonet
 
 
 
gf rocamadour
                       le village de Rocamadour, emblématique du Lot, photographié par Gilles Froment.
 
 
Le département du Lot est connu pour ses confits de canards et ses vins blancs, mais ses autres richesses se dissimulent sous la terre : des rivières mystérieuses aux résurgences improbables, tout cet or bleu ne se livre jamais vraiment complètement, mais se mérite toujours. La récompense est toujours au bout de l’effort, au détour d’un corridor de karst, dans l’éblouissante clarté des phares de plongée.
Dans nos mémoires, ces visions presque ésotériques étaient gravées, quoiqu’un peu érodées par le temps qui passe sans bruit….Il était temps de retrouver les sources de 1996, les vasques de 1998 et plus simplement la vibration de l’eau sous nos palmes avant de franchir les portes minérales et de changer d’univers. Ce fut donc chose faite grâce à Laurent Bron et Alexis Carreel qui organisèrent ce rassemblement de plongeurs « grotteux » bulleux ou non, sous l’égide de la Commission Régionale de Plongée Souterraine.
Qu’ils en soient encore remerciés ici, tant nos plongées eurent une saveur particulière dans l’aquifère lotois.
 
 
Palmes, masques, détendeurs, wings, vêtements secs, instruments en tout genre, mais aussi recycleurs, bouteilles relais, gros bi dorsal, dévidoirs, appareils de prise de vue, loco-plongeur, accastillage divers ( et variés !) finirent par trouver une place entre le monospace de Gilles et la remorque de Sylvain, attelée à son camping car.
 
 
gf voiture
                     Pas toujours facile de ranger notre imposant matériel !     Photo Gilles Froment
 
 Sur le parking où nous nous retrouvons ce jeudi matin, la manutention est enfin terminée et nous pouvons prendre la route pour 420 km jusqu’à Artix où la CRPS-RABA a réservé un gîte pour quelques 18 passionnés de plongée sans surface libre.
C’est donc vers 16h que nous installons notre camp de base motorisé à proximité de l’hébergement du « Lou Paradou » et retrouvons des têtes connues et d’autres nouvelles mais toujours sympathiques.
 
 
gf gite
                  le gite où nous prendons petits déjeuners et repas du soir, regonflerons les blocs et stockerons le matériel.
                                                                                                                               photo Gilles Froment
 
 
Repas convivial et briefing clôtureront la soirée, avant le sommeil réparateur garant de notre plongée de demain.
 

La première plongée

 
En ce vendredi 2 novembre, nous sommes donc à pied d’œuvre vers 10h à la Fontaine St Georges, sur la commune de Montvalent. Et nous constatons vite que nous ne sommes pas les seuls à avoir eu la même idée : plusieurs véhicules stationnent déjà et une bonne douzaine de plongeurs se préparent à s’immerger dans la petite vasque où nombre de relais trempent déjà. Jean-Pierre Stefanato, président de la Commission Nationale de Plongée Souterraine, nous informe que tous ces gaillards font partie d’un stage, et que pas mal d’exercices de recherche de fil sont prévus…. Ça va se bousculer jusqu’à la salle de Lavaur….
Nous passons donc rapidement au plan B, soufflé la veille par Laurent et confirmé par Jean-Pierre : direction Cabouy ( prononcez « cabouille » ) à 15 ‘ de route et sans doute moins saturée….
 
 
gf vasque cabouy
              la vasque de Cabouy offre un diamètre de 20 à 25 m. La commune de Rocamadour a construit à
              proximité une station de pompage pour son alimentation en eau.         Photo Gilles Froment 
 
 
Peu de plongeurs effectivement (3) à notre arrivée, et surtout de la place pour se garer, et cerise sur le gâteau, un joli muret pour poser les scaphandres à la bonne hauteur et une grande vasque pour déposer nos relais ( 4 pour nous 3, soit 2 blocs de 10 litres air et nitrox 32 pour Stéphane, un 10 litres de N32 pour Gilles et un 10 litres air pour Sylvain ) ainsi que l’imposant UV 26 prêté par la CRPS, que nous essayerons au retour de la plongée dans la vasque.
 
 
gf muret cabouy
          Parfait pour poser les scaphandres et capeler sans se ruiner le dos, ce muret est idéalement placé !   photo Gilles Froment
 
