Participants : Stéphane Simonet, Gilles Froment
sauf mention contraire, images terrestre de Gilles Froment, subaquatiques extraites de la vidéo Paralenz
Après une belle campagne de plongée en juillet à la Croix-Valmer qui nous a permis, Stéphane et moi, de valider l’évolution de notre méthodologie de plongée en plein été caniculaire (nouveau vêtement sec, ergonomie de nos recycleurs, nombre et taille des bouteilles de sécurité, horaires de plongée), il nous a bien fallu 15 jours à Lyon pour tout ranger, réparer et reconditionner afin de préparer les plongées suivantes.
Concernant Stéphane, il lui restait à tester de nouveaux gants étanches et quelques ajustements de routage de flexible sur l’un de ses deux recycleurs et de mon côté, il fallait continuer la prise en main de mon recycleur rEvo pour mon prochain stage de perfectionnement prévu en septembre.
Le choix du lac ou de la spéléo fut assez vite résolu à cause de la sécheresse rendant peu praticables nos deux sources fétiches pour nos essais de matériel et autres entrainements : le Goul du pont et celui de la Tannerie à Bourg-Saint-Andéol, en Ardèche.
Ce sera sur notre secteur de repli au lac du Bourget, au lieu-dit Challière, sur la commune de Brison-Saint-Innocent, 8km au nord d’Aix-les-Bains à vol d’oiseau.
C’est un site répertorié et assez fréquenté de la fédération de plongée (FFESSM) et nous y allons de temps en temps pour sa facilité d’accès avec un parking de l’autre côté de la route, le très court portage avec une dizaine de marches d’escalier, la pente assez douce des fonds en début de plongée et…sa grotte aux silures, à 100 m environ au sud de la mise à l’eau.
Nos dernières virées sur ce site datent des :
- 7 octobre 2022 (Pascal Dreux, Pascal Meygret, Stéphane Simonet, Gilles Froment)
- 11 avril 2023 (Stéphane Simonet, Gilles Froment)
- 13 février 2024 (Pascal Dreux, Stéphane Simonet, Gilles Froment),
et la relecture des comptes-rendus est bien intéressante car elle montre des conditions de plongée bien différentes selon l’époque de la plongée, en hiver, au printemps ou en automne.
Il restait à tenter en été caniculaire et …ce ne fut pas triste.
Déjà, il faut bien cibler l’heure d’arrivée et le lieu pour s’équiper à cause de la chaleur estivale ambiante. La plage de Challière, en bordure Est du lac, se trouve au pied d’une zone montagneuse s’élevant à 800m d’altitude et surplombant le lac d’environ 600m. Tant que le soleil n’est pas suffisamment haut, le secteur reste à l’ombre jusque vers 10h-10h30, puis cela se met à chauffer. N’ayant pas pu arriver très tôt cette fois, c’est après avoir à peine déchargé les premiers matériels que le soleil est apparu, nous obligeant à poursuivre notre préparation en petite tenue avec chapeau et lunettes de soleil, tout comme d’autres touristes à côté en tain de gonfler leur paddle.
Plonger en lac l’été, c’est un peu comme plonger en mer profond, mais avec encore plus d’amplitude thermique à gérer dans l’eau. Très chaud dehors et très froid dedans en bas.
Cet été, à la Croix-Valmer, on a trouvé de l’eau entre 15 et 16° au fond pour des profondeurs entre 40 et 70m, avec des paliers dans une eau de plus en plus chaude au fur et à mesure de l’avancement des vacances (26° à 6m à la fin).
Pour des durées de 20 à 35 mn au fond, cela ne passe pas en combinaison humide. Il faut donc un vêtement étanche, pas mal s’habiller en vêtements techniques et fourrures polaires, avoir un gilet chauffant en plus pour ne pas grelotter au fond, mais il faut également gérer l’hyperthermie lors de l’équipement sur le bateau, puis aux paliers dans de l’eau trop chaude. Ces profils de plongée engendrent des décompressions de 30 à 45mn, pour des plongées d’1h30 en moyenne. Equilibre délicat à trouver…
Pour le lac, ce fut exactement la même problématique avec une eau cette fois à 7° au fond, mais toujours trop chaude aux paliers (25° à 3m).
La gestion de ces variations de température se fait bien sûr avec des sous-vêtements adaptés, mais également avec des gilets chauffants onéreux mais qui se sont bien démocratisés depuis 10 ou 15 ans, notamment avec l’emploi de vêtement étanches en toile…qui n’assurent aucune protection thermique par rapport à ceux en néoprène.
bon je peux l'avouer, si le Fx fonctionne à la perfection, les gants étanches ne le sont pas.... petit bricolage à faire et prochain essai à faire !!
Ce type de plongée « thermique » où l’on a alternativement chaud, puis froid, puis re chaud peut nous faire perdre beaucoup d’eau et générer des crampes, voire compliquer la désaturation et l’hydratation avant, pendant et après la plongée s’avère indispensable, surtout sur les plongées longues. J’ai dû avaler 3 gourdes de ½ l d’eau une fois équipé de mon vêtement étanche dont au moins deux sous l’eau et ne me souviens pas en avoir restitué beaucoup au lac…La plongée a duré 2h30.
Le panaché au bistrot du coin lors du retour en voiture a participé à mon rééquilibre hydrique...
un petit clip pour se mettre dans l'ambiance
Excellente plongée quand même avec de l’eau claire seulement à partir de 15 ou 20m. Deux gros silures de 1,50 à 2 m étaient dans la grotte et deux autres plus petits sont partis avec indolence de petits abris sous roche lorsque j’étais en approche de la grotte, par 4 ou 5 m de fond. Une grosse carpe est également venue aux nouvelles au milieu des nombreux autres petits poissons et je n’ai pas identifié le gros poisson qui m’a sèchement bousculé les palmes alors que j’avançais tranquillement en rêvassant. Quelle frousse il m’a mis !
Par contre, pas vu d’écrevisses.
Au débriefing sur le retour, on a convenu que la prochaine fois, si c‘est en été, nous partirions plus tôt de Lyon.
Pas de photos sous-marines lors de cette plongée car le caisson de mon appareil photo est en maintenance chez son vendeur, comme je suis censé l’envoyer plus souvent que je ne l’ai fait jusqu’à présent. J’attends avec une certaine appréhension le résultat de l’expertise de ses caprices à la Croix-Valmer.