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Le Gouron, belle rencontre (bis)


CR de la sortie à la résurgence du Gouron à Lods (Doubs) le 20 août 2026
 
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Participants : Stéphane Simonet, Gilles Froment 

sauf mention contraire, les images sont de Gilles Froment

le siphon, vu en coupe

le siphon, vu en coupe

Après la séance de sauna au lac du Bourget à Challière le 5 août, nous cherchions un endroit un peu plus frais pour continuer notre perfectionnement sur nos recycleurs avec Stéphane. Et le curseur est tombé sur le département du Doubs, à la source de Gouron, à LODS.

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La canicule prolongée avait rendu peu praticables nos résurgences habituelles d’Ardèche avec un niveau trop bas et l’étiage de la Loue rendait intéressante une visite au Gouron avec l’espoir d’une très bonne visibilité.

bon, ici aussi, ils cherchent des volontaires....

bon, ici aussi, ils cherchent des volontaires....

230 km avec un gros dernier tiers de route campagnarde (83 km) parfois sinueuses imposent toujours à cette sortie une grande amplitude horaire. Lever 5h10 pour moi, 7h10 à Meyzieu, départ 20-25 mn après chargement du matériel de Stéphane et café, 9 h pause-café de nouveau à l’aire du Jura sur l’A39, juste avant de sortir de l’autoroute au péage de Bersallin, arrivée au Gouron à 11h07 pour être précis, soit environ 3h30 heure de voyage.

buccolique, c'est sûr....quel calme !

buccolique, c'est sûr....quel calme !

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Fin de préparation des recycleurs et de dépose des relais avec le petit matos dans l’eau à 12h10, casse-croûte rapide et hop, on saute dans les volumes pour finir de s’équiper assez confortablement dans l’eau, à genoux derrière un petit ressaut de la rivière, pas trop exposé au courant. Il ne doit pas être loin de 13h / 13h15.
Nous sommes à un étiage assez fort à cause de l’absence de pluie depuis plusieurs semaines et la Loue coule à 3 m3/s, bien moins que la dernière fois où elle était à près de 7 m3/s et un courant plus gênant, notamment pour revenir de la source qui se trouve 30m en aval.
 

                                             Le Gouron, belle rencontre (bis)
                                             Le Gouron, belle rencontre (bis)

Début juillet 2021, une équipe du Spéléo Club de Dijon avait plongé avec un débit entre 15 et 25 m3/s, juste après une pointe de crue à 42m3/s et avait dû mettre une corde entre la mise à l’eau et la résurgence, afin de sécuriser la descente pour ne pas partir dans le lit de la rivière et également pour se déhaler lors de la remontée au point de départ.

D’où l’intérêt de bien pister le débit de la Loue lors des périodes pluvieuses, afin de ne pas se retrouver avec des conditions d’accès à l’entrée de la résurgence qui se trouve juste sous la barrière en bord de route avant le parking. C’est là où on file directement en arrivant pour voir si cela bouillonne en-dessous et si l’eau paraît claire.

les seuls voisins à proximité, les canards qui barbottent....

les seuls voisins à proximité, les canards qui barbottent....

Et cette fois, la rivière est magnifique de limpidité. Bon présage pour la source.
La finalisation de notre équipement dans l’eau s’avère plutôt longue car on s’immerge à 13h50. Nous sommes équipés assez lourdement et contrairement à nos routines habituelles, c’est Stéphane qui sera plus long que moi. L’agencement de ses deux recycleurs avec un petit bi dorsal et un relais en sécurité s’avère assez précis et pointu et demande beaucoup de dextérité avec des gants eau froide qui ne facilitent pas les choses.
 

on est parti, on s'étale.....et je trouve toujours le moyen d'oublier un truc....

on est parti, on s'étale.....et je trouve toujours le moyen d'oublier un truc....

Moi, je suis en rEvo complet avec 4 petites bouteilles gréées sur le recycleur (une 3L de diluant Tx 13/59, une 3L d’oxygène, une 2L additionnelle d’oxy, une 2L d’argon pour le vêtement et la bouée) et 4 bouteilles relais, alias bail out (BO) selon la terminologie à la mode [10 L de Trimix 18/44, 7L de Tx 18/44, 6 L de Nitrox 50 et S40 (5,7L) de N80].

gros scaphandre.....

gros scaphandre.....

 L’argon, c’est un essai pour maîtriser le froid car injecter un diluant riche en hélium dans la combinaison est une très mauvaise idée. L’argon a la propriété physique d’avoir une de conductivité thermique moins forte que l’air de 67% (d’où son emploi pour améliorer l’isolation des vitrages), mais il est préconisé un taux de remplissage optimal de 90% selon les professionnels des métiers des portes et fenêtres. Pas facile d’obtenir cela dans un vêtement étanche, sauf peut-être à faire de multiples rinçages comme on fait dans le recycleur avec de l’oxygène pour tester les cellules, mais je n’y ai pas pensé et le test n’a pas été très concluant. Je me suis gelé comme la dernière fois dans cette eau à 10° (mais 13° dans la rivière de la Loue), malgré la mise en route de mon gilet chauffant à fond dès le départ dans la résurgence.

