Participants : Stéphane Simonet, Gilles Froment, Pascal Dreux
toutes les images terrestres sont de Gilles Froment
toutes les images sub-lacustres sont de Stéphane Simonet ( captures Paralenz)
A la fin de l’été (météorologique*), le choix de nos sites de plongée programmés 3 à 6 mois à l’avance pour tenir compte des tableaux de service de nos pompiers actifs (à la retraite, c’est plus cool), reste délicat car il faut choisir entre la chaleur au bord d’un lac ou la relative fraicheur d’une résurgence champêtre, mais avec pas beaucoup d’eau après une sévère sécheresse.
NDLR : Pourquoi cette précision d’été météorologique* » ? Réponse Aperçu IA sur Google (Je me prépare pour l’émission TV : Le Saviez-Vous ?)
• Été astronomique (calendaire) : Il s'achève le 22 septembre 2026, marquant l'entrée officielle dans l'automne.
• Été météorologique : Il se termine le 31 août, car les météorologues découpent les saisons en périodes pleines de trois mois (juin, juillet, août) pour analyser le climat
Initialement, nous espérions pouvoir découvrir la source de la Bèze, près de Dijon. Elle nous avait été recommandée par le président du Comité Départemental de Spéléo du Doubs (CDS25) rencontré à l’émergence du Gouron le 20 août dernier. Contact pris avec la mairie, l’étiage exceptionnel de cette source captée rendait son accès inopportun par des plongeurs. Ce sera une autre fois.
Après une rapide concertation, ce sera le Groin, près d’Artemare dans l’Ain. En consultant les forums Facebook concernés, nous avions vu qu’un stage de la CRPS AURA FFESSM (Commission Régionale de Plongée Souterraine Auvergne Rhône-Alpes de la Fédération Française d’Etudes et de Sports Sous-marins ; les acronymes, lorsqu’on sait les décrypter, sont parfois bien pratiques…), avait eu lieu la semaine précédente et donnait de précieuses indications. La vasque était bien basse, peu claire au premier abord et surtout un énorme arbre s’était abattu en plein milieu du talus de sable et gênait le passage.
Cela faisait un petit moment que nous n’y étaient pas retournés : 15 avril 2025. Pour les curieux voir Retour au Groin, la victoire de l'impro ! dans les CR du blog. Et en plus je n’avais pas plongé car encore en convalescence de ma cheville calamiteuse (entorse avec fracture de la malléole au petit Goul le 25 novembre 2025). Ma dernière plongée au Groin remontait au 19 juin 2024 avec Pascal (Stéphane forfait).
Décision est donc prise d’aller y faire un tour armé de quelques scies égoïnes bien affûtées.
C’est parti pour la routine : Lever 5h, 7h à Meyzieu, départ à 7h40 après les retrouvailles autour d’un café et arrivée au Groin par les routes champêtres de l’Ain à 9h20. Parfait pour une plongée où les durées de portage aller et surtout retour sont conséquentes et environnement frais dans cet énorme entonnoir encaissé aux parois souvent humides, voire ruisselantes.
Et le gros arbre ? A peine arrivés, notre MacGyver attitré avait déjà attaqué les 3 ou 4 branches qui nous auraient bien gêné pour passer dessous avec nos scaphandres plus ou moins lourds et c’est en moins de 10 mn que l’arbre se fit ratiboiser sur sa gauche pour libérer un passage confortable.
Pendant ce temps, Stéphane et moi inspections les conditions de mise à l’eau et d’amarrage du matériel dans cette vasque pentue, ainsi que sa clarté qui nous paraissait assez morose : 1,50 à 2 m grand maximum. Dans ce trou labyrinthique et froid, la progression est laborieuse et peu jouissive si on manque de visibilité (voir CR du 19 juin 2024 avec une visi de 0,5 à 1m selon mon carnet de plongée).
Hum ! Avec le portage retour forcément scabreux sans la luge qui n’avait pas pu être du voyage, un court conciliabule entre nous trois nous conduit à faire l’impasse car le jeu n’en vaut pas la chandelle, d’autant plus que je visais personnellement d’arriver dans la zone des 350m pour explorer la galerie des Lyonnais (voir topo). Sans visibilité, l’objectif serait probablement loupé.
