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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 17:27

 

Compte rendu de la sortie au lac du Bourget du 23 aout 2011

 

 

 

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                         le petit port de Chindrieux, photo Gilles Froment 

 

 

 

Participants : Sylvain DUPUY, Gilles FROMENT, Stéphane SIMONET

 

 

 

Après des plongées salées dans la grande bleue pour certains ou une période d’abstinence pour d’autres, il était temps de retrouver les eaux douces du lac ainsi que les scaphandres lourds et complexes, jouets préférés des utilisateurs de mélanges synthétiques mais toutefois respirables… Une chaleur implacable, des conditions sub-lacustres difficiles et des trahisons technologiques nous feront, une fois encore, revoir nos ambitions à la baisse….

 

 

2 voyages avec la remorque auront été nécessaires pour acheminer au bord de la petite plage du port de Chindrieux les recycleurs, les scaphandres, le locoplongeur, les blocs relais et tout le barda nécessaire à l’immersion.

 

 

 

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                  le matériel s'accumule sur le muret, photo Gilles Froment

 

Devant les plagistes un peu étonnés, nous envahissons l’espace de matériel, chassant la plus petite place à l’ombre…

Presque 1h 30 après notre arrivée, nous sommes dans l’eau, recycleurs ou bi bouteilles sur le dos.

Et cela a commencé.

Un manchon de combinaison mal placé et une combinaison étanche qui prend l’eau. Une boucle de recycleur pas étanche qui laisse échapper un filet de bulles par l’embout, promesse d’une noyade inévitable de la machine et d’une bonne tasse en perspective. Dans l’eau à 26°c, sous les polaires et les combinaisons, les corps souffrent… il faut pourtant réfléchir, garder son calme (vu la chaleur, de toute manière, il n’est pas réellement possible de s’exciter…).

Pendant que l’un troque son recycleur fuyard contre une paire de 10 litres montées de façon improvisée sur une wing « à l’anglaise », les autres rassemblent les relais et finissent de perdre leurs derniers litres de sueur en gréant le reste du petit matériel. Les plagistes sont ravis de ce spectacle gratuit.

Enfin, trainés par le locoplongeur toujours vaillant, nous rejoignons par le fond la pointe du tombant où nous abandonnons coursier jaune, bouteille d’oxygène en sécu et bouée réglementaire de balisage. Dire qu’il fait chaud est un doux euphémisme….

 

 

 

 

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                  le locoplongeur ne nous a pas lâché, heureusement. photo Gilles Froment

 

 

  

Nous évoluons sur la pente de vase qui mène au tombant dans une touille maximale, la visibilité ne dépasse pas 1 m, ambiance fog londonien des films de Jack l’éventreur.

 

 

 

DSC02341

                  un apperçu du tombant vers - 30 m. Photo Gilles froment

 

 

 

Et puis d’un coup ça arrive.

Vers 12 ou 14 m.

La température de l’eau chute de 26° à 6°C quasi instantanément. La sueur brulante qui coulait sous nos étanches sans pouvoir s’évaporer semble glacée… On a beau le savoir, l’amplitude thermique est telle aujourd’hui que, comme le dit le président, «  ça pique un peu les yeux » ….

La visibilité ne s’améliore pas, mais je tente quelques bouts de vidéo quand même. Le résultat est visible juste en dessous, ambiance glauque et verte…

 

 

 

 

 

 

 

Le tombant est là, à main droite, mais il se devine plus qu’il ne se voit… C’est une plongée presque en braille, où l’on se raccroche aux instruments et aux phares qui tentent de percer les nuages de particules.

 

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                  comme en voiture dans le brouillard, les particules renvoient la lumière du phare.
                  Photo Gilles Froment
 
 

-30 m.

Et ça continue.

