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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 18:27

CR du séjour sur Porquerolles du 11 au 13 octobre 2012

 
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                        l'ASSP devant la base nautique, avant de partir plonger.                    photo Florence Royon
 
 
Participants : Sylvain ( organisateur ) et Joëlle Dupuy, Gilles Froment, Hervé Lichtfouse, Stéphane et Geneviève Simonet, Thierry Mourice, Edgar Royon, Thibaut Royon
 
Plongeurs extérieurs : Maryline Gueydon, Arielle Cuzin 
 
Accompagnants : Monique Royon, Florence Royon
 
 
Capture
                        source internet.
 
La Jeaume Garde sur tribord, les rivages de Giens dans le dos et un papillon posé sur l’eau devant notre étrave : une fois de plus nous cinglons sur l’île de Porquerolles. Depuis quelques années, Sylvain nous ramène invariablement vers la plage de la Courtade ,le cap des Mêdes ou bien encore les Sarraniers. Envoûtés à jamais par le charme de ce bout du monde à portée de voile ou de quelques tours d’hélices, nous ne manquerions sous aucun prétexte ce rendez-vous presque amoureux, chuchoté à voix basse, les yeux déjà dans les vagues…
 
 
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                        Vue depuis la base nautique, sur la plage de la Courtade.        Photo Stéphane Simonet 
 
 
1er jour, 14h 30…
 
Après un repas certes frugal, il est temps de passer aux choses sérieuses. Bouteilles gréées, néoprène sur le dos et appareils photos caparaçonnés dans les caissons, le semi-rigide d’Iléo Plongée nous emmène pour une immersion sur le côté est du Cap des Mêdes, roche percée caractéristique, qui vit se dérouler plusieurs championnats de photos sous-marine. Le vent est monté en puissance, et Loïc nous largue sous le vent du cap.
 
 
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                        Gilles, Thibaut, Geneviève et Hervé se préparent pour la plongée.     Photo Florence Royon
 
 
groupe semi rigide retaillé
                        En route pour le cap des Mêdes, et ses 2 frères.                         photo Florence Royon 
 
 
Première bonne surprise, malgré les pluies diluviennes des jours précédents, l’eau est claire, aux antipodes de la couche de café noir qui baigne la plage où nous embarquons sur les bateaux, devant le local du club. La plongée se résume à une succession de pain de sucre qui montent du fond vers la surface, sans jamais la transpercer. C’est une architecture originale qui réserve toujours son lot de rencontres.
 
 
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                        Sous les 2 ilots qui émergent de la surface, c'est un délire de roches.   source internet 
 
 
 Le souvenir des barracudas et des sars en bande tourne dans nos esprits, mais ce sera pour plus tard. Mérous, dorades et bancs de saupes viendront quand à eux danser devant nos masques.
 
 
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                        2 sars à tête noire viennent parader devant l'appareil de Gilles Froment.
 
 
DSC09426,modifié                       Au sommet des roches, les saupes virevoltent au soleil.               photo Gilles Froment  
 
 
Quand nous ne restons pas en apesanteur la tête tournée dans le bleu, contemplant la sarabande subaquatique des poissons, nous scrutons le moindre trou pour dénicher les timides et flamboyants nudibranches, ou bien encore un oursin diadème caché dans son écrin minéral. Sans jamais dépasser 25 m de profondeur, une heure s’écoule sans effort ni lassitude.
 
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                        voici une "cratena peregrina" ou Hervia processionnaire qui malgré sa petite taille ( 10 à 30 mm)
                        fut débusquée par Gilles Froment .
 
