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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 21:46

Compte rendu sortie du 3 avril 2014 au lac du Bourget, site de la Pierre à Bise

 

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                         Face à nous, l'abbaye de Hautecombe, figée par le temps sur les rives du lac où Lamartine composa ses vers "oh temps suspend ton vol..."

 

 

Participants : Gilles Froment & Stéphane Simonet

Pour tout un tas de bonnes mauvaises raisons, le début de cette année 2014 fut pauvre en activité subaquatique. Matériel desséché et moral en berne, il était temps de souffler la poussière accumulée sur les néoprènes, graisser les joints, vérifier la pression des blocs et reprendre le chemin du lac. Après un détour à Grézy sur Aix pour se ravitailler en chaux sodée, ingrédient indispensable à la plongée recyclée, nous sommes enfin, palmes aux pieds et bi sur le dos, fin prêts à retrouver l’ambiance vert sombre des eaux alpines…..

 Toutes les images sont de Gilles Froment

 

 

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                   Un panneau fédérale rappelle les règles de sécurité à observer lors des plongées en lac. 

 

 

 

Sauf que….. ça commence mal….. A peine  immergé dans l’eau à 10°C, je réalise que je prends l’eau par mon gant droit, sensé être étanche…. Mal positionné, sans doute. Je démonte donc la bague, inspecte, souffle sur les ergots, inspecte le joint de la manchette, peste et remets le gant en place, non sans solliciter l’aide de Gilles, qui, prudent, suspecte une explosion imminente… Je plonge la main droite dans la flotte, et moins de 3 secondes plus tard, ça « gougloute » encore….. C’est ennuyeux… Je sens l’agacement monter, mais mon vêtement trop juste et ma polaire m’imposent le calme.

 

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                        Il commence à s'agacer, le gars, à force de batailler contre ce gant récalcitrant. Mais ce dernier "ne connait pas Raoul" comme disait Audiard, et l'homme de la pampa finira quand même par plonger !

 

On recommence, démontage, inspection, bidouillages divers et parfaitement inutiles mais bon… L’idée de ressortir sans avoir respiré la moindre goulée d’air comprimé me navre au plus haut point… Dans ma tête défilent les plans B, et ils sont peu nombreux. Après avoir repositionné le gant une dernière fois et insisté sur la rotation de la bague, ça s’arrange….un peu. Toujours pas étanche, mais l’entrée d’eau se fait moins ressentir, ça devrait le faire. Et puis, pas le choix !

 

Je me bagarre encore un peu avec mon relais de nitrox 70, et mes contorsions font rentrer encore un peu plus d’eau dans mon gant, qui ressemble de plus en plus à un Mappa pour la vaisselle… J’attrape le propulseur, un signe à Gilles et hop ! Enfin sous l’eau, direction la bouteille d’oxygène de sécurité placée à – 6m, pour la vérifier avant de partir. L’eau est chargée de particules et la visibilité particulièrement mauvaise. Je règle le variateur de puissance du Bonex sur 3 et progresse par bonds pour ne pas distancer Gilles, qui progresse à la palme, encombré en plus par son nouvel appareil photo.

 

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                  Même sous l'eau, on trouve des limitations de vitesse ! "ils" exagèrent ! à quand des radars pour flasher les locoplongeurs ?  

  

A 20 m sous la surface, la visibilité s’améliore et le photographe commence son mitraillage en règle. De mon côté, comme chantait Gainsbourg, je vais et je viens, tracté par le loco allemand qui marche comme un avion de chasse ! Sans effort, sans mettre un coup de palme, je tourne autour de mon binôme, passe devant son objectif, m’éloigne, disparait un instant de son champ de vision avant de revenir et de traverser un nuage de touille. Gare au cap, ce serait dommage de percuter le tombant…

 

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                   Tracté par le propulseur, on progresse sans effort, et la consommation d'air s'en ressent....

 

Nous finissons par nous stabiliser vers 32 m et progressons sur la dalle lisse, non sans tirer le portrait d’une perche en maraude. D’un commun accord, nous glissons jusqu’à 40 m, la tentation est trop forte.  Ça  y est , les sensations sont revenues, nous sommes enfin « chez nous », dans notre terrain de jeu favori.

 

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                         Salade de moules, comme chez Léon ? ( de Bruxelles)

  

Je navigue avec le propulseur avec plaisir, même l’onglée de ma main droite est oubliée. Je me retrouve derrière Gilles et coupe Le Graal Marine, afin de profiter du spectacle du plongeur devant moi, illuminé en ombre chinoise par son propre éclairage. Dommage que je ne dispose pas d’appareil, l’image serait belle.

Mon détendeur m’envoie soudain un peu d’eau. Bizarre. . . Nouvelle inspiration, et encore cette sensation d’eau dans l’embout. Et puis un bruit caractéristique, celui du détendeur qui part en débit continu…. Givrage ? Peut-être mais le débit reste mesuré…

 

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                   Effervescence.... noyé dans un nuage de bulles, il devient difficile pour l'équipier d'intervenir sur un débit continu... Calme et exprérience permettent de gérer l'incident sans que celui ci ne dégénère davantage...

  

Les reflexes reviennent instantanément, résultats de nombreuses heures d’entraînement à répéter ou enseigner les procédures… Les automatismes et les réflexes, ça rend zen. J’abandonne mon embout effervescent et gobe mon second Cyklon , toujours à portée de bouche. Coup d’œil au Shearwater Petrel tout neuf, profondeur – 41 m, 12 minutes de palier affiché, dont le premier à – 9m. J’apprécie la clarté de l’écran couleur au passage, pas besoin de se contorsionner dans tous les sens pour obtenir les infos. Gilles est devant moi à quelques mètres, légèrement au dessus. Vive le Bonex ! Un coup de gâchette et j’arrive à sa hauteur, attrape sa palme et lui montre mon 2ème étage fusant. Il pige instantanément, suit le flexible de sa main gantée et ferme le robinet. J’ai souvenir d’une plongée au Lac de Nantua, où, dans une situation similaire, on m’avait fermé le mauvais détendeur, celui qui me donnait de l’air… L’apnée fut mon ami pendant quelques secondes…

Mais là tout roule, Gilles ré ouvre le bloc et le Cyklon reste sage. Perdu un peu de gaz quand même, mais ça va, il reste 100 bars dans les bouteilles. Gilles désigne la surface du pouce, on grimpe !

Mais tranquillement, sans stress inutile. A moins 12 m, je passe au nitrox 70 et donne un bonne claque à ma décompression.

 

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                         Toujours zen malgré une main gelée et un détendeur qui dégaze un peu trop, il est temps de rejoindre la surface.

 

 

Nous progressons en sens inverse pour rejoindre le lieu de notre mise à l’eau, nous maintenant à 6 m, Gilles à la force de mollets et moi, moins vigoureux, motorisé par la « mobylette subaquatique ». Encore quelques photos, et retour à la surface après 55 minutes de plaisir…

 

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                         Retour au pied de l'escalier permettant la sortie de l'eau, ravi par cette plongée de reprise.

 

Y’à pas, une bonne plongée ça fait du bien….Prochaine étape, les eaux plus chaudes et plus claires du Lavandou…

 

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                        Béatitude et plaisir des yeux face au Lac du Bourget

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Published by plongeur - dans CR des sorties
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