 
La pluie menaçante s’est éloignée et nous pouvons donc grignoter l'excellent repas mitonné par Sylvain avant de passer à l'étape fastidieuse de l'équipement: polaires, vêtement sec sans oublier de raccorder la purge pipi, etc. Petit à petit, l'homme s'efface pour devenir un être étrange, bardé de technologie pour affronter ces rivières sans soleil. Recycleur ou Bi 18 sur le dos, nous avançons dans la vasque malhabiles et hésitants. Casqués et masqués, il ne reste qu'une vague hésitation avant d'avaler un embout: une inspiration et ça y est, nous sommes désormais amphibies.
 
gf sd et ssi cabouy
             Sylvain et Stéphane attendent Gilles en surface, à l'aplomb du porche d'entrée.       Photo Gilles Froment 
 
 
Relais clampés, j'attrape l'UV26 et le laisse me tirer jusqu'au bord opposé de la vasque. Là, je descends à – 6m et l'attache sur le fil, calé sur une lame rocheuse: nous pourrons ainsi nous faire la main dessus au retour.
Sylvain et Gilles m'ayant rejoint, nous descendons le long du fil, dans l'eau trouble et sombre, avec l'impression de nous faire « digérer » par L'Ouysse.... Les parois de la vasque, passées 6 m de profondeur dévalent verticalement vers le fond, ouvrant le porche d'entrée. Nous atterrissons en douceur sur la pente de graviers vers – 15 m. Main sur le fil tant la visibilité est faible ( Cabouy rime avec touille ), nous suivons le talus instable jusqu'à – 30 m, pour entrer enfin sous la terre. Ici commence une galerie confortable de 4x6 m filant vers l'est. 900 m plus loin s'ouvre le gouffre de Pou Messens, fenêtre à l'air libre sur le réseau qui se poursuit encore plus loin, jusqu'à 2185 m, avec arrêt sur l'inconnu...
 
 
coupe cabouy
                      la topo des 400 premiers mètres de la source, d'après plongeesout. 
 
 
Nous avons du mal à percevoir l'immensité de la galerie sur les 100 premiers mètres, l'eau chargée réduisant notre champ de perception: le fil, les instruments, la boussole et la roche immédiate sont notre seul environnement jusqu'à ce que le siphon daigne décanter un peu et qu'enfin nous puissions deviner l'immense boyau dans lequel nous évoluons.... Lentement Gilles et moi, recycleur oblige, tandis que Sylvain oubliant qu'il a un bi 18 sur le dos virevolte autour de nous pour prendre un maximum de photos, sans oublier de déclencher sa caméra embarquée sur le casque.
 
 
sd cabouy 8
                   une roche découpée par le flux hydraulique, éclairée et photographiée par Sylvain Dupuy
 
Les dimensions confortables de la galerie nous autorisent d'évoluer de front tous les 3 et quand l'un se laisse distancer pour observer une lame rocheuse ou prendre une photo, les autres l'attendent et nous repartons de nouveau.
 
 
gf sd photo cabouy
            Sylvain, avec l'énorme bi 18 sur le dos et appareil photo en main.         image de Gilles Froment 
 
 
Parfaite cohésion fruit de plusieurs années de plongées communes. Peu de temps avant de faire demi-tour, nous rencontrons une anguille solitaire, à plus de 300 m de l'entrée: bizarre qu'elle puisse survivre ici sans lumière et sans nourriture (?).
 
 
sd cabouy 9
                rencontre insolite avec cette anguille errant dans la galerie, photographiée par Sylvain Dupuy
 
 
La profondeur a diminué, nous sommes à - 14 m pour environ 350 m parcourus. Après 40 minutes de plongée, nous décidons de faire demi-tour, sans nous presser, en admirant la roche claire ornée de coup de gouges et les marmites d'érosion.
 
 
sd cabouy 5
                     Stéphane éteind ses lampes pour permettre à Sylvain de prendre une photo.
 
 
 
sd cabouy 7
                    Gilles admire la cloche d'air prisonnière au plafond. on apperçoit l'embout latérale du Joki.  photo Sylvain Dupuy
 
 Parfois de véritables cannelures apparaissent sur les blocs, témoins de la volonté de l'eau d'éroder la roche.
 
 
sd cabouy 3
                            on voit bien le travail de l'érosion sur ce bloc tombé sur le fond. A sa gauche passe le fil d'Ariane. Photo Sylvain Dupuy
 
 
 
Nous arrivons de nouveau dans l'eau couleur café comme chantait Gainsbourg, signe que la sortie approche. À – 30 m, le Vytec de Sylvain se venge de ce second passage en profondeur en lui imposant 28 minutes de palier.... Pas drôle dans une eau à 12°C.... Pour nous, il ne reste que quelques minutes au chrono des NheO et autre OSTC,  en PPO2 constante. Vive le nitrox et les recycleurs !
Pendant que notre infortuné camarade trompe l'ennui en faisant des photos dans la vasque, riche en poissons et plantes aquatiques, nous cherchons l'UV 26 qui a ….disparu !
 
 
sd cabouy 91
                      la longue décompression permet à Sylvain de capturer l'ambiance régnant dans la vasque. 
 