 
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                        Cet oursin diadème peut atteindre 40 cm  d'envergure.                        Photo Gilles Froment
 
 
Une entrée en matière toute simple, une belle plongée où le temps se suspend comme dans les vers de Lamartine. Avec Gilles et Hervé nous franchissons la surface les derniers, quelque peu chahutés par le clapot levé par l’air du large, nous regagnons l’embarcation où nous attendent nos camarades.
 
 
clavelines recadrées
                        Sur fond d'éponge encroûtante orange, des clavelines blanches ( Clavelina lepadiformis ) et
                        jaunes ( Pycnoclavella aurilucens )  se partagent l'espace.       photo Gilles Froment 
 
 
Après une bonne douche, la récupération de nos chambres et le repas du soir, les paupières vacillent malgré les cafés, conséquence imparable des départs à 6 h ce matin de Lyon et des 400 km de route. La nuit sera lourde et sans fond, noyée d’un sommeil de plomb teinté de bleu….
 
 
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                        Photo Gilles Froment
 
2ème jour
 
Eole semble apaisé en ce samedi matin. Le nez dans nos bols, au réfectoire, les esprits vagabondent vers les gorgones des épaves de la grande passe… Mais quelques instants plus tard, devant la plage et la météo des iphones, il faut se rendre à l’évidence : la mer s’agite et la fenêtre n’est pas au RDV, trop d’incertitude…
 
 
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                                          En route pour une nouvelle aventure sous-marine, photo Florence Royon
 
 
En cas de problème, il n’est pas sûr que Loïc puisse récupérer facilement un plongeur en difficulté dans une mer formée. La sécurité restant notre priorité, nous optons pour une autre destination : nous changeons d’île, tout simplement ! Direction Port-Cros pour une plongée toujours magique : l’îlot de la Gabinière.
 
 
gab-tombant%20est
 
 
 
Après une traversée certes un peu sportive, c’est sur le tombant est que nous nous immergeons. Descente en douceur sur 20 m, les premiers mérous apparaissent, peu farouches. Très vite, nous comprenons que le voyage sera exceptionnel : des doris géantes offertes sur la roche, des dorades à profusion, toutes la faune méditerranéenne nous offre son show.
 
 
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                        Ce spirographe est toujours un sujet de choix pour les photographes. tout autour, on apperçoit
                        des plantes presque vert fluo: voici Caulerpa racemosa, apparut pour la première fois en 1990
                        sans doute échappée d'un aquarium: elle a maintenant envahie toute la méditerranée, et son
                        impact sur l'environnement est encore mal connu......                 photo Sylvain Dupuy     
 
 
 Malgré un courant qui nous oblige parfois à forcer sur les palmes, nous progressons vers la calanque sombre, où nous serons récupérés par le bateau.
 
 
porquerolles-2012 1932
                                          Le premier mérou fut photographié par Sylvain Dupuy....
 
porquerolles-2012 1924                                          ... Puis Maryline entama une dance avec "Epinephelus marginatus", 
                                           toujours sous le flash de Sylvain 
 
 
 
DSC09456, modifié
                        Décidémment bien curieux, ce poisson jadis au bord de l'extinction s'offre un face à face avec
                        Hervé, devant l'objectif de Gilles Froment.              
 
Est-ce l’instinct ? Un appel mystérieux de la mer ou une sensation inexpliquée ? Presque sans raison nous levons la tête vers la surface : ils sont là, comme toujours oserais-je écrire. « Sphyraena viridensis » ou bécune, plus connus sous le nom de barracudas, ceux de la chanson de Claude François (souvenez vous d’Alexandrie …)
 
barracudas recadrés
                        Rencontre toujours aussi spectaculaire, immortalisée par Sylvain Dupuy
 
La troupe compacte passe presque immobile dans la lumière de la surface, et quelques individus viennent à notre rencontre, par 25 m de profondeur. Suffisamment proche pour distinguer parfaitement l’œil rond, les stries sombres sur le dos, les reflets d’argents sur les écailles ou la coloration jaune à la base de la queue. Le banc devient spirale, et sans nous en rendre compte nous nous retrouvons en pleine eau, au milieu de cette figure géométrique vivante. Les barracudas sont partout, sortant du bleu pour s’enrouler dans la clarté du soleil.
 