                                             Le Gouron, belle rencontre (bis)
                                             Le Gouron, belle rencontre (bis)
                                             Le Gouron, belle rencontre (bis)

Bref, il nous a fallu une bonne ½ heure statique dans l’eau pour agencer tout notre bazar et nous voilà partis, avec une première surprise jusqu’à 10 ou 12 m de profondeur. Une épaisse couche d’algues limoneuses de 4 à 5 cm recouvre la roche a beaucoup d’endroit pour se volatiliser immédiatement dès le plus petit courant d’eau qu’on ne manque pas de produire avec les palmes dans un conduit en forte pente et aussi lourdement chargés. Visibilité très réduite dès les premiers mètres, avec perte de fil vite retrouvé car bien posé en rive gauche (main droite en descendant).

recycleur et relais en stand by
recycleur et relais en stand by

recycleur et relais en stand by

Dépose du N80 à -10m puis du N50 à21m et ensuite, enfin, le Gouron dans toute sa splendeur avec de l’eau claire.

difficile de récuper des images depuis la Paralenz, mal positionnée à mon poignet droit...

difficile de récuper des images depuis la Paralenz, mal positionnée à mon poignet droit...

Quelle déception de ne pas avoir pu emporter mon appareil photo pour cause de caisson toujours pas revenu de maintenance. Il faudra donc revenir…

voilà l'ambiance...

voilà l'ambiance...

Passé le rétrécissement vers -40m, la galerie se présente comme une haute diaclase avec 2 passages superposés d’environ 5m. J’avais pris celle du bas à -45 sur 20 ou 30m la dernière fois et cette fois j’ai cheminé par celle du haut à -41m. On voit en permanence le fil d’en-dessous. La galerie rejoint cette du bas une cinquantaine de mètres plus loin et on aperçoit au loin un autre passage un peu étroit qui mène en pente vers le point bas de -54m. Je me suis arrêté avant l’étroiture pour revenir par le chemin du bas (-46m) un peu trouble à cause de mon passage supérieur et le décollement de dépôts sur les parois, en faisant ainsi une boucle. Le passage supérieur est plus étroit que celui inférieur.

là il se passe un truc, la PPO2 du recycleur est trop haute.... un bon rinçage au 10/70, et on en parle plus !

là il se passe un truc, la PPO2 du recycleur est trop haute.... un bon rinçage au 10/70, et on en parle plus !

J’ai attaqué la remontée dans la pente avec seulement 19mn de durée de décompression, largement augmentée d’une demi-heure de balade dans la rivière par 3 ou 4 m de fond en admirant ses fonds tourmentés et ses nombreuses truites de belles dimensions. Un régal avec 8 à 10m de visibilité horizontale.

c'est gros, c'est beau, mais c'est frais, le Gouron

c'est gros, c'est beau, mais c'est frais, le Gouron

Une bien belle plongée (froide) d’1h30.

                                             Le Gouron, belle rencontre (bis)

Et surprise à la sortie peu avant 16h. Un plongeur et une plongeuse sont en train de déposer leur équipement sur la table du parking pour venir également plonger.

Christophe et Sarah, plongeurs locaux du Doubs !

Christophe et Sarah, plongeurs locaux du Doubs !

Ils sont de la région et la conversation s’engage vite d’abord sur nos équipements respectifs. Ils sont en humide, blocs en latéral dit encore à l’anglaise (Sidemount, toujours selon le vocabulaire à la mode) et sont assez dubitatifs devant tout notre attirail.

en avance dans l'eau, pas frilleuse !

en avance dans l'eau, pas frilleuse !

Très sympathiques, la conversation s’orienta rapidement sur les autres cavités du secteur que j’avais en tête depuis longtemps et je découvris que mon interlocuteur était un expert du sujet puisque président du comité départemental de spéléologie du Doubs (CDS 25). Une mine d’or d’informations de premier ordre, de nature à me faire gagner un temps infini dans nos recherches de résurgences adaptées à nos types de plongée, à l’encombrement de nos équipements et à la possibilité de faire des photos.

c'est parti !

c'est parti !

Nous n’avions pas encore terminé de ranger notre matériel lorsqu’ils sont sortis de l’eau et la fin du débriefing me permis de récupérer un moyen de contact pour poursuivre cette très intéressante conversation.

de retour de - 40 m

de retour de - 40 m

Ce fut fait le lendemain même par de longs échanges mails qui vont même orienter la destination de notre prochaine plongée, mais on en reparlera dans un autre compte-rendu.
Le souvenir de cette belle journée m’incita à garder le même titre de compte-rendu que lors de notre première plongée au Gouron au mois de mai, simplement en rajoutant un « (bis) » à la fin du titre.
 

la plongée, c'est aussi ça, des rencontres improvisées autour d'une même passion

la plongée, c'est aussi ça, des rencontres improvisées autour d'une même passion

Retour à Meyzieu vers 20h30, Caluire un peu plus tard et dodo encore plus tard après déballage et mise au séchage de tout ce qui le nécessite sans attendre.

Oui, le Doubs, c’est une grosse journée, mais je sens que nous allons y retourner de temps en temps.

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