 
Ce n'est qu'après un tour complet de la vasque et un aller retour sur le fil à – 15 m que je le retrouverai en surface.... C'est lourd à l'extérieur, mais plutôt bien équilibré et neutre sous l'eau, un UV. Pendant notre immersion il a tranquillement suivi le fil jusqu'en haut.... Je le décroche, me longe et en avant ! Par rapport à notre Apollo, c'est un avion de chasse ! Il tractera même Sylvain et ses grosses bouteilles sans aucun problème.
 
 
 
 
 
 
Il est 15h 19 quand nous sortons de la vasque après 88 minutes passées sous l'eau, absolument ravi de cette reprise avec le Lot. Les sourires sur la photo traditionnelle en témoignent.
 
 
banderole recadrée
                 Gilles, Sylvain et Stéphane portent la banderole de l'ASSP, désormais traditionnelle à chaque sortie.  
                   le propulseur UV 26 est visible entre Sylvain et Stéphane.             Photo par un randonneur
 
 
Nous sommes de retour au gite vers 18 h pour reconditionner notre matériel, regonfler les blocs et partager cette plongée avec les autres participants du camp, autour d'un excellent repas fourni par un traiteur. Et vers 22 h il est temps de regagner le camping-car pour recharger nos batteries....
 
 
gf sun rise
                           coucher de soleil sur la campagne lotoise par Gilles Froment
 
 
La seconde plongée
 
C'est au bord du Célé que nous nous garons, avant qu'une meute de voiture de toutes sortes ne viennent squatter les quelques places disponibles sur le bord de la route, vomissant une horde de plongeurs en ouvert, en recycleur, motorisés ou non mais tous passionnés. Le Lot devient pire que St Tropez en été !
 
 
gf parking ressel
                     embouteillage au bord des siphons !! il faut arriver tôt pour pouvoir se garer.  photo Gilles Froment
 
 
Il faut vite descendre recycleurs, scaphandres et relais avant que la mise à l'eau ne devienne inaccessible. En plus, nous avons désormais non pas un mais 3 propulseurs, toujours prêtés par la CRPS: toujours l'UV 26 et ses 30 kilos qui sera piloté par Sylvain, mais aussi 1 Minnus de « Silent Submersion » qui me tractera et un Bonex alloué à Gilles. Ces derniers sont plus petits, plus légers mais tout aussi efficace que leur grand frère. Pour en savoir plus sur l'UV 26 et le Minnus : http://www.silent-submersion.com/ et pour plus de détails sur le Bonex: http://www.bonex-systeme.de/index_e.php.
 
C'est dans la rivière du Célé que s'ouvre le porche du Ressel, siphon célèbre connu de tous ceux qui pratiquent la plongée souterraine. On vient de toute l'Europe pour y plonger !
C'est à la fois un siphon école pour s'essayer à la plongée sous plafond mais également un site de classe mondiale où toutes les pointures sont venues un jour ou l'autre tremper leurs palmes, de Jean-Louis Camus à Rick Stanton, en passant par Claude Touloumdjian, Jochen Hasenmayer, Francis Le Guen, Olivier Isler ou Reinhard Buchaly et tant d'autres.
Jugez plutôt:
5 siphons, dont le premier mesure 1870 m avec un point bas à – 78 m. 120 m environ de galerie sèche mènent à un second siphon de 400 m ( profondeur – 7m ), suivi d'un exondé de 140 m qui se transforme ensuite sur un 3ème siphon très court, suivi par une rivière de 350 m jusqu'au siphon n° 4 de 290 m de long. De là on peut à nouveau s'immerger dans le S5 pour 1340 m de long ( profondeur moyenne -25 m) qui se termine sur un énorme amas de roches.
( pour en savoir plus : http://www.plongeesout.com/rubrique site de plongée, département du lot, Ressel ).
 
Existe t il une suite …..?
 
 
Sylvain
                    Sylvain, concentré, se dirige vers son destin ( et surtout son bi 18...)    photo Gilles Froment
 
 
Ce n'est pas notre petite équipe qui la trouvera en tous cas, notre objectif bien modeste pour aujourd'hui est de simplement rallier le puits n° 4 ( voir topo ) et également de ramener films et photos pour vous faire partager un peu de notre exploration.
 
 
montage ressel 2
                            Topo de la première partie du Ressel, d'après plongeesout.
 