 
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                        à trop les contempler, on en oublirait presque la décompression.      photo Sylvain Dupuy
 
 
Fasciné par le spectacle, nous en oublions le reste. La légère pression sur les tympans nous fait réagir : - 34 m, 14 minutes de décompression sur l’ordinateur, il faut remonter pour laisser notre organisme dégazer un peu…
Le palier terminée, les commentaires vont bon train sur le bateau, entre 2 madeleines (à l’ASSP, la logistique suit toujours…). Sauf pour certaines, qui se reconnaîtront, qui refuseront la pâtisserie préférée de Proust pour gérer au mieux un mal de mer insidieux….
 
 
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                        Sécurité, plaisir et bonne humeur avant tout !                   photo Gilles Froment 
 
 
A quelques encablures de l’îlot, un semi-rigide attire notre attention : moins chanceux que nous, un autre club de plongée est en panne de moteur, à la dérive. Bien évidemment, le pilote et son équipage de pompiers réagissent vite et nous prenons en remorque ces naufragés en puissance jusqu’au port de Port-Cros.
 
 
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                        Hervé et Stéphane, de retour de plongée, les madeleines restent au sec !   photo Florence Royon 
 
 
Blocs regonflés et plongeurs restaurés, nous optons pour une plongée d’après midi plus proche et plus tranquille, le sec du langoustier. C’est une plongée facile, il suffit en fait de suivre une arrête rocheuse. Je me souviens que l’année dernière, sars, mérous et bécunes étaient présent en grande nombre…
 
 
3
                         Source internet 
 
 
Cette fois ci, congres et murènes occuperont chaque faille, avec parfois une cohabitation à plusieurs dans la même cavité:
 
 
pele mele murène
 
 
 
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                        Ce congre porte la cicatrice d'une blessure récente: attaque d'un congénère ou flèche d'un
                        chasseur ?                             photo Gilles Froment
 
 
galathée 2
                        Cette galathée rouge, bien que discrète, n'échappa pas au phare de Gilles Froment 
 
 
Les paliers seront un peu long là aussi, successive oblige… Parfois même un peu trop ! Certains resteront seuls sur la corde du mouillage, avant de décider après consultation des tables Comex que le compte y est !
 
 
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                        Plongée successive + du temps passé à photographier = du palier !  Stéphane, puni, passe du
                        temps 3 m sous la surface pour désaturer.                  photo Gilles Froment 
 
 
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                        voici les coupables: sur cette gorgone jaune, 2 clavelines ne se laissèrent photographier 
                        qu'après moults réglages . le temps va vite, sous l'eau.....                 photo Stéphane Simonet
 
 
 
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                        Impossible de refaire surface sans laisser l'azote dissous dans l'organisme durant la plongée
                        s'évacuer par les poumons. c'est le fameux palier de décompression.    Photo Gilles Froment
 
 
Après la douche et avant le repas du soir, petite errance dans le village de Porquerolles et dissertation active au bar du port sur l’éclairage sous-marin indispensable pour ramener de belles images…. Les tirelires n’ont qu’à bien se tenir….
 
 
à enregistrer                        Une ambiance sous marine, par Sylvain Dupuy
 
 
Dernier jour.
Calme plat. Cette fois, ça y est, la roche va céder la place à la ferraille. Celle du Sagona pour être précis. Construit en 1912, il passe une carrière tranquille et sans histoire jusqu’en 1941, où à l’âge vénérable de 27 ans il est racheté par une compagnie grecque, dont le siège se trouve au Panama. C’est ainsi que le 3 décembre 1945, il saute sur une mine allemande sous le pavillon de « Zaratti S.S. CO.Ltd ». Les papiers du bord, récupérés à bord de l’épave, étant rédigés en grec, ( bien que le navire soit immatriculé dans une état où l’on parle espagnol ) les premiers plongeurs à explorer le navire le baptisèrent tout naturellement… Le Grec…. Il fut coupé en 2 et coula donc presque 1 mois jour pour jour après le Prosper Schiaffino ou Donator. Les 2 navires reposent ainsi à 300 m l’un de l’autre…. Avons nous là un mini « triangle des Bermudes » ?
 