Après quelques photos d’ambiance dans ce coin magnifique que je n’ai jamais le temps de faire habituellement car c’est toujours un peu la course, demi-tour droite, direction Challière pour la seconde fois en...1mois (voir CR du 5 août 2026 « Challière en été »).
Le lac est un plan B qui marche tout le temps. Et cela fera une bonne reprise pour Pascal qui reconnaît avoir besoin de continuer à apprivoiser ce milieu assez particulier.
On s’en doutait un peu en arrivant à 10h30 sur Brizon-Saint-Innocent, mais le soleil était déjà haut et commençait à sortir son nez par-dessus la montagne à l’Est. On avait 1h à 1h30 de retard par rapport à un déroulé idéal en été et mettre nos équipements en place…à l’ombre.
Eh bien cela a beau être le premier jour de l’automne météorologique selon les météorologues, la météo était encore bien chaude. Quel cagnard !
Le haillon de la Lodgy ne permettant de l’ombre que pour une personne, Stéphane et Pascal, toujours plus rapides que moi pour installer leurs équipements, durent s’expatrier 50m plus loin pour trouver une zone à l’ombre en attendant que je sois prêt moi aussi.
Après les toujours nombreux ajustements de réglages fins dans l’eau, agglutinés autour du carré flotteur de Stéphane auquel nous accrochons tout notre barda, nous partons tous les trois à la queue leu leu dans une soupe de 25° au moins jusqu’à 5 ou 6m de profondeur et pas plus de 2 m de visibilité. Pas mieux que le Groin pour l’instant !
malgré la chaleur, l'envie de vite retrouver la fraicheur, il faut impérativement faire les dernières verifications et suivre une check list stricte, sinon gare à l'oubli qui peut vite prendre des proportions dramatiques. Sans ma check list by Prodive, je partais avec une bouée non raccordée... les pilotes d'avion, les astronautes...et les plongeurs recycleurs déroulent une check list !
Après le coup de chaleur du départ, la fraîcheur commence à se ressentir dans la zone des 20m et la visibilité s’améliore constamment jusqu’à portée de phare en profondeur, soit une bonne dizaine de mètres (tant qu’un plongeur n’est pas passé dans le coin).
l'eau s'est éclaircie, la lumière d'émeraude nous enveloppe, l'eau ne dépasse pas 8°C au-delà de 20 m
et durant la plongée, même si l'ordinateur gère la PPO2 de la boucle, vérifier, contrôler, et vérifier sans cesse...
Très belle plongée avec de la durée au fond (24mn entre -30 et -40m de profondeur) et une DTR (durée totale de remontée) très correcte d’une quinzaine de minutes grâce à une PpO2 adaptée (1,2 à 1,3 au fond).
Remontée dans de beaux enrochements saturés de petites moules d’eau douce et rencontre avec 3 ou 4 ex-voto encore inconnus de nous vers -32/-35m, dont une plaque gravée au nom sans doute d’un plongeur qui a compté pour ceux qui ont souhaité ainsi rappeler sa mémoire.
tel un astronaute dans un vide interlacustre, Gilles découvre les figurines posées sur le tombant...
Sur le chemin du retour de ce parcours sous d’eau qui consiste à descendre en diagonale vers le fond en direction de la Pierre à Bize, afin d’esquiver le nuage de touille que l’on soulève toujours, puis de remonter face à la pente pour contrôler la durée de déco, l’astuce est de revenir le long de la côte par -4,5m afin de passer devant la grotte aux silures, leur dire bonjour et leur tirer le portrait. Ce que Stéphane a réussi à faire avec sa caméra Paralenz, moi étant toujours au purgatoire avec mon caisson photo toujours en vadrouille du côté de Bordeaux.
Un jour, il reviendra.
En définitive, le choix du repli sur le lac, même un peu trop chaud dehors et aux paliers, s’est avéré un bon choix, avec une amplitude de la journée bien contenue.
Arrivée à Meyzieu vers 17h, ce qui n’arrive pratiquement jamais !
Après la saison estivale à la Croix-Valmer et nos 3 plongées depuis un mois (ce qui n’arrive jamais en été), me voilà fin prêt pour mon stage de perfectionnement sur mon recycleur rEvo à La Ciotat dans une semaine (Trimix normoxique 70m max).
Après, c’est l’Estartit fin septembre et on pourra aborder ensuite la saison hivernale un peu plus calmement.