 
C'est donc après quelques efforts d'haltérophile (enfin surtout pour Sylvain ! ) que nous sommes tous les 3,propulseurs longés, dans le Célé vers 13h 50. Nous nous regroupons devant l'entrée du siphon et pénétrons dans une eau couleur de thé: les 100 premiers mètres présentent une visibilité exécrable, difficile de « scootériser » dans ces conditions, d'autant plus que nous croisons d'autres plongeurs venant de l'amont. Je m'écarte du fil pour les laisser passer, priorité à ceux qui sortent... Entre la touille et les phares qui dansent en tous sens, difficile de percevoir correctement la galerie.
Petit à petit, l'eau devient plus limpide et nous parvenons à nous regrouper. Le Ressel tient alors sa légende et c'est dans l'Evian que nous poursuivons notre chemin, tractés par les propulseurs, un véritable régal !
 
 
sd steph minnus
                 Stéphane équipé du propulseur Minnus, plongeur motorisé et heureux !         photo Sylvain Dupuy
 
Pas d'effort, donc une consommation moindre et une saturation moins importante et surtout du temps de gagné car nous avançons 3 à 4 fois plus vite qu'à la palme. C'est ainsi que très rapidement nous parvenons au shunt à 180 m de l'entrée : la galerie se sépare en deux, une partie plus vaste s'enfonce jusqu'à – 20 m tandis qu'une galerie supérieure aux dimensions plus restreintes suit la première.
 
 
sd gilles bonex
                Gilles, équipé du Bonex et de son recycleur latérale, photographié dans le shunt par Sylvain Dupuy
 
Nous empruntons donc le shunt, moins profond et profitons de l'eau cristalline qui noie cette conduite qui semble avoir été taillée à la serpe. Dans le ronronnement des propulseurs, nous volons dans l'espace..... Vers 350 m nous retrouvons la galerie principale et abandonnons nos coursiers sur le fil, pour attaquer la succession de puits qui vont nous mener à la zone profonde.
 
 
De nouveau nous sentons l'eau dure sous nos palmes et, parfaitement coordonnés, nous glissons lentement de puits en puits, jusqu'au fameux n°4, celui du poster désormais bien connu ! ( http://www.photo-sub.com/)
Vérifications des paramètres, tout est parfait, pas d'alibi donc pour renoncer, un coup de palme et c'est parti ! Dans ce décor grandiose digne des meilleurs films d'aventure, nous chutons au ralenti dans le chuintement des bulles ou l'injection du recycleur.
 
 
sd gilles ressel
                    Gilles, à la palme dans la succession de puits menant à la zone profonde.   photo Sylvain Dupuy
 
 
 Les blocs se rapprochent et nous nous posons en douceur à – 45 m devant l'entrée de la galerie profonde: rectangulaire, large de 6 m mais haute de 2 m, elle présente un plafond plat et un sol couvert par de nombreux blocs rocheux. Nimbée d'un bleu irréel, l'eau est d'une clarté surréaliste et nos phares ne portent pas assez loin.
 
 
sd gf et SSi ressel profond
                     Gilles et Stéphane dans la galerie profonde photographiés par Sylvain Dupuy.
 
 
C'est trop tentant, et sans vraiment nous concerter nous pénétrons dans cet écrin de granit. Ici on quitte la Terre, pour basculer dans une autre dimension ou atterrir loin, sur une planète lointaine.
 
 
pele mele roche
       le mariage de la roche et de l'eau génère des formes et des couleurs magnifiques. elles vous sont offertes ici par Sylvain Dupuy
 
Pas de sirènes aux chants assassins, mais un sortilège étrange venu des profondeurs telluriques nous pousse en avant.
 
 
 
pele mele fil
 
 
C'est à 460 m que nous décidons de faire demi tour. Il le faut bien.
 
 
sd gilles ressel profond
                   à 460 m de l'entrée, par 45 m de profondeur, nous faisons demi tour vers la sortie.    Photo Sylvain Dupuy
 
 
Rapide conciliabule subaquatique et nous suivons de concert le fil d'Ariane qui nous guidera vers la sortie. Nous commençons donc la remontée, premier palier à – 26m dans le puits, puis à – 16 m. Nous progressons lentement, attentifs à suivre le bon chemin, sans perdre une miette des lames rocheuses ou des lapiaz lacérant la roche.
 
 
sd dessin roche ressel
                Ce n'est ni un scanner ni une coupe au microscope, simplement la nature à l'oeuvre.   photo Sylvain Dupuy
 