grec-schema
                           source internet 
 
 
 
Plus petit que le Donator, ce grec n’en est pas moins aussi beau. Paré des plus belles gorgones, hanté par les mérous et les anthias, cette ferraille désormais enchantée est un délice pour les visiteurs du bleu que nous sommes. Malgré un léger courant perceptible pendant la descente, nous arrivons sans encombre sur le pont du navire, par 36 m de fond. 10 m plus bas, le sable immaculé sert de couche au cargo de 53 m de long.
 
 
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                        Un plongeur arrive sur les coursives de l'épave.              photo Sylvain Dupuy 
 
 
Sur bâbord, c’est un véritable mur de sars qui s’agitent, tout le long du flanc du navire. ça et là une dorade royale passe, indifférente, et les mérous débonnaires vont et viennent dans les cales. En palmant vers l’avant, on tombe rapidement sur la fracture causée par l’explosion, qui envoya la proue 100 m plus loin, disloquée. Le petit frère du Prosper n’a pas à rougir de la comparaison avec son aîné, tant les éponges, gorgones, concrétions en tout genre ornent le métal corrodé d’un voile de toute beauté. La plongée est toujours trop courte sur ces joyaux et nos images ne parviennent pas à rendre la splendeur du spectacle offert par la mer.
 
 
ici la vidéo du week end.....
 
 
 
 
 
 
Comme toujours , c’est à regret qu’il faut remonter vers la surface…. Et là, devinez quoi ?
En route pour le port de Porquerolles, l’histoire se répète : un semi-rigide nous appelle, le même qu’hier !! Capot moteur ouvert laissant s’échapper fumée grasse et relent d’huile (ce qui n’arrange pas le mal de mer de certaines …), le pilote penaud nous sollicite à nouveau…. A ce niveau ce n’est plus de la malchance, il faudrait quand même penser à réviser correctement ce moteur….. Second remorquage vers les Mèdes cette fois-ci……
 
 
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                        Une murène en maraude photographiée par Stéphane Simonet
 
Cette plongée superbe restera dans l’histoire à plus d’un titre. D’abord parce que ce fut la première épave d’Arielle (et pour une première ! ), et qu’elle en profita ensuite pour valider son niveau 2. Un bien beau doublé !
 
 
pele mele
         les protagonsites du séjour au grand complet, une galerie de portrait signée .............................Florence Royon.
 
 
En résumé un superbe week end avec une météo au cordeau, puisque de retour dimanche après midi nous passâmes au plus prêt des tornades marseillaises, sous des trombes d’eau !!
Qu’importe, les plongées furent superbes, la convivialité au RDV avec de franches rigolades et une ambiance toujours détendue au sein de l’ASSP, malgré le stress de certains prestataires.
 
 
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                        Derrière la vitre du masque, les yeux pétillent......                       Photo Sylvain Dupuy 
 
Quelques données techniques
 
  • structure plongée : Iléo Porquerolles
  • hébergement : IGESA
  • coût pour le Club (prise en charge des plongées) : environ 120 euros par plongeur adhérents
  • coût par adhérent  (hébergement) : environ 200 euros, transport compris
 
 porquerolles-2012 5711, retouchée
                        Girelle commune, gorgone et eudendrium de méditerranée: un tableau vivant signé Stéphane Simonet
 
 
Et pardon, pardon aux photographes pour toutes les images que je n'ai pas pu montrer ici, c'est grâce à vous qu'un peu de ces bons moments resteront éternels..........

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Published by plongeur - dans CR des sorties
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