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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 09:16

 CR de la plongée au lac du Bourget, 1er novembre 2011

 

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Participants : Gilles Froment & Stéphane Simonet

 

Sauf mention contraire, les photos sont de Gilles Froment

 

Point de barracudas ou de nudibranches multicolores pour cette immersion d’automne : les couleurs étaient en surface, dans la lente agonie bigarrée des arbres en feu au petit port de Chatillon.

Sous l’eau, la faune était rare mais présente, et du vert émeraude nous avons vite sombré dans les ténèbres profondes, déchirées par nos phares puissants.

Plongée de reprise donc, après les délices de Porquerolles, pour préparer nos futures immersions hivernales….

 

Mais tout de suite une petite vidéo pour vous « plonger » dans l’ambiance :

 

 

 

 

 

Le tombant de Chindrieu, à l’extrémité nord du lac du Bourget, en Savoie, est un site de plongée désormais célèbre, et nous croiserons moult plongeurs, en circuit ouvert, en recycleur, à l’air ou aux mélanges durant cette journée. La profondeur importante (+ de 65 m au pied du tombant ) rapidement accessible attire bon nombre de plongeurs techniques. Un panneau d’avertissement, placé par la municipalité et la FFESSM attire toutefois leur attention sur les dangers du lieu….

 

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                        des plongeurs en recycleurs "Submatix" ayant terminé la plongée.

 

 

Bref, c’est en recycleur, SMG pour moi et Panzer Dolphin pour Gilles ( merci Philippe ) que nous nous apprêtons à descendre. Notre configuration est assez classique : relais air pour remonter du fond en cas de problème, et 10 litres oxygène pur pour la décompression, si nos machines venaient à nous trahir. Gilles embarque en plus des pack d’accus pour son chauffage « spécial chauffe rognons », et un étui dont l’étanchéité reste à vérifier, futur réceptacle d’accus pour chauffage ou éclairage. J’emporte quand à moi le phare de 100 watts pour jouer les éclairagistes.

 

 

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                        Du matériel, toujours et encore..... 

 

Vers15h, l’ensemble du matériel vérifié, les équipements correctement ajustés, c’est le départ.

Presque aussitôt nous croisons un énorme brochet nonchalant. A défaut de barracuda…..

Puis nous nous laissons happer vers le néant, la roche se met à défiler devant nous, la descente, toujours contrôlée commence. Les phares s’allument, faisant renoncer l’obscurité pour un temps. Mes sinus renâclent, l’eau à 7°C, m’attaque là le néoprène ne protège pas. Quelques instants plus tard, je suis bien. – 42 m, nous stabilisons la profondeur, vérifions les pressions partielles d’oxygène dans la boucle du recycleur, 1,25 bar, tout est OK.

 

 

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                        le contrôle des paramètres doit être constant    photo Stéphane Simonet

 

 

Et c’est parti pour environ 30 minutes d’exploration minérale en claire obscure, dans un monde éternellement plongé dans la pénombre et le froid. Ici pas de rayon de soleil, pas de couleurs vives, c’est le règne de l’eau douce et de la roche qui s’abîme plus bas vers un fond incertain qui n’en est pas vraiment un, pente de vase grise et molle qui englue le plongeur mal équilibré qui s’y poserait sans retenue

 

 

Ce fond glauque n’est pas au programme aujourd’hui : notre diluant « air » nous cantonne à la zone des 40 m. Bien équilibré, nous savourons notre immersion, tout va bien…Et même lorsque des nains de jardin montreront le bout de leur frimousse devant nos masques, nous ne soupçonnerons pas la narcose : placés là par des plongeurs farceurs, ils égayent un peu une plongée parfois lugubre…. Mais que l’on peut apprécier, lorsque bien préparé et bien équipé, on s’immerge en toute quiétude dans cet univers étrange.

 

 

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                        le recycleur, une usine à gaz tellement performante             photo Stéphane Simonet

 

 

Après presqu’une demi heure passée à 42 m, il faut quand même penser à remonter. Je n’ai pas de chauffage électrique d’appoint comme Gilles et la morsure du froid se fait sentir.

Voyons , les tables MT 92 annoncent pour cette profondeur et cette durée 5’ à 9 m, 10 ‘ à 6 m et 25’ à 3 m soit 40 minutes de palier au total…La respiration d’oxygène pur à 6 m permettrait de gagner 15 minutes de décompression en moins…

 

 

déco ouvert

                        une décompression en circuit ouvert, sans mélange de déco     ( logiciel GAP )    

 

Ce serait oublier que nous respirons un gaz à PP02 constante, que nous maintenons manuellement en injectant de l’oxygène dans le recycleur. Ainsi nous respirons tout au long de la plongée un gaz optimisé. Nos ordinateurs de plongée sont réglés avec un conservatisme de 10 %, et un « set point », c'est-à-dire la PPO2 maintenue tout au long de l’immersion, de 1,1 bar.

Une table Bülhmann, avec ces paramètres ( 30’ à 42 m avec un SP à 1.1) proposerait 3’ à 12 m, 6’ à 9 m, 3’ à 6 m et 14’ à 4m 50 soit 26 minutes de décompression au total.

 

 

déco bulhmann CCR

                        une décompression optimisée grâce à la PPO2 constante       ( logiciel GAP )

 

Nos ordinateur Vr3 proposent quand à eux deux stops profonds de 2’ à 26 et 18 m, puis 1’ à 9 m et 15’ à 6 m soit 20 minutes de décompression.

 

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                        la courbe du Vr 3                  photo Stéphane Simonet

 

Sachant que nos PPO2 sont souvent plus proche de 1,25 ou 1,3 bar, nous décidons de suivre cette décompression, les set points plus élevés offrant une grosse marge de sécurité. Et puis nous traînerons largement au palier après le quart d’heure réglementaire, pour tirer le portrait d’un bébé brochet et faire un peu d’orientation.

Belle plongée donc, avec environ 500 litres de gaz consommés. En circuit ouvert, une rapide estimation montre qu’il aurait fallu un bi 2 x 12 litres bien tassé, sans compter les relais nécessaires pour la décompression…

Nous sortons de l’eau dans les couleurs de l’automne vers 16h 30, heureux de notre plongée.

 

La saison de plongée hivernale est bien lancée !!!

 

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Published by plongeur - dans CR des sorties
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