 
Enfin nous atteignons le shunt et retrouvons les propulseurs, sagement longés sur le fil. Chacun récupère sa monture, et c'est reparti pour les 24h du Mans !! Le retour s'effectue sans histoire, jusqu'à l'approche de la sortie, où la visibilité réduite nous oblige à progresser les appareils à la main, dans un véritable tanin ocre.
 
 
sd taxis
                          Bonex, Minnus et UV 26 sur le fil.                   photo Sylvain Dupuy
 
 
À quelques mètres de l'entrée, nous les abandonnons sur le fil, afin qu'une autre équipe puisse en profiter. Sortie en aveugle ou presque dans le Célé, plus froid que le Ressel ! Sylvain accumule toujours les paliers et Gilles lui abandonne son nitrox 32 afin d'accélérer un peu les choses. Mais souffrant du froid, trahi par un accessoire que la décence m'interdit de décrire ici ( et c'est bien dommage, cela nous aurait fait rire un peu, comme chantait Brassens.... décidément j'ai un faible pour les chanteurs disparus...), Gilles, donc, termine sa décompression et rejoint la berge du Célé. Je reste donc à patienter avec Sylvain pendant 12 minutes monotones de palier, au milieu des feuilles mortes qui.....tourbillonnent autour de nous ( non, là elles ne se ramassent pas à la pelle.....) dans une infusion monochrome de tisane sombre.
 
 
gf sylvain célé
                          Sylvain à la sortie du Ressel, dans le Célé photographié par Gilles Froment
 
L'azote expulsé de nos organismes, nous crevons la surface pour rejoindre Gilles, toujours dans l'eau. Les sourires sur les visages boursouflés par le froid en disent long, cette plongée restera dans nos mémoires, c'est certain.
 
 
SSi ostc
                         le profil de la plongée, lu sur l'OSTC de Gilles.      Photo Stéphane Simonet
 
 Un moment rare, avec l'impression quelque part d'avoir été privilégié, d'être allé là ou finalement, peu de personnes ont la chance d'aller....
 
 
gf sortie ressel
                         Sylvain en plein effort pour sortir de l'eau.           Photo Gilles Froment.
 
 
Il faut encore s'extirper de l'eau, sortir les relais, ranger le matériel. Tout cela tranquillement, sans se presser, avec le moins d'efforts possible car nous sortons quand même d'une « grosse » plongée et l'accident de décompression reste notre épée de Damoclès. Très peu de réseau pour les portables et des délais de route importants rendraient donc compliqué un éventuel ADD. De retour au gite, après le repas, nos yeux se fermeront sur la lueur bleutée du Ressel, et si nos corps immobiles ne bougeront plus jusqu'au matin, nos esprits retourneront vagabonder dans les méandres noyés de cette rivière de l'ombre.
 
 
 
sd light ressel                         Rêve ou réalité ?                                        une image signée Sylvain Dupuy
 
 
Le lendemain, dimanche, le ciel est plombé et ne tarde pas à déverser des litres et des litres de larmes: il tombe des cordes !! Nous décidons de plier bagages sans plonger une troisième fois, au regard de la route qui nous attend. Nous re-conditionnons le camping car en version « route » et prenons congés des autres participants du camp.
 
Mais ce qui est certain, c'est que vous lirez un jour ou l'autre un autre compte rendu d'une sortie dans le Lot, car nous n'attendrons pas 14 ans pour y retourner !!
 
 
Remerciements
 
  • à la CRPS-RABA pour l'organisation du camp & le prêt des propulseurs, et tout particulièrement à Laurent Bron et Alexis Carreel pour l'organisation sans faille de ces 4 jours, nous apprécions sans peine les heures de travail nécessaires !
  • À l'ensemble des participants du camp, pour la bonne humeur et la convivialité lors des repas pris en commun.
  • À Sylvain pour sa logistique au top, que ce soit l'hébergement en camping car ou les casse-croûtes d'anthologie au bord des vasques, ainsi que pour les coups de main innombrables pour capeler les scaphandres ou brasser du matériel.
  • À Gilles et Sylvain encore, pour toutes leurs photos & vidéo qui me permettent d'illustrer ce compte-rendu.
  • Et un merci tout spécial à nos familles, au sens large, qui nous laissent partir si loin pour assouvir une passion parfois dévorante. Sans elles rien ne serait possible, elles méritent donc bien, à cette occasion, ce petit clin d'oeil...
 
                                                                                                                                Stéphane Simonet
 
 

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Published by plongeur - dans CR des sorties
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