Un détendeur, pourtant réputé eau froide, fait des siennes. Sylvain m’indique les bulles sortant de son embout, ce n’est pas (encore) un givrage mais la conséquence d’une MP trop élevée ou d’un clapet fatigué. Vu la température de l’eau, il n’est guère prudent de laisser un débit continu s’installer… Sylvain me tourne le dos et je suis le flexible MP du 2nd étage vers le premier afin de fermer le bon robinet. Je sais que pendant ce temps il surveille la profondeur afin de nous éviter une dégringolade vers la base du tombant, à – 65 m.

Robinet fermé.

Par signe il me demande de rester avec lui. Nous poursuivons la plongée dans une atmosphère verte et glacée.

Ayant épuisé ses tiers (notre long pataugeage en surface y étant surement pour quelque chose), Sylvain décide de rejoindre la surface. Je rouvre son robinet.

Echange de signe.

Il attaque sa remontée, autonome en gaz fond ainsi qu’en décompression avec son relais de nitrox 45.

Pour ma part je rejoins Gilles en peu plus loin, qui arrive également sur la fin de son autonomie. Avantage certain à l’usine à gaz que j’ai sur le dos, j’ai à peine consommé 100 litres de gaz….

 

DSC02406, modifié photo shop

                  Recycleur, APN, éclairage puissant et bloc "bail out" pour la sécurité.
                  Un cosmmonaute dans le lac. Photo Gilles Froment

 

 

 

 

Nous amorçons l’ascension vers le haut du tombant, la lumière revient mais la visibilité reste pauvre.

Ce qui devait arriver….arriva.

A – 6 m durant le palier, nous nous perdons de vue tellement la visibilité est mauvaise. J’arriverais le premier au loco et à la bouteille de sécurité laissés en début de plongée, belle épreuve d’orientation (merci la boussole…..et le pifomètre !)

 

 

 

DSC02365 modifiée photoshop

                   Des moules d'eau douce. Photo Gilles Froment

 

 

Gilles m’y rejoint et nous rentrons tractés par le loco. Nous croiserons le président, infatigable : après sa déco, il est sorti de l’eau changer les piles de son appareil photo, et il repart à la chasse à l’image.

 

DSC02402, mod photo shop

                  Enfin un peu de vie dans l'herbier. Photo Gilles Froment.

Cette pugnacité sera récompensée par les splendides photos de brochets et autres écrevisses que vous pouvez admirer ci-dessous.

 

bourget-aout-2011 1870, modifié photoshop

                  Gros plan sur l'écrevisse. photo Sylvain Dupuy.
 
 
 
bourget-aout-2011 1885, modifié photoshop
                  Un brochet à l'affût dans les algues. photo Sylvain Dupuy
 
 
 
bourget-aout-2011 1880 modifiée photoshop
                  Le même fuyant le photographe. photo Sylvain Dupuy

 

 

 

Le concours photo de Chamagnieu s’annonce bien…

Bref une reprise un peu difficile mais l’envie de plonger est intacte, les prochaines immersions se profilent déjà….

 

 

 

 

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                   Qu'il a l'air bien sérieux !!  photo Gilles Froment.

 

 

 

Très bonne rentrée à tous !

 

 

La plongée en lac est toujours une immersion difficile, vu les risques inhérents à cette activité. Le froid, la visibilité réduite, le manque de lumière, les profondeurs importantes et les difficultés rencontrées pour se stabiliser sont autant de facteurs de risque à ne pas négliger. Nous mettons toujours en œuvre une logistique lourde pour assurer notre sécurité, et les techniques utilisées se rapprochent de celles employées en plongée souterraine.

Prudence donc si vous décidez d’explorer ce milieu mystérieux qui révèle parfois une beauté froide mais inoubliable. N’hésitez pas à vous entourer de plongeurs habitués aux immersions lacustres, ils sauront vous dispenser les bons conseils….

 

 

 

DSC02326

                         Photo Gilles Froment 

 

 



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Published by plongeur - dans CR des